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et nous voilà chez nous. Ecoutons le même auteur : ‘‘ Entre les Brésiliens et les négociants français, les meilleurs intermédiaires furent les interprètes normands. C’étaient de hardis aventuriers qui n’hésitaient pas à se fixer au milieu des tribus brésiliennes, apprenaient leur langue, se conformaient à leurs usages et vivaient de leur vie. D'une bravoure à toute épreuve, d’une activité que rien ne lassait, ce furent les véritables ancêtres de ces héroïques trappeurs frarco-canadiens, dont les romans de Cooper et de Mayne Reid, nous ont appris à admirer l’énergie et la persévérance, Habitués à ne compter que sur eux-mêmes, aux prises avec des difficultés sans cesse renaissantes, ils gagnaient à cette lutte quotidienne contre les hommes et les élémenis une incomparable énergie. Leur bravoure commandait l’admiration aux Brésiliens, qui les aimaient aussi pour leur adresse, pour leur complaisance, pour la facilité avec laquelle ils se conformaient aux usages nationaux et parlaient leur langue... Ils rendirent au commerce français d’inappréciables services et étendireut dans tout le continent l’influence française. On le savait si bien au Brésil que tous les étrangers cherchaient à se faire passer pour Français””?.
Ces choses avaient lieu dans i’ Amérique du f
Sud, un siècle avant les voyages de Champlain sur l’Ottawa.
C’étaient des Normands aussi tes interprètes
que le fondateur de Québec lança dans toutes lesk
directions et qui lièrent avec les peuples sauvages de la Nouvelle-France des rapports si éten
cher nada ontr comp ou se] notre Qué vingt 1608 à devaie plain, | interpr
iU- D dus eë si suivis. Ils rangèrent du côté de la nts France, ‘ces masses tatouées et couleur d’acajou les qui faisaient trembler les airs de leurs chansons en- guerrières’”, comme le dit M. J. G. Barthe.
lieu M. Gaffarel ne se trompe pas en allant chersue, cher l’origine de ces francs compagnons du Caleur nada parmi les Normands du Brésil, car les fils
> AC- ont répété ici l’œuvre que les pères avaient acbles compli 1à bas, Sur leurs traces marchèrent six ana ou Sepb générations de voyageurs qui ont répandu ayne notre nom d’un océan à l’autre.
et la Québec fut pris par les Anglais en 1629, Des e sur vingt habitants dont la présence est constatée de s SanS À 1608 à 1628, cinq repassèrent en France, mais lutse devaient revenir. Ce sont : — Samuel de Chamraenis À plain, Thierry Desdames, Robert Giffard et deux e com- interprètes, Olivier le Tardif et Jean-Paul Godeles ai Æfroy. Louis Hébert et Etienne Jonquest étaient r COM Siécédés. Les treize qui restaient en Canada sont
ils Se D ceux-ci :—Guillaume Couillard, Abraham Martin, xlaient ÆNicolas Pivert, Pierre Desportes, Adrien Durançais Æchesne, Guillaume Hubou et les interprètes : ns tout EXicolas Marsolet, Etienne Brulé, Jacques Hertel, » savait Jean Nicolet, Jean Godefroy, Thomas Godefroy, s Ccher- Éfrançois Marguerie.
C'étaieut donc neuf interprètes sur les ingt hommes qui formaient le groupe des preriiers Arnplain Blanadiens. Nous ne parlons pas d’Eustache
Boulé car il resta en France, et plus tard se fit erprètés Seligieux. Sur les neuf ci-dessus, sept ont fondé 1.tes 165 Bles familles.
g SaUVŸ TS Au moment de l’abandon de Québec, ii y avait
si étel'Mians la colonie moins de cent Français de tous
que du
rangs, sexes et conditions. Ceux de la population fixe qui restèrent ici comptaient trente-ctune ämes—hommes, fcmmes et enfants. Il est donc faux de dire que le Canada fut alors abandonné. Ce germe de la race canadienne ne mérite ni l’indifférence ni l’oubli. Cent trente-et-un ans plus tard (17690) la partie stable de la colonie se trouva dans la même sitnation—-les Français repassèrent en France ; les Canadiens restèrent en Canada. Nous voyous avec plaisir que la moitié des Canadiens d2 1629 étaient des interprètes de Champlain.
