CHAPITRE VI
Établissement des conférences du Luxembourg. — But des conférences du Luxembourg. — Réflexions sur la destinée des réformateurs.
Cependant, les conférences du Luxembourg s'étaient ouvertes. Je n oublierai jamais de quelle impression solennelle et profonde je fus frappé, lorsque, pour la première fois, j'entrai dans ce palais vide. Un seul ami nous accompagnait, Albert et moi, Albert, véritable homme du Peuple, que la Révolution tira d'un atelier de mécanicien pour le faire asseoir dans les conseils de la République, et en qui se trouvait une âme si haute, que ce changement de son sort ne put ni l'émerveiller ni l'éblouir. Les salles du Luxembourg étaient mornes, silencieuses; une aristocratie en cheveux blancs venait d'en sortir, et elles allaient recevoir un peuple en haillons. Rude et périlleuse tâche que celle qu'il y avait alors à remplir! Tracer les routes attendues, plus haut, bien plus haut que la sphère des passions de parti, cest-à-dire dans les régions sereines de l'intelligence; déshonorer, au nom du bon sens, au nom du bien public, la lutte universelle des intérêts et les fu-
reurs de F antagonisme; proclamer le principe de la solidarité humaine ; glorifier l'association ; prouver aux puissants la folie de Tinjustice; donner aux malheureux, par Tespoir, le courage de la modération et Théroïsme de la patience; proposer le bonheur du Peuple pour but à ces révolutions qui presque toujours trompent sa colère ; mettre en garde contre les agitations sans idées ceux que la souffrance dispose an çombfit, infprtupées recrues de l'esprit de révolte, épées vivantes qu'on foule aux pieds après les avoir fait servir au meurtre, dés sanglants dans la partie des faux tribuns et des ambitieux; enfin, pour votre compte, pour le compte de tous, attaquer la servitude sous son dernier déguisement, qui est la misère , ô descendants des esclaves émancipés, des serfs affranchis, des sujets rendus à la dignité de Fhomme, ô prolétaires devenu» répwhliçftina!.., f eo atteste Dieu : IdPBque je résolus de mArehar droit devant moi, je ne me fia aucune illusion. Je me rappelais |e$ amères paroles que Gœthemet dans la boucbe de Fauat i a Quiconque a eru quelque chose avee d forée, et n a paa eu la aagesae de le garder poyr soi, a qnieonque a déclaré an Peuple ses desseins et ses vues, a a été de tout temps cruoifié ou persécuté. y> Je savais qu*une société vieillie dans la corruption et Finiqnilé qe se pend pas sans combattre^ qu'un malade s'irrite d'autant plus à ridée de son mal qu'onle lui montre plus effrayant. Est^il posalbloi d'ailleurs, de faire un pas vers la lumière, sana n^afcber sur quelque serpent endormi dana l'onihreî Mes oalamniatenrs l ah I je les avais compté^, je les bravaia d'a^anoet De porte qu'en w'aecablant, la fortune ne m'a pas, du moins, étonnée