‹ Pages d'histoire du Canada [microforme]Chapitre 17 sur 53 · CHAMPLAIN · texte numérisé non relu

CHAMPLAIN

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Godefroy (Jean), sieur de Lintot, appartenait à une famille dont quatre ou einq membres avaient été anoblis au seizième siècle. L’automne de 1633, voyant qu’on allait construire un fort aux Trois-Rivières, il se fit accorder un terrain en ce lieu et s’y fixa. Il paraïs avoir été le premier des interprètes de Champlain qui devinrent colons. En 1638 la compagnie des Cent-Associés lui accorda l4 seigneurie apnelée Godefroy, vis-à-vis les Trois-Rivières et séparée par la rivière dite Godefroy du fief Roquetaïllade concédé plus tard à l’un de ses fils. Lorsque les familles Le Gardeur et Le Neuf arrivèrent dans le pays (1636), Jean Godefroy épousa Marie Le Neuf de la Poterie, qui lui donna de nombreux enfants. Il fut l’un de ceux qui contribuèrent davantage au développement de la ville des Trois-Rivières. Un acte, en date du 2 février 1651, le qualifie de ‘‘ noble homme Jean de Godefroy, conseiller au Conseil établi par Sa Majesté”’. Ce Conseil datait de 1647 et avait la direction des affaires du pays. Les lettres de noblesse que Louis XIV lui accorda en 1668, sont très flatteuses tant pour lui que ses enfants et son frère Thomas. Talon fit placer sur l’écusson de Godefroy un croissant emprunté à ses propres armes, On peut les voir encor: aujourd’hui sculptés richement au-dessus du banc d’œu-

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vres dans l’église de Trois-Rivières. L’épée, posée en pal au milieu de l’écu, rappelle les services rendus par cette famille dans les guerres des Iroquois. ‘Jean Godefroy ”’, ditle document en question, ‘ était journellement aux mains avec les Sauvages, accompagné d’un de ses frères et de dix de ses enfants, dont cinq furent tués, et son frère prisonnier et brûlé par ces barbares’’.

En 1672, cette famille était la plus considérable des Trois-Rivières. Jean mourut quelques années plus tard, laissant sa tradition à ses fils, qui, jusque dans notre siècle, l’ont maintenue brillante et sans tache. Voici quelques notes

| sur ses enfants :—10. Michel, sieur de Lintot,

premier enfant blanc baptisé aux Trois-Rivières, devint major de la garnison de cette place, seigneur du fief de Lintot près de Bécancour, où il

vécut un certain temps après son mariage avec

Perrine Picoté de Bellestre, jeune personne de mérite amenée dans le pays par Melle Mance.

Ses enfants ont contracté des mariages avec plusieurs familles recommanüables. 2. Loui:. sieur de Normanville, fut procureur du roi et xourut dans cette charge en 1681. Il avait énousé Marguerite, fille d’Etienne Seigneuret, seigneur en partie de la Pointe-du-Lac, et en eut un fils, René de Tonnancourt, qui fut conseiller du roi et lieu-

Ltenant-général civil et criminel, en faveur de qui

Louis XV renouvela les lettres de noblesse accordées à son grand-père. De sa femme, Marguerite Ameau, fille du notaire Sévérin Ameau, il eut plusieurs enfants dont quelques-uns ont fondé des seigneuries et exercé des charges pu:

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bliques. 30. Jeanne deviut religieuse chez les Ursulines de Québec où elle mourut ‘1713) après cinquante-deux ans de profession.- 40. Jacques, sieur de Vieux-Pont, tué par les Iroquois à la tête d’un parti qu’il commandait. 50. Joseph, sieur de Vieux-Pont, filleul de M. de Montmagny, gouverneur général, servit comme lieutenant dans les troupes de la marine. La belle séigneurie de la banlieue des Trois-Rivières lui fut donnée par son oncle, Michel Le Neuf du Hérisson. Lui et sa femme Catherine, fille de Maurice Poulain de la Fontaine (il a donné son nom à la rivière Saint-Maurice) décédés vers 1700, laissèrent plusieurs enfants; Pierre, sieur de Rocquetaillade, qui alla demeurer au Détroit et dont un fils eut la gloire de battre Washington ; Jacques, sieur de Vieux-Pont, aussi officier, et plusieurs filles bien mariées. 60. Jean-Amador, sieur de Saint-Paul, filleul du fameux Charles. Amador de Latour, gouverneur de l’Acadie, eut des terres en divers lieux, et même une seigneurie dans la contrée des Esquimaux. Sa descendance est très nombreuse. Deux de ses filles épousèrent Jean et René Boucher de Montbrun, oxplorateurs du pays des Sioux. 70. Pierre, sieur de Roquetaillade, servit dans les gardes de Frontenac qui lui accorda une seigneurie près de

celle de son père, entre Nicolet et la rivière |

Godefroy. Trois ou quatre autres enfants de Godefroy n’ont pas contracté d’alliances ni laissé de traces et sont probablement ceux que mentionneunt les lettres de noblesse comme ayant péri de la main des Iroquois,

