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it que Trois- >rneur- 18, s’en qu’à la Journal u 7 Al- Le 30 1 pris lait aux
évidemvières et neur des remuants l’a vu, la de Port- M. Robieigneurie Or peut, Poterie” euf, d'au itérieureivières ne l’on put oterie, Si )r1 neuf.
bec, Jean roi##e de diocèsi ve de Jean
Robert, de St-Paul de Paris. Je cite ce mariage à cause du nom de Robineau, car Forgue et sa femme s’établirent à Beaumont.
Le 17 octobre, même année 1668, il y eut quatre
| mariages à Québec, ‘ d’habitants de la Poterie ”, | selon le registre: 10 Michel Goron, paroisse St-
François, bourg de Pimoufrais, diocèse du Luçon, avec Marguerite Robineau, de St-Sulpice de Pa-
ris; 20 François Couillard dit Lafontaine, de
Courson, diocèse de la Rochelle, avec M.-Esther d'Annesé de Longchamps, de St-Nicolas de Naney, diocèse de Toul ; 30 Gilles Macon, de Notre-Dame de Longueville, diocèse de Luçon,avec Jeanne-Me-
prie Gautier, de Rémy, diocèse de Sens ; 40 Pierre à Tousignant dit Lapointe, de St-Romain, ville de
Blaye, diocèse de Bordeaux, avec M.-Madeleine Philippe, de St-Etienne-du-Mont de Paris. Ces quatre colons de la Poterie se servent de témoins Les uns les antres,.
Marguerite Robineau n’est pas citée comme parente de M. René Robinean de Bécancour, qui avait épousé en 1652, l’une des filles de M. de la
Poterie ; cependant elle était, comme lui, de la
ille de Paris, et son mariage avec un colon de la Poterie ‘’ seize ans après, alors que M. Robi-
Mau avait sans doute des intérêts dans l’admi-
péstration de la seigneurie de son beau-père, paraît bufirmer la croyance à une parenté entre eux. Au recensement de 1681, en remontant le fleuve, jn passe un endroit marqué ‘‘Portneuf ”’, ensuite Hétablissément de M. de Chavigny, puis on renotre ‘Saint-Charles des Roches ”’ qui paraît te l’antienne place de la Poterie ou ‘‘ ruisseau
drone ne pète
IA RSR mn 4 ne DT con e«
es ont etaient h tociomnneremnianmemitrrair ve = rer er tape
de la Roche.’ Le deuxième habitant que l’on y voit est Gilles Masson, âgé de 48 ans, sa femme Marie-Jeanne....…. (Gaultier) 42 ans, avec trois enfants dont l’aîné a 12 ans. rois terres plus haut, il y a Michel Goron, 45 ans, sa femme Marg” rite Robineau, 40 ans, avec trois enfants dont l’aîné à 11 ans.
Entre 1647 et 1681, il me semble que voici assez de preuves pour soutenir que la Poterie était située dans ie haut de la seigneurie de Portneuf, ou au bas de celle des Grondines.
Sur ce point, l'Histoire se montre irdécise, mais je crois que l’on n’a pas encore groupé ensemble les notes ci-dessus qui jettent un jour nouveau sur le débat.
Mais en 1681, qu'était devenu le troisième colon
que nous avons vu se marier en 1668? Il avait
traversé le fleuve, c’est ce que montre encore le même recensement: Le troisième habitant du haut de la seigneurie de Lotbinière, était Pierre Tousignant, âgé de 40 ans, sa femme Madeleine Philippe, 30 ans, avec cinq enfants dont l’aîné, 10 ans. Plus tard, en 1686, on voit que M. de Lotbinière lui concéda quatre arpents de terre sur trente.
Ce qu'avait fait Tousignant fut imité, après 1681, par Masson et Goron. Ces trois habitants de la Poterie allèrent donc établir leurs familles sur l’autre rive du fleuve: Tousignant à Lotbi
nière, Goron, à St-ean Deschaillons, et Masscik
à Saint-Pierre-les-Becquets. Avec eux nous allon$
traverser le fleuve. Ce sera l’occasion de nous
mettre à la recherche du ‘{Cap-à-l’ Arbre,
l’on y femme e trois »s plus 1e Marts dont
ici assez rie était ortneuf,
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n de not lot : à " L'rait ‘‘au Cap-à-l’Arbre, paroisse de Lotbinière,??
