‹ Pages d'histoire du Canada [microforme]Chapitre 14 sur 53 · partie · texte numérisé non relu

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del, de Saint-Jean-de-Luz dans le golfe de Biscaye ; mais les Basques revenant sur eux les forcèrent de prendre la fuite, tandis que le captif s’évadait en plongeant dans la mer, d’où ses gens le retirèrent en peu de temps.

Emeric de Caen était parti de Dieppe sur un navire appartenant à son oncle Guillaume, A Québec, les Anglais lui défendirent de trafiquer en dehors des mois d’hiver ; il reprit le chemin de la France.

Tandis que ces événements avaient lieu au Canada, Charles TI écrivait de Greenwich à sir Isaac Wake, son ambassadeur près la cour de France, une dépêche en date du 12 juin 1631, qui expose, il me semble, tous les côtes et aspects de la situation entre les deux pouvoirs, et surtout cette curieuse aïaire du non-paiement d’une partie de la dot de Henriette-Marie, sœur de Louis XIII, mariée en 1625 à Charles I. Celui-ci s'explique nettement: payez la dot, ou pas de Québec ni de Port-Royal! On y voit aussi plus d’un point qu’il est à propos de connaître au sujet des navires capturés en 1629. Cette curieuse pièce a été mise au jour en 1884 par M. Douglas

Brymner, archiviste du gouvernement canadien.

La voici en son entier :

‘Par vos différentes dépêches au vicomte Dorchester, depuis que vous êtes arrivé à votre lieu de résidence en cette cour (de France) nous avons particulièrement remarqué les retards qu’on vous à fait éprouver avant de vous présen-: ter d’abord au roi et à ses principaux ministres, ainsi qué les manières et le langage dont on s’est

154 LE GOLFE SAINT-LAURENT servi à votre égarä, lors de votre première faits audience, Et de même que nous ne pouvons É port. nous empêcher d’être surpris que vous n’ayiez Æ mêm pas été admis plus tôt en la présence du roi, sur NN aprè vos instances réitérées et après la sollicitation brass d’une audience faite par d’Angier, ainsi d’un de ce autre côté, nous estimons avoir lieu suffisamment part : d’être satisfaits de la réparation qui vous à été tem p: faite par la déclaration si significative d’amitié cutio: fraternelle et la déclaration d’un ferme propos traité d'entretenir exactement avec nous des relations articl amicales, qui vous ont été faites de la bouche de no même du roi. Quant au bon accueil dont vous des ec avez été l’objet de la part de quelques-uns des on l’: ministres de ce roi et à la réserve que d’autres avons ont observée avec vous, au sujet du cardinal de restitt Richelieu, vous avez bien fait de vous conformer d’une à vos instructions, et pour le reste nous devons gardé vous laisser agir avec eux à votre discrétion. Et exigée comme nous voyons par votre conduite que vous les, 1] n'êtes pas novice dans les ambassades, ainsi nous donné n’avons pas besoin de vous donner de nouvelles rappoi instructions sur les égards à avoir pour ceux menti avec qui vous avez à négocier en cette cour, si ce de tou n’est de continuer comme vous avez bier com- trat de mencé, en ce qui regarde le cérémonial de votre rité re emploi. Cette dépêche vous en apprendra la objet à partie essentielle, qui est de mettre fin à tous les traité, différends entre les deux couronnes, et d’établir quant les bases d’une plus ferme amitié que celle des ment années dernières ; ce n’est pas là une œuvre nou- matrin velle ; il ne s’agit, en réalité, que de renouveler ait été

d’anciennes alliances, en mettant d’accord les ment HE

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faits avec les promesses. C’est ce que comporportait l’objet principal, et le premier article même du dernier traité, conclu il y a deux ans, après une rupture malheureuse ; et ce qu’il embrassait ou ce qu’on pouvait prétendre en vertu de ce traité à été ponctuellement exécuté de notre part: sauf seulement ce qui exigesit dans le temps, et ce qui exige nécessairement une exécution mutuelle, Nous avons, conformément au traité (conme vous le verrez spécifié au troisième article) admis une modification dans la maison de notre digne épouse, en augmentant le nombre des ecclésiastiques attachés à sa personne, comme on l’a jugé convenable, de gré à gré ; et nous avons fait faire à cette nation {française) diverses restitutions de navires avec leurs chargements d’une très-grande valeur, sans avoir rien pris ni gardé de ce genre, attendu que la remise en était exigée de nous par droit d’arrêt ou de représailles. La même satisfaction ne nous a pas été donnée, non plus qu’à nos sujets, sous ce double rapport; car bien que le troisième article déjà mertionné requière expressément la confirmation de tous les articles et stipulations de notre con