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Godefroy (Thomas), sieur de Normanville, frère de Jean, ne se maria point. Il avait une terre à Montréal et une maison avec emplacement aux Trois-Rivières, On le retrouve constamment en voyage, soit avec les missionnaires, soit avec les fondateurs de la colonie, Pris et repris par les Iroquois, il a soutenu combat sur combat et bravé tous les genres de périls de l’époque nommé, à juste titre les ‘emps héroïques du Canada. En plus d’une circonstance, il hiverna parmi les Sauvages, à quelques lieues des bords du fleuve et y exerça les fonctions d’un maître d’école et d’un missionnaire. Les registres de l’église montrent qu’il baptisait les enfants et allait au besoin vers le poste français le plus rapproché avertir les prêtres de la maladie de certains Sauvages disposés à embrasser la foi et qu’il était urgent de ::G point laisser mourir sans les rendre chrétiens. Pour exercer plus d'influence sur la jeunesse des bois, il luttait contre elle à la course, à la rame, et à tous les exercices du corps ; ses victoires impressionnaient vivement des peuplades qui ne respectaient que la force physique et l’adresse du chasseur ou du canotier. Les écrits du temps parlent de sa bravoure si souvent mise à l’épreuve. C’est lui qui servit de compagnon au père Buteux (1651) lorsque ce missionnaire remonta le Saint- Maurice jusqu’à la hauteur desterres, L’inventaire de sa garde-robe, dressé après sa mort, fait voir qu’il portait parfois, et peut-être le plus souvent, le costume des Sauväges. Parmi ses habits français on trouve une casaque de drap

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écarlate et des haut-de-chausses aux ornements pompeux, qu’il revêtait dans les grands jours, en qualité de ‘‘ capitaine Français ””, comme disaient ses anis de la forêt. Son mobilier était très pauvre; il n’en faisait guère usage, on le comprend, mais il possédait des armes, de la poudre et du plomb de tous grains! Dans la sortie que le gouverneur des Trois-Rivières fit contre les Iroquois, l’été de 1652, Normanviile (on le nommait presque toujours ainsi) fut capturé et mourut par le supplice du feu. Les lettres de cette époque déplorent unanimement sa perte et sa triste fin.

Le Tardif (Olivier), sieur de la Porte, s’était montré, dès 1621, mécontent de la négligence de la compagnie de traite à l’égard de la colonie, On peut donc faire remonter à cette date au moins son intention de s'établir dans le pays. Lorsqu'il revint de France, en 1632, il était au service des Cent-Associés comme on le voit par une conférence tenue avec les Sauvages au sujet du trafic des fourrures. En 1637 il épousa Louise, fille de Guillaume Couillard, l’un des premiers colons du pays (arrivé en 1613) et des plus respectables. A la mort de Jean de Ré, sieur de Gand (1644), commis-général, Le Tardif le remplaça et fit un voyage en France. Le cardinal de Richelieu venait de mourir; les habitants se plaignaient des abus des Cent-Associés ; tout nous porte à croire que le nouveau commis-général fut consulté en ces circonstances, tant pour le bien de la compagnie que des colons eux-mêmes. Après 1645, où les habitants prirent la direction

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du commerce, il parait avoir été principalement employé par la société Rosée, Cheffault, Juchereau et Lauson qui s’était fait concéder (1636) la côte de Beaupré de l’île d'Orléans. De sa seconde femme, Barbe Aymart, native du Poitou, il eut plusieurs enfants dont la postérité est nombreuse, Vers l’époque de son décès, survenu au Château-Richer en 1665, on voit sur un plan de Sorel et des environs un endroit appelé chenal le Tardif et qui est encore connu par ce nom ; c’est la branche droite de l’embouchure de la rivière Saint-François. Marguerie, Godefroy, Hertel, Nicolet, Le Tardif ont laissé leurs noms à des lieux qui conservent leur souvenir. L’humble interprète vit dans la mémoire des générations actuelles à côté des gouverneurs et des personnages célèbres de nos annales.

Nicolet (Jean), sieur de Belleborne, avait été envoyé, vers 1620, chez les Algonquins de l’île des Allumettes pour apprendre leur langue qui était d’un usage général dans l’ouest et sur le bas Saint-Laurent. Il resta deux années consécutives chez ce peuple, le suivant dans ses courses, partageant ses fatigues et ses dangers avec courage, sans voir aucun Français durant tout ce temps. Il eut occasion de passer plusieurs fois sept ou huit jours sans rien manger, et dans une circonstance il fut sept semaines.entières sans autre nourriture qu’un peu d’éccrce de bois.

Lorsque Champlain reparut à Québec (1633) il y rencontra Nicolet qui était venu au-devant de ses instructions et qu’il chargea de 1: découverte des terres situées au-delà des lacs. Parti de

Québec le 1er juillet 1634, il se choisit des guides à l’île des Allumettes et atteignit les bords de la rivière Wisconsin, où il paraîtrait qu’il passa l'hiver ; on le retrouve l’automne de 1635 de nouveau sur le bas Saint-Laurent. Les relations nouées par cet explorateur avec les Sauvages du voisinage des grands lacs n’ont pas été infructueuses ; elles ont contribué immensément à attirer vers les Français le commerce de four-

rures de l’ouest, lequel, il est vrai, n’a pris du développement que plus tard, mais il remonte, bi par ses origines, à la mission deJean Nicolet. La d’ société historique du Wisconsin le considère co comme le Jacques Cartier de ce pays-là, et c’est de avec raison, Je ne m’étendrai pas davantage pa sur Nicolet, ayant écrit un volume à son sujet, et 167 me persuadant que tout le monde l’a lu. Disons de seulement que ce courageux interprète, ce dé- la 1 couvreur de mérite, Se noya en se dévouant pour Fra sauver la vie d’un Sauvage. Sa fille épousa un Cen Le Gardeur de Repentigny, dont la descendance gloi a longtemps brillé parmi nous et occupe une Jea: belle place dans notre histoire. seig Marsolet (honorable homme Nicolas), sieur de esta Saint-Agnan, se tint avec les Anglais de 1629 à Li 1632. Il déclara plus tard y avoir été forcé à lés 8 cause de sa connaissance des {angues montagnai- leur se et algonquine. Vers 1636 il épousa Marie La trave Barbide et fixa sa résidence à Québec. En 1645 ment il fut un des meneurs qui créèrent la compagnie Certa dite des Habitants, en opposition aux Cent-Asso- la dis ciés qui avaient le monopole du commerce de la dans |

