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nvuvelles de Miscou, (1) portant qu’il a sait trouvé plusieurs vaisseaux qui traitaient avec les Sauvages, contre les défenses du roi, et demandant des secours armés pour en opérer la capture. (2)
Ainsi marchait l’établissement du Canada, c’est-à-dire que rien de durable ne se faisait. Champlaïn en avait un chagrin continuel. La morue, le hareng, le castor, l’orignal signifiaient tout—il paraissait impossible de sortir de là. Le projet de cultiver les terres se mettait sur le papier, et y restait. Ce qui ne rapportait point de bénéfice immédiat pouvait être approuvé en haut lieu, mais non exécuté. L’heureallait venir néanmoins où une politique moins aveugle serait invoquée par les hommes d’Etat.
Fouillez les archives de France et les livres imprimés, vous ne trouverez pas deux auteurs de la force de Lescarbot et Champlain sur l’idée coloniale, à venir jusqu’au moment où Richelieu prit la direction des affaires. (Cela ne veut pas dire qu’il n’y eût en France, avant 1625, des hommes éclairés et tout à fait bien disposés en faveur de ce mouvement ; certes, nous n’aurions qu’à citer le président Jeannin et son groupe pour affirmer d’honorables exceptions ; mais pris comme ensemble, le monde administratif fran-
(1) En 1627, il y avait parmi les Cent Associés un nommé Guiliaume Martin, et c’est son fils, je czois,
qui acheta, vers 1680, ls titre de marquis de Miscou (voir le Magasin Pittoresque, année 1849, p. 247).
2 Œuvres de Champlain, pp. 996-7, 1045-6, 1059, 1061, |
1075, 1088 et 1113.
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çais était très en arrière des Espagnols sous ce rapport.
Dans la Revue de géographie de Paris, 1885, M. Léon Deschamps a publié une étude dont j’emprunte ici des passages, sous forme de citations ou d'analyses. Il dit : ‘ Avec cette promptitude de jugement et de pessimisme à notre égard qui nous sont particuliers, les contemporains de Champlain et Lescarbot—quelques-nns du moins —ont préféré l’aventure de Villegagnon à l’expédition de Champlain ou de beaucoup d’autres, pour asseoir leur jugement. Mais il s’est trouvé heureusement des patriotes éclairés, comme Rasilly, pour faire voir que ce sont vieilles: chimères’, Rasilly, ajoute-t-il, écrivait en 1626 : ‘‘ Plusieurs personnes de qualité et même du Conseil m'ont dit et soutenu que la navigation n’était point nécessaire en France, d’autant que les habitants d’icelle ne voyant toutes choses que pour vivre et s’habiller, sans rien emprunter des voisins : partant, que c'était pure erreur de s’arrêter à faire naviguer—et que l’exemple est que l’on a toujours méprisé au passé les affaires de la mer comme étant de tout inutiles ; et outre que les Français ne sont pas capables d’entreprendre de voyages de long cours, ni planter colonies. A quoi je réponds que ce sont vieilles chimères de croire que la navigation ne soit pas nécessaire en France, et que les Français ne soient propres à naviguer, et je prétends faire voir le contraire. J’ai le cœur tout serré quand je viens à considérer les discours que font tous les jours les étrangers quand il parlent de la France, et
même j'ai eu dispute pour soutenir l’honneur du royaume’?.
Le 10 septembre 1626, Richelieu écrivait à Rasilly : ‘Quand votre frère Launay Rasilly sera ici, nous parlerons particulièrement ensem-
ble ?’ du projet des colonies.
