FIG. 172 — CHRIST DE LA CENE, DE LÉONARD DE VINCI
largeur des toiles de Rouen qui se vendaient alors dans toutes les foires de France. 11 est, sans doute, comme celui de Besançon, un accessoire des mystères de Pâques, imprimé en rouge avec un poncis ou moule (i).
Il est une image disparue depuis de longs siècles pour laquelle un point d'interrogation demeure aux yeux de certains. C'est le groupe en bronze de Panéas, représentant, dit Eusèbe qui l'a vu, l'hémorroïsse aux pieds de Jésus, témoignage de reconnaissance de cette femme guérie. La durée de ces deux statues jusqu'au iv^ siècle, malgré la persécution, aussi bien que leur origine extraordinaire étonnent un peu. On a conjecturé avec vraisemblance que le sujet représenté était, non Jésus-Christ et l'hémorroïsse, mais une province romaine faisant hommage à l'empereur comme à son sauveur. Ce dernier mot inscrit sur le socle aurait été la source de la légende.
L'art français du moyen âge a une riche iconographie.
Parmi les représentations du xii«et du xiii^ siècle, nous
en retiendrons trois : le « Christ glorieux » des portes
romanes, le « Christ juge » des tympans gothiques et 1' « Homme-Dieu » adossé
aux trumeaux des portails des cathédrales.
Notre-Dame de Chartres nous offre un 1
exemple du premier (fig. 166). Ce type fut vite abandonné. Le génie français ne pouvait se contenter longtemps d'une conception aussi abstraite. A ces tailleurs d'images, plus caractéristes qu'idéalisateurs, il fallait un Christ agissant et un sujet tout en action. Le jugement dernier s'harmonisait mieux avec leur tempérament amoureux du dramatique que la vision apocalyptique, trop difficile à comprendre. Ils sculptèrent donc sur les portails gothiques le « Christ juge » des derniers jours. Il faut examiner attentivement les tympans de nos cathédrales pour voir la verve avec laquelle nos vieux imagiers surent tirer parti de ce sujet (fig. 167).
Dans la partie supérieure, quatre anges portent les instruments de la Passion. Au centre, le Christ assis, la poitrine nue,