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Les historiens de la Normandie, en voyant le présent chapitre, se rappelleront, je crois, ce que leurs archives renferment touchant les interprètes, ou encore 1ss familles que je mentionne, et peut-être nous donneront-ils des nouveaux renseignements sur ces choses du temps passé que nous aimons tant à remettre en lumière.

Il y a en ce moment daxs le Perche, un cercle d'hommes d’étude, formé pour retrouver les traces des gens de Mortagne, etc., qui Se sont établis en Canada au milieu du X VIlIe siècle, De nombreuses pièces manuscrites ont déjà été tirées de la poussière des archives et comme on va les publier, nous apprendrons bientôt sinon des faits importants, du moins des détails eurierx et qui servircnt à compiéter nos propres renseignements. Puisse cet exemple être imitée dans toutes les parties de la France d’où sont venus nos pères,

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Le nom de Robert Giffard ouvre la liste des seigneurs du Canada qui ont été les fondateurs de ce pays. Je me tairai sur les seigneurs qui n’ont rien fait, ou à peu près rien fait, et qui, par conséquent, n’occupent point la place d’honneur dans nos annales.

Les deux précédentes études ont fait voir que la population stable du Canada se réduisait à très peu de familles en 1629, au moment où les frères Kerkt s’emparèrent de Québec,

En vertu de leur charte (1627) les Cent-Associés avaient le pouvoir cle créer es fiefs ou seigneuries dont les concessionnaires étaient soumis à l’obligation d’établir des habitants. -Le seigneur devait donc posséder queiques ressources, être prêt à de certains sacrifices et s’en tenir, peur le résultat, aux chances de l’avenir, autrement dit escompter son temps, son argent, son travail. Comme privilège, cette situation était des plus minces ; elle se bornait à accenter un ievoir et à le remplir dans l'espérance d’en retirer, après une assez longnc suite d'années, des bénéfices solides.

Un médecin nommé Robert #iffard, né en 1587, le Mortagne, en Perche, et attaché aux navires qui faisaient le voyage annuel du Canada, s'était

construit (1627) une cabane près &e Québec, à ( l’endroit appelé la Canardière (à Beauport) pour c jouir de la chasse et de la pêche. Un homme P appelé Dumoulin et un zutre Français, domesti- d que de madame veuve Louis Hébert, * furent as- ri sassinés, par les Sauvages, en ce lieu, l’année 1627 ; il est fait mention à ce propos qu’ils avaient X été pris pour le boulanger et le serviteur du doc- ro teur Giffard, ce qui ferait croire que ce dernier et n’était point seul dans cette espèce de gertil- Gr hommière. En 1628, revenant de France sur le et. navire du sieur Claude de Roquemont, le futur die seigneur de Beauport fut capturé par Louis Kerkt Frs avec tout l’équipage, mais, retourné dans son dév pays, il se prépara, en vendant ses biens, à re- Juc

voir ia Nouvelle-France et s’y établir. Le traité de Saint-Germain (1632) rendit ses projets praticables. En 1633, il épousa Marie Renouzrd.

Le 15 janvier 1634, la compagnie des Cent Associés lui concéda la terre située à ‘ia rivière appelée Notre-Dame de Beauport.’’ De ce jour date la première seigneurie du Canada véritablement digne de ce nom. Giffard invita des fermiers, des artisans et des laboureurs à le suivre. Par des actes passés à Mortagne, il s’obligea à leur distribuer des terres, en leur imposant des conditions faciles. Voici les noms de la plupart de ceux qui Se joignirent à lui pour former l’établissement: Jean Juchereau, sieur de Maure, du

* En 1626, Louis “ébert avait obtenu une terre sur la rivière Saint-Charles, près Québec. Ce premier co-Æ Lier. lon du Canada mourut l’année suivante,

>C, à diocèse de Chartres, marié à Marie Langlois : pour quatre enfants. Marin Boucher, natif de Langy, mme près de Mortagne, sa femme Périnne Malet et nesti- deux enfants. Gaspard Boucher (cousin de Mant as- rin), sa femme Nicole Lemaine et cinq enfants. année Zacharie Cloutier, natif de Mortagne, sa femme vaient Xainte Dupont eb quatre enfants. Thomas Gi: u doc- roux, de Mortagne. Jean Guyon, de Mortagne, ernier et sa femme Madeleine Boulé. Un autre Jean geutil- Guyon, du même lieu, sa femme Mathurine Robin sur le et six enfants. Noël Langlois, natif de Normane futur die, marié, à Québec, le 25 juillet 1634, avec , Kerkt Françoise Garnier. ‘Toutes ces familles se sont ans SOn développées et répandues dans la colonie ; les s, à re- Juchereau et les Boucñer ont brillé dans notre je traité histoire. Giffard arriva en vue de Québec avec