trat de mariage, en n’exceptant que la particuiarité relative à la maison de notre chère épouse, objet d’une clause particulière dans ce dernier traité, et que la dct soit clairement stipulée, et quant au montant, et quant à l’époque du paiement précisé dans ces articles et conventions maÿrimoniales, et que promesse de paiement nous ait été souvent faite en conséquence, spécialement par M. de Châteauneuf, maintenant garde

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des sceaux, lorsqu'il était ici en ambassade, cependant la moitié n’en est pas encore payée, et non seulement trois riches bâtiments appartenant à nos sujets, capturés et garäés sans aucune raison légitime, ni même l’ombre d’un prétexte, sont encore retenus, malgré des demandes réit: rées de restitution ; mais aussi il a été pratiqué dans ce pays (en France) diverses saisies de draps et de tissus fabriqués en notre royaume, en contradiction directe avec les stipulations et le traité. Le paiement de la balance de la dot a été depuis promis de rechef, à nous de même qu'aux personnes que nous avons employées dans cette cour, et par les ministres de ce roi et par l’ambassadeur de France résidant auprès de nous.Nous ne pouvons accorder plus de délai pour ce paiement et nous l’avons en conséquence joint aux autres conditions d’une entière et parfaite réconciliation. L’ambassadeur français, persistant encore dans sa promesse de paiement, désire néanmoins que les affaires en question soient séparées, en se faisant un point d'honneur d’être tenue par un nouveau traité, de payer la dette déjà reconnue par une convention antérieure, ce à quoi nous avons consenti volontiers, parce qu’une formalité ne doit pas interrompre les négociations—mais comme nous sommes plus particulièrement tenu en honneur de faire prudemment des conventions qui, si elles n’ont pas été exécutées auparavant dans l’ordre des temps, devraient l’être au moins simultanément et effectivement avec des choses d’une grande importance qu’on nous demande d’accomplir, nous ne

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pouvons nullement consentir à les séparer de façon que l’une pourrait être prescrite et accomplie sans l’autre. Ce que nous entendons principalement devoir être employé pour amener le paiement de la balance de la dot, est la reddition de Québec, en Canada, ville prise, en vertu d’une commission donnée sous notre grand sceau, pendant la dernière guerre, par une compagnie de sujets de notre royaume d’Angleterre,et l’évacuation de Port-Royal, situé près de la Nouvelle- Angleterre, et où une compagnie de nos sujets de notre royaume d’Ecosse était fixée et établie en vertu de la même commission, sous le sceau de notre royaume, également donnée pendant la guerre—pour donner suite à une autre antérieurement accordée par le roi notre père d’heureuse mémoire. Il est vrai qu’une de ces villes à été prise et que l'établissement s’est effectué dans l’autre après la paix, et pour cette considération (afin d’accommoder tous les différends) nous avons formellement consenti, et nous persistons dans notre dessein et résolution, que l’une, c’està-dire Québec, soit rendue, et que ceux de nos sujets qui sont établis dans l’autre s’en retirent, en les laissant toutes deux dans le même état où elles étaient avant la conclusion de {a paix : ce que nous ne faisons point par ignorance, comme si nous ne comprenions point à combien peu nous oblige sous ce rapport le dernier traité (le septième article de ce traité relatif aux restitutions ne mentionne que les navires qui étaient alors à l'étranger avec des lettres de marque), mais par affection et

