CHAPITRE IL
Véritable berceau de la République. — Erreur commise par M. de Lamartine dans son HUloire de la RévoluUon de février. — Le parti républicain divisé en deux fractions est représenté par Ij Réforme et le Natio^ nal, — Lutte entre ces deux journaux. — La Révolution les rapproche. — Liste du gouvernement provisoire lue dans Thôtel Bullion , occupé par la Réforme. —Le nom d'Albert acclamé par le Peuple. — La République démocratique et sociale proclamée dans la salle SaintrJean. — Inquiétude de quelques membres du gouvernement provisoire, — Le mot secrétaire. — Avènement de la République.
C'eût été chose vraiment trop étrange que ceux qui avaient déserté la lutte se présentassent pour conduire le triomphe. S'ils en éprouvèrent le désir, du moins ils n'en eurent pas l'audace. Ils se cachèrent, et on les oublia.
Cependant, qu'allait devenir, abandonnée à elle-même, cette grande ville de Paris, si puissamment émue? Je n'ai point qualité pour contredire le récit présenté par M. de Lamartine de ce qui se passa, le 24 février, au Palais- Bourbon : je n'y étais pas ; mais ce que je suis en droit d'affirmer, et ce qu'attesteront tous les combattants de Février, c'est qu'en plaçant au Palais-Bourbon le véritable berceau du gouvernement provisoire et de la République, M. de Lamartine a commis une inconcevable erreur. Oui, tandis qu'à la Chambre des députés, la duchesse d'Orléans, assise entre ses deux tîls, le front pâle, l'œil fixe,
attendait Tarrêt, encore obscur, de sa destinée, déjà depuis longtemps la République était adoptée par le Peuple; déjà depuis longtemps la liste des élus du Peuple circu* lait dans Paris, transmise de barricade en barricade à la pointe des baïonnettes. Et comment, en effet, le prolétariat vainqueur s'en serait-il fié du soin de son «avenir à cette Chambre, universellement regardée, dans les derniers temps de la monarchie, comme une assemblée d'usurpateurs, comme un sénat de corrompus? Tous ceux qui, ce jour-là , ne contemplèrent point Paris dans une salle et virent Paris.... dans Paris, savent de reste que, le 24 février , le mot du peuple était : « Ne reçom- « mençons pas 1850; ne nous laissons pas enlever la c< Révolution. » Le berceau de la République et du gouvernement provisoire , la victoire le plaça sur les barricadesl Voici comment les choses se passèrent. • A la Révolution de février , le parti républicain se trouvait divisé en deux grandes fractions , représentées dans la presse Tune par la Réforme , l'autre par le National.
Sous la direction de M. Marrast, homme de lettres, dont le talent avait de Féclat, mais manquait d'autorité, le National se tenait soigneusement à l'écart du Socialisme. Au lieu d*un roi un président, au lieu de deux Chambres une seule Assemblée, au lieu du cens électoral le Suffrage universel , voilà ce qui formait le fond de sa politique. Mais devant toutes ces grandes questions, qui sont le tourment glorieux du xix** siècle : suppression absolue du salariat j abolition de l'usure, c'est-à-dire du dernier des privilèges à détruire, celui du capital ; établissement du système de la solidarité universelle sur les
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ruines du régime de concurrence, fin du prolétariat et de la misère, devant ces questions que la société aujourd'hui doit résoudre sous peine de mort, le National s'arrêtait, partagé antre l'aversion et la peur»
Il n'en allait pas ainsi de la Réforme. Rédigée avec beaucoup de concision et de force par Ferdinand Flocon, que secondait Ribeyrolles, écrivain vigoureux, doué d'une sorte d'abondance sauvage, et dont il semblait quelquefois que le soleil du Midi eût coloré le style, la Réforme suivait, quant à la direction générale de sa politique, l'impulsion d'un comité, composé des citoyens :
F. ÂRAGO, député, E, BgAUNG, DopoTY, Etienne Arago, Félix AvRtt, Ferdinand Flocon, Guinard, JotT, député, LEDRU-Roturf, A. Lemasson^ Ch. Lesseré, Louis Blanc, Pascal DupRAT, Recurt. V. Schœlcher, Vallier.
