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A présent que nous possédons des massestde renseignements sur le passé et que nous savons l’histoire de chaque pouce de terrain, depuis le lac Ontario jusqu’à Gaspé, nous voyons nettement qu’il n’y 4 pas de place pour les chevaiiers de Malte. Nous voyons aussi que dans la classe des wmmunautés, institutions, corporations ou comi-
) pagnies publiques, il n’y a aucun espace libre où
nous pourrions placer ces vaiiiants ct admirables soldats de ia chrétienté.??
Le savant Canadien qui parle de la sorte en ce moment porte plus d’un nom—il signe : J. E.
Roy, N. E. Dionne, J. M. LeMoine, &c. C’est à dire que les érudits s’accordent à repousser la iégende créée par Knox.
S’il est vrai que le livre de Knox a paru en 1769, sept années après la publication de l’4merican Gazetteer, je n’en suis pas moins persuadé que Knox a fourni à. ce dernier le faux renseignement, et cela avant que d’avoir imprimé son propre livre. Toute l’erreur vient de Knox, et pourtant il n’y à pas de sa faute : il a cru bien comprendre ce qu’on lui expliquait.
Un Français de talent que j’ai piloté à Ottawa, vient de publier à Paris une description exacte de notre mécanisme administratif, mais il commet une erreur en disant que dans l’édifice de l'Est, est logée la cour des comptes. Il veut parler du bureau de l’auditeur des comptes. Nous n'avons pas de cour de comptes—ce qui n’empèêchera pas les lecteurs du vingtième siècle de croire à l’existence de cette cour, si l’article de on ami leur passe sous les yeux,
Tel est le cas du capitaine Knox. Le Benjamin Sulte qui l’a accompagné dans sa visite à Québec et à Montréal, n’a pas dû lui parler des Knights Hospitallers, mais lui, il a cru qu’il s’agissait de ceux-ci. Disons : ‘‘les sœurs hospitalières.”
J’oppose done l’impossibilité à l’assertion de Knox. Ce qu’il a cru voir n’a jamais pu exister. Au point où en sont nos recherches historiques, il n’y a plus de grandes lignes inconnues. [Certains détails seulement sont encore enveloppés
de mystère. L'établissement en Canada des che- !
valiers de Malte serait ce que j'appelle une grande ligne et ne se réduit pas à la proportion d’une affaire de détail. Non, pas de chevaliers de Malte ici. Je le regrette pour le Canada.
Il y a eu, toutefois, une tentative d’établissement.
C’est le moment de voir si l’Ordre de Malte a Ai
tenté de devenir seigneur du Canada, et pourquoi ce projet ne s’est pas exécuté.
Je place en 1635 la principale démarche offcielle faite en ce sens, ayant trait au Canada proprement dit, et à l’Acadie ou région maritime.
Deux plans analogues paraissent avoir été conçus |
la même année : envoyer M. de Montmagny sur le Saint-Laurent—ceci était du ressort des Cent- Associés ; et attirer en Acadie les secours de: l’Ordre--d’après les idées de M. de Razilly.
L’Acadie, toutefois, était concédée aux Cent: Associés, qui en nommaient le gouverneur, Champlain écrivait de Québec, l’automne de 1635, qu’il se sentait dangereusement malade.
Les Cent-Associés durent songer ? lui choisir un JE
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successeur. Il me répugne de supposer que M.
de Montmagny fut nommé pour remplacer le fon” dateur de Québec alors qu’on pouvait croire celui-ci en état de poursuivre ses travaux. L'âge, les voyages, les maladies du grand homime, tout me porte à excuser les Cent-Associés de lui avoir donné un successeur.
Celui-ci était membre de la compagnie des Cent- Associés, ce qui ne l’empêchait pas d’être chevalier de Malte.
On voit dans les mémoires et pièces du com-
imencement du dix-huitième siècle les sieurs de
Montmagny et Razilly commander des vaisseaux de guerre et se distinguer dans plus d’une expédition.