Jean de Lauzon adressait au cardinal, le 26 novembre 1626, une lettre dans laquelle, s’exprimant au nom des négociants de Rouen, il dit que
ces derniers remercient le roi de l'intérêt qu’il porte au commerce et du souci qu’il a de le protéger contre les corsaires, mais ils luiremontrent qu’il n’a pas pris, à leur avis, la meilleure voie pour aller au but. D’abord l’achat de navires aux Hollandaïs n’aurait pas dû être fait au non du roi, à cause ‘‘ de l’appréhension qu’ils ont (les Hollandais) que le roi ne devienne puissant sur la mer”. Et ils ajoutent que, si l’on avait emprunté le nom des négociants, le roi serait . Servi avec plus de diligence. Ce n’est pas assez ; il faut que le roi fasse construire les vaisseaux en France, ‘non pas en si grand nombre à la fois, mais tant il y a qu’il pourrait être servi avec contentement””. Une partie de ces vaisseaux pourraient être employés ‘‘ à l’assistance des na-
vires marchands ?””, à la condition qu’on donne $
aux négociants la liberté entière d’y préposer ‘telles personnes de probité et valeur reconnues qu’ils pourront choisir eux-mêmes. Ils fourni: raient des vaisseaux, les tiendraient en état de servir le roi. Quant à la déperse, ils proposaient une répartition à prendre sur les marchandises convoyées”, A aucun pri: ils ne veulent de ca
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pitaines nommés par le roi. Les continuelles pertes souffertes durant les dernières années font que les négociants refusent de contribuer à la construction âes navires ici mentionnés, mais ils indiquent un moyen d’y pourvoir: c’est de faire comine le roi d'Angleterre qui ‘‘ l’an passé fit par forme d’emprunt de grandes levées sur les étrangers de nouveau établis en son royaume jusqu’à faire payer vingt mille écus à tel d’entre eux”. On est, disent-ils, &’une tolérance inouïe pour les étrangers qui habitent la France ; on leur accorde des lettres de naturalisation, sans même exiger qu’ils possèdent ou contribuent en ce pays. ‘‘Ils n’y font aucunes acquisitions d'immeubles, n’y font construire aucuns vaisseaux, et ayant tous leurs biens en une casseñte le transportent quand il leur plaît”. Bien plus on leur donne les mêmes droits et faveurs qu’aux Français, tandis que les autres nations se réservent chez elles certains privilèges, comme en Angleterre, par exemple, où les Anglaïs ne paient que moitié des droits imposés aux pt qui les fréquentent.
La plupart de ces citations con*:ennent encore à l’état des choses en France, deu: siècles et demi après Richelieu. Cependant, l’opinion se forme aujourd’hui dans les hautes classes françaises en faveur du développement de 13 marine et des colonies.
Les grandes compagnies datent de 1626
Après avoir cité les textes ci-dessus, M. Léon Deschamps continue: ‘Il est important de savoir d’où est venue l’idée des grandes compa-
gnies dont le monopole et les privilèges ont tant nui au succès de nos établissements. Richelieu a exposé toute sa politique coloniale devant l’assemblée des notables eu 1625, et ses mémoires donnent l’analyse de son discours : ‘‘Il n’y a de royaume si bien situé que la France et si riche de tous les moyens nécessaires pour se rendre maître de la mer. Pour y parvenir, il faut voir comme nos voisins s’y gouvernent, et il faut faire de grandes compagnies, obliger les marchands d'y entrer, leur donner de grands privilèges comme ils font ; faute de ces compagnies, et parce que chaque petit marchand trefique à part, et partant pour la plupart en de petits vaisseaux et assez mal équipés, ils sont la proie des corsaires et des princes non alliés, parce qu’ils n’ont pas les reins assez forts comme aurait une grande compagaie, de poursuivre leur justice jusqu’au bout. Ces compagnies seules ne se voient pas néanmoins suffisantes si le roi de son côté n’est armé d’un bon nombre de vaisseaux pour les maintenir puissamment au cas qu’on s’opposât par force ouverte à leurs desseins. Outre que le roi en tirerait cet avantage qu’en un besoin de guerre il ne lui Soit pas nécessaire d’avoir recours à mendier l’assistance de ses voisins??. Cette année, 1626, le cardinal-ministre achetait des Hollandais vingt navires et avait obtenu, non sans supplications, qu’on les lui cédât avec la permission de les faire monter et commander par des Français, comme il a été dit plus haut. M. Deschamps explique encore ce fait: ‘‘Ri.