ses gens le 4 juin 1634. Il amenait un prêtre :

jets pra Le ; M. LeSueur de Saint-Sauveur. Le 12 juin, ma-

dame Giffard mit au monde sa première enfant, Françoise, qui se maria (21 novembre 1645) avec Jean Juchereau. sieur de la Ferté, âgé de vingt ans. Sans perdre de temps, on construisiv des m\isons, les arbres de la forêt tombèrent sous la hache des défricheurs et, dès l’année suivante, les habitants récoltaient de quoi se nourrir. En même temps (1635) plusieurs familles qui s’étaient engagées à suivre M. Giffard débarquèrent à Québec : François Aubert, sa femme Anne Fauconnier et un enfant. Philippe Amyot, sa femme L Anne Convent ct deux enfants. Kobert Drouin

qui (1636) épousa Anne, fille de Zacharie Clou-

tier, Jean Côté, marié le 17 novembre 1635, avec Anne, fille d'Abraham Martin, ancien résident

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de Québec. Martin Grouvel, marié le 20 novembre 1635, avec Marguerite, fille de François Aubert.

Giffard travailla trente-quatre années, avec succès, à sa colonie de Beauport, qu’il laissa en pleine prospérité, après avoir marié trois de ses filles à Jean Juchereau, Charles de Lauson, Nicolas Juchereau, et vu entrer religieuse aux ursulines sa quatrième fille. Son fils Joseph, sieur de Fargy (anagramme de Giffard, Gyfar) hérita de ses droits.

En suivant l’ordre des dates, qui est la meile leure méthode pour l’histoire, nous rencontrons le deuxième seigneur canadien, Jacques Leneuf, siear de la Poterie, natif de Caen, qui reçut (15 janvier 1636) le fief, plus tard baronnie de Porineuf. L’arrivée de ce concessionnaire (11 juin 1636) accompagné de quarante-cinq personnes, fut un événement à Québec. Comme sa famille et celle de LeGardeur, son parent, se fixèrent partie à Québec et partie aux Trois-Rivières, nous re saurions dire quelle proportion de gens amenés par elles s’établirent d’abord à Portneuf, mais il est certain que leurs travaux ne furent pas infructueux. Portneuf était habité très-peu d’années après 1636, comme le prouvent le Journal des Jésuites (1645) et le titre de concession renouvelé en 1647 par suite de changements survenus dans l’administration du pays en général. Leneuf de la Poterie fut qua're fois gouverneur des Trois-Rivières ; plus tard (1665) gouverneur

du Canada par intérim; 1i eui des propriétés seigneuriales aux Trois-Rivières, Son fils, Mi-

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chel Leneuf de la Vallière, officier dans les troupes, fonda Beaubassin en Acadie, reçut la seigneurie d’Yamaska, et sa descendance donna des militaires au Canada jusqu’à l’époque de la conquête.

T4 concession de l’île d'Orléans remonte à la même date que celle de Portneuf. Elle fut fait au sieur Jacques Castillon, bourgeois de Paris, l’un des Cent Associés, prête-nor: d’un syndicat composé de huit personnes, parmi lesquelles MM. Jean de Lauson et Noël Juchereau, sieur des Chatelets, paraissent être les seules qui soient venues en Canada. En 1641, l’île fut offerte à M. de Maisonneuve qui préféra se rendre à Montréal avec la petite troupe qu’il avait amenée. Les premiers colons semblent s’y être établis vers 1648. Bientôt après, on y installa les Hurons chassés du Haut-Canada par les Iroquois. Les colons français se placèrent là en bon nombre de 1650 à 1665 et dix années plus tard elie était ioute habitée, Noël Jucherean des Chateists (frère de Jean Juchereau ci-dessus), Jacques Gourdeau et sa femme Eléonore de Grandmaison, Charles de Lauson, fils de Jean, gouverneur du (anada, Julien Fortin dit Bellefontaine, Mgr de aval, Louis Péronne sieur de Mazé, membre du onseil, Jacques Descailhaut, sieur de la Tesseie, membre du conseil, Jean-Baptiste Peuvret, ieur de Mesnu, greffier du conseil, en ont été les remiers seigneurs actifs.

Même jour (15 janvier 1636), Antoine Cheful; sienr dc là iegnardière, secrétaire des ent-Aseociés, reçut toute la côte de Beaupré,

mesurant seize lieues au fleuve à partir de la seigneurie de Beauport en descendant. Des coions se fixèrent dès 1640, entre les terres de Robert Giffard et le cap Tourmente. C’est un des endroits du Canada qui vit sa population se former le plus rapidement. M. Cheffault demeurait à Paris, mais il semb! : que, conjointement avec les propriétaires de l’île d'Orléans, il ait envoyé plusieurs colons occuper les belles prairies de ce grand fief.

Même jour, la côte de Lauson fut accordée à noble homme Simon Lemaître, conseiller du roi, l’un des Cent-Associés, lequel ne vint point en Canada, mais passa bientôt son titre à M. Jean de Lauson. [1 y a apparence que, de 1651 à 1660, plusieurs familles prirent des terres dans cette direction, si l’on en juge par la présence des Lauson à Québec durant cette période et par le recensement de 1667.

