‹ Pages d'histoire du Canada [microforme]Chapitre 11 sur 53 · DE · texte numérisé non relu

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qu’il n'était pas besoin de taire, qu’on divulguait bien plutôt par orgueil national ; chacun voulait avoir sa part dans cette œuvre surtout Scientifique. Mais quand on eut compris le profit qu’on pouvait tirer de ces terres vierges, quand la ques: tion d'économie eut été soulevée—et nous avons vu que ce futen France, aux temps de Bodin et de * Lescarbot—on changea de sentiment 2t de méthode. L’action devint commerciale et politique, c’est-à-dire qu’elle se cacha (1). On nelaretrouve que dans le fait accompli ou dans les documents d'État. Cela explique lesilence des littérateurs ; au X VIlesiècle, et trop souvent depuis, on a laissé en France, au gouvernement, au roi, le soin des choses d'Etat ; c’eût été crime, et un crime promptement puni, d’en raisonner (2).

Les diswositions que montrait Richelieu à l’égard des entreprises coloniales furent bientôt connues. Dans la seule année 1626, il lui fut adressé cinq mémoires ou lettres sur ‘‘ le fait du commerce de la marine ;”’ lui-mêrxe est l’auteur ou le promoteur d’un très-grand nombre de con-

| trats, lettres, rapports et statistiques ayant le

même objet. De ces documents, les lus intéressants sont le mémoire de Richelieu touchant la marine, et les mémoires que le chevalier de Rasilly et un anonyme adressent à Richelieu en 1626. Le premier a été publié dans la collection des

(1) Mote de M. Deschamps: ‘‘Razilly dit expressément

| dans un mémoire remarquable adressé à Richelieu, en

1626 ; Fayre des conquestes et traficqs.…. le tout avec prudence et secret.??

(2) Revue de Géograpirie, Paris, 1885, p. 364.

documents inédits, et il suffit d’un mot pour l’ana-

lyser. Richelieu y dit en substance qu’il est néces-

saire que le roi relève la puissance maritime, Sans

laquelle ‘il ne fallait plus faire estast d’aucun

trafficq ?”, et qu’il est prêt à consacrer 1,500,000

livres par an à l’entretien de ‘‘ trente vaisseaux de guerre pour tenir les côtes nettes (1).??

Sous l’inflience bienfaisante de ce ministre, naquirent une dizaine de compagnies destinées à exploiter les pays lointains et à y transporter le nom de la France : La Nacelle de saint Pierre, 1625 ; la compagnie du Morbihan, 1626 ; les Cent Associés, 1627 ; la compagnie des Iles d’Amérique, 1627 ; la compagnie de l'Ile Saint-Christophe, 1635 ; la compagnie du Cap-Nord, 1638 ; la nouvelle compagnie de l’Ile Saint-Christophe, 1642 ; la compagnie de Madagascar, 1642 (2).

Citons encore M. Deschamps, puisque sou étude représente une page toute faite pour les

annales canadiennes. Les commerçants, dit-il, |

n’ont pas été ‘‘les seuls à prendre intérêt aux conquêtes coloniales. Toutes les classes de la société, depuis le roi jusqu’au public oisif, y ont pris part ; acteurs, auteurs ou lecteurs se trouvent à la cour comme à la ville, en province comme à Paris, su cloître comme dans les ruelles... Il estremarquable que presque tous les capi-

(1) Léon Deschamps: Revue de Géographie, Paris, 1885, p. 366.

(2) Voyez l’Intermédiaire des chercheurs et curieux, 1890, colonnes 428-435, où le docteur N. F. Dionne et M. Philéas Gagnon, tous deux de Québec, publient d’intéressantes dissertations sur les compagnies marchandes ou coloniales de cette époque.

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taines chargés de conduire les expéditions sont de petite noblesse, à commencer par lesieur de Champlain, écuyer. Ainsi, le chevalier de Rasilly, qui appartenait à une famille de Touraine, apparentée à Richelieu, et qui fut commandeur de l’ordre des hospitaliers de Saint-Jean ; ainsi le sire de Lauson qui devint seigneur de Montréal ; ainsi Pierre de Blain, écuyer, sire de Desnambuc.…..??