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gnols, des Anglais et surtc'it des Hollandais, à choisir le système des compagnies privilégiées comme mode unique de fondation et d’exploitation des colonies, et ce système a pesé depuis lors et jusqu’à le Révolution sur notre histoire coloniale.”’ Il veut toutefois que l’ôn rende hommage au génie du cardinal: ‘C’est Richelieu qui a réellement inauguré la politique coloniale, en lui donnait une place et un rôle dans le jeu de sa politique continentale, Après lui, malgré la pauvre administration (e Mazarin, qui laissa nos vaisseaux pourrir au purt, malgré la Fronde et malgré les déprédations financières la tradition fut suivie. Les actes et mémoires du gouvéernement et des particuliers ne sont pas moins nombreux de 1642 à 1660 que dans la période précédente’.
En 1626, dans son mémoire au roi, Richelieu demande de relever la puissance maritime de sa patrie, sans laquelle, dit-il, il ne fallait plus taire état d’aucun trafic. Se voyant au pouvoir, il annonce qu’il est résolu à consacrer un million et demi de francs par année à l’entretien de trente vaisseaux de guerre pour tenir les côtes nettes. Il songeait à créer une nouvelle France—même plusieurs Frances er Amérique. Il lui semblait que l’Europe devait agir comme tête du mouvement universel—donner l’impulsion et garder la suprême puissance sur des colonies qui seraient le dédoublement des nations du vieux monde— et il voulait que la France eût sa part de ces entreprises à la fois glorieuses et profitables. M. Deschamps l’en félicite : ‘* La marine et les colo-
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nies ont été l’une des constantes et principales occupations de Richelieu. Dès le début de son ministère, il s’est donné la charge de grandmaître, chef et surintendant général de la navigation et commerce du Canada. Son brevet de grand-maître est du mois d’octobre 1626, mais déjà, en 1625, il adressait à Louis XIII un ‘‘ Règlement pour la mer ” et un ‘ Mémoire ?’ qui contenaient des idées novatrices... Il mérite la première place, moins parce qu’il est le premier en date, que parce qu’il est le véritable initiateur de la politique coloniale ; Colbert en a seul la gloire devant la postérité. Il serait injuste de contester à Colbert son mérite, mais il est certain qu’il n’a été que l’élève de Richelieu. Il a fait analyser et classer toutes les pièces du cabinet de son devancier, les a étudiées et s’en est servi. L'examen des documents gardés aux archives des affaires étrangères ne laisse aucun doute à cet égard”?.
C'était done ur nouveau courant d’idées qui traversait la France en 1625-26. Richelieu a eu la gloire de le comprendre et d’utiliser sa force. S'il n’a pas réussi tout à fait, imputons-en la faute à cette politique de conquête ou de domination européenne dont il fut saisi peu d’années après 1626, tout comme Louis XIV en 1673, au moment où il venait, avec l’aide de Colbert, de préparer les plans les plus beaux et les plus exécutables en faveur du Canada. Dès que l’ambition d’un grand ministre ou d’un grand roi se repliait sur la seule Europe, il rétrécissait son rôle sans le savoir, et renvoyait à la postérité on à
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C'était plutôt par gloriole qu’autrement que le due de Montmorency acceptait le titre de viceroi de la Nouvelle-France, le 10 février 1620; il se figurait peut-être aussi que le commerce des pellsteries lui rapporterait des revenus, puisqu’il avait versé à son beau-frère, père du grand Condé, la somme ronde de onze mille écus pour l’obtenir de lui (1). Champlain, son lieutenant à Québec, continua de travailler seul, pour ainsi dire, car le duc, tout à son penchant pour la carrière des armes, et sans cesse êlé aux intrigues de la haute politique, était plus souvent à cheval que dans son cabinet à lire les papiers de sa coionie. Vers 1624, il disait à qui voulait l'entendre que la charge de vice-roi du Canada lui rompait la tête, plus que les affaires importantes du royaume. En écoutant les récits malheureusement si vrais de Champlain, il sentit s’'évanouir le reste de son enthousiasme à l’égard du Saint-Laurent, et, le 15 février 1625, passa le titre à son neveu, Henri de Lévy, (2) duc de Ventadour, lequel confirma Champlain dans le
(1) Voir Société Historique de Montréal, Ile livraison, p. 107.