Or, sans pousser droit aux conclusions souveraines du Socialisme, la ibajorité de ce comité en acceptait du moins les prémisses : témoin le programme suivant, dont la rédaction me fut confiée , et qui , après mûre délibération, reçut la signature de tous les membres du comité de la Réforme :
« Tous les hommes sont frères.
c( Là où régaîité n'existe pas, la liberté est un mensonge.
« La société ne saurait vivre que par l'inégalité des aptitudes et la diversité des fonctions; mais des aptitudes supérieures ne doivent pas conférer de plus grands droits : elles imposent de plus grands devoirs.
« C'est là le principe de l'égalité : l'association en est la forme nécessaire.
« Le but final de l'association est d'arriver à la satisfaction des besoins intellectuels, moraux et matériels de
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tous, par l'emploi de leurs aptitudes diverses et le concours de leurs efforts.
a Les travailleurs ont été esclaves, ils ont été serfs, ils sont aujourd'hui salariés : il faut tendre à les faire passer à Fétat à*assoeiés.
« Ce résultat ne saurait être atteint que par l'action d'un pouvoir démocratique.
Un pouvoir démocratique est celui qui a la souveraineté du Peuple pour principe , le suffrage universel pour origine, et pour but la réalisation de cette formule : Liberté, Égalité, Fraternité.
a Les gouvernants, dans une démocratie bien constituée, ne sont que les mandataires du Peuple : ils doivent être responsables et révocables.
c( Les fonctions publiques ne sont pas des distinctions, elles ne doivent pas être des privilèges : elles sont des devoirs.
« Tous les citoyens ayant un droit égal de concourir à la nomination des mandataires du Peuple et à la formation de la loi, il faut, pour que cette égalité de droit ne soit pas illusoire, que toute fonction publique soit rétribuée.
« La loi est la volonté du Peuple, formulée par ses mandataires. Tous doivent à la loi obéissance, mais tous ont le droit de l'apprécier hautement, pour qu'on la change si elle est mauvaise.
« La liberté de la presse doit être maintenue et consacrée comme garantie contre les erreurs possibles de la majorité et comme instrument des progrès de l'esprit humain.
« L'éducation des citoyens doit être commune et gratuite. C'est à l'État qu'il appartient d'y pourvoir.
c< Tout citoyen doit passer par l'cducation du soldat*
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Nul ne peut se décharger, moyennant finances, du devoir de concourir à la défense de son pays.
« C'est à rÉtat de prendre l'initiative des réformes industrielles'^opres à amener une organisation du travail qui élève les, travailleurs de la condition de salariés à celle d'associés.
a II importe de substituer à la commandite du crédit individuel celle du crédit de l'État. L'État, jusqu'à ce ce que les prolétaires soient émancipés, doit se faire le banquier des pjauvres.
« Le travailleur a le même titre que le soldat à la reconnaissance c|e l'État. Au citoyen vigoureux et bien portant, l'État/doit le travail, au vieillard et à l'infirme, il doit aide et protection. »
D'abord voilés, puis adoucis par des égards réciproques, les dissentiments qui existaient entre le National et la Réforme ne tardèrent pas à s*aigrir, à s'envenimer, jusqu'au jour où l'agitation des banquets vint porter les colères au derniet degré d'emportement. Sentant bien que l'opinion populaire soufflait du côté de la Reforme, le National s'était de plus en plus étudié à prendre appui sur la bourgeoisie : dans les banquets il n'hésita pas à confondre avec celui de la gauche dynastique le drapeau de la République, tandis que la Réforme, au contraire, gardait, à l'égard de tout ce qui n'était pas la démocratie, une attitude hautaine, intraitable, et même menaçante. De là, entre les deux journaux , une de ces polémiques véhémentes où le reproche s'égare bientôt jusqu'à l'invective, et qui insensiblement conduisent l'écrivain à mettre sa plume sous la protection de son épée.