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désir de plaire à notre bon frère le roi de France dans tout ce qui peut nous être amicalement et raisonnablement bien que non justement et légitimement demandé, Et on peut établir à bon droit cette distinction entre les demandes faites réciproquement et ce que nous demandons, savoir : le paiement de la balance de la dot ; la restitution de certains bâtiments pris et gardés sans même le moindre prétexte, et la main-levée des Saisies pratiquées dans ce royaume contre nos sujets, contrairement au traité—tout cela est de droit légitime ; tandis que ce que l’on nous demande au sujet des susdites localités, au Canada et autre lieux, et de quelques navires de cette nation, qui n’ont pas encore été rendus, mais ont été condamnés à la confiscation par notre haute cour d’amirauté, pour des raisons valables en justice, ne sauraient être accordés que par courtoisie et dans l’intérêt d’une entente cordiale. Après vous avoir ainsi exposé complètement l’état de la question en général, je vous réfère pour les détails aux pièces échangées entre l'ambassadeur de France, et celles de nos lords commissaires qui étaient chargés de cette affaire, ainsi qu’à Philippe Burlamachy, que nous vous envoyons exprès avec les mémoires et les pouvoirs qu’il vous présentera. Les mémoires se rapportent aux bâtiments, aux marchandises et autres choses propres à vous donner une connaissance complète de tous les détails en ce qui regarde une restitution mutuelle ; et à cet égard, nous vous laissons la latitude de concéder, plus ou moins, selon que vous le jugerez à propos,

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pour la conclusion d’un accord satisfaisant. Les pouvoirs, consistent, pour la part de M. Burlamachy, à recevoir le reste de la dot qui nous est dû, soit en argent ou en une bonne et valable procuration, de nature à le satisfaire; et pour notre part à rendre Québec et à évacuer Port- Royal ; ce pourquoi Philippe Burlamachy vous livrera certaines pièces convenables pour cette fin. Notre plaisir est que vous les remettiez à ce roi, ou à tel membre de son conseil qu’il nommera lorsque Burlamachy aura reçu l’argent ou les assignations susdites, et qu’il vous aura été donné satisfaction quant aux autres détails plus haut spécifiés ; mais en cas de refus ou de délai relativement au paiement ou à la remise de bonnes garanties (ce dont Burlamachy est tenu responsable envers nous), vous devrez alors les retenir et les lui remettre, car, dans cette éventualité, il ne devra pas rester plus longtemps à attendre la fin de sa mission. Quant à la balance de la dot, il reste une chose à régler: c’est la déduction que nous faisons des sommes que nous avions autrefois allouées aux personnes de la maison de notre chère épouse qui sont retournées en France, déduction à laquelle nous acquiesçons volontiers. Un autre point reste aussi à résoudre touchant l’obligation imposée à nos sujets de se retirer du Canada et autres lieux— c’est que révocation soit faite de tous les actes publiés en France contre tous ceux qui ont été engagés das cette entreprise, particulièrement contre les trois frères Kirk, ainsi que nous lPavons autrefois demandé au sujet du baron de

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Latour et de son fils, avec lesquels sir William Alexander avait traité, ce qui fut jugé raisonnable par les ministres de ce roi, et ce sur quoi il faut encore insister. Il y a un règlement pour la liberté du commerce, négocié et formulé par écrit, entre nos commissaires et le garde des sceaux de ce royaume, quand il était ambassadeur extraordinaire ici, et comme l’ambassadeur de France résidant aujourd’hui en notre cour demande que ce règlement soit ratifié et Sanctionné, nous y donnons volontiers notre assentiment, principalement parce qu’il donne vigueur et activité au traité antérieurement conclu entre les deux couronnes ; et tant pour cette affaire particulière (à cet effet nous ordonnons qu’il vous soit remis une copie du règlement) que pour ies autres # "iires dont vous êtes actuellement chargé. nou. vous donnons une ample commission sous notre grand sceau, dans la forme usitée en pareille cas.??