(2) Montmorency a laissé son nom à la belle chute d’eau qui est près de Québec, et Lévy à la Pointe- Lévy, où est la ville de Lévis, ainsi nommée en 1861, à l’instigation de notre poète Louis Fréchette, en souvenir du chevalier de Lévis, qui servait sous Montcalm, et qui appartenait à la famille de Henri de Lévy,
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poste de lieutenant au Canada, par lettres en date du même jour,
En ce moment, les Basques donnaient le cauchemar à la comvoagnie du Canada en allant traiter et pêcher dans le fleuve jusqu’à l’île Verte, Leur quartier général était l’île Saint-Jean, aujourd’hui île du Prince-Edouard, Le vaisseau de pêche de Guers, l’un des subordonnés de Champlain—le seul vaisseaa que possédât ce dexnier pour la pêche du golfe—avait été capturé par les Basques en 1623, et amené sous les cinons de l’île Saint-Jean, car ces ha:dis coureurs de mer avaient su se fortifier (1623) en toute règle pour ne pas être pris à leur tour au milieu de leurs opérations. Ils ne reconnaissaient pas les ordres du roi qui accordaient le privilège de la traite et de la pêche uniquement à la compagnie du Canada, Un de leurs principaux capitaines, nommé Guérard avait même été jusqu’à Tadoussac en 1622. Celui-ci s'était associé avec un Hollandais ou Flamand, comme on disait alors. Ils étaient armés de quatre pièces de canon d’environ sept ou huit cents livres pesant chacune, et de deux breteuils ; le navire portait vingt-quatre hommes, Un bâtiment espagnol, de deux cents tonneaux rôdait dans ces parages. Plusieurs Flamands faisaient la pêche dans le bas Saint- Laurent. Un vaisseau de la Rochelle. conntandé par un homme masqué, traitait au Bic avec les sauvages, LekRaïllif, commis à Tadoussac, vivait dans des inquiétudes continuelles. Ce port, si commode pour les Français, n’eût pas suff à contenir tous les aventuriers qui le recherchaient,
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et par conséquent, LeBaillif comprenait qu’on l’en chasserait pour prendre sa place. Dans un récent travail sur Tadoussac, dû à la plume de M. Joseph-Edmond Roy, nous lisons: ‘Les anciens écrivains ont répété tour à tour que c'était un bon port que celui de Tadoussac, où vingt-cinq vaisseaux de guerre pouvaient se tenir à l’abri de tous les vents. Cette capacité a été grandement exagérée. C’est tout au plus si cing ou six vaisseaux de moyenne taille y pourraient mouiller ?”’. Champlain, très-alarmé aussi, ne se voyait pas en mesure de braver le péril, car il n’avait pas même une quinzaine d'hommes pour faire au moins la patrouille aux environs du Saguenay.
Guérard partit de Tadoussac presque en même temps que Raymond de la Ralde, lieutenant d’Emeric de Caen. De la Ralde se trouvait avoir le commandement maritime et avait ainsi pour premier devoir de chasser les intrus, Basques, Espagnols *t Flamands, du fieuve et du golfe Saint-Laurent. Il était à Miscou en 1623 lorsque les Basques se fortifièrent à l’île Saint-Jean. Sa situation devenait embarrassante. Catholique, toutefois t,ès attaché à ses maîtres protestants, les de Caen, il exerçait son peuvoir sur les sujets des deux religions, mais que pouvait-il faire contre les ‘‘ étrangers ? nombreux qui résistaient à ses ordres? Ce perscnnage devait s'identifier bientôt avec l'histoire du golfe Saint-Laurent, et rendre de bons services à la cause du Canada. En 1623 donc, il envoya À Québec le pilote Doublet informer de Caen de ce qui se passait vers
Miscou. Le 23 août, de Caen et Pontgravé s’embarquèrent pour la France, et prirent chemin faisant à Gaspé, des renseignements nécessaires à la politique qu’ils auraient à suivre pour parer aux circonstances du moment. Examirons ce qui se passait à Québec.