Sur ces entrefaites la Révolution éclata. Nul doute qu'avec plus de décision , le parti de la Réforme ne fût
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reste seul maître du mouvement , car il avait pour lui le peuple des faubourgs, la puissance d'un sentiment démocratique net et sans alliage, tous les hommes d'initiative intellectuelle, tous les hommes de main, tous les audacieux. Mais c'est seulement lorsqu'ils sont accomplis que les événements fournissent la mesure exacte de ce qui aurait été possible. Au mois de février >I848, la République était plus dans la force des choses que dans les progrès de l'opinion, elle était imposée plus par la logique de l'histoire que par l'importance numérique des républicains : était-il sage à ceux qui, d'une égale ardeur, voulaient la chute du trône, de se séparer devant l'ennemi commun? Le National, après tout, comptait dans les départements et les petites villes une foule de partisans actifs, dévoués, dont il n'eût été ni juste ni prudent de repousser l'alliance , soit comme injure , soit comme péril : devait-on, au milieu de tant de hasards , changer leur appui en hostilité? Ces considérations prévalurent. Parmi les républicains spécialement attachés à la politique du National se trouvait Martin (de Strasbourg), esprit conciliant quoique ferme. A diverses reprises, de concert avec moi, il avait essayé d'opérer entre les deux journaux un rapprochement , dont ces tentatives mêmes n'avaient fait que montrer de plus en plus la difficulté. Le 24 février , au bruit du trône qui s'écroulait, il vint à la Réforme^ en vue du gouvernement provisoire à former, et pour-s'entendre avec nous, ne doutant pas qu'il ne fit accepter par le National la liste dont nous serions convenus. La délibération s'ouvrit; elle était solennelle : elle fut calme, courte et décisive. Le nom de M. Odilon Barrot, prononcé par une voix, fut écarté avec un mélange
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de colère sourde et de mépris* Les noms aËeeptéB furent ceux-ci: Dupont (de TEure) i François Arago, Ledru-*' RolUn^ Flocon, Marie, Armand Marrast, Gréitiieun^ Êàfnier Pages, de Lamartine, Louis Blanc.
Cette liste fut arrêtée bien avant qu'il eût été rpientiôfi d'en dresser une au Palais^fidurbon , et celle qili eti i^drtit plus tard 9é trouva conforme à la n0tre ^ k part lé§ hdâià qui n'étaient point parlementaires» On fit deux copiés de la liste, et Martin (de Strasbourg) eii porta titie ab AdtionaL Je pris Tautre pour la lire au Peuple qui, dâiis de moment même» revenait du palais des Tuileries et affluait de toutes parts vers la Réforme.
. Terrible et imposant spectacle! La grande CoUr de Tbd^ tel BuUion était occupée par des phalange^ d'hottitlies ardentsi agitant danîs leurs mains leurs ftlsilâ victorieux , montrant sur leurs blouses des baudriers semés de gouttes de sdng^ et portant danâ leurs yeux l'éclair du trioiiiphé. Je lus la liste» que la foule accepta au Milieu des acclaittâ'tions; mais un nom y manquait. Albert ! Albert ! crièrent avec passion des millierd dé voixi La plbpart d^ entre âôtis ne connaissaient pas Albert i quant à moi Je ne Savais jamais vu ) mais quels titres avions-nous qui pussent Và-> loir ceux de cet élu des faubourgs , dont le nom 5 subite^ ment historique « venait de se trouver sur tant dé lè>vres et s'échappait du fond de tant de ccéurs? L'éttiotioA qui me saisit alors est une des plus fortes que j'aie éprou« vées de ma vie^ Albert étdit un pauvre ouvrier mécanicien i il n'avait jamais figuré au milieu des notabilités déni âér&« tiques; perdu daâs la multitude des eombattant§ et dés dévoués i il n'avait jamais demandé à la République qUè l'honneur de mourir pour elle de la mort Sftittteinéât
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obscure du soldat; en cet instant même ou était-il t k quelque barricade sans doute... N'y avait-il pas dans ce Seul fait ravénèment d'un monde tout nouveau? Celait ridée du travail réclamant sa place dans le gouvernement des choses humaines ; c'était la Souveraineté du Peuple demandant à être représentée par un homme du Peuple ; c'était le pouvoir changeant contre une blouse d'ouvrier le manteau dont les rois avaient déshonoré la pourpre. Oui , j'en prends le ciel à témoin , ce fut avec une invincible émotion , ce ftit les y eux humides que j'inscrivis sur là liste des futurs dictateurs ces mots : Albert , ouvrier.