Lorsque l’Ordre ne réclamait pas les services
ide ses chevaliers, ceux-ci s’employaient comme
il leur plaisait et ils ne dérogeaient aucunement en formant partie d’une compagnie marchande et colonisatrice fondée par le roi de France sous
le nom de Canada, ou Morbihan, ou Nouvelleffrance, ou Cent-Associés.
Brasdefer de Châteaufort, chevalier de Malte,
itait à Québec durant la dernière maladie de
hamplaïn et muni de pouvoirs qui l’autorisaient
à prendre en main l’administration de la colonie,
te qu’il fit en attendant le nouveau gouverneur.
Je suis convaincu que les Cent-Associés, déjà ibérés pär les pertes des années 1629-31, ne dehandaient pas mieux que de céder leur privilège une autre organisation, et que Champlain luihème voyait cette ère nouvelle d’un bon œil.
lout le génie de Champlain se porte vers l’éta-
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blissement des cultivateurs, dont les frais,d’ins- [ tallation doivent se payer par le moyen des reve- € nus de la traite. Toutes ses plaintes proviennent f de ce que, à partir de 1608, les intérêts des mar- D chands absorbaient les revenus de cette traite e sans presque rien consacrer à la colonisation. Il te devait, par conséquent, préférer l’Ordre de Malte, li riche, dévoué, entreprenant, catholique, patrio- [9 tique et admirablement bien outillé, à n’importe Ce
quelle combinaison, soit de la noblesse, soit de la | royauté, soit des gens du commerce. Si vous no lisez les écrits de Champlain vous y verrez qu’il pa soupire constamment après l’aide d’une société d’é comme Malte seule pouvait lui en offrir une. cite
Mais, direz-vous, est-ce que le Conseil de l’Or-Æ des dre se montrait favorable à une telle entreprise! 8 8 Je n’ai pas de certitude là-dessus. En tous cas, 30 1 Sillery, Montmagny, Razilly le demandaient, et cart ils se montraient des plus actifs parmi les Cent-Æ sité Associés. Quant aux habitants, groupés au nom-Æ que bre d’une quinzaine de familles antour de Qué: bec et des Trois-Rivières, ils ne pesaient guère Can: dans les considérations et, à tout prendre, je crois qu’ils eussent, comme Champlain, accepté avec plaisir la protection d’un corps puissant et bien intentionné. Les chevaliers n’eussent pas manqué de faire venir d’excellents colons en bon nombre et de développer les ressources naturelles du pays, au lieu que les compagnies marchandes, visant les bénéfices immédiats du trafic des pelle teries et de la pêche, s’excusaient de n’amener qué très peu de bras à l’agriculture, en disant qui les familles de choix se recrutaient difficilement
s.d’ins- | es revejennent les mare traite tion. Il le Malte, ù patrioimporte soit de la Qi vous rrez qu’il 16 société r une.
il de l’Oritreprise tous Cas, \daient, et i les Cent-
6g au non r de Qué ient guèré re, je croi cepté avet ant et biel t pas man” bons en Doi s naturelles archandes, ce des pelle!
amener qu disant qu fficilemen
Cette Aéfuite n’eut pas été en honneur chez les chevaliers de Malte. Catholique, française et fortement établie, notre population devenait en peu d’années maîtresse de l’Amérique du Nord, et le beau et juste rêve du commandeur ge Chastes—un autre chevalier de Malte—se serait réalisé avant que le jeune Louis XIV et son ministre Colbert n’eussent songé enfin à tirer parti du Canada.
Le 15 de janvier 1636, M. de Montmagny est nommé, à Paris, gouverneur du Can=da et se prépare à partir dès l’ouverture de la navigation d'été. Razilly, qui était en Acadie, avait sollicité auprès de l’Ordre de Malte pour en obtenir des secours et fonder un prieuré. A sa lettre du 8 septembre 1635, le grand-maître répondit, le 30 février 1636, offrant un certain aide, mais s’écartant du principe de la fondation, vu la nécessité de réunir toutes les forces à Malte même, que menaçaient les Turcs.
