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Nouvelle-France, dédié à monsieur le président de Lauzon, inwndant de la compagnie du dit païs, par le sieur Malapart, Parisien, soldat du dit sieur Daniel] ?”. Publié à Rouen, 1630.
Malapart commence ainsi: ‘ L’exploit dernier du capitaine Daniel en la Nouvelle-France, est avantageux à trop de gens pour estre cogneu à si peu de personnes... j’ai creu que comme mon espée avoit servi au combat, de mesme après la victoire, ma plume devoit rendre ce tesmoignage à la generosité de mon £apitaine...On verra dans ce narré l’exercice de la pesche assuré pour nos François, l’hérésie qui commençoit, arrachée dès sa naissance, la saintte foy de l’Eglise Romaine installée, & un petit tyranneau débusqué aussi honteusement, qu’il avoit injustement usurpé ce nouveau païs, & traité iniquement les sujets de notre France.…..??
Récit du capitaine Daniel (1): ‘‘Le 22 iour d'avril de la présente année 1629, ie suis party de Dieppe soulz le congé de monsieur le cardinal de Richelieu, conduisant les navires nommées le Grand S. André & la Marguerite, pour (suivant l’ordre de messieurs les Intendant, & Directeurs de la compagnie de la Nouvelle- France) aller trouver monsieur le Commandeur de Rasilly en Broüage, ou à la Rocheile, & de là aller soulz son escorte secourir & enuitailler le sieur de Champlain, & les François qui estoient au fort de Québec en la Nouvelle-France, &
(1) Cette narration se trouve à la page 1293 des Œuvres de Champlain, avec quelques variantes.
estant arrivé au chef de Baye (1) le 17 de inay, on publia le lendemain la paix faicte avec le roi de la Grande-Bretagne, & après avoir séjourné au dit chef de Baye l’espace de 39 iours en attendant ledict sieur de Rasilly. & voyant enfin qu’il s’aduançoit de partir à raison des mandements (2) nouveaux de la part du roy, & que la saiscn se perdoit pour ledict voyage; sur l’aduis de mesdit: sieurs les Intendant et Directeurs sans plus attendre le dit sieur de Rasilly, ie partis de la rade du dit chef de Baye le 26 de juin avec quatre vaisseaux & une barque appartenant à ladite Compagnie, & continuant mon voyage iusque sur le Grand Banc surpris que ie fus de brumes et mauvais temps, ie perdis la compagnie de mes autres vaisseaux & fus contraint de poursuivre ma route, iusque à ce qu’estant environ deux lieuës proche de terre i’apperçeus vn navire qui arrivoit sur moy portant au grand mast vn pavillon anglais, lequel ne me voyant aucun canon n’approcha à la portée du pistolet, ce qui m’obligea de mettre tout mon canon hors, dequoy s’estant ledit Anglais apperçeu il s’efforça d’euader, & moy de le poursuivre luy faisant commandement de mettre son pavillon bas comme estant sur les costes appartenantes au roy de France, et lui dis que la paix estait faicte
(1) Cap ou chef de baie, à l’extrémité nord-ouest de la grande rade de la Rochelle.
(2) Rasilly avait ordre de partir avec Daniel pour Québec, mais après la signature de la paix (24 avril), Louis XITI le dirigea avec ses vaisseaux, sur le Maroc contre les pirates barbaresques.
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(1), et qu’il ne devait rien craindre, &sur le refus qu’il fit de me montrer st commission, croyant que ce fust quelque forban, ie fis tirer quelques coups de canon, l’aborday et le pris. Ce faict ayant recognu que sa commission estait d’aller vers le cap de Mallebarre (2) trouver quelques sicns compatriotes, qu’il y portoit des vaches & autres choses, ie le laissay aller, et estan le 28 iour d’aoust eitré dans la rivière nommée par les sauvages Chybou (3), i’enuoyay le iour d’après dans mon basteau dix de mes hommes le long des costes pour chercher quelques sauvages, & apprendre en quel estat estait l’habitation de Quéhec, arrivans mes dix hommes au port aux Baleines (4) y trouuèrent vn nauire &e Bordeaux, le maiïistre duquel se nommaiïit Chambrean qui leur dit que le sieur Jacques fStuard (5) milor* escossois estoit arrivé audit lieu environ deux mois auparavant avec deux grands navires & vne patache angloise, et qu'ayant trouvé audit lieu Michel Dihourse de $. Iean de Lus (6) qui faisait sa pescherie & secherie de molluë s’estoit le
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(1) On était au milieu du mois d’août, et cependant ni la paix de Suze ni la prise de Québec n’étaient connues au cap Breton.