Je Courus aussitôt en prévenir le National j qui ajouta le nom d'Albert sur la liste; et, ainsi complétée, elle fut répandue à profusion dans Paris. Elle était précédée de
deux ligftes qui faisaient une France nouvelle A bas
les Bourbons ! Vive la République 1
Or , il ne faut pas oublier que tout cela se trouvait accompli, lorsqu'au Palais-Bourbon la question était encore de savoir si la royauté serait conservée sous la régence * I
Ainsi , quand M. de Lamartine , dans son livre sur la Révolution , montre la République ou la monarchie suspendues aux lèvres de M. Odilon Barrot * ; quand , quel*ques pages plus bas , il se présente lui-même comme ayant décidé par un discours de l'avenir républicain de la France * , M. de Lamartine nous transporte dans le monde de ses illusions, et, au lieu d'écrire Thistoire, sans le vouloir et le savoir il la supprime. En février 1848,
* Voir la confirmation de ce que je viens de raconter dans les numéros du Nnlie%9l dti S9 mai, 51 mal et 2 juin 1648»
* ffiêitiire de U RévoUUiùn ie 4^8, par N. de Lanmrtine, t^ t, p> W,
* iôtd., p. 203, 204, 205 et suiv.
]a République fut donnée à lâ France. .. par le Peuple, et par lui seul.
Le siège du gouvernement provisoire était naturellement, ce jour-là, THôtel-de-Ville : je m'y rendis. Sur la place de Grève, c'était, on peut le dire, comme un océan de têtes. Fêtes puissantes de la liberté reconquise, sublime délire d'un peuple redevenu maître de ses destins , qui vous contempla ne saurait vous peindre I Oh! que ne renfermait-elle pas, cette âme de la foule qui, dans un immense mugissement , montait vers le ciel !
Devant la grille de la porte principale se dressaient quatre pièces de canon, autour desquelles la multitude se divisait en grondant. Partagée entre deux courants contraires, dont l'un montait et l'autre descendait, la houle humaine pesait sur les escaliers de l'Hôtel-de-Ville, entièrement inondés. Remplies de chevaux sans cavaliers, de blessés gémissant sur la paille, d'orateurs éperdus, de visiteurs effarés, de soldats en haillons , d'ouvriers agitant des drapeaux , d'enfants des rues, avides du retentissement des coups de feu, les cours offraient le triple aspect d'une ambulance, d'un champ de bataille et d'un camp. M' étant nommé , je fus enlevé et porté sans toucher terre dans la salle StJean, où se tenaient les grandes assises populaires. Annoncé comme membre du gouvernement provisoire , je montai en uniforme de garde national sur la table qui servait de bureau , et là , dans un discours qui dut être singulièrement animé s'il répondit aux battements de mon cœur , je proclamai non-seulement la République, mais la République démocratique et sociale. Flocon s'exprima dans le même sens. Alors un ouvrier nous félicita, au nom de ses camarades, d'avoir posé delà sorte la véritable question,
la question suprême de la Révolution qui venait de s'ac« complir , et le titre de membres du gouvernement pro« visoire nous fut confirmé par des acclamations ardentes. Pendant ce temps, les autres membres du gouvernement s'étaient réunis dans une pièce retirée, où nous eûmes quelque peine à les découvrir et à les rejoindre. A notre aspect, l'inquiétude passa comme un nuage rapide sur certains visages; car ceux qui étaient liés avec la régence par des engagements secrets savaient bien que nous apportions , nous , la République. S' avançant alors de cet