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NOTRE-DAME DES VICTOIRES^ A PARIS

(Stuc du XIX' s.,

qui a succédé à un marbre du xvii« s.)

artistes modernes qui ont voulu représenter la Sainte Vierge ; l'une, archéologique, préoccupée surtout de la couleur locale et de la restitution historique; l'autre, mystique, visant uniquement à l'émotion intime et dégageant du sujet son côté éternel sans souci de l'histoire.

La Vierge au Magnificat de James Tissot personnifie la première tendance.

FIG. 2l6 J. LARRIVÉ: VIERGE (iQH)

Phot. B.

FIG. 217 — P. LEFÈVRE : MATER AMABILIS (Exposition universelle de 1900.)

Marie, en costume de Bethléémitaine, avance les bras dans cette attitude propre aux Orientaux en prière, et chante le cantique d'action de grâce que l'Evangile met sur ses lèvres. La Madone arabe, toute blanche, venue d'Alger ou de Tunis, de Dagnan-Bouveret, est conçue dans le même esprit. Comme exemple de cette préoccupation d'orientaliser, voici une statuette de Jean Larrivé (fig. 216).

L'expression la plus outrée de la seconde tendance se trouve dans les compositions de Carloz Schwabe pour l'Evangile de l'enfance, évocations de rêve où tout est mystique, même l'anatomie des personnages. Le corps se fusèle pour paraître pur, quasi

l'iconographie chrétienne ^ïï

immatériel; les yeux, perdus dans le vague, s'illuminent d'un éclat phosphorescent intérieur, et tout de suite nous voilà transportés au pays des étoiles.

Ce n'est pas un bon exemple. Nous avons eu mieux depuis, avec Notre-Dame dé Penmarc'h, de Lévy Dhurmer, en costume de Bretonne; l'Annonciation de M""^ Simon; la Sainte Famille de G. Desvallières; V Annonciation de Maurice Denis,^ au musée du Luxembourg, et Notre-Dame de l'École du même artiste, au musée de Bruxelles. On voudrait pouvoir y joindre quelques exemples de la statuaire qui se fabrique au quartier Saint-Sulpice de Paris, mais ceux qui dirigent cette entreprise n'ont eu, jusqu'ici, aucun souci d'art. Un exemple montre pourtant que la statuaire commerciale, qui alimente nos églises rurales, pourrait atteindre un niveau d'art plus élevé: c'est la Mater amabilis de Lefèvre, éditée par la maison Poussielgue- Rusand (fig. 217). ' ' > '

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