Jean Bourdon, ingénieur, arrivé de France en 1634, obtint en 1637 un fief qui forme partie de ce

que l’on nomme les plaines d'Abraham près Qué: |

bec. Il y établit bientôt des habitants. Bourdon se trouva mêlé, pendant vrente ans, aux affaires de la colonie, à plusieurs titres honorables. Ses

enfants servirent dans l’armée, exploitèrent avec

avantage les seigneuries qu’il avait reçues et ft: rent des Canadiens distingués dans toute l’acception du mot.

C’est aussi en 1637 que les Grondines furent concédées aux dames hospitalières de Québec, et quoique nous n’ayons point découvert de trace

à navitante da nas lienx durant les premières À

e la sei- années qui suivirent, tout porte à croire qu’il y 8 colons en eut quelques-uns avant 1660, car de là, en des- Robert cendant jusqu’à Québec, les Iroquois commirent des en- à cette époque de nombreuses déprédations, d’ae former près les récits du temps.

eurait à Le fief Chavigny de la Chevrotière, plus tard ‘avec les enclavé dans Deschambault, fut donné, en 1640, : envoyé à François de Chavigny sieur de Berchereau, jes de ce gentilhomme champenois, qui venait d’épouser mademoiselle Eléonore de Grandmaison et qui cordée à partait pour le Canada. Il remplit consciencieu- >r du roi, sement sa promesse de faire habiter ses terres ; point en sa veuve obtint un: extension de limites et con- M. Jean tinua son œuvre, tant à Deschambault qu’à l’île 51 à 1660, d'Orléans. De l’un de ses quatre maris cette jans cette femme courageuse a laissé la famille Gourdeau e des Lau- de Beaulieu favorablement connue encore de nos yr le recen- jours aux environs de Québec, surtout à l’île d'Orléans où elle a imposé son nom à un fief. France en Voilà donc huit seigneuries concédées avant

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1641 et qui toutes, ont Québec pour centre.

à près Qué- | Comme elles furent habitées sans presque aucun Bourdon retard, leur histoire est celle du commencement Fe affaires de la colonisation du groupe québecquois. J’ai rables. Ses omis les concessions suivantes, appartenant à tèrent avec l’époque parcourue jusqu'ici parce que la certiques et ft: tude de leur mise en valeur immédiate nous mante L'accep: @ que: 1626, l’Epinay, près Québec, à Louis Hébert ; Notre-Dame-des-Anges, près de la rivière nes furent Saint-Charles, aux récollets ; 1635, Sainte-Foye à Québec, et M. Pierre de Puyseaux ; et Sillery (1639) où les t de trace jésuites établirent une mission sauvage qui dura premières | quelques années,

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En 1640, la population stable de tout le Canada comptait soixante-et-quatre ménages constatés (peut-être soixante-et dix) — soit deux cent soixante-et-quatorze âmes, auxquelles il faut ajouter vingt-neuf jésuites et cinquante-trois fonctionnaires civils ou militaires ou commis, formant un grand total de trois cent cinquanteneuf âmes.

L'île de Montréal avait été accordée en 1636, à Jacques Girard,chevalier, seigneur de la Chaussée, mais en 1640, M. Jean de Lauson à qui elle était passée, dut la céder à une compagnie dont l’objet était de fonder une bourgade en ce lieu, tant pour la conversion des Sauvages que dans le dessein d’y attirer des colons français. La société dite de Montréal devint, quelques mois plus tard, une branche du séminaire de Saint-Sulpice, fondé à Paris (mai 1642). En même temps, M. de Mai- Sonneuve débarquait à Montréal avec sa colonie forte de quarante hommes. Les sulpiciens, seigneurs de l’île, déboursèrent de fortes sommes dans l’établissement des paroisses qui relevaient d’eux. Ils furent véritablement les fondateurs de cette partie du Canada.

Bien que la première concession connue aux Trois-Rivières date de 1633 (en faveur de Jacques Hertel, interprète) et que les six cents arpents de terre accordés aux jésuites en 1634

commencent l’histoire du papier terrier en cet

endroit, on ne rencontre aucun seigneur dans le bourg ou les environs avant Jean Godefroy qui prit (1638) un fief au sud du fleuve (à la rivière Godefroy aujourd’hui). Bientôt Jacques

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Hertel se fit donner (1644) l’Arbre-à-la-Croix, dans le cap de la Madeïeine, etJacques LeNeuf de la Poterie (1645) le petit marquisat du Sablé, compris dans la ville actuelle.

Ces trois personnages, dont deux (Hertel et Godefroy) nos -ont occupé précédemment, furent les chefs du mouvement colonisateur aux Trois-Rivières. Jacques Le Neuf de la Poterie était, comme Godefroy et Hertel, de la Normandie; de plus, sa sœur avait épousé (1636) ce même Godefroy, l’un des hommes de progrès de son temps. Hertel et Godefroy ont fondé plusieurs seigneuries.

M. de Montmagny, gouverneur général, reçut, en 1646, l’île aux Oies, l’île aux Grues et le fief de Montmagny (Rivière du Sud). Le voisinage de la ville de Québec facilita la colonisation de ces beaux endroits, les plus attirants du Bas- Canada. Après M. de Montmagny, l’île aux Oies

. devint propriété de Jean Baptiste Moyen, sieur

des Granges, qui y transporta sa famille et s’y consacra à la culture au milieu de plusieurs habitants ou censitaires ; c’est là qu’il fut tué, avec sa femme, en 1655, parles Iroquois. Deux deses filles épousèrent, l’une le sergent major Lambert Closse et l’autre le capitaine Sidrac Dugué de Boisbrillant, «fficiers dont nos annales font les plus grands éloges.