L’année 1632 s’ouvrit sans règiement de coraptes. Il fallut attendre au 29 mars pour voir signer le traité dit de Saint-Germain-en-Taye, qui fit cesser toutes les difficultés. Le 13 juillet, Thomas Kertk rendit Québec à Emeric de Caen, et partit emportant une riche cargaison de fourrures ; les années 1629-32 lui avaient procuré des sommes énormes. Les Cent Associés envoyèrent en 1632 quelques colons. L’année suivante Champlain arriva de France: c’était le commencement réel du régime des Cent Associés. La culture des terres allait enfin recevoir sa part d’attention. Au lieu de se concentrer uni-

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quement dans le golfe, l’activité des Français devait se répandre sur le continent et réaliser le rêve du fondateur de Québec, car celui-ci n’est grand dans l’histoire que par les projets qu’il a conçu, sans pouvoir les exécuter. Tout se liguait cotre la réalisation de ses plans. Nous ne lui attribuons pas la gloire d’avoir construit la ville de Québec, puisqu'elle n’était encore qu’une bicoque l’année de sa mort, mais c’est lui qui avait su choisir le site de cette importante position, et surtout c’est lui qui a rédigé avec un esprit pratique extraordinaire ces rapport volumineux où il enseigne comment il faut s’y prendre pour fonder une colonie durable—une Nouvelle-France. Quelle joie ne devait-il pas ressentir lorsqu'il mit le pied à Québec en 1633! Lui qui avait déjà parcouru nos deux grandes provinces centrales, et de plus l’ Acadie, comme il devait être heureux de voir que ces vastes domaines allaient se trouver aux mains de peuples civilisés. N’aurait-il pas pu écrié alors, avec le héros légendaire :

L’avenir ! l’avenir, l’avenir est à moi!

Malheureusement, des circonstances multiples entravèrent son action. Les guerres que soutenait continuellement la France ; un penchant nouveau chez les armateurs à se porter vers l’Amérique centrale ; la mort de Champlain (1635) et les guerres des Iroquois qui suivirent bientôt—tout se conjura pour paralyser le développement du Canada. A Port-Royal, en Acadie, même chose ; Razilly n’eut pas assez de secours

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ni assez de temps à sa disposition pour exécuter l’œuvre qu’il avait rêvée ; il mourut, lui aussi, laissant des petits groupes français, isolés les uns des autres, végétant, peu rassurés et nullement aidés dans leurs entreprises. Ils se maintinrent néanmoins dans ces vastes contrées, et posèrent, avec patience et longueur de temps, les assises d’un empire français dont Colbert comprit la valeur en 1663.

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Le volume que vient de publier M. W. H. H.

Murray nous décrit, avec la plume d’un écrivain artiste, Lake Champlain and its Shores, comme l’auteur à déjà su le faire pour d’autres régions, dans des livres qui trouvent de nombreux admirateurs. Ses scènes des montagnes Adirondacks seules lui ont valu une réputation enviable ; tout lecteur de langue anglaise connaît Adirondack Murray. Son nouvel ouvrage lui vaudra de justes éloges. Ce n’est donc pas pour le révéler au monde qu’un écrivain de langue française désire en parler aujourd’hui, mais plutôt pour avertir M. Murray qu’il a méconnu l’histoire du Canada sur un point de quelque importance et que plusieurs de ses compatriotes ont assez l’habitude d'interpréter les faits en question de la même manière que lui-même.

Supposons que j'aie à parler de notre pays en 1830 et que je ne me serve presque uniquement que des faits, des chiffres et des renseignements de 1890! Tel est le cas de M. Murray : il traite de ce qui a eu lieu en 1609, mais il en raisonne absolument comme s’il s'agissait de 1660 ou 1690; en un mot, il ne tient aueun compte de la succession des événements, .

Voici son texte, aux pages 66, 71 :

‘Champlain was now drawing nigh to the saddest day for him and France that either ever knew ; the day when he should shed blood without cause. The biood of that United People, the strongest and the most warlike confederacy of Red men on the continent, and of whom the fame was as wide as their sovereignty, that they never forgot a friend or forgave a foe. Strange fate this which befeil the just and humaune Champlain, that, stumbling on, in his ignorance of indian politics and power, he should, by one blundering shot, on the shores of this lake that was to bear his name, decide the character of a civilization, and forfeit a continent to France...