D’autres personnes, qui ne frenu point souche dans le pays, continuèreut d’y résider sous les Ker’, de 1629 à 1632. Ce sont : Gros-Jean, de Dieppe, interprète des Algonquins et ami des Anglais ; Le Baillif, natif d'Amiens, Picardie, arrivé en 1622 en qualité de sous-commis et chassé par de Caen ‘‘ pour être grandement vicieux ? ; il se donna aux Kertk, qui en firent leur commis et lui confièrent les clefs du magasin des Français qu’il avait eu la précaution de se faire remettre au départ de ceux-ci, afin de se venger. On l’accuse d’avoir enievé à Corneille, souscommis, cent livres en or et en «rgent, outre certains effets ; c’est lui, dit-on, qui s’empara des vases sacrés de l’église de Québec; les An: glais finirert par s’indigner de sa conduite scandaleuse ; il maltraiva les familles qui n’avaient pas voulu repasser en France. ‘ierre Raye ou
plain de ‘‘ rénégat, perfide, { aître et méchant”, passa au service de Kertk. Un nommé Jacques
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il résid:
Reye, charron, natif de Paris, qualifié par Chaux: à 16 av
s droit.
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Couillard, sieur de l’Epinay, capturé par Thomas Kertk comme il arrivait de France (1629), fut conduit à Québec ; il devait être parent de Guillaume Couillard dont la descendance a porvé le nom de l’Epinay. Deux Français, l’un appelé Le Cocq, charpentier, et l’autre Froidemouche, envoyé de la Malbaie à Québec par Emeric de . Caen, se firent prendre par les Anglais qui les gardèrent pour les faire travailler.
De l'été de 1633, date de son retour, et l’autonne de 1635 où ii mourut, Champlain n’intro-
) duisit aucun interprète dans le Canada; ceux
| qu’il avait formés suffisaient sans doute aux be-
soins du moment.
Examinons d’un coup d’œil la carrière de cha-
} cun de ces hommes de mérite :
Hertel (Jacques), sieur de la Frenière, se retira chez ses amis les Sauvages durant l’occupation de Québec (1629-1632), préférant la vie des bois
Là la soumission aux ordres des Anglais et espé:
rant le retour de Champlain. En 1633 on le vit reparaître sur le Saint-Laurent, plus fort que jamais de l’appui des tribus qu’il connaissait et prêt à servir la canse à laquelle il s’était dévoué devuis plus de quinze ans. Dès le 16 décembre
111633) il se fit concéder aux Trois-Rivières un Lierrain de deux cents arpents. Le 30 avril 1636,
Di résidait dans ce lieu, et le 18 août de cette
ännée on lui accorda deux autres terres, l’une de vingt-cinq arpents, l’autre de cinquante ; ensuite,
Char à le 16 avril 1637, il reçut une demi lieue de sei-
hant' s acq'es
fneurie au sud du fisuve, vis-à-vis le même enpiroit. En 1641 (21 août) il épousa Marie Mar-
guerie, sœur de l’interprète de ce nom. Trois
Hi - aus plus tard il obtint une concession de quatorze 1 arpents près de la ville des Trois-Rivières. En re même temps on lui donna le fief de l’Arbre-à-la- pè:
Croix, situé dans la seigneurie du cap de la Ma- Ma
déleine, où il commença sans retard des défri- Le chements,construisit une maison fortifiée et attira rt
des colons, Ce fief porte aussi le nom de Saint- q A
Jacques des Hertelets. Il possédait deux mai- 7
sons aux Trois-Rivières. (C’est en visitant l’une épot
d'elles qu’il mourut subitement, le 10 août 1651. ri
De 1645 à 1648, il avait été syndic des habitants. Hér
La carrière de cet interprète devenu colon et sei- es
gneur par sa propre industrie äevait être hono- ; épa:
rée dans sa descendance, comme nous le verrons. Loui
Ua curieux document que j’ai publié, renferme di, q
la liste des habits et du mobilier de Hertel. Ia ï ou
signature, ferme, accentué et caractéristique de Ma
ce vieux Canadien a été confondue avec celle de À son parent et homonyme, Jacques Hertel, mais au coup de plume on reconnaît l’homme.