Aux Trois-Rivières, M. François de Champfour, gouverneur du poste, voulut (1646) utiliser les riches terrains de la haute-ville. On lui donna le fief Champflour, sur lequel] il commença des travaux, mais sa retraite l’ayant obligé de

repasser en France, la famille Le Neuf acheta le fief (1649), puis le revendit à M. Pierre Boucher (1660), et de ces trois mains il ne tarda point à recevoir des habitants. Pierre Boucher prit de bonne heure trois ou quatre concessions qui ne paraissent pas avoir été peuplées avant 1669 ; il fut le premier Canadien anobli (1661). Sa descendance à fourni au Canada une dizaine de seigneurs et douze ou quinze officiers.

Le cap de la Madeleine paraît avoir été promis aux jésuites dès 1645 ; les premiers colons s’y établirent en 1651. C’est l’une des rares seigneuries des jésuites qui ont été colonisées au dixseptième siècle. Celle de Laprairie, qui fut uccordée à cet ordre religieux en 1647, resta en friche durant de longues années et ne commenca à recevoir des cultivateurs que vers 1673, alors que Longueuil, sa voisine, était déjà prospère.

Gentilly, concédé (1647) à Pierre Lefebvre et à Nicolas Marsolet, passa (1669) à Michel Pelletier, sieur de la Prade, qui s’y fixa et amena des colons. Pelletier ut pour successeur François Poisson, fils de sa femme (veuve äe Jean Poisson) qui se montra digne de l’héritage de son beau - père. Quant à Marsolet (nous en avons parlé ailleurs) il traversa au nord du fleuve et reçut les prairies dites des Marsolets, dans le cap de la Madeleine. Pierre Lefebvre tenait un rang honorable aux Trois-Rivières et fut l’un des principaux citoyens qui contribuèrent à l'érection de la première église paroissiale de cette ville (1664). Sa nombreuse descendance formersit aujourd’hui un régiment. L'un deses

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fils, Jacques, se fit donner (1683) la seigneurie qui porte encore son nom : la baie du Febvre. Lefebure, Le Fevre et Lefebvre sont un seul e! même nom.

René Robineau de Bécancour, fils d’un trésorier de l’armée et membre des Cent-Associés, était dans le pays depuis 1645 au moins. La seigneurie de Bécancour lui fut concédée en 1647. Il épousa Mlle Le Neuf de la Poterie qui lui apporta le fief de Portneuf où il fixa sa résidence, Vers 1682, ce fief fut érigé en baronnie. Jusqu'à la conquête (1760) le chef des Robineau a porté le nom de baron de Portneuf, René s’établit à Portneuf, puis à Bécancour ; il est souvent cité avec le titre de beron de Bécancour. Quatre ou cinq des fils de René ont commandé en Acadie ; eux et leurs descendants fournirent au Canada une dizaine d'officiers.

Pierre Le Gardeur de Repentigny, arrivé en 1636, était de ceux quis’employaient le plus activement au commerce, tout en faisant corps avec les colons. Il descendait de Jean Le Gardeur de Croisilles, anobli en 1510. $es fiefs Cournoyer et Repentigny qu’il reçut en 1647, passèrent à sa famille (il était mort en 1648) qui les peupla. Les Le Gardeur ont fourni de brillants officiers à la colonie jusqu’au temps de la conquête.

Un terrain d’une lieue de front au fleuve sur cinq lieues de profondeur, communément désigné sous le nom de banlieue des Trois-Rivières,

s fut donné, en 1649, à Michel Le Neuf du Héris-

son, frère aîné de Jacques Le Neuf de la Poterie, et plus tard passa aux Gouefroy qui le Jaissèrent

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établir par des squatteurs dont les titres furent reconnus vers 1720, On peut dire que cette seigneurie s’est créée sans la direction du seigneur et par là elle constitue une exception dans notre histoire. Le fief Dutort, au sud du fleuve, parait

avoir été concedé en 1649 à Le Neuf du Hérisson,

qui ie passa à son neveu Michel Godefroy.

Madame Anne Gagnier, veuve de Jean Clément du Vault, chevalier, seigneur de Monceaux, commandant un régiment de chevau-légers, demeurait à Québec lorsque (1649) la compagnie des Cent-Associés lui concéda le fief qui prit le nom de Monceaux et plus tard Jacques-Cartier, à la rivière de ce nom. La même année, sa lle épousa Denis-Joseph Ruette d’Atteuil, ancien maître d’hôtel général du roi, qui demeurait dans la colonie et qui, pendant de longues années, prit ure part active aux affaires de l’administration, en qualité de conseiller, ete. Madame de Monceaux se maria (1655) avec l’ingénieur Jean Bourdon, l’un des hommes les plus habilés de son temps dans le pays.

Jean Bourdon concéda Sainte-Jeanne de Neuville en 1653. Ce fut l’une äes belles paroisses de la première époque de nos seigneuries.

