AUTEL DE SAINT-NICOLAS DES CHAMPS A PARIS (164Q
maître, est le morceau principal auquel d'ordinaire on sacrifie tout le reste, c'est-à-dire l'autel. L'œuvre de Noblet et de Mignard à Saint-Jean de Troyes n'est pas le plus ancien exemple d'autel classique surmonté d'un tableau avec grand accompagnement de colonnes et de frontons. Ce type se trouve déjà réalisé en 1649 à Saint-Nicolas des Champs, de Paris, où l'Assomption de Simon \'ouet joue le même rôle que le Baptême du Christ de Mignard à Troyes (fig. 128). Il a dû naître au début du xvii'' siècle. C'est celui des autels de Barbuise dans l'Aude, de Graville et de Harfleur dans la Seine- Inférieure, de Solliés- Ville, de,Saint-Maximin et de Magnant dans le Var, d'Aubeterre dans la Charente.
Dans certains autels du xvii« siècle l'architecture seule joue tout le rôle décoratif, par exemple à Saint-Maclou de Bar-sur-Aube et à Chavanges, dans l'Aube. Ce dernier peut être donné comme exemple de ces autels classiques où le retable est un simple souvenir du baldaquin réduit à deux colonnes portant une architrave.
Le lecteur remarque sans doute qu'il n'est question que du retable. C'est que celui-ci, à part quelques exceptions, absorbe alors toute l'attention de l'artiste. L'autel lui-même, dans cette période classique, a habituellement la forme d'un sarcophage antique évasé soutenu par des pattes de lion, ou décoré de strigiles, ou bien orné du motif de l'agneau dans un cadre de nuages et de rayons, ou bien encore couvert d'un bas-relief représentant, par exemple, l'ensevelissement du Christ. L'arrangement actuel d'un premier gradin et d'un petit retable pour supporter les chandeliers et les vases de fleurs se fixe à ce moment de façon définitive. Seul le
Phot. B. p.