Dans la liste des Cent Associés, les noms de noblesse et de hauts fonctionnaires sont des plus nombreux. Citons-en quelques-uns : le marquis d’Effiat, surintendant des finances, Isaac Martin de Mauvoy, intendant de la marine, Claude de Roquemont, écuyer, sieur de Brisson, Isaac de Rasilly, chevalier de l’ordre de Saint-Jean de

Jérusalem, Jean de Tayot, trésorier dé France,

Ythier Holner, secrétaire du roi, Claude Brage-

| lonne, surintendant et commissaire général des

vivres, des cämps et armées de France.

Je relève à dessein dans cette liste les noms

E des associés appartenant à la Normandie, parce

que, en 1629 principalement, nous rencontrerons leurs navires dans le golfe Saint-Laurent :—

| David Duchesne, conseiller, échevin du Havre- : de-Grâce ; noble homme Simon Dablon (1),syndice

de Dieppe ; Jean Rosée, marchand de Rouen, qui fut le premier seigneur de l’île d'Orléans, près Québec; Simon Lemaître, marchand de

(1) Probablement le père de Claude Dablon, jésuite, qui, de 1642 à 1694 au moins, fut missionnaire au Canada,

2 chez les Iroquois, dans l’ouest, et devint recteur du

collège de Québec et supérieur des missions de la Nouvelle-France.

Rouen, qui fut le premier seigneur de la côte de Lauson ; Adam Mannessier, bourgeois et marchand du Havre-de-Grâce ; maître André Daniel, docteur en médecine, demeurant rue d’Ecosse, à Dieppe ; Charles Daniel, capitaine pour le roi en la marine, frère äu président, marié à Dieppe ; maître Pierre Boulanger, conseiller du roi et élu à Montivilliers ; maître Jean Féron, conseiller du roi et payeur des espèces de messieurs de la cour du parlement de iiouen ; Henry Cavelier, mercier grossier, de Rouen, frère de Jean Cavelier, marchand, qui fut le père du découvreur René-Robert Cavelier de la Salle; Jean Papavoine, marchand, de Rouen ; Jean Guenet (1), marchand, de Rouen ; maître Michel Jean, avocat à Dieppe ; Jean Vincent, conseiller et échevin de Dieppe ; Nicole Langlais, veuve de Nicolas Blondel, conseiller et échevin de Dieppe; Claude Girardin, marchand, de Rouen; Antoine Novereau, -marchand, de Rouen; François Mouet, marchand, de Rouen ; Jacques Duhamel, marchand, de Rouen. J’en conclus que la Normandie comptait pour le quart, ou bien près de ce chiffre, dans le nombre des Cent Associés ; le principal groupe se trouvait néanmoins à Paris. Le midi de la France figure pour un petit nombre de membres. A ce sujet, il est bon de noter que les protestants s'étaient soulevés dans le midi et avaient été écrasés par Richelieu, en

(1) Etait-il parent de Marie Guenet, dite la mère de Saint-Ignace, première supérieure des hospitalières de Québec, en 1639 ? Elle venait du monastère de Dieppe.

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1625 ; de plus, que les chefs de ce soulè ‘ement avaient péri sur l’échafaud en 1626. C’est aussi du camp devant la Rochelle, dernier boulevard des protestants, que fut signé, le 6 mai 1627, l’acte d’établissement des Cent Associés. Les circonstances connues du moment, et peut-être d’autres encore, expliquent l’abstention des gens du midi, car M. Deschamps observe que deux systèmes de commerce divisaient alors le royaume: au nord, protection ; au midi, libre échange. La compagnie des Cent Associés (1) était visiblement une création protectionniste, et ne devait pas trop plaire aux commerçants de Marseille, par exemple, qui demandaient ‘‘ qu’on tienne la main à ce que les étrangers soient bien traités. ??