Voyant que le vice-roi était changé, Louis Hébert dema&uda la rectification du droit de propriété que le duc de Montmorency lui avait accordé en 1623. Le 28 février 1626 on: lui fit cette concession.
La situation de la colonie n’était guère enviable. Si d’un côté Champlain parvenait à faire comprendre aux marchands la nécessité de certains petius travaux de défense ou de logement, il ne gagnait absolument rien du moment qu’il parlait d'établir des familles sur les terres à titre de simples cultivateurs. En dix ans, de 1617 à 1627, on ne voit que Louis Hébert jardinant un peu, et semant quelques poirnées de bié, après avoir bêché le sol. Il n’y avait pas de charrue aux mains des colons. Marsolet, Hertel, Nicolet, Le Tardif, les trois Godefroy étaient encore interprètes ou employés de la traite. Peut-être Couillard, Martin, Pivert, Desportes, Duchesne eultivaient-ils, mais rien ne l’atteste, et cout nous fait suppcser le contraire, La cause de l’agriculture a toujours été mal vue des compagnies qui se succédèrent à Québec, de 1608 à 1627. Les premières tentatives de culture dans la Nouvelle- France avaient eu lieu à la baie de Fundy, sur l’île Sainte-Croix (1604), et à Québec (1608). Ces trayaux ne dépassaient pas ceux d’un jard'n
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potager ; leur objet n’était point de nourrir les émigrés, mais de procurer à de Monts et à Champlain des échantilions de ce que le nouveau sol pouvait produire. En 1613 et en 1615, Champlain, à Québec, agrandit cette petite exploitation. Louis Hébe’t, qui arriva en 1617, avait dû faire comme en Acadie, c’est-à-dire attaquer la terre avec la bêche pour tâcher de la connaître. Il possédait un ‘‘ labôurage ”? en 1629, mais 1: n’avait pas les outils essentiels à ces sortes de travaux, puisque Champlain dit positivement que la veuve Hébert fit usage de la charrue, pour la première fois, le 26 avril 1628.
Hébert était mort le 25 janvier 1627.
On élevait des vaches et des moutons. Quant aux chevaux, ils ne vinrent ici qu’en 1665. En 1622, sur l'invitation de Champlain, quelques sauvages s'étaient mis à défricher et à semer du blé-d’Inde, à la Canardière, joli endroit englobé, quatre ans plus tard, dans les limites de la seigneurie de Notre-Dame-des-Anges, près Québec.
Le P. Charles Lallemant, écrivant de Québec, le 1er août 1626. dit: ‘ Nous sommes si éloignés de la mer que nous ne sommes visités par les vaisseaux français qu’une fois par année, et seulement par ceux qui en ont le droit, car cette navigation est interdite aux autres. Ce qui fait que, si par hasard, ces vaisseaux marchands périssaient, ou s’ils étaient pris par les pirates, nous ne pourrions compter que sur la Providence de Dieu pour pouvoir nous nourrir. En effet, nous n'avons rien à attendre des Sauvages qui ont à peine le strict nécessaire.” L’un des capitaines
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qui visitèrent ainsi le peste de Québec en 1624 se était Charles Daniel, de Dieppe; c’est probablement sur son bord que Champlain et sa femme s’embaraunèrent, le 15 août de cette année, pour repasser en France. Les vaisseaux des capitrires Pontsravé et Gérard ou Guérard étaient alors à Misco".
Le sieur de la Ralde était resté à Miscou et à Gaspé. Au commencement de septembre 1624, ik accompagna Champlain en France, ainsi que Pontgravé et le pilote Cananée.
