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AU SUJET DU RAPPORT BAUCHART

Paris, 11 août 1848.

Le rapport qui a été lu à l'Assemblée nationale dans sa séance du 3 août 1848, par le citoyen Bauchart, renferme, à l'égard des délégués des corporations, des erreurs et des insinuations qui nous frappent. Comme citoyens, comme délé* gués, nous devons protester personnellement. Nous aurions pu ne pas répondre ; mais il importe que la vérité soit connue, et, pour nous, ce n'est pas seulement une obligation, c'est un devoir; jamais nous n'y faillirons.

A une autre époque, on disait : Il faut que la lumière se fasse; aujourd'hui, plus que jamais, il nous faut le grand jour.

Le rapport commence par établir entre le Luxembourg et les ateliers nationaux une solidarité que nous déclarons n'a-

* Voir les journuux démocratiques do 11 août 1848

voir jamais existé; il est à notre connaissance que M. Louis Blanc n'a été absolument pour rien dans la création et l'organisation des ateliers nationaux, et même nous sommes tous persuadés que c'était pour combattre son influence que les ateliers ont été créés : il y aurait donc la plus grande injustice à rendre responsables de ce qui a pu venir des ateliers nationaux , soit M. Louis Blanc, soit les délégués du Luxembourg.

Le rapport parle des conférences du Luxembourg comme nous ayant poussés à des idées de désordre. Nous déclarons d'abord, sur notre honneur d'ouvriers, que les idées de désordre n'ont jamais été les nôtres , et ensuite que M. Louis Blanc, loin de nous exciter à la violence , nous a toujours prêché le progrès pacifique, recommandé le calme et la modération.

Il n'est pas plus exact que la manifestation du 17 mars ait eu lieu à propos du décret qui avait dissous les compagnies de voltigeurs de la garde nationale. Cette manifestation fut faite pour demander l'ajournement des élections de la garde nationale, et l'on sait combien cette manifestation fut calm^^ bien que le rapport dise faussement qu'elle provenait des passions populaires excitées par le Luxembourg.

On a voulu voir dans la manifestation dii 16 avril autre chose que ce qu'il y avait. Pour nous, c'était une double fête ; quatorze capitaines d'état-major devaient être choisis parmi nous : quand ils furent proclamés , on fit une quête , et chaque ouvrier offrit son dernier sou à la République. On sait le reste : frapper la main qui donne, c'était le comble de l'ingratitude; rien ne saurait peindre de quelle indignation nous étions saisis. Ah ! si nous avions eu les projets qu'on

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voudrait nous prêter .« . mais loin de nous de pareilles pensées !

Quant au 15 mai , nous affirmons de la manière la plus formelle, et nous mettons au défi que Ton nous démente, qu'il n'a jamais été question de cette manifestation entre M. Louis Blanc et nous.

Au surplus, nous affirmons encore que nous n'avons jamais eu d'autre intention que de demander l'intervention en faveur de la Pologne, et qu'il était très-loin de notre pensée qu'on dût envahir l'Assemblée nationale.

Nous ajoutons que le 15 mai, le Luxembourg était encore ouvert aux délégués des corporations qui continuaient à y tenir leurs séances ordinaires. L'exactitude de ce fait est incontestable, on en trouvera la preuve dans nos papiers, qui, depuis cette époque, sont sous séquestre, malgré nos demandes réitérées pour obtenir ces papiers qui sont notre propriété.

Le procès-verbal de la dernière séance constate que la prochaine réunion avait été fixée au mardi 16 mai, ce qui, soit dit en passant, impliquerait encore contradiction avec certaine lettre sans signature trouvée par un artilleur dans la nuit du 15 mai.

Le rapport dit que, le 15 mai, le gouvernement ayant interdit l'entrée des établissements de TEtat, les ateliers nationaux s'étaient renforcés des délégués du Luxembourg, qui venait de se fermer. Cela est complètement faux. Le procèsverbal dont nous parlions tout à l'heure le prouve. Ce procèsverbal établit en effet que le 12 mai nous siégions encore au Luxembourg, et que nous étions convenus, dans ladite séance, de nous réunir le mardi 16 mai. Il est donc faux qu'à cette époque nous ayons considéré le Luxembourg comme

nous étant fermé, et il est également faux que, par suite, nous soyons allés nous réunir aux ateliers nationaux.

Plus tard, le bureau des délégués du Luxembourg s'est réuni, mais une seule fois,aVec lebureau du club des ateliers nationaux, pour une affiche qui a été publiée en commun contre les prétentions attribuées à Louis Bonaparte. Dans tout cela, M. Louis Blanc n'a été absolument pour rien; de sorte qu'il est impossible de lui imputer quoi que ce soit, en ce qui touche les ateliers nationaux.

Quant aux événements de juin, le rapport ne pouvait con. tenir, et, en effet, ne contient pas un seul fait qui puisse nous être opposé : nous n'avons pas à y répondre.

Bernard, délégué des menuisiers ; Pernot, délégué des ébénistes ; Petit, délégué des coiffeurs ; PmET, GuiLLAUMou, Maurice, délégués des cordonniers; Saijntàignan , délégué des cuisiniers; Desmartins, délégué des tourneurs en bois; Baritel, délégué des boulangers.

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