La fam.:'e Lauson prenait des terres sur tous les poiur: de la contrée. Elle n’en a colonisé qu’uneseule : la côte de Lauson, vis-à-vis Québec, et un petit fief (Lirec) dans l’île d'Orléans. Ce qui lui en restait, vers 1690, fut verdu moyennant quelques francs, Les Lauson étaient alors ou décédés ou repassés en France,

Pour des fins de pêche et de traite, plutôt que

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de colonisation, le docteur Robert Giffard obtint (1653) la seigneurie de Mille-Vaches, près du Saguenay. Giffard avait récemment étendu les limites de Beauport et se voyait à la tête de la plus belle paroisse du Bas-Canada.

Le premier titre de la terre de Longueuil date de 1657, en faveur de Charles Le Moyre, qui habitait alors la colonis depuis seize ans. Par ses longs services et par les exploits militaires de ses fils, Le Moyne a laissé un nom éclatant dans notre histoire. Il suffit de nommer d’Iberville, Maricour, Sainte-Hélène, Châteauguay, Bienville pour rappeler à la mémoire du lecteur mille souvenirs de gloire et de triomphes.

Un officier des troupes, Etienne Pezard, sieur

de la Touche, venu en 1662 ou 1663, se fit accor-

der (1664) la seigneurie de Champlain, entre Batiscan et le cap de ia Madeleine, et y fixa des habitants dont il dirigeait lui-même les travaux, comme le faisaient tous les seigneurs que nous avons nommés ci-dessus. L’un de ses fils fut tué au combat de Beauport, en 1690; l’autre conti-

Buua la ligné, qui existe encore et qui porte le

nom de Champlain.

En 1650, la colonie ne renfermait guère plus de six cents âmes établies. En 1651, les Iroquois étaisnt devenns tellement nombreux dans l’île de Montréal, que l’on dut abandonner les cinq ou six maisons habitées par des familles fran- Sur les soixante-et-douze hommes venus de France lans ce poste, entre les années 1641 et 1653, rente-Geux avaient péri de la main des Iroquois,

Les ménages restant à Montréal, à la date de 1652, étaient au nombre de douze ou quinze, et toute la population française de l’île ne dépassait point cent âmes.

En 1653 (ävant l’arrivée du renfort que reçut Montréal), toute la population fixe du Canada devait être de six cent soixante-et-quinze âmes,

distribuées comme suit: Québec 400, Trois-

Rivières 175, Montréal 100. On peut ajouter cent cinquante ou deux cents personnes, telles que missionnaires, employés de la traite, etc. Cela ne fournissait pas même deux cents hommes en état de porter les armes—-et les Iroquois continuaient leurs massacres.

De 1652 à 1656, une quinzaine de coions s’établirent à l’île d'Orléans. Les seigneuries groupées autour de Québec ont dû recevoir de deux à trois cents personnes de 1654 à 1661. Aux Trois-Rivières nous constatons soixante nouveaux chefs de famille durant la même période. A Montréal,cent hcmmes s’établirent, l’automne de 1653 ; dans les années 1658 et 1659 on en compte près de deux cents nouveaux et une quarantaine de jeune filles.

Si nous ajoutons le contingent amené en 1662 par M. Pierre Boucher, on voit que le pays renfermait, au ccmmencement de 1663, entre deux mille et deux mille cinq cents âmes, car il faut tenir compte des naissances survenues durant les dix dernières années. Quant à la population

flottante, dite ‘‘ française ”, elle était insigni-8

hante sous le rapporc du nombre. Le recensement de 1665 donne trois mille deux cent quinze

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âmes ; mais les immigrants commençaient à être beaucoup plus nombrenx depuis trois ans, L’abolition. cle la compagnie des Cent-Associés (février 1663) mettait fin au ‘ gouvernement propriétaire.” La liste des premiers seigneurs du Canada cloit se clore ici. A la fin de l’année 1664, c’est-à-dire au moment où le nouveau régime allait cornmencer, soixante-et-cinq seigneuries avaient, été octroyées, outre plusieurs vetits fiefs sans grande importance pour notre étude. Je n’en ai mentionné que vingt-cinq ou vingtsix, parce que celles-là n’ont pas été des concessions sur le papier seulement. Parmiles autres,

Lilenest qui ont été peuplées en partie, grâce au seigneur primitif, il est vrai, mais après 1665.

Les seigneurs effectifs qu’il faut ranger dans la période de 1633 à 1564 sont donc : Jacques Hertel, les jésuites, Robert Giffard, Jacques Le Neuf de la Poterie, Jean de Lauson, Jean Bour-

Ë don, les dames Hospitalières, Jean Godefroy,

François cle Chavigny, la société de Montréal et

à Saint-Sulpire, M. de Montmagny, François de Champfour, Pierre Lefevre, Nicolas Marsulot, René Robineau, Pierre Le Gardeur, madame de iMonceaux et Denis-Joseph Ruette d'Auteuil, Pierre Boucher,Charles Le Moyne, Etienne Pezard de ia Touche. Il paraîtrait que ni Jacques Castillon ni Antoine Cheffault n’ont demeuré dans le pavs, maïs ils y entretenaient Ces agents.

Si nous divisons ces seigneuries par gouver- Bcemerits, comme on s’exprimait alors, nous trouvons dans celui de Québee : Montmagny, Lauson, l'île aux Oies, Beaupré, Beauport, la ban-

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lieue de Québec, Jacques-Cartier, Neuville, Portneuf, Deschambault, Grondines ; dans celui des Trois-Rivières : Champlain, l’Arbre-à-la- Croix, le cap de la Madeleine, le coteau Saint- Louis, Hertel, Champflour, Gentilly, Cournoyer, Dutort, Bécancour ; dans celui de Montréal :

l’îie de ce nom, Repentigny, Longueuil.