(2) Au large de Boston.
(3) L’île Sibou ou Chibou est en face de la rade du port Dauphin, cap Breton. Dans cette île estune baie, où Daniel bâtit un fort (Saint-Anne) du côté du nordouest.
(4 Petite baie qui avoisine Louisbourg.
(5) Jacques Stuart, lord d’Ochiltrie, du nom d’une b:ronnie située en Ecosse.
(6) Golfe de Biscaye.
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dit milort saisi du nauire & molluë dudit Dihourse, & permis que ces dix hommes fussent pillés, & peu après auoit le dit milort envoyé les deux plus grands de ses vaisseaux avec le nauire dudit Michel Dihourse & partie de ses hommes vers le Port Royal pour y faire habitation, comme aussi iceluy milort depuis son arrivée auait faict construire un fort audit port aux Baleines & luy auait enlevé de forceles trois pièces de canon qu’il auait dans son nauire pour les mettre dans :edit fort, mesme luy donna vn escrit signé de sa main, par lequel il protestoit de ne iuy permettre, ni à a aucun autre Français de pescher dérenauant à la dite coste, ni traicter avec les sauvages qu’il ne luy lust payé le dixiesme du tout, & que sa commission du roy de la Grande-Bretagne luy permettoit de leuer qriuze pour cent & de confisquer tous les vaisseaux qui yroient audit lieu sans son congé. Lesquelles choses m’estant rapportées, iugeant estre de mon deuoir d’empescher que ledit milort ne continuast l’vsurpation d’vn pais appartenant au roy mon maistre, & n’exigeast de ses subjects le tribut qu’il se promettoit, ie fis préparer 53 de mes hommes en armes, & me pourveu d’eschelles et autres choses nécessaires pour attaquer ledit fort, fis faire les exercices à mes gens, suiuant l’assiette du fort qu’il fallait forcer, & estant arriué le 8 de septembre audit port aux Baleines où estait construit ledit fort sur vn rocher environné d’eaux des deux costés, sur i’advis qui me fut donné, que les Anglois auaient apperçeu, quittant le dessein que ji’avais de le prendre à la diane, ie
ihourpillés,
deux dudit vers le
AUSSI t consy auait l'auait 6 fort, in, par , ni à uant à s qu’il que sa ie luy e conit lieu at rapem pespation re, & a prones en choses ire les u fort e sepconseaux lonné, ant le ne, ie
mis pied à terre & fis aduancer sur les deux heures après midi tous mes hommes vers ledit fort selon l’ordre que ie leur avais donné, & iceluy attaquer par ivers endroicts avec force grenades, pots à feu, & .utres artifices, nonobstant la résistance & les mousquetades des ennemis, lesquels espouvantez de voir comme nous leur respondions & auansions, se presentèrent sur leur rempart avec un mouchoir blanc demandant la vie & quartier au sieur le Tourneur mon lieutenant cependant que j’estois à la porte dudit fort faisant enfoncer icelle, par laquelle estant entré ie me saisis du dit milcrt que je trouuay armé d’une espée & d’un pistolet & quinze de ses hommes armez de cuirasses, brassarts, & bourguignotes, tenant chacun une arquebuze & fuzil en main, et tout le reste des dits hommes armés de mousquets & picques seulement, lesquels ie fis tous désarmer, & ayant osté les esterdarts du roy d'Angleterre, ie fis mettre au lieu d’iceux, par le sieur Castillon (1) mon porte enseigne, ceux du roy mon maistre : puis visitant ce qui estoit au dit fort i’y trouuay un François (2) natif de Brest detenu prisonnier iusques à ce que son maistre qui estoit arrivé deux iours auparavant en un port esloigné de deux lieuës de ce port aux Baleines, eust apporté uné piece de canon qu’il auait en son navire, et payé le dixiesme de tout ce qu’il pescherait, et le iour suivant ie fis
(1) Dans la liste des Cent Associés on voit François Castillon et Jacques Castillon.
(3) Le texte des Œuvres de Champlain le nomme David Lorhoan,