Je suis convaincu que si le projet de confier le Canada aux chevaliers de Malte a existé, ce dut être, en 1635 seulement. Bien qu’il ait pu dater de 1626, époque où Razilly exposait, dans des mémoires remarquables, son plan de colonie, et bien qu’il ait pu être caressé encore jusque vers 1650, par Sillery, Poincy, Montmagny et autres, il ne me paraît avoir eu de consistance que durant l’année 1635, alors que les Cent-Associés, découragés, se prêtaient plus facilement à une transmission de leurs priviléges, dans l’espoir de payer leurs dettes ou de rembourser des sommes englouties dans les entreprises du Canada.
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Le père des Cent-Associés était Razilly. Ses échanges de notes et de mémoires avec Lauzon et Richelieu, dès 1626 et peut-être auparavant, le prouvent assez. Il est l’homme de l’idée et de l’action depuis ce moment jusqu’à sa mort, en 1636, Dans l'Histoire des Canadiens-Français (138), j'ai dit :
‘ Razilly conçut le projet de s’associer les chevaliers de Malte qui, presque tous marins pouvaient être tentés de posséder un fiefsur les côtes de l’Amérique du Nord ; malheureusement ils refusèrent, étant trop engagés ailleurs pour seconder les 7ues des pionniers de l’Acadie.??
Cet homme remuant et capable, une fois disparu, personne ne semble avoir cherché à poursuivre son idée au bord de la mer où il avait fixé sa résidence.
Dans l’intérieur des terres restait Montmagny. Nous verrons, tout à l’heure, s’il tenta d’être ici plutôt un chevalier de Malte qu’un gouverneur nommé par les Cent-Associés,
Le premier soin du nouveau gouveneur fut de fortifier Québec et les Trois-Rivières, seuls postes où les Français avaient alors élevé des habitations stables. Ces travaux, bien minces pour tant, étaient indispensables à la sureté du pays. Si l’on veut y voir un dessein de se rendre indé pendant du roi ou des Cent-Associés, je n’en suis pas.
Les années 1637-40 se passèrent dans l’expet tative des secours de France, tant en colons qu’en approvisionnements, etc. 11 ne vint presqui personne, et très peu d’effets ou de materiel dà
Sonn
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Y: Ses Lauzon ravant, ridée et mort, en Français
r les cherins pour les côtes ement ils urs pour adie.”?
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guerre, La France était engagée sur les champs de bataille ; Richelieu et Louis XIII se mouraient au milieu de ces préoccupations.
Le premier arrivage de quelque importance eut lieu l’automne de 1641. C'était M. de Maisonneuve avec sa colonie destinée à fonder Montréal.
Comment vit-on cet événement à Québec ?
Avec assez peu de plaisir, il me semble. La compagnie de Montréal allait opérer pour elle-même, à l’écart des Cent Associés, et elle se servirait du port de Québec comme de base d’opérativn, tandis que Québec restait sans s’augmenter avec toutes les charges inhérentes à une tête d’administration. M. de Montmagny voulait persuader à M.
de Maisonneuve de s'établir sur l’île d’Orléans, inspiré en cela par l’intérêt général qui demandait le groupement des colons autour du même point fortifié, avant que de s’étendre au loin.
| Comme la saison était trop avancée pour monter | à Montréal où rien n’était préparé, on garda
charitablement ces colons à Québec. Quard vint la fête de M. de Maisonneuve, l’un de ses hom-
| mes. Jean Gorry, tira du canon en signe de | réjouissance et M. de Montmagny le fit mettre
aux arrêts. C’est le devoir d’un commandant de garder pour lui ia direction des armes. Gorry serait amené devant un conseil de guerre aujourd’'hui s’il renouvelait son escapade et M. de Mai-
isonneuve n’aurait rien à dire.