Tt was in this encounter that the Aquanu Schioni— United People, as the confederated Indians called themselves—saw for the first time a Christian white man, and were taught their first lesson in the humane ethics of what is called Christianity. It was in this battle also that the red warriors of the Mohawks had their first introduction to a Frenchman. For a hundred and fifty years they carried the memory of it on the edge of their tomahawks and the points of thei gca/ping-knives. More than once the recelle tion of the wrong done them on the snore of Lake Champlain by the armed representative of Old France, of the blood of their chiefs there ruth lessly shed, stood like a wall of fire between th

feeble English settilement south of them and tin French and India hordes which were marshalled to destroy them in the north, More than once

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France, through Church and State, practised all the arts of persuasion and intimidation to entice the dreaded Iroquois to her side or wedge thera from their alliance with the English, and failed. They could not forget what France had done to them in their first encounter near Ticonderoga. The slaughter of the Indian chiefs by Champlain was not only a crime but à political blunder—a biunder of such magnitude and 80 far-reaching in its after results as to become monumental.??

De l’imagination e lu sentiment à la place de la connaissance des faits ! Ainsi, Champlain #4 promenait en canot sur le lac, il aperçoit des Sauvages, pan ! un coup de feu et les Sanvages sont morts! Il ne savait pas qu'il S’attaquait à une puissante confédération... laquelle n’exista que plus tard. Tout est à refaire dans ces deux passages de M. Murray. Remettons es choses à leur place.

C’est durant le X VIe siècle que les Aigon quins chassèrent graduellement les tribus iroauoises du Bas-Canada, et que celles-ci allèrent se fixer du côté Est du lac Ontario, pas très près de ce lac, formant une succession de villages ou bourgades qui s’étendaient d’Albany à Buffalo. La tribu des Agniers (Mohawks en anglais) se trouvait localisée entre Albany et le lac Cham plain, c’est elle qui par son voisinage du Bas- Canad:, était la plus tentée d'exercer des repréailles sur les Algonquins du Saint-Laurent.

Vers la fin du X VIe siècle, les cinq tribus iroyuoises n’étaient pas à craindre. D'une part, elles se faisaient battre et refouler vers le lac On-

tario par les Chouanons qui habitaient un coin de la Pennsylvanie, et du côté du Bas-Canada, ou même du Haut-Canada, elles n’osaient rien entreprendre, sauf que les Agniers, comme je viens de le dire, allaient en maraudeurs, par petites bandes, inquiéter les Algonquins des Trois-Rivières et de Québec, durant la belle saison.

La Relation de 1660 (page 6), après avoir parlé du développement que l’organisation iroquoise prenait depuis quelques années (1645-60) ajoute que, vers la fin du XVIe siècie, c’est-à-dire de 1570 à 1590, ou encore lorsque Pontgravé commença à traiter sur le Saint-Laurent, les Iroquois étaient tombés dans l’insignifiance. ‘Il n’es paraissait presque plus sur la terre... mais ce peu qui en restait, comme un germe généreux, poussa tellement en peu d’années, qu’il réduisit réciproquement les Algonquins, aux mêmes termes que lui. ??

En 1603, lors du premier voyage de Champlain qu’il prolongea jusqu’à Montréal, les Algonquins lui parurent avant tout préoccupés de la crainte des Iroquois ct dirent que si les Français voulaient se joindre à eux pour dompter ces ennemis héréditaires, ils assisteraient Champlain dans ses voyages d'exploration, à la traite, partout enfin où il serait en leur pouvoir de le faire.

En 1608, un petit établissement fut commencé

Québec ; 11 y hiverna vingt-huit hommes, dont vingt moururent du scorbut, de telle sorte que, au mois de ma! 1699, Champlain ne se trouvait plus à la tête que des sept survivants, assez peu gaillards en ce moment là, on peut le croire,

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Les Montagnais du Saguenay, les Algonquins de Québec et des Trois-Rivières, les Algonquins du haut de l’Ottawa, et les Hurons du Haut-Canada s'étaient engagés—si Champlain les secourait contre les Iroquois—de le guider dans la découverte du pays des grands lacs et lui faire voir les mines de cuivre dont ils lui avaient montré des échantillons. Lorsque ces peuples renouvellèrent leurs instances, au printemps de 1609, ii n’y avait plus à balancer, le sort du poste de Québec était en jeu. Refuser la demande des Sauvages eût été renoncer à la bonne entente

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de la sécurité des Français qui étaient dans le pays ou qui devaient y venir plus tard.