Deux filles et un garçon héritèrent de ses ver: tus : Marie-Madeleine, baptisée le 2 septembre ï 1645, eut pour parrain M. de Champflour, gou- | verneur des Trois-Rivières, et pour marraine à madame de Ja Peltrie, fondatrice des Ursulines À au Canada. Après avoir fait son éducation au À monastère (Ursulines) de Québec, clle épousa, le 29 août 1658, Louis Pinard, chirurgien du fort des Trois-Rivières. Leur descendance est aujourd’hui très nombreuse. La seconde fille, Margue & rite, baptisée le 26 août 1649, se maria avec Jean Crevier de Bellerive, seigneur deSaint-François,
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qui s’est distingué avec ses fils dans les guerres contre les Sauvages et contre les Auglais. Quant au fils François, baptisé le 3 juillet 1642, par le père de Brebeuf, il eut pour parrain François Marguerie et pour marraine Marguerite Couillard, femme de Jean Nicolet. Il était déjà instruit lorsque, en 1660, il fut enlevé par les Iroquois. On connaît ies lettres toueh:ntes qu’il écrivit à sa mère durant sa captivité. En 1664il épousa Marguerite de Thauvenet, fille d’un capitaine du régiment de Brimon. Les campagnes du Wéro, comme on appelait Hertel même de son vivant, sort célèbres ; à la tête des milices il a répandu la terreur dans la Nouvelle-Angleterre. Louis XIV l’anoblit ?.vec sa descendance et celleei, qui existe encore, a longtemps brillé parmi nous.
Marguerie (François) conserva jusqu’à sa mort ses fonctions d’interprète. Ce fut l’un des plus beaux types de l’arcien voyageur. Le père de Brebeuf et d’autres contemporains font son éloge. L’hiver de 1640-41, étant allé à la chasse, en compagnie de Thomas Godefroy, ils furent surpris par les Iroquois et amenés dans les cantons de ce peuple où ils souffrirent des cruautés et des privations sans nombre, Un jour que ses ravisseurs paraissaient un peu adoucis, il se fit un instrument à écrire avec un petit baton trempé
| dans de la suic délayée et traça sur une peau le
récit de ses aventures en français, en anglais, en latin, en hollandais et en sauvage. La peau tomba entre les mains des marchands d’Albany
| qui réussirent à lui envoyer qnelques effets afin
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192 LES INTERFRÈTES DE CIHAMPLAIN
de l’aider à supporter sa situation. Bientôt les Iroquois résolurent de’se servir de leurs captifs vour demander la paix en les échangeant contre dos armes à feu. Marguerie et Godefroy furent conduits près des Trois-Rivières ; il y eut des conférences entremêlées de combats sanglants, puis au milieu d’une dernière bagarre les deux Français s’échappèrent. On remarque le courage et le dévouement de Marguerie dans le cours de ces pourparlers. Il insistait à empêcher le gouverneur de livrer des arquebuses aux ennemis, aimait mieux périr sur le bûcher que de donner aux Cinq-Nations le moyen de rendre la guerre plus désastreuse. A peine était-il sorti de ces dangers qu’on le voit aux noces de sa sœur avec Jacques Hertel. L’année suivante, Jean Nicolet étant mort, la place d’interprète des Trois-Rivières fut confiée à Marguerie. Il l’exerçait encore lorsque, dans l’été de 1648, il périt en tra. versant le fleuve avec un autre interprète, Jean Amyot, dans une embarcation délabrée que renversa un coup de vent. Le nom de Marguerie est resté à une rivière du comté de Nicolet.
Godefroy (Jean-Faul) s’occupa toujours de
commerce. 11 fut l’un des chefs de la compagnie k
dite es Habitants formée en 1644, puis conseiller
au premier conseil de Québec. Ses nombreux
voyages en France, la part qu’il prit au déve loppement du trafic du Canada, en font l’une des principales figures de son temps dans la colo nie, On lui confia des commandements sur les navires qui partaient chaque année de Québec. Lorsque les Anglais, nos voisins, manifestèren
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de par pro étro con!
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Jean d’alo fille « laissé nous religi Premi:
mirer nation lent c vélle ] | aux Sa Cultés mercia Mminist:
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ntôt les captifs ; contre y furent eut des nglants, es deux le coule cours r le gounnemis, donner y guerre | de ces eur avec Nicolet lrois-Rircait en- , en tra.
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LES INTERPRÈTES DE le désir de nouer