Dans une étude aussi concise, je ne saurais m'’étendre sur une foule de détails qui se rattachent à l’histoire des fondateurs du Bas-Canada. Qu'il suffise de nous arrêter un instant au mot ‘ seigneur. ??

Devenir propriétaire de deux lieues de terre de front au fleuve, sur deux ou quatre lie <s de profondeur, était chose facile ; toute: ,i 21 y avait des obligations à remplir; la principale consistait à établir, dans un temps prescrit, tel et tel nombre de colons ou habitants tenant feu et lieu, ce qui nécessitait des sacrifices d’argent et l’attention continuelle du seigneur. Les redevances que les habitants se trouvaient obligés de payer au seigneur étaient des plus minimes—la loi protégeait surtout l’habitant. Il est vrai que,

à la longue, les terres devenant toutes peuplées |

dans la seigneurie, le seigneur en retirait vw: revenu raisonnable, mais que d’années et de sa crifices avant d’en arriver là! A tous les points de vue, le seigneur était moins favorisé que l’habitant.

ques (de 1636 à 1663) la colonie a végétée, par suite de la guerre des Iroquois et de la coupable apathie des Cent-Associés, on ne peut que révérer le souvenir des vingt-quatre ou vingt-c: 1

Si l’on songe que, durant les temps héroi- |

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à seigneurs mentionnés plus haut, car tous ont

contribué à l’établissement du Canada et aucun d'eux n’a recueilli, du moins avart 1665, la récompense de son patriotisme et de son dévouement.

Que serait-il arrivé si le système seigneurial eut été mis en vigueur parmi nous, nonseulement au début de la colonie mais avec continuité et en ne refusant pas aux seigneurs l’aide que le roi

s'était obligé à leur fournir ? Nous aurions eu

un Canada valant n’importe quelle contrée de Él'Europe en moins de cinquante ans. Le seigneur pouvait être la cheville ouvrière de la création d'un empire celonial. Louis XIV et Colbert avaient tout préparé pour cela. Colbert l’a voulu jusqu’à sa mort; Louis XIV a oublié son projet au tiers du chemin. Mais le père du système c'est Richelieu ; il a commencé l’œuvre en 1627, puis l’a laissée à elle-même ; Mazarin n’y a compris presque rien. Lorsque, en 1663, Colbert eut l'oreille de Louis XIV, on vit renaître ce grand Hélas! il n’a fait que renaître pour tomber ans l’oubli une seconde fois. Avec le

ss seigneur, notre pays devenait un monde nouveau, +18 presque passer par la phase coloniale.

Du x “nent où on amoindrit ce puissant appoint, le : ‘-ada ne vécut que des ressources aléatoires de a traite et de la spéculation des capitalistes. La olonisation s'arrêta, en tant que l’on pouvait ompter sur les envois d’hommes de France, Les seigneurs se ruinèrent de suite à ce régime.

Nous devinmes un peuple sans chefs—pardon, on

nous donna des chefs militaires, ce qui était

changer notre destinés. Les miraeles que nous vonlions faire comme colons, nous les avons accomplis comme guerriers.

Ni le roi ni les Cent Associés ni la compagnie des Indes ne faisaient difficulté d’accorder des seigneuries à ceux qui en demandaient, mais ils se gardaien* bien d’aider ces seigneurs dans les travaux qu’il fallait exécuter pour transformer ce coin de forêt en campagne cultivée, aussi voiton peu de seigneurs arriver à un résultat profitable. La plupart d’entre eux abandonnaïient Vœuvre, et celle-ci passait aux mains des habi-

‘ts les plus prospères qui, tout en y mettant des années, parvenaient à défricher la terre et à y établir des colons. Le système seigneurial du Canada n’avait à peu près qu’un défaut: la pauvreté des seigneurs au début de la colonisation ; on alla même jusqu’à donner des seigneuries à des militaires qui ne possédaient ni sou ni maille et n’avaient aucune conraissance du métier de défricheur et de cultivateur.

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Dans ses Notes sur ces Registres de Notre-Dame de Québec, M. l’abbé Ferland mentionne le contrat de mariage le plus vieux qui nous ait été conservé : ‘‘ Jean Guion, dit il, quoique simple maçon, était l’homme de lettres de Beauport. Un contrat dressé par lui pour le mariage de Robert Drouin, de la paroisse Du Pin, cha-

itellenie de Mortagne, au Perche, avec Anne

Cloustier, est bien écrit, et l’orthographe y est respectée. Ce contrat de mariage, le plus ancien peut-être qui se soit conservé, puisque la date est du seize juillet 1636, est signé des membres de la famille Giffard, de François Bellenger, de «061 Langlois. ??

Dans son dictionnaire généalogique M. l’abbé

Tanguay indique le mariage en question comme

ayant eu lieu le ‘12 juillet 1637 ””, c’est-à-dire un an moins quatre jours après le contrat.

. Je vais passer entre ces deux dates, car j’ai

un contrat de mariage du quinze décembre 1636 \faire valoir. fouffrez que je m'’étende sur cer-

tains détails qui montrent l’importance des milles dont je vais parler. ‘ Mon ”? contrat de

mariage a plus, de valeur historique que celui de Drouin, si tant est qui celui-ci date de 1636. À la fin d'a seizième siècle et au commence-

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