Au cours des deux ou trois années qui suivirent, Anne d'Autriche et Mazarin envoyèrent quelques soldats et autres secours à M. de Mont-
> : PL RME HEART MORT Lane sé ]
Ro
magny qui s’empressa de garnir les Trois-Rivières menacé par les Troquois et d’élever un fort à l’endroit où est à présent Sorel. Ce n’était pas là prendre une forte assiette pour son compte personnel mais bien plutôt tirer un excellent parti des faibles ressources inises à la disposition du Canada. Il eut fallu être en état de quintupler ces moyens de défense ; malheureusement si Condé 5e couvrait de gloire de l’autre côté du Rhin, le Canada était ravagé par ies hordes tarbares, et chaque matin les colons pensaient que l’heure était venue de retourner en France ou de périr soit dans les combats, soit sur le tûcher.
Au milieu de cette triste situation, M. de à» |
Montmagny ne m’apparaît pas comme un baron du moyen-âge se fortifiart sur la montagne pour dominer la piaine, piller les manants et braver son Seigneur et maître. Je lui trouve au contraire la mine assez rabattue. Il est chagrin de ce qui. se passe et de j’abandon dans lequel on laisse la colonie. Quand ies habitants se lumentent, il partage leurs regrets ; tout serviteur des Cent- Associés qu’il est, il prend la part des oppiimés et des délaissés. Enfin, lorsque les arraigements de 1645-47 sont conclus et qu’on espère en l’avenir, il s’empresse de relever les constructions croulantes de Québec, de mettre de l’ordre aux Trois-Rivières et d’y agrandir le domaine des habitants. Il n’a pas le temps de
rétablir le fort Richelieu (Sorel) brûlé par le à Sauvages, car en 1648, il est rappelé brusque &
ment.
s-Rivièun fort tait DAS compte xcellent disposiétat de lheureu- ; l’autre par les lons pen- Jurner en bats, Soit
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un baron agne pour et braver e au Colhagrin de lequel on se lumenviteur des
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Son parent M. de Poincey, gouverneur de l’île Saint-Christophe, dans les Antilles, avait voulu garder son commandement malgré Mazarin. On le démit, et du même £oun le gouverneur du Canada dut retourner en France. La cour fécida que, Gorénavant, ces fonctionnaires ne seraient nommés que pour trois ans. Poincy eut l’adresse ou l’influence ue conserver son poste de Saint- Christophe et M. de Montmagny alla finir ses. jours auprès de lui.
Singulière aventure, n’est-ce pas, où l’on voit un coupable se maintenir contre l’autorité légitime et l’homme innocent traité comme un coupable !
Mais attendez! Peut-être M. de Montmagny avait-il aussi des intentions de révolte... Voilà ce que l’on dit. ‘‘ Peut-être ?”’ est trop vague. Avec Poincy il n’y à pas de peut-être; avec M. de Montmagny il n’y a qu’une misérable inscription placée dans un mur—et c’est le cas dedire qu’on
| lui jette la pierre en tâchant d’interprêter sa | conduite.
Nous en reparlerons.
Les pièces et documents publiés par MM. Roy et Dionne sont lies bases de la présente étude.
Je m’accorde avec M. Roy quand il dit que
| l'Ordre de Malte à eu un jour l’intention de jouer } un rôle en Amérique, si l’on peût dire ‘l’Or- | dre”, lorsque nous ne connaissons que les agis-
sements de quelques chevaliers.
Je m’acccrde avec M. Dionne lorsqu'il refuse de croire de Montmagny capable d’intrigue et
cherchaut à se fortifier en Canada au bénéfice de Malte.