Cartier avait trouvé à Québec (1535) de nombreuses familles algonquines et, sans égard pour les sollicitations qu’elles lui adressaient, il était allé jusqu’à Montréal, pays habité par une tribu iroquoise. Le résultat de ce voyage avait été, de la part des Algonquins, une froideur dont les équipages français n’avaiens eu que trop à se plaindre, tellement que les rapports entre eux étaient devenus presque hostiles. Cartier, perdant tout scrupule, et tout espoir de se concilier ces pauvres gens, enleva Donnacona avec quelques chefs qui ne revirent plus leur patrie. On sait combien Cartier et Roberval, cinq ans plus tard, eurent à regretter d’avoir déplu aux Sauvages parmi lesquels ils venaient s'établir, $ bien qu’il leur fallut abandonner l’entreprise.

Champlain, instruit par l’exemple de son pré décesseur, avait eu la précaution, dès 1603, de se

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mettre sur un pied d’intirww#£ ave les Algonquins, tant ceux du Saimt-Lourent que de l’Ottawa. Il était ainsi assuré que dans sa détresse, ou dans ses nécessités de tous g>nres, #! n'aurait que des amis autour de lui. Des relations de bon voisinage étaient la chose indispensable dans une pareille situation.

En 1609, les Algonquins ne s’opposaient point, comme au temps de Cartier, à ce que les hommes blanes allassent du côté des Jroquois ; ils les en priaient, au contraire, et offraient de s’y rendre en armes avec eux, afin de délivrer le Saïint-Laurent de ces bandes de maraudeurs et, si possible, les aller intimider jusque dans leur pays. Il fallait done céder à ieur désir, dans l’espoir d’une cañwpagne heureuse qui ramèneérait la tranquil lité awtour &u poste de Québec, D'ailleurs, les Sauvages de cer derniers liéwx pouvaient tout aussi bien dévenirs dangereux si ,’on refusait d’épouser leur case. (Tr péri! lointaïn et très peu visible n’est r:°9 en comparaison d’un danger réel, qui est à nos portes dont la Conséquence se mérwse sur l'heure, Le 104€ ‘‘ Iroquois ”? si guifiait peu de chose ; is avait été tenu dans le mépris durant de longues années ; ét à présent qu'il semblait Chércher à se refaire, on savait qu'il était à péime représenté par deux cents guerriers, (1) Mais dés guerriers pouvaient, en s distribuant par petites landes inquiéter des mi!

(1) Ceci veut dire lés Agniers, cer les autrés tribne iroquoises ne paraissant: «s ayoir pris part &1x éyén ments en question.

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liers d'hommes ; l’Iroquois était le framp de cette époque ; ce n’était pas encore la confédération des Cinq-Cantons, et personne au monde n’eût pu deviner les circonstances extraordinaires qui vinrent plus tard à leurs secours.

J'appelle la démarche de Champlain, raison d'Etat. Il avait autant le droit de s’en servir que n’importe quel souverain qui déclare la guerre pour des motifs souvent, hélas! assez futiles. Stanley et Brazza en Afrique ont fait bien davantage aujourd’hui—et on les admire. Champlain, qui vivait à une époque barbare, s’est mêlé à une petite guerre de Sauvages—oh ! l’horreur! Stanley, qui brille dans notre siècle de pure civilisation, massacre des centaines de gens qui 8e trouvent sur son chemin, ét tous les faiseurs de sentiment versent des larmes d’orgueil et de plaisir.

Qu'’était venu faire Champlain sur le Saint- Laurent ? La traite et des découvertes myec l’espoir de fonder une colonie stable. Ta réussite de la traite était la nremière condition im posés pour soutenir l'habitation &@e Québec, car les bailleurs de fonds &e la compagnie du sieur de Monts n’entendait pas badinage sur cet article. Or, les froquois gênait la traite en ‘coupant les

rivière, Un remède héroïque devenait indispengable ; c'était malheureux, mais qu’y faire ? Quelques-uns nt dit: ‘°J1 y allait de mort

d'hommes.” Et les Hurons, les Algonquins, les Montagnais, étaient-ils sur un lit de roses? Depuis des années, les froquois se mettaient à l’af-

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