Emeric de Caen était resté à Québec l’hiver de 1624-25 en qualité de commandant. Cinquante et une personnes, tant hommes que femmes et enfants. composaient toute la population blanche du voste. Emeric retoarna en France, l’été de 1625, avec son oncle Guillaume de Caen. Uomme celui-ci était huguenot, il se vit refuser la direction de la flotte du Canada, laquelle passa au sieur de la Ralde, ayant Emeric de Caen sous ses ordres. La Catherine, de cent cinquante tonneaux, commandée par de la Ralde, et la Flèque, de deux cent soixante tonneaux, commandé par Fneric de Caen; l’Allouette, de quatre-vingts to.:neaux, appartenant aux jésuites ; un bâtiment de deux cents tonneaux, un autre de deux cents vingt, mirent à la voile à Dieppe, et arrivèrent à Québec le 5 juillet 1626, ramenant Champlain avec Eustache Boulé, son beau-frère, et le sieur Destouches, enseigne de Champlain, qui retourna en France au bout d’un an. Champlain rencentra (1626) des pêcheurs basques dont Je navire avait été brûlé par accident. De Caen et de la
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mandé à Québec durant l’hiver de 1625-26. On souffrait tellement du manque de provisions qu’on avait envoyé une chaloupe à Gaspé pour en obtenir ; la plupart des hivernants voulaient abandouner Québec. Le P. Charles Lallemant écrivait le 1er août 1626 : ‘Il n’y a que trois ou quatre familles (de Sauvages) qui ont défrichédeux ou trois arpents de terre, où elles sèment du bléd'Inde, et ce depuis peu. On m’a ditque c’étaient les RR. PP. récollets qui le leur avaient persuadé. Ce qui a été cultivé en ce lieu par les Français est peu de chose ; s’il y a dix-huit ou vingt arpents de terre, c’est tout le bout du monde.??
Le 25 août 1626, dit Champlain: ‘‘ Pontgravé sa délibéra de repasser en France... Cornaille de Vendremur, d'Anvers, demeura en sa place, pout avoir soin de la traite et des marchandises du magasin, avec un jeune homme appelé Olivier Le Tardif, de Honfleur, sous-commis qui servait de truchement.??
Le premier soin de Champlain fut de restaurer les bâtiments de Québec. Voulant aussi tirer avantages des prairies naturelles situées près du cap Tourmente, où l’on faisait des foins depuis deux ou trois ans, et où l’on élevait du bétail, il y fit construire sans retard une habitation, et y envoya le sieur Foucher aver cinq ou six hommes, une femme (Mme Pivert ?), et une jeune fille. ‘Les récoltes, écrivait plus tard le P. Leclereu, allaient à une petite mission formée au cap de Tourmente, à sept lieues au-dessous de Qué-
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bec, où l’on avait construit un fort avancé, non seulement contre les Sauvages, mais principalement contre les ennemis (venant) de l’Europe.”
En 1625 étaient arrivés les premiers pères jésuites. L’année suivante, ceux qui étaient dans la colonie se nommaient Enemond Masse, Jean de Brebeuïf, Anne de Noue et Charles Lallemant, sans compter les frères Gilbert Burrel, Jean Goffestre et François Charreton. Le P. Lallemant disait, le ier août 1626: ‘‘ Pour nos Français, qui sont ici au zombre de quarante-trois, nous ne rous sommes pas épargnés ; nous avons entendu leur confession générale. ??
Voyant ce qui se passait alors en France :
Après avoir dit que, du temps de Henri III, Henri IV et Louis XIII (de 1575 à 1640), la littérature française ne daigna point s’occuper de l’idée coloniale, M. Léon Deschamps fait observer que, pourtant, Montluc et Montaigne, sous Henri IIT, avaient formulé des arguments, plutôt contre que pour la colonisation, et il ajoute: ‘‘Au X VIle siècle, l’unanimité est absolue ; aucuue voix discordante ne se fait entendre et ne produit d’écho Gans la littérature, Une seule question provoque une courte discussion et deux ou trois livres ; c’est celle de l’origine des Américains, soulevée par Hugo Grotius en 1642. Elle est importante, puisqu'elle recèle la question de l'esclavage, que nous retrouvercns plus tard; mais elle ne crée pas en ce moment un courant littéraire. Notons ce .oint important: Au dé:but, #t jusqu’à Champlain, l’action s’est mari: festée surtout par des voyages d’exploration,
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