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Un autre proposition de M. Roy va nous occu- el per maintenant : savoir si les fondations d’une J' maison de Malte ont été jetées sur le sol de Qué- ti bec. De suite, je dis : non. l’:
Quelles qu’aient été les espérances des cheva- L liers de Malte relativement au Canada jusqu’à la la fin de l’année 1635, elles ont dû s’évanouir en da grande partie disons vers le printemps de 1636, lorsque leur parvint la lettre du grand-maître. re M. de Montmagny n’était pas encore arrivé à vis Québec, peut-être était-il embarqué pour le ni Canada, mais c’est douteux. Le 11 juin, mettant pa le pied sur le rocher de Québec, il devait avoir Do abandonné ses projets, ou bien il n’entrevoyait ass leur réalisation que dans un avenir problémati- on que. Peu après mourut Razilly. que
Que se passe-t-il de 1636 à 1647 ? Nous l’avons et «
vu. M. de Montmagny se débattant au milieu d’une situation des plus critiques, sans ressources, sans forces, Sans protection, se maintient à peine avec une colonie de cent âmes, qui augmente jusqu’à cinq ou six cents, alors qu’elle eût dû atteindre huit ou dix mille.
Parvenu à 1646, une lueur favorable se montre. Est-ce alors que le chef de la colonie tente de fonder un établissement sous le contrôle de Malte? C’est difficile à croire, tant les circonstances du temps s’y opposent.
Ici se place un document sur lequel l’imagination est libre de broder quelque chose, Voyonsle :
Au greffe du notaire Tronquet se trouve, sous la date eu 18 octobre 1646, un marché conclu
y OCCUd’une e Qué-
chevaqu’à la uir en > 1636, maître.
rrivé à our le nettant t avoir “evoyait >lémati-
; l'avons | milieu ressourntient à qui augelle eût
montre.
ente de trôle de circons-
l’imagi- Voyons-
ve, SOUS é conclu
| described the annexed figure.
entre leS habitants de Québec représentés par Jean Bourdon, et certains ouvriers pour ‘‘revêtir de murailles un bastion qui est au bas de l’allée du Mont-Carmel, dépendant du fort Saint-
| Louis de Québec, dont un des flancs est cpposé à
la porte du fort, de quatre toises de long sur
| douze pieds de hauteur: #
Un bastion déjà existant qu’il s'agissait de
N revêtir de pierre ; quatre toises de long, vis-à- | vis la rue Mont-Carmel.
| ni une maison de chevaliers indépendants. On
Ce n’est ni un prieuré,
pouvait tout au plus y loger quelques soldats. Douze pieds de haut c’est peu monumental et assurément ce ne pouvait être le bel édifice dont on parla en 1762; d’ailleurs en 1759 Knox dit
D que la maison de Malte était encore inachevée ;
et d’autre part, nous savons que le bombarde-
| ment venait de détruire le bastion de 1646-7.
M. James Thompson, qui dirigeait des travaux
j d’agrandissement au château Saint-Louis, en
1784, note dans son journal, à la date du 17 sep. tembre, le fait suivant :
‘# The miners at the Chateau in levelling the yard dug up a large stone from which I have I could wish it was discovered soon enough to lay conspicuously
in the wall of the new building in order to convey | to posterity the antiquity of the Chateau Saint-
| Louis, However I got the masons to lay the | stone in the cheek of the gate of the new build: L ing, ??
Qui veut examiner la pierre en question peut
à la voir dans le mur dont parle Thompson, M,
G z PPT RS PR PE UT PE
LE
Ernest Gagnon l’a fait dorer ; un bon point pour lui!
M. l’abbé Bois, consulté sur cette trouvaille, à écrit :
‘ Les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, établis à Québec : Brasdefer, Montmagny, Sillery, etce., avaient construit un bureau dans l& cour du château Saint-Louis : il avait coûté 40,009 livres de la monnaie française. Une grande pierre incrustée dans le mur de façade portait les armes de l'Ordre, Quand l'édifice fut détruit par le feu, en juillet 1759, pendant le siège, cette pierre fut enfoncée sous les ruines jusqu’en 1784. fn cette année, les autorités militaires en firent l’invention et la placèrent dans le mur de la cour du château.??