La nouvelle du changement dans les affaires du Canada trouva Champlain occupé à règler une querelle survenue entre les Sauvages. Les Iroquois, peuple situé à l’est du lac Ontario, voulant tirer vengeance d’une nation appelée les Loups ou Mahingans (les Mohicans de Fenimore Cooper) avaient massacré plusieurs de ceux-ci, sans épargner cinq Hollandais d’Orange(Albany) qui trafiquaient dans ces endroits. L’hiver de 1626-27, un certain nombre d’Algonquins des bords du Saint-Laurent s’étant rencontrés avec les Loups, promirent à ces derniers de les seconder das la guerre qu’ils allaient entreprendre contre les Iroquois. Champlain déploya toute

(1) Pour la liste de ses membres voyez Documents publiés à Québec en 1883, I, 80, et Histoire des Canadiensfrançais, II, 31,

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son adresse pour conjurer l’orage, car les Iroquois ne devaient pas manquer de porter leurs armes jusqu’à Québec, si les Sauvages amis des Français allaient les attaquer chez eux. Malgré les précautions que prit Champlain, la guerre menaçait d’éclater sur toute la ligne, lorsque les navires anglais se montrèrent sur le fleuve, en

Le cardinal de Richelieu et le maréchal d’Effiat devinrent les chefs de la compagnie des Cent Associés ; toutefois Razilly, Champlain, l’abbé de la Madeleine, M. de Lauson en furent les véritables têtes et les instruments actifs. Dans sa relation de 1627, Champlain ne fait pas la moindre allusion aux Cent Associés. Il est vrai que la compagnie ne se proposait de commencer ses opérations dans la Nouvelle-France qu’en 1628, et, en attendant, les sieurs de Caen étaient encore regardés comme les principaux officiers de l’ancien ordre de choses. Emeric de Caen, revenu de France le 30 mai 1627, avait assisté aux assemblées des Sauvages au sujet de la querelle des Loups et des Iroquois. Au mois d’octobre suivant, il faisait la pêche à la baleine dans le bas du fleuve. Fin ce moment Québec était très-mal approvisionné. ‘‘Je m’étonnais, dit Champlain, comme l’on nous laissait en des nécessités si grandes, et en attribuait-on les défauts à la prise d’un petit vaisseau par les Anglais qui venaient de Biscaye... Nous demeurâmes cinquante-cinq personnes (hiver 1627-28), tant hommes que femmes et enfants, sans comprendre les habitants du pays (les Sauvages 4). Sur ces cinquante-cinq

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personnes, il n’y avait que dix-huit ouvriers, et il en fallait plus de la moitié pour accommoder l'habitation du eap Tourmente, faucher et faire le foin pour le bétail pendant l’été et l’automne.??

Cet état de gêne allait en s’aggravant, et à la fin de juin 1628 les secours de France n'étaient pas encore arrivés. De Caen avaït eu la prévoyance d’emporter de Québec les barques, voiles et cordages dont Champlain eût pu tirer parti pour aller au-devant des navires de France ; il avait fait plus dans sa trahison, car s’en était une; il avait donné avis aux Anglais de la détresse de la colonie. Le siège de la Rochelle durait toujours. Cette guerre servait de prétexte à un marchand dépité pour se venger d’avoir perdu le commerce du Canada. Par son moyen, les huguenots trouvaient à satisfaire leur haine contre l’établissement de Québec, qu’ils avaient constamment vu d’un mauvais œil, et qu’ils voulaient ruiner par le fer et le feu, puisque l’occasion s’en présentait. Les frères Louis, Thomas et David Kertk, protestants, natifs de Dieppe, mais entrés au service de l’Angleterre, conduisirent dans le Saint-Laurent (1628) dix-huit vaisseaux pour se saisir de tout ce que les Français y possédaient. Au mois de juillet ils commencèrent à capturer les bâtiments français dans le golfe. Tout fut détruit à Tadoussac : meubles, maisons, barques, ete (1). La guerre entre les deux couronnes excusait tout,

(1) Voir sur l’année 1628 dans le Canada-Français, 1889, p. 443, une bonne étude du docteur N. E, Dionne,

