LOUIS BLANC
« Paris, le 16 mai 1848. »
Ce puisse être, sôlt à rorganisation, soil à la direction de Ce qu'on appelle Jés Ateliers nationaux^ bien que je régarde comme sacré ce principe : « Toute société boit à <5t ses membres du travail et du pain. »
« Ce qui est vrai, c'est que j'ai concouru efïîcaceménf, et j'en suis fier, à fonder des associations volontaires y activés, fécondes, telles que l'association des tailleurs de la rue de Clichy, laquelle, en dépit de toutes les manœuvres pratiquées pour sa ruine, a été jusqu^ici en pleine voie de prospérité, et peut être considérée comme un vivant démenti donné aux détracteurs des idées nouvelles *.
« Il est faux que la commission du Luxembourg ait eu à sa disposition le moyen d'appliquer fructueusement ses idées, car elle n'a eu aucun maniement de fonds, aucuii pouvoir effectif, aucune autre autorité que celle de la parole, et cela en présence d'une foule d'industries en ruine qui voulaient être protégées, d'innombrables misères qui voulaient être secourues, et cela au milieu d'une multitude frémissante, armée, qu'il s'agissait d'apaiser.
c< Il est faux que la commission du Luxembourg ait été xxté cause d^agitation dangereuse. Elle a, au contraire, contribué puissamment a la sécurité de Paris, où Tordre n'a pas été troublé, tant qu'elle en a été, pour sa part, responsable; elle a préservé ceux-là même qui aujourd hul là décrient, lés uns par ignorance, les autres avec râcbârnéirient dé l'ingratitude.
a II est fau* qlie les dépenses dîi Luxembourg.. . Mais je rougirais vraiment de relever des impostures aussi ab-
i Je prépare un travail qui fera connaître Vorigine de cette association, SCS progrès, ses développements : on jugera sur des chiffres Timportance dun pareil essai.
1 68 PAGES d'histoire de la nÉVOLUTlON DE FEVRIER.
jectes, jetées en pâture à la crédulité des sots... Je laisse à Tadministration le soin de prouver, par chiffres, que, pendant deux mois, le Luxembourg n'a eu pour hôtes que de vrais démocrates, fidèles en toutes choses aux modestes habitudes de la vie du plébéien.
« Il est faux, pour en venir à des mensonges plus récents, que je me sois abstenu de paraître à l'Assemblée depuis le 15, mai. J'ai assisté à toutes les séances avec une scrupuleuse ponctualité.
c< Je n'ajouterai plus qu'un mot. A ceux qui, par excès de mauvaise foi ou de puérilité, m'imputent les embarras de la situation industrielle, je dirai que ces embarras sont le fruit amer et inévitable du principe d'antagonisme et de concurrence ; je dirai que j'ai passé ma vie à dénoncer ce principe et à en prédire les désastres; je dirai qu'il est insensé d'attribuer à des doctrines qui n'ont été encore ni adoptées par la société, ni appliquées par elle, le mal qui résulte précisément de l'application de doctrines toutes contraires.
« Quoi ! c'est en pratiquant la concurrence anarchique que la société s'abime dans le désordre, et on accuse de C9; désordre ceux qui, pour le combattre, recommandent la solidarité désintérêts, l'association!
<c Mais , il faut bien l'espérer , la lumière se fera. On saura quelle peut être contre un honnête homme la puissance des mensonges systématiques ; puissance, du reste, aussi passagère que méprisable. L'histoire parlera, et la vérité aura sa revanche. »