Je ne vois pas que Brasdefer ait séjournée en Cuanada, après 1636 ; Sillery n’y est jamais venu. Le coût de la construction ressemble à ce que disait l’ American Gazetteer, Comment sait-on qu’une grande pierre avait été incrustée dans la facade du tâtiment ? Où est la preuve que ce bastion était un bureau ?
Si encore, après 1647, on pouvait soupçonner raisonnablement que les cheval'>rs de Malte fréquentaient le pays ; si nous ne savions pas exactement ce qui s’est passé depuis cette date jusqu’à 1759, je vous dirais : ‘ peut-être... que saisje?...nous verrons ?’... mais vous glisserez toujours sur ce terrain.
C’est done entre 1636 et 1647, que la seule chance existe de placer parmi nous les chevaliers de Malte, C’est alors qu’iis auraient dépensé
47, osé Ce] tion étai piac arm.
M. € nous rigu
qu’é
ger, une :
L neur
tion
| se fai
et l’o
; pour ille, à
salem, illery, our du livres pierre armes par le > pierre 34. fn ent l’incour du
rnée en is venu.
ce que sait-on dans la + que ce
pçonner alte fré- Ss exaCate jusue Saisez tou-
la seule evaliers dépensé
| tion qu’il laissait au Canada.
B était l’honneur qu’il prisait le plus—et il l’a
) armes,
we
quarante mille francs pour se bâtir un édifice spécial ? Cette dépense, comparée à celles qui se faisaient en Canada, donne un chiffre énorme —et il n’en serait rien resté dans l’histoire du temps, où se rencontrent des milliers de petits faits soigneusement consignés !
Je calcûle que, en 1640, on achetait avee un franc de vingt sous, l’article qui coûte, aujourd’hui, soixante centins. Donc, 40,000 francs, représentent une maison actuelle de trente mille piastres. La bastion de M. de Montmagny ne devait pas coûter cinq cents piastres de notre monnaie.
Que M. de Montmagny ait fait graver une croix de Malte sur l’une des pierres du bastion de 1646- 47,je n’y vois pas d’irrégularité. Il n’eut pas osé le faire sur les pierres du château Saint-Louis. Ce bastion, c'était une œuvre de son administra- La croix de Malte
placée en cet endroit, de préférence à ses propres Voilà mon sentiment.
La conduite de M. de Montmagny à l’égard de
| M. de Maisonneuve est le seul fait constaté qui
nous montre ce gouverneur comme agissant de
| rigueur contre une autorité quelconque. Or
qu'était M. de Maisonneuve? Un parfait étranger, arrivant en Canada avec ses gens et affichant une indépendance peu agréable pour le gouver-
| neur ; de plus, réfugié à Québec sous la protec-
tion de ce même gouverneur, M. de Maisonneuve
: se fait rendre Les honneurs dûs au commandant—
et l’on veut que M. de Montmagny, un militaire,
ait enduré cela sans mot dire! Tout le reste de lu carrière de ce dernier plaide contre la supposition qui à été émise: à savoir qu’il ne travaillait que pour lui-même ou pour l’ordre de Malte. On voit dans cette étude comment l’histoire est parfois travestie : Know prend pour des chevaliers de Malte les bonnes sœurs hospitalières une gazette dit que l’on a dépensé de fortes sommes pour construire un édifice aux chevaliers ; les terrassiers décoc”r2nt une pierre marquée d’une croix de Malte—et au moyen de ces vagues et incorrectes renseignements la légende des chevaliers de Maltese forme ; on finit presque par leur abandonner le Canada durant un long espace de temps, Fiez-vous aux légendes, et vous ne serez pas à la peine d’apprendre la vraie histoire,
ste de su pporavail- Malte.
