AUTEL DE SAINT- ALEXANDRE PRÈS ROME (V® S
FIG. g5 — AUTEL D AURIOL AU MUSÉE BORÉLY DE MARSEILLE (v* S.)
furent des tables en bois, carrées ou circulaires, sur un ou plusieurs pieds, et montées sur châssis. On montre à Saint-Jean de Latran et à Sainte-Pudentienne de Rome,
enchâssés dans l'autel, des débris en bois de cèdre que l'on regarde comme provenant de la table sur laquelle saint Pierre aurait célébré. Dom Leclercq écrit à leur sujet dans le Dictionnaire d'archéologie : « Nous ne voyons aucune raison d'admettre sans preuves leur authenticité. »
Mais, si elles ne remontent pas au Prince des apôtres, ces reliques vénérables nous viennent sans doute des premières communautés chrétiennes, et il faut considérer comme le type le plus ancien les tables eucharistiques primitives auxquelles elles prétendent se rattacher. Aucune de ces tables ne nous étant parvenue, nous sommes obligés d'en juger d'après des reproductions. C'est l'une d'elles
FIG. 96 JAMBAGES DE L'aUTEL DE
BACCANO, PBÈS ROME, ET TABLE d'autel DE SAINT-VICTOR DE MARSEILLE (v^ S.)
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que nous voyons à Saint-Vital de Ravenne, à Saint-Apollinaire /;z classe et au baptistère de la même ville sur des mosaïques du vi^ siècle; enfin aux catacombes, dans une fresque du cimetière de Calliste, que Ton attribue au 11^ siècle. Dans le premier cas, c'est une table à quatre pieds, recouverte d'une nappe; dans le second, une table à cinq supports; dans le troisième, une sorte de guéridon-trépied 1 fig. gS -.
D'un assez grand nombre de textes, il résulte que l'usage des autels en bois se conserva longtemps dans l'Eglise, aussi bien en Occident qu'en Orient, jusqu'au ix« siècle; mais, peu à peu, ils furent abandonnés pour les autels de pierre.
Le prétendu décret du pape Sylvestre étant apocryphe, le plus ancien texte relati f aux autels de pierre est le Canon XXVT du Concile d'Epaone tenu en 5 17 et ainsi libellé : ut altaria nisi lapidea chrismatis unctione non sacrentur. Plusieurs décrets du même genre furent portés en Orient au ix« siècle, en Espagne au xi^
L'usage des autels de pierre est cependant plus ancien que le Concile d'Epaone. 11 remonte aux premiers groupements chrétiens. Ceux-ci, en effet, avant la paix de l'Eglise, ne se contentaient pas de célébrer le culte dans les maisons privées transformées en églises domestiques, et
Phot. Mon. Hist.
FIG. 97 — AUTEL DE SAINTE-.MARIE Ji. TARASCON
(va^ S.)
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dont le mobilier avait par suite une utilisation liturgique. Ils le célébraient aussi dans les chapelles sépulcrales des catacombes en l'honneur des martyrs pour fêter leur anniversaire. Dans ce cas, une dalle de marbre mobile ou scellée dans la muraille et formant couvercle au-dessus de la tombe du martyr devenait la table d'autel. C'est l'autel-tombeau, tel que l'ont révélé les fouilles de M^' Wilpert, et que surmontait souvent, peinte sur le mur, \dL f radio panis . Il pouvait être portatif ou fixe, isolé ou adossé au mur, creusé dans le tuf ou adhérent au sol. Autant de types différents. Quand il était isolé, on le plaçait devant la chaire de l'évêque. Mais tous les tombeaux et arcosolia n'étaient pas aptes à devenir ainsi un autel; seuls, les tombeaux de martyrs permettaient légitimement cette transformation.
Et peut-être les clôtures ajourées fermant la lunette de certains arcosolia n'ayant jamais reçu le corps d'un confesseur sont-elles là pour empêcher l'abus possible d'un arcosolium comme autel. Elles seraient alors en rapport avec le décret du pape Félix I*'" : Consiituit supra memorias martyrum missas celebrare.