Les Kertk, quoique Français, caaient du roi d'Angleterre une commission en :ègle pour s’emparer, s'ils le pouvaient, du guife et du fleuve Saint-Laurent, Le bén.fice du commerce était le mobile des Kertk. Ils firent une fortune dans cette entreprise, qui eut au commencement des allures mystérieuses, car ces marchands, davenus militaires pour leurs besoins, ne paraissent pas avoir été connus comme naviguant vers le Canada avec des projets hostiles. Cent douze navires de Saint-Malo, ne se doutant de rien, mirent à la voile pour aller pêcher la morue sur les côtes de Terre-Neuve, On peut s’imaginer ce que les Kertk, armés en guerre et avec de nombreux vaisseaux, recueillirent de butin sur ces braves gens !

Le désastre de Tadoussac ne devait pas être le dernier. Les Kertk approchèrent de Québec.

La ferme du cap Tourmente, où l’on employait huit ou dix hommes, fut brûlée par eux avec quarante ou cinquante têtes de bétail renfermées dans les étables. Foucher, qui avait la surveillance de ce lieu, y fut fort maltraité. Nicolas Pivert, Marguerite Lesage sa femme, leur nièce et un homme furent amenés captifs. David Kertk envoya sommer Champlain de remettre le fort, mais la courageuse réponse qu’il en reçut le déter: : ‘na à attendra quelque temps. Peu après, This: Desdames, arrivant à Québec malgré LOUS 15 ObSvacies, apporta uue écomimission du roi pour Champlain, et annonça que le sieur de Roquemont s’avançait avec les premiers navires des Cent-Assc°iés. L’espoir fut de courte durée.

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Louis Kertk rencontra Roquemont dans le voisinage de Tadoussac, et, après une lutte acharnée qui dura plus de quatorze heures, l’enleva. Le frère Sagard dit qu’il y fut tiré plus de douze cents volées de canon. Néanmoins, Québec ne tomba pas cette année au pouvoir de l’ennemi. La prise de la Rochelle eut lieu le 28 octobre

L'hiver de 1628-29 fut très-dur à Québec.

Mme Hébert avait quelques provisions qu’elle partagea avec les récollets, On comptait réunies soixante-Seize personnes, parmi lesquelles vingt Français et un missionnaire revenus du pays des Hurons. Le printemps arrivé, tout ce monde se jeta dans la forêt pour y vivre de racines. Champlain et les chefs de familles parlaient de se réfugier chez les Sauvages. Pontgravé, souffrant de la goutte, songeait à partir pour Gaspé, mais il changea d’avis, D’autres montèrent sur une chaloupe et se dirigèrent du côté du golfe. Ceci avait lieu au commenc:ment de l’été 1629.

La paix entre la France et l’Angleterre avait été signée à Suze le 24 avril; on n’en savait rien sur le Saint-Laurent. Deux bâtiments de la compagnie des Cent Associés firent voile de Dieppe le 22 avril pour Québec, en même temps que deux navires sous les ordres du capitaine Charles Daniel, et dont ii sera parlé bientôt. Trois autres expéditions eurent lien, le mâêma printemps, pour la Nouvelle-France, savoir :

l’une dirigée par un capitaine du nom de Joubert ; la seconde préparée par les jésuites, et portant les PP; Charles Lallemant, Alexandre

Godefroy de Vieuxpont et Philibert Noyrot. Ce uavire fut capturé avec quatre autres appartenant aux Cent Associés. Le troisième convoi était équipé par les de Caen.

Un nommé, Jacques Michel, huguenot, de Dieppe, servait de guide aux Anglais. A l’île Percée ii captura un navire basque, puis se rendit à Tadoussac, d’où sa présence fut signalée à Champlain. Il y avait à Québec un jeune interprète de nationalité grecque ; on l’envoya à Tadoussac prendre connaissance de ce qui s'était passé. En même temps le gros des navires des Kertk s’avança comme pour tout emporter jusqu’à Québec, après avoir pris quelques bâtiments basques. Le golfe n’était plus qu’un vaste champ de bataille.

Enfin, le 20 juillet les Anglais parurent devant Québec, qui se rendit à Louis Kertk. Il n’y avait pas de nouvelle de la conciusion de la paix.