istoire es che:lières fortes chevare maAr- , de ces légende presque un long des, et ndre la
TT LE: HAE m
M. Léon Gérin, fils d'Antoine Gérin-Lajoie, a visité, l’automne de 1885, les ruines du palais des Thermes, à Paris, sous l’ancienne abbaye de Cluny. Il y à vu, sur une pierre tombale, l’inscription suivante :
“In memoriâ æternâ erit justus— Ps. III.
| Henri de Longuillies de Poincy, chevalier, (1) en
‘son vivant lieutenant de roi (2) en Canada, et
| ‘capitaine aux îles de Saint-Christophe, après
avoir donné à l’église de céans un calice d’or, “une chasuble de damas, un crucifix d’ivoire et “quelques autres ornements, lui à légué par tes-
LR ‘tament cinquante-deux livres de rente annuelle
“et perpétuelle, à la charge d’une messe haute ‘toutes les semaines. ??
‘“ Priez Dieu pour lui.
‘ Le corps peut mourir ‘ Mais l’âme est immortelle ; ‘Et comme elle était belle
‘“ La justice de Dieu la fera peu souffrir, ‘ Ainsi soit-il.??
Pas de date à cette inscription. Le nom de Poincy me reporte à la famille de M. de Mont-
Buagny, gouverneur-général du Canada, de 1636
(1) Mots presque effacés, (2) Mots presque effacés.
à 1648, lequel alla mourir aux îles Saint-Christophe, appartenant à l’Crdre de Malte, chez le gouverneur de cette colonie, M. de Poincy, son parent.
Sait-on quelque chose du personnage mentionné sur la pierre tombale de l’abbaye de Cluny ?
Bien qu'ayant été lieutenant de roi en Canada, il me semble que ce Poincy n’est pas du tout connu.
La charge de lieutenant de roi a-t-elle existée parmi nous avant l’année 1663 ?
Je me demande si, avant cette date, le titulaire a jamais résidé en Canada.
Jusqu’à plus ample renseignement, je croirai que M. Henri de Longuillies de Poiney devait être parent de M. de Montmagny, lequel lui aurait fait obtenir le titre de lieutenant de roi en Canada, mais sans l’obliger à demeurer dans cette colonie. Le lieutenant de roi était un officier de l’iportance d’un gouverneur de province et même avait 1e pas sur lui dans certaines circonstances.
Les érudits sont invités à iaire connaître leur opinion.
Dans sa brochure intitulée L’Ordre de Malte, M. J. E. Roy s’exprime ainsi :
‘En même temps que de Montmagny et de Razilly exercent le pouvoir souverain, l’un sur la Nouvelle-France et l’autre sur l’Acadie, un frère d’armes, chevalier de Malte lui aussi, le commandeur de Poinecy, occupe la charge de gouverneur général des îles d'Amérique.
M. de Poincy a fixé le siège de son administra-
anada, u tout
existée itulaire
, croirai r devait | lui aue roi en ans cette fficier de vince eb circons-
être leur de Malte, et de Ran sur la
| un frère le com-
P gou ver”
ministrar
ve
tion dans les Antilles, à l’île Saint-Christophe, qui appartenait alors à une compagnie de marchands français sous la haute suzeraineté du roi de France.
Caractère entreprenant, de Poincy fait construire un château fortifié en forme de citadelle. Sous le prétexte de défendre l’He contre les corsaires, il arme en course plusieurs vaisseaux de guerre.
Les colons s’inquiètent de voir de Poincy se fortifier aussi puissamment. Patrocles de Thoissi, à la tête du parti des mécontents, demande à la cour de chasser de son gouvernement, un officier qui prend ces allures autocratiques. Son terme de gouverneur est expiré, mais de Poincy persiste à garder son commandement.