air à la fois affectueux et dégagé qui est dans ses habitudes , M. Garnier - Pages se mit à parler avec beaucoup de volubilité de la constitution du pouvoir nouveau et laissa tomber négligemment, en nous l'appliquant, le mot secrétaires. L'élection de M. Garnier-Pagès trouvant partout d'énergiques contradicteurs et n'ayant pas été, comme la nôtre, ratifiée à l'Hôtel-de-YiUe par le cri populaire, il ne pouvait nous venir à la pensée qu'il se crût des titres supérieurs à ceux que la place publique, ce jour-là toute-puissante , venait de nous conférer. Le mot secré^ taires nous parut s'adresser uniquement à notre qualité de journalistes, laquelle semblait nous destiner en effet d'une manière plus spéciale au rôle de la parole écrite, et nous nous arrêtâmes d'autant moins à cette circonstance, que, dans ce moment même , nous nous trouvions avoir place au conseil avec voix délibérative, absolument sur le même pied que le reste de nos collègues. Nous laissâmes donc, le lendemain, nos noms paraître au bas des décrets du Moniteur avec une désignation que nous jugions sans importance. Mais, apprenant que le Peuple s'en étonnait, nous la fîmes disparaître dès le surlendemain , et , pour
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cela, nous n'eûmes qu'un mot à dire. « Leurs nomu, éerit « M- de Lamartine en parlant de çeui^ de MM- Armand « Marrast, Albert, Flocon, et du mien, leurs noms placé» « au bas des décrets avec ce tîire de secrétaires se rapa procbèrent mensiblement de$ noms des membres du « gouvernement provisoire eux+mêmes# ÏU s'élevèrent « par empiétement sur la page au rang qui ne feur appar* a tenait pau d'abord \ personne ne qonteitft oette nsurp4« « tion consentie par tous S » Rien de plui inexact qua cette couleur donnée aux cboneg, et il est à regretter que M. de Lamartine n'ait pas ouvert le Moniimr pour con^ trôler ses siouvenirs. Il y aurait tu que dès le 2§ février, c'est4-dire deux jours seulement après la Révolutioui il avait été fait justice d'une qualification acceptée d'abord comme iodinérente « et sur^-le-cbamp efîaçée dès qu'au dehors on lui avait attribué un lens politique^ De fait, il eût été fort extraordinaire que la llépublique se fût livrée à de nouveaux convertis teU que M* de Lamartine ou h des partisans de la régence , tels que M. Garnier-Pagès, plus volontiers qu'à des hommes qui avaient paMé leur vie à combattre pour la République et è préparer son triomphe. Non, non : pareille erreur n'est pas imputable aux vainqueurs de Février, C'est comme membres du gouvernement provisoire que nous figurâmes, dès h^ wm* MiEA JOUR DE hk RÉVOLUTION , et daus la Uste lancée dé concert par le National et la Réforme, et dans celle des faubourgs, et dans celle des Écoles, et dans celle qni» émanée le soir de la préfecture de police, couvrit tous le$ murs de la capitale. C'est aussi comme membres du gou«
* Htsloirede la Révolution de février 1848, par M. de Lamartine, 1. 1,
vernement provisoire que, unis à Ledru-RoUin, nous disputâmes , Flocon et moi , la proclamation immédiate, péremptoire de la République aux scrupules de MM. François Arago et Dupont (de TEure), aux incertitudes de M. Garnier-Pagès et aux hésitations de M. de Lamartine lui-même. Nous n'avions nul besoiq qu'once nous fit place c( dans l'audace et l6 danger. » Le Peuple nous voulait à cette place : elle nous appartenait, nous la prîmes.