Louis Kertk comprit qu’il serait sage de ne pas alarmer les familles établies, et il leur fit entendre dès l’abord qu’elles ne seraient aucunement inquiétées. Champlain, jugeant que tout espoir n’était pas encore perdu pour la colonie, conseilla aux habitants de demeurer jusqu’à plus ample information, et, en attendant, de faire la récolte des grains, puis de s’en tenir à leurs ressources particulières autant que possible, avis aussi prudent que patriotique, et qui fut suivi à la lettre. ‘Ils me remercièrent, raconte:t-il, espérant nous revoir la prochaine année avec l’aide de Dieu.’

Champlain s’embarqua le 24 sur le navire de

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Thomas Kertk pour se rendre, prisonnier, en Angleterre. Par le travers de la Malbaie, du côté du Nord, on aperçut le vaisseau d’Emeric de Caen qui tâchait de gagner le vent pour échapper, mais Kertk le serra de si près qu’il dut engager le combat et fut pris. De Caen aussitôt sur le pont de Kertk remit à Champlain des lettres annonçant des vivres et des renforts d'hommes, et dit qu’il croyait la paix conclue entre les deux couronnes. Plus loin, à la rade de Tadoussac, se présentèrent Louis Kertk et Jacques Michel qui commandaient cinq vaisseaux de trois à quatre cents tonneaux, de plus de cent vingt hommes chacun. Eustache Boullé, beau-frère de Champlain, était prisonnier en cet endroit. Celui-ci avait vu, vers Gaspé, le capitaine Joubert sur un nivire de soixante-dix tonneeux destiné à ravitailler Québec, ec qui lui avait dit qu’il croyait bier la paix faite, puisque les Français n’avuient plus la permission d’attaquer les Anglais. Il ajoutait que des navires, notamment ceux du capitaine Daniel, étaient en route pour le Saint-Laurent.

Le fondateur de Québec passa douze jours à Tadoussac, chassant avec Kertk, et tuant plus de vingt mille pièces de gibier. Ensuite il fut conduit en Angleterre, non sans avoir appris eu ronte qu’il y avait des vaisseaux français près de Gaspé, et que c’étaient ceux qu’il avait vainement attendus à Québec,

Suivons maintenant le capitaine Charles Daniel dans son voyage, après avoir dit un mot de sa

N famille et de lui-même. Son père, Antoine Daniel,

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bourgeois de Dieppe, ‘ marchand mercier grossier ?”, exerçait une charge municipale impor. tante en 1620 ; il avait épousé Marguerite Martin. Leur fils aïné André, fut envoyé à Londres, en 1629, au sujet des affaires du Canada ; il mou rut en 1637. Charles, le second fils, est notre capitaine ; marié à Dieppe, le 4 octobre 1620, avec Hélène Lemare, il est mentionné en 1624 comme ayant commandé un navire de Dieppe pour le Canada, et soutenu sans désavantage un rude combat contre les bâtiments anglais ; remarié en seconde noces (1632) avec Louise Duplix, il a laissé une descendance qui existe de nos jours près de Rouen; anobli en 1648 pour ses services, il était encore employé dans !a marine à sa mort survenue en 1661. Acc‘. que, on le regardait comme le plus ancien capitaine de mer de toute la France. Adrien, son frère, fut avocat à Dieppe. Antoine, quatrième garçon, devint le père jésuite, missionnaire des Hurons, tué par les Iroquois en 1648.

La société des Bibliophiles de Rouen a tiré à soixante exemplaires, en 1881, une brochure élégante qui porte pour titre : Voyage à la Nouvelle- France du capitaine Charles Daniel, et qui renferme des renseignements précieux sur ce qui ‘ ‘ri passé dans notre golfe en l’année 1629. Je à l’amitié de M. Julien Félix, conseiller & à cour d’appel de Rouen, un exemplaire de ci beau travail, dont voici un extrait :

‘€ La prise d’un seigneur escossois et de ses gens. par monsieur Daniel de Dieppe, capitaine pour le roy en la marine, & général de ia flotte de la

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