‹ Pages d'histoire de la révolution de février, 1848Chapitre 18 sur 68 · PAGES D*U1ST0IR · texte numérisé non relu

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puissamment l'opinion et à prouver que la Révolution était toujours vivante, qu'elle avait Toeil ouvert sur ses ennemis, qu'elle n'entendait ni abdiquer, ni fléchir. De là divers décrets qui parurent dans le Moniteur du 19 avril, et qui avaient pour but manifeste de raffermir l'action révolutionnaire; de là Tavertissement officiel qui indiquait dans quelles attributions, strictement tracées, serait désormais enfermé le droit de faire battre le rappel, attendu que le rappel, battu intempestivement, c< était de nature « à jeter le trouble dans la cité, à effrayer les esprits, à « nuire au commerce, au travail, à l'industrie, en faticc guant inutilement la garde nationale ; » de là, enfin, une proclamation que je rédigeai moi-même, et dont le caractère n'a rien d'équivoque ;

« Convaincu que les droits de la conscience humaine ce sont sacrés et inviolables ; qu'entre de vrais républicains (c il ne saurait exister d'autre lutte que la discussion, la « discussion bienveillante et libre ; que l'union des esprits « est bien près de s'accomplir quand elle a été préparée « par l'union des cœurs ; que les ennemis de la République ce peuvent seuls être intéressés à répandre la défiance, à ce encourager aux dissentiments par des dénominations de ce parti qui bientôt se traduisent en cris hostiles aux perce sonnes :

ce Le gouvernement provisoire déclare désapprouver de ce la manière la plus formelle tout cri provocateur, tout ce appel à la division entre les citoyens, toute atteinte ce portée à l'indépendance des opinions pacifiques.

ce Le gouvernement qui a inscrit le mot Fraternité sur ce les étendards de la patrie ne saurait être qu'un pouvoir ce tutélaire et conciliateur.

ce Le cri qu'il aime à entendre, et on le trouvera tou-

«jours prêt à en donner le signal, c'est un cri de géné- « reuse victoire, un cri de liberté, un cri d'espérance, c( c'est ce cri sauveur : Vive la République ^ »

Cette proclamation 9 écrite de ma main, fut signée par tous les membres du gouvernement provisoire, et ne rencontra d'opposition ni de la part de M. de Lamartine ni de la part de M. Marrast.

L'attitude prise par le gouvernement provisoire le lendemain même du 16 avril étonna la contre-révolution et la tint pendant quelques jours en respect ; mais, au bruit du rappel fatal, elle avait secoué son sommeil apparent ; elle s'était levée, et depuis elle resta debout. Ce qui en est advenu, on le sait aujourd'hui t

Heureusement, les victoires du mensonge sont toujours passagères : il n'y a de vraiment invincible en ce monde que la justice et la vérité.

^ Voy. le Moniteur du 19 avril.

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