C’est cet incident qui obligea le roi de France àrappeler de Montmagny du Canada qu’il avait commandé depuis douze ans, à la satisfaction générale. (1)
M. de Poincy, voulant déjouer les desseins de ses ennemis, $’adresse au grand-maître de l’ordre de Malte, Lascaris.
Il lui écrit que sa dépouille est bonne, très considérable, et qu’il désire la conserver au profit de l’ordre. ‘Si je meurs dans cette île, dit-il, la compagnie des marchands ou mes propres
(1)M. de Poincy, gouverneur général des îles de l’Amérique et p rent de M. de Montmagny, ayant refusé de livrer son poste au successeur que lui avait nommé le roi, on crut devoir prendre des mesures pour empêcher que pareil exemple ne fût suivi dans les autres colonies [Charlevoix—liv. IV.]
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ennemis s’en empareront, Je demande un ou deux chevaliers pour me remplacer si je viens à mourir, afin que ma succession ne soit point perdue pour l’ordre.??
M. de Montmagny, depuis son retour du Canada, est devenu receveur du prieuré de France, Lascaris lui apprend la position où se trouve de Poincy, son parent. Il lui donne commission expresse, en qualité de procureur général de l’ordre, de se transporter dans les îles d’Amérique qui relèvent de la couronne de France, avec pouvoir dé se choisir un autre chevalier pour l’accompagner dans ce voyage, et pour le remplacer s’il vient à mourir. (1)
Le grand-maître ne s’en tient pas là. Assuré de la bonne volonté du chevalier de Poïncy, (2) qui n'agit di oute cette affaire que pour le bien de l’ordre, il s’adresse au bailli de Souvré, son am bassadeur auprès du roi de France. 11 le charge de travailler à obtenir de ce prince deux articles qui | lui paraissent très importants : le premier est de contenir par son autorité royale les entreprises du sieur de Patrocles de Thoissi, chef du parti opposé au commandeur de Poincy, et son ennemi capital; à le second consiste à acquérir les droits des propriétaires de l’île, et de tâcher en même temps d’y faire comprendre les îles de la Guadeloupe et de la Martinique, et autres îles voisines.
(1) C’est à Saint-Christophe que mourut M. de Montmagny, au dire de M. Aubert de la Chesnaye. Mémoire écrit en 1676.
(2) Ce chevalier devait être celui dont le tombeau à est mentionné au début du présent article.
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Cette négociation, conduite avec habileté par le baïlli de Souvré, aboutit à plein succès. L'île de Saint-Christophe est vendue à l’ordre par contrat passé à Paris et ratifié à Malte en 1652’?
M. Roy nomme le gouverneur de Saint-Christophe ‘‘ Philippe de Louvilliers-Poincy ?’, tandis que M. Gérin a lu ‘‘ Henri de Longuilliers de Poincy ”” sur la pierre des Thermes. Il est vrai qu’il s’agit de deux hommes et que leurs noms peuvent différer l’un de l’autre, mais ils étaient parents, et de Louvilliers à Longuilliers, qui semble être le nom de famille, il y a une distance.
Pour en revenir à la probabilité de l’existence en Canada d’un lieutenant de roi, au cours des années 1636-48, je dois dire que le fait n’est pas impossible, il est même probable, mais nous n’avons aucun indice de la présence de ce fonctionnaire parmi nous. Sous tous les régimes nous avons vu des lieutenants gouverneurs qui résidaient en dehors du Canada et qui n’en touchaient pas moins leurs émoluments ; il est à supposer que les lieutenants de roi f.isaient la même chose à de certaines époques. La liste des majors de place, des juges, des commandants de postes, des procureurs du roi, des greffiers, des conseillers du Conseil Souverain et du Conseil Supérieur n’a jamais été dressée, non plus que celle des lieutenants de roi. Ce serait un service à rendre aux historiens que de former ces listes par le moyen des nombreuses pièces du temps passé qui sont maintenant accessibles aux chercheurs.
Jusqu'à 1663, où commença le régime de Col-