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Une note mise au bas de la page 65 de l’imprimé du Journal des Jésuites dit que le Cap-àl’Arbre est le même que ‘‘le Platon, appelé, du temps de Champlain, lu pointe Sainte-Croix ?. Les sources de renseignements ne sont pas indiquées. J'ai recueilli plusieurs mentions du Capà-l’Arbre: les voici: En septembre 1646, dit le Journal des Jésuites, nous passâmes par le ‘Capà-l’Arbre.”” Le 6 novembre 1646, on trouve au registre de Québec, (voir Journal des Jésuites, p. 72) les noms de neuf hommes noyés dans un naufrage ‘au Cap-à-l’Arbre ”. Le 19 mai 1650, dit le Journal, ‘‘ nous séjournâmes quatre jours au Capà-l’Arbre allant aux Trois-Rivières. ? Même source, vers le 11 novembre 1651, la Sainte-Anne touche sur les roches ‘une lieue en deça du Capà-l’Arbre ?’ et coule bas ; ‘M. du Plessis était deûans. ?” M. Duplessis-Bochart, que le dictionnaire de Tanguay (1. p. 215) fait mourir de cet accident, fut massacré par les Iroquois, dans la banlieue des Trois-Rivières le 19 août 1652. En octobre 1657, les Iroquois pillent deux Français qui étaient ‘‘ à la chasse au Cap-à-l’Arbre?? raconte le Journal des Jésuites. Ceci est confirmé par la Relation de 1658, page 10. Le 25 juin 1661, ‘les Iroquois furent trouvés au Cap-à-l’Arbre ?? dit encore le Journal, par des gens qui allaient des Trois-Rivières à Québec. Le registre de Ste- Anne de la Pérade, cité par Tanguay (A Travers les Registres p. 126) porte, à la date du 24 avril 1729, l’inscription du mariage de Eobert Houy avec Louise Pilotte et constate que Houy demeu-
Dans le même registre, 14 4yril 1734. se lit l’acte m de sépalture de Josegh Boierer&, habitant du d’ “fief Deschaïillons du Cap-à-l’ Arbre,” Au premier registre de St-Jean Deschaïñflons, 1741, on cô nommé la paroisse ‘‘ St-Jean-Baptiste dés le Cap qu à-l’ A rbre.??
Cette question du site du Cap-à-l’Arbre m'a ser longtemps occupé. En 1874, j'ai publié les lignes ] suivantes :— ner
Une fille de Michel Goron.—Marie-Françoise— Æ de épousa en 1689 Robert Ouy ou Houy dit Saint-Æ Ma Laurent, soldat de la compagnie de M. des Ber-Æ Ou; gères, | Mai
À tte époque, Michel Goron habitait ‘ia sei Œ nn gnewrie de l’Eschailion,/” concédée depuis 1644 perl à M. Pierre de Saint-Ours ; deux lieues de front gna à comme ser quatre arpents au-dessous de la R: petite riviére Duchesne, Cette rivière, le seul avai: cours d’ean de k4 meignénrie de Deschaillons, tra Æ il
Le verse diagomalement les ferres et se jette dans le Pilot fleuve un peu #4 désmsous du ‘‘ cap à la Roche.’ com
La grañde cart cadastrale (manuscrite) dont Lot
copie se voit à (Miawa, portant la daté dé 16955 de j 1709 indique parfaitement lé flaton situé au DT roigsd dé l4 seignenrie de Lothinière ; er remontant là ‘16 flenve 6m arrive à la seigneurie voisine, celle de
La
Denchaillons, qui émmence trois lieues et demie où un
à peu prés, plus haut que le Platon. Si
Dès la détizième térr4 dé Heschaillons, on ren Scadas contre Miche (joron ; à la troisiéme il y a un6Ænne q rivière ou gros ritldteau sans noi, «’68t La petits so rivière Dueéhésne, Après cela, on compte SE Ro terres et l’on trousse celle de Robert Ouy. En re és
#t l’acte montant toujours, on passe quatorze terres avant tant du d'atteindre la seigneurie de Levrard.
Au pre- En face de la terre de Robert Ouy, sur l’autre 1741, on côté du Saint-Laurent, sont la troisième et la » le Cap quatrième terres du haut des Grondines.
La liste des noms d'habitants que porte la carte, ‘bre m'a servira de complément à l’explication :
es lignes D La première terre est en blanc. Ensuite vien- | nent : Michel Goron, un blane avec l’embouchure ançoise— Æ de la rivière, François Goron, J. Denevert, —
dit Saint D Mailloux,—Beaudet,—Bérubé,—un blanc, Robert . des Ber- EE Ouy, D. Garon,— Lebœuf,— Chesne,— Masson.,— Mailhou (Mailhot ?) qui était parent de Goron), + ia sei-@ nr blanc,—Lebœu’, un blane,—Pineau (dit Lapuis 167% perle),—Laverdure, un blanc, —Pineau,—Tousis de frontf gnan,—Tousignan.
ous de la Robert Ouy mourut en 1702. Mon fils, Robert, re, le seulT avait épousé Marguerite Gariépy. Devenu veuf, ions, tra il contracta un second mariage avec Jouise te dans le Pilotte, en 1729. A ce propos, wn le désigne | Roche.” comme habitant ‘du Cap-à-l’Arbre, paruyiese de vite) dontf Lotbinière.”” N’onbiions pas que la seigneürie de 1693-48 de j'Eschaiilon était aiors comprise dans la patué au DNS roisse de Lotbinière ; elle était souvent ar pelée ‘le petit Saint-Ours.?’
La térre des Ouy était done au C&p-à-l’ Arbre, où un per plus bas, ou un peu plus haut.
Si on r#yproche ce renseignement de la carte ns, on ren gtadastrale déjà eitée et de la situation bien con- 11 ÿ 4 M nue du cap à la Roche, ainsi nommé aujourd’hui, { la petit ôn se convaincra que le cap à P Arbre et le cap à Lorn pte SR Roche sont un seul et même site.
ay. ur Jes trois colons dé la Poterie mariés en 1668,
pont t lé
6e, celle & sy et demie,
partis Et
l’un Tousignan, était allé s'établir à Lotbinière avant 1681 ; le deuxième, Goron, à Deschaïllons avant 1689, et le troisième, Masson, fit des établissements à Levrard, vers 1700.
La carte cadastrale cite des terres portant ces noms dans chacune de ces seigneuries,
Gilles Masson, le plus hardi des trois, à laissé son nom dans l’histoire. Non content de se faire colon, il à voulu répandre la colonisation, et à défaut de patente officielle, il s’estarrogé le droit de faire graviter autour de lui les disciples qu’il formait et à qui il distribuait les terres du roi de France. C’est un type de squatter primitif qu’il n’est pas sans intérêt d’étudier.
Les terres de Saint-Pierre, concédées, en 1672, à Romain Becquet, notaire, avaient été fort négligée du vivant du concessionnaire lequel demeurait à Québec. Après sa mort, qui eut lieu en
1682, on s’occupa de cette propriété, qui n’avait #
point été mise en valeur. Le recensement de 1681 ne mentionne aucun habitant à Saint-Pierre, Par une ordonnance du 12 mars 1683, Roman Becquet fut déclaré déchu de son droit, mais le 27 avrii suivant, un nouveau titre de concession accorda ces terres à Marie-Louise et à Catherine. Angélique, ses filles, âgées respectivement de cinq et de trois ans, sur promesse par leurs tuteurs et parents (famille Pellerin) d’y faire commencer de suite des travaux de défrichement. Oetitre établit que les appellations du juge de la seigneurie ressortiront par devant le lieutenant-général de Québec; on ne peut voir en cela qu’une faveur accordée zux familles Bec
tier vers née mie ne vell des div de CA Mas:
sbinière quet et Pellerin qui habitaient Québec. Saint-
haillons Pierre était à proximité des Trois-Rivières et a
des éta- toujours été compris dans les seigneuries du gouvernement de ce “om.
sant ces En 1703, Louis Levrard, maître-canonnier à
a laissé » se faire
Québec, ayant épousé, à Montréal, Catherine- Angélique Becquet, l’une des filles ci-dessus, s’occupa de coloniser les terres dont il devenait
on, et à ainsi héritier, —mais il avait été devancé dans ce éle droit projet par Gilles Masson, suivi de quelques les qu’il autres. À partir de 1705, Levrard donna nomdu roi de bre de terres, notamment à des gens de Chamaitif qu’il plain et de Batiscan.
La carte cadastrale déjà citée (1693-1709) nous , en 1672, fournit les noms des concessionnaires de la seifort négli- gneurie de Levrard. Partons de la limite de el demeur- Saint-Jean-Deschaïillons : la veuve Proteau, Jacat lieu en ques Vien, Masson,—Laperle, — Ricard, — Clé-
jui n'avait # sement de nt-Pierre.
à Romain
ment, —- Adam,—Saint-Mars,— Proteau, — Gendron,—Galarno,—un blanc, —Gaillou,—Trottier, — Moreau, — un blane, — Granier, — Frigon, — Frigon,—Laverdure. Ensuite vient Gentilly.
Gilles Masson et sa femme, Marie-Jeanne Gaultier, avaient cru devoir s'établir sur ces terres, vers 1700, alors qu’elles étaient comme abandonnées par leurs propriétaires véritables. ÆEntrant mieux que ces derniers dans l’esprit du gouvernement en ce qui touchait l’octroi des terres nouvelles, Masson alla jusqu’à attirer autour de lui des colons de la rive nord auxquels il concéda divers endroits vour leur établissement. L'une de ces concessions, faite à son propre fils, Pierre Masson, fut révoquée, en 1708, sur les instances
t, mais le concession Catherine:
ement de par leurs d’y faire défrichelations du devant le peut voir milles Bet
du sieur Levrard, qui se sentait mal à l’aise devant cet envahissement.
Masson paraît avoir été très en faveur auprès des gens qu’il avait attirés là. L'intervention tardive du propriétaire légitime de la seigneurie, loin de leur faire plaisir, semble les avoir fort effarouchés.
Quelques années plus tard, en 1717, Levrard, s’apercevant que les titres de concessions restaient sans effet, Se mit en devoir de construire un moulin—sur ce que ies concessionnaires lui représentaient, dit-il, qu’ils n’attendaient que cela pour occuper leurs terres. Il choisit le lieu qui lui sembla le plus convenable pour cet objet, c'était la terre de—Massicot et de Français Duclos dit Carignan, sur laquelle il n’y avait aucun défrichement d’opéré. La dépense s’éleva à plus de quinze mille francs, mais le résultat ne répondit point à l’attente du seigneur et il se trouva ruiné, faute par les concessionnaires d’habiter les terres, où ils pillaient tout de même le bois sans s'occuper d’y faire de la culture.
Les procès de M. Levrard et des censitaires se répètent à chaque instant. En 1721, une ordonnance règle la difficulté survenue entre Ini et le curé de Batiscar. Le sieur Levrard soutient ‘qu’il aurait été concédé, par feu Gilles Masson (1), à feu Joseph Moreau (2) une terre de six
(1) La veuve ds Gilles Masson mourut en 1722 (Edits et Ordonnances, 1I. 475-6.)
(2) Fils de Jean Moreau et d’Anne Guillét, marié (1700) à Françoise Frigon. Tous de la côte de Champlain et Batiscan,
, l'aise
auprès rention neurie, oir fort
evrard,
ns resnstruire res lui ent que it le lieu et objet, cais Duit aucun va à plus 16 répone trouva ’habicver le bois
taires 8e e ordonlui et le soutient Iles Masrre de six
722 (Edits
lét, marié de Cham-
arpents de front en bois debout, sur la dite seigneurie de Saint-Pierre, laquelle terre à été depuis vendue par la veuve du dit Moreau au sieur Lefèvre, curé de Bastican, pour la somme de quatre-vingts livres ; que comme cette terre se trouve directement sur le ruisseau duquel il a été obligé de se servir pour bâtir un moulin à eau, n’ayant pu trouver d’autre lieu dans toute l'étendue de sa seigneurie, lequel ruisseau se trouve composé de plusieurs sources, lesquelles infailliblement tariraient si l’on permettait de faire aucun désert sur cette terre, laqueile est encore en bois debout telle qu’elle était il y à douze à treize années qu’elle fut concédée ; et qu’attendu que le dit sieur Lefèvre se met en devoir de faire abattre du bois sur la dite terre, ce qui par la suite ferait un tort très considérable à la dite seigneurie, en ce que le moulin qui est le plus grand bien empêcherait les habitants qui y ont des concessions d’y rester, et ceux qui voudraient en prendre d’autres de venir s’y établir, ce qui serait contre le bien public, demande le sieur Levrard que la dite terre soit réuuie à son domaine, aux offres qu’il fait de dédommager le sieur Lefèvre d’une autre terre en bois debout, ?? Conclusions de la requête accordées.
L’Ordonnance de 1722 règle que les trois fiefs de Saint-Pierre (deux lieues au fleuve) de Gentilly (deux lieues et demie) et de Cournoyer (deux lieues) étant fort peu établis, seront à l’avenir desservis, par voie de mission, par le curé qui sera établi à Bécancour jusqu’à ce qu’il y ait lieu de pouvoir y ériger des paroisses, à
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l’effet de laquelle mission il est permisaux habitants des dits fiefs de faire construire une chapelle dans le lieu le plus convenable pour leur commodité et celle du dit curé dans laquelle le curé sera teuu d’aller leur dire la messe tous les mois, un jour de fête ou de dimanche, autant que faire se pourra et d’y faire le catéchisme aux enfants.
L'année suivante, les habitants de la seigneurie de Saint-Pierre ayant Louis Levrard, seigneur de Saint-Pierre, à leur tête, Se plaignaient à Mgr de Saint-Vallier d’avoir été annexés à la paroisse de Bécancour, se prétendant plus près de Sainte- Azne et Batiscan et trop loin de Bécancour pour pouvoir en tirer des secours religieux. Ils offrent de bâtir une chapelle. Le seigneur donne une terre de deux arpents sur quarante ‘‘ pour aider à l’entretien, un jour à venir, de la dite chapelle.” Ils terminent en demandant permission de faire leurs Pâques et leur jubilé à Ste-Anne, ou à Batiscan, promettant «de payer dîme à qui l’évêque nommera.
M. Levrard était de ceux qui prennent au pied de la lettre la formule qu‘ termire les requêtes publiques : ‘Votre requérant ne cessera Ge prier.” D’année en année, il renouvelle ses plaintes avec plus ou moins de succès. Vers 1722, il paraît résider dans sa seigneurie ; il est désigné dans les actes officiels sous le titre de ‘ maître-canonnier entretenu en ce pays et seigneur de Saint- Pierre.”’ Ses concessions faites de 1705 à 1723, embrassaient un total de soixante-et-dix-neuf arpents de front sur quarante de profondeur, mais
con cla cess cin plar qu’i et q sont Outr
« habine Chair leur elle le tous les ant que me aux
seigneuseigneur nt à Mgr paroisse e Sainteur pour ls offrent nne une our aider dite chaermission Ste-Anne, me à qui
ht au pied requêtes je prier.” intes avec il paraît gné dans re-Canonde Saint t-dix-neuf eur, mais
il n’en retirait presque aucun bénéfice. Un autre débat, en 1723, nous fait voir qu’il n'avait pas encore toute liberté à l’égard de son moulin, puisqu'il offre de dédommager — Massicoÿi et François Duclos dit Carignan par l’octroi d’une autre terre, s’ils consentent à déguerpir de dessus la terre du moulin. Levrard allègue que le moulin est en bon état, mais qu’il (Levrard) souffre un tort considérable de ce que certains concessionnaires, qui tous demeurent à Batiscan, ne tiennent pas feu et lieu sur sa seigneurie, nommément:—Saint-Marc, Jean-Baptiste Adam,— Guillet, ses gendres, Pierre Rivard, François Frigon, Luc Proteau, Madeleine Guillet, veuve de Robert Rivard dit Loranger, Jean-Baptiste Brassard dit Langevin, Françoise Duclos dit Carignan et—Massicot. L’expropriation est prononcé contre Saint-Mire, Frigc', Proteau, Brassard et la veuve Loranger.
Adam ayant prouvé qu’il avait fait ‘environ cinq arpents de désert sur sa concession, avee une cabane, en attendant qu’il ait les moyens de bâtir une maison, et que dès le petit printemps prochain, il doit traverser le fleuve pour aller continuer son désert ” ; Pierre Rivard ayant déclaré ‘ que l’année dernière il a élevé sur sa concession une maison de pièces sur pièces, de vingtcinq pieds, pour laquelle il travaille à scier la planche pour faire la couverture et le plancher, qu’il à effrodoché environ deux arpents de désert et qu’il compte cette année la mettre en valeur?’, sont exempts.—Massicot et Carignan obtiennent, outre chacun une terre, le remboursement, par
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le sieur Levrard, des cens et rentes qu’ils ont payés à la veuve Masson depuis le moment où Levrard s’est emparé de leur terre jusqu’à la mort de la dite Masson (1722).
Voilà enfin réglées les difficultés qu'avant fait naître l'initiative irrégulière de Gilles Masson dans l’établissement de Saint-Pierre.
Cependant le seigneur Levrard n’était pas au bout de ses peines.
En 1727, il obtint une nouvelle ordonnance d’expropriation contre les personnes suivantes qui persistaient à ne point tenir feu et lieu, dans sa seigneurie : Jean-Baptiste Adam, Joseph Moreau, Jean-François Frigon, la veuve Moreau, Joseph Guillet,—Masson, Luc Proteau, (dont les droits sont transmis à Mathurin Lemay), la dame TLoranger, Pierre Perroÿ, Jacques Courteaux, Antoine Trottier, Augustin Moreau, Paul Lécuyer, —Tourville, Joseph Rouillard et François Rouillard.
Le sieur Levrard prétendait que d’autres personnes demandaient à concéder ces terres avec empressement. Depuis une vingtaine d’années, il avait constamment été en instance auprès des administrateurs de la colonie pour faire déguerpir des habitents installés sans titre ou s’arrogeant des droits qu’ils n'avaient pas, ou demeurant en dehors de son domaine, contrairement aux Ordonnances.
Sur les quinze concessions révoquées en 1727 et aussitôt accordées à d’autres habitants de la côte de Champlain et Bastican, treize furent retirées en 1734, faute, toujours, de tenir feu et lieu,
rive Rivi D Jean deva leurs mett Québ les G ue (an Comm église
y ont nt où à la
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nnance ivantes u, dans ph Moforeau, 1ont les la dame ux, ÀADécuyer, g Rouil-
res peres avec ‘années, près des déguer-
g’arro- 1 demeuhirement
en 1727 ts de la ent reti-
et lieu,
On se décourageraità moirs, mais M. Levrard tint bon, et quand il mourut sa seigneurie avait assez bonne mine,—seulement on ne l’appelait pius ‘‘ Levrard ?’ mais ‘Saint-Pierre Les Becquets,’? en souvenir des Becquets, premiers seigneurs, qui n’avaient rien fait pour l’établir !- En poussant davantage, je sens que je fournirais l’histoire de cette paroisse, ce qui n’est pas à propos dans le présent volume. J’ai dû me borner à suivre les quatre colons de la Poterie mariés en 1668 ; cela nous donne pour aujourd’hui un chapitre que d’autres chercheurs pou-ront allonger. Entre Québec et les Trois-Rivières la chaîne des établissements des colons s’est formée beauup plus vite sur la rive nord que sur la rive
} sud du fleuve, aussi, vers 1675 la route du nord
était déjà bordée de maisons situées à des distances raisonnables les unes des autres. (C’était en hiver, les endroits par où passaient tous les voyageurs et tout le commerce. Durant l’été, le fleuve avait la préférence, mais en aucune saison
| on n’eut voulu entreprendre de parcourir par la
rive sud les trente lieues qui séparent les Trois- Rivières de Québec. Les habitarts de Saint-
Jean Deschaillons et Saint-Pierre-les-Becquets
devaient d’abord traverser le fleuve vis-à-vis de leurs demeures respectives avant que de se mettre en marche sur terre pour descendre à
D Québec ou monter aux Trois-Rivières. Portneuf,
les Grondines, Sainte-Anre-de-la-Pérade et Batis-
tu voyaient arriver sur leurs bords, hiver
tomme été, les gens du sud qui se rendaient aux églises, aux magasins, chez le uotaire ou le mé-
decin. Comparés aux habitants de la rive nord ceux du sud ont longtemps été dépourvus des avantages que procure une colonisation établie avec prudence et régularité.
Au temps des premières guerres des Iroquois, entre 1643 et 1663, la rive nord a été souvent visitée par ces redoutables maraudeurs et plus
d’un massacre s’y est accompli de leurs mains. C: Les rivages du fleuve offrent des endroits parfai- À du tement adaptés pour les embuscades et ils ont été mie témoins des attaques des Sauvages contre les À buar canots des Français qui se rendaient d’un poste No à un autre, la plupart du temps sans être escortés le mc par des soldats. Les garnisons de Québec et Fran Trois-Rivières réunies ne s’élévaient qu’à trente ment ou quarante hommes ; c’est dire que les habitants ment et les voyageurs étaient obligés de se défendre La :
eux-mêmes, Les chroniques de cette époque se ren. sont remplies de mentions de scènes lamentables Æurs : survenues ‘en deça, ou au-delà du Capà- Æottawe l’Arbre ”’—un lieu très historique, on le voit, Muyant ] mais qui parait actuellement tombé dans l’oubli, Met de 1: et qui a perdu jusqu’à son nom. lchasse.
deux APuissan plus no lion pa pes qui l'Est à nneyo ers Sy Le 1659lent da
ord des blie
aois, vent plus ains.
arfaint été re les poste cortés bec et trente bitants sfendre époque ntables Cap-àle voit, l'oubli,
Mottawa.
lion particulière.
C’est M. Faillon qui a le mieux décrit le siège du Long-Sault et c’est M. Parkman qui a le mieux traduit cette belle page... en se l’attribuant.
Nous ne rep”: :1irous pas ce récit vu que tout le monde peut ic lire dans l’Histoire de la Colonie Française, et parce que notre objet est uniquement de rechercher le lieu où s’est passé l’évènement en question.
La route que les Français avaient adoptée pour se rendre à la baie Georgienne, où demeuraient leurs amis les Hurons, était celle de la rivière À partir de l’année 1650, les Iroquois ayant banni les Hurons, firent du Haut-Canada et de la vallée de l’Ottawa leurs territoires de chasse, Les Français, qui ne comptaient que deux mille âmes dans tout le pays, étaient im-
Bpuissants à lutter contre les Iroquois, cinq fois
plus nombreux, de plus favorisés par leur situa- Ceux-ci, formaient des groupes qui possédaient toutes les terres situées à l'Est du lac Ontario. Les Onnontagués et les Onneyouts occupaient les centre de cette ligne,
rers Syracuse et Oswégo aujourd’hui. L’uiver
De 1659-60, deux ou trois cents (les chiffres va-
ient dans les auteurs de l’époque) ue vès Fauva-
ges se rendirent à la chasse vers le haut de l’Ot-
tawa, et leur présence fut signalée à Montréal. " On apprit qu’il y aurait, au printemps,une atta- À , que contre cette ville. La garnisen française ne à ;, se composait que de dix-sept ou dix-huit hom- à mes, la plupart sans expérience de la guerre Le sauvage, et commandés par un jeune officier, Æ :, Adam Dollard, sieur des Ormeaux, tout aussi à ra novice et, de plus, un téméraire en un mot, avide gag de renommée et n’écoutant les conseils de per- l’fl
sonne. Il conçut le projet d’aller au devant des tre Ivoquois afin de les empêcher de descendre à Æ (+. Montréal. Plusieurs colons, des plus habiles moi dans ces sortes d’entreprises l’approuvèrent et pass lui promirent de se joindre à lui, pourvu qu’il à écri: partit à une date convenable, car il y avait des préparatifs à faire. Charles Lemoyne qui, à lui M. seul, valait tout une troupe, insista pour que Dollard se conduisit à la canadienne, c’est; à dire selon les pratiques imposées par l’expérience, mais Dollard fit la sourde oreille et se mit er | route avec sa garnison, sans attendre que les volontaires fussent prêts.
Le 19 avril 1660, à peine rendu au-dessus du lieu où est à présent le pont Victoria, il se batti: rent contre des Iroquois et perdirent trois hommes, dont un tué et les deux autres noyés faute, b de savoir manier leurs canots. Le lendemain, = y 1 Dollard et ses gens étaient de retour à Montréal,à onte d’où 1 repartit avec dix-sept Français seulement,
Le Père Lalemant, qui était à Québec, écrifé 7, dans la Relation des Téeuites de cette année, qu n, D la marche de la petite troupe ‘ se faisait de nuit&, l'ile
E Sulp:
Soign rage bout 4 a L'éc] On T0 lawa e Il est fairé
vait p
» l’Ot- pour n’être pas découverts, et les prières étaient itréal. réglées tous les matins et tous les soirs.”’ Ceci eatta- D montre que le voyage dura quelque temps ; d’ailaise ne M leurs on va voir que Dollard repartit de Mont:t hom- D réal le 20 ou le 21 avril et qu’il n’arriva au guerre Long-Sault que le ler mai. Le Père Lalemant officier, à continue: ‘ Le Sault Saint-Louis et les autres + aussi À rapides ne leur coûtent rien à passer. Ayant t,avide À gagné le lac Saint-Louis, qui est au-dessus de
de per- à l’île de Montréal, ils détournent à droite et enrant des trent dans la rivière qui mène aux Hurons.?? endre à À Cette rivière est l’Ottawa ; il ne peut y avoir la hebileS Æ moindre erreur, car le Père Lalemant y Stait rèrent et Æ passé plusieurs fois, et du reste, dans tous les rvu qu’il À écrits de l’époque la rivière Ottawa est appelée avait de Æ ie chemin des Hurons. , qui, à lui M. Dollier de Casson, prêtre du séminaire Saintpour que Sulpice, qui arriva de France en 1665 et qui est est: à dire Brigneux dans ce qu’il écrit, déclare que ces courpérience, Ærageux soldats ‘‘ furent huit jours arrêtés au se mit €! Bbout de cette île par un petit rapide qui y est.?? e que le SL'écluse Sainte-Anne rachète à présent ce rapide. On *-oit que M. Dollier parle de l’entrée de l’Otdessus di Bühwa et qu’il s'accorde ici avecle Père Lalemant. 1 se batti: D est impossible, en lisant leurs textes desonger rois hoW'S faire remonter le Saint-Laurent à Dollard ; byés faute l'est bien sur l’Ottawa qu’ii faut le suivre. endemail,& M. Dollier ajoute : ‘‘ Enfin le cœur les fit sur- Montréal Monter ce que leur peu d’expérience ne leur < eulement. Brait pas =cquis, si bien qu’ils arrivèrent au pied ébec, élu Long-Sault... un peu au dessus de cette île, "”? année, AUS De l’écluse Saint-Anne, qui forme l’extrémité ait de nuit@fe l’île de Montréal, jusqu’à Carillon il y a vingt-
sept milles ; c’est le pied d’une longue série de cascades et de rapides. Le canal dit de Carillon commence en cet endroit ; il mesure deux milles et demi de longueur et va finir à sa tête dans les eaux calmes de l’Ottawa. La navigation s’étend de là jusqu’à qu’tre milles, où elle est barrée par la chûte à Blondeau, que l’on évite aujourd’hui en passant par une écluse. De là au pied du Long-Sault, il y a trente-huit arpents. Nous sommes done rendus à trente-cinq milles de la pointe de l’île de Montréal.
Le Long-Sault est tourné par le canal de Grenville, qui a près de six milles de long, tant le Long-Sault est véritablement long.
Le Père Lalemant se sert d’une expression qui ne s'accorde pas iciavec M. Dollier. Il dit, après avoir parlé de l’entrée des militaires dans VPOttawa: ‘Ils vont se poster au-dessous du sault de la Chaudière, pour y attendre les chasseurs [roquois qui, selon leur coutume, le devaient passer à la file, en retournant de leur chasse d’hiver.”’ Ceci nous mène directement à Hull, à cent vingt milles de Montréal.
Dollard, qui était encore à la pointe de l’île de Montréal le 28 ou le 29 avril, se serait donc trouvé le 1er mai à quarante lieues de là, ayant franchi les portages effroyables et si longs que les voyageurs du même temps prenaient pli sieurs jours à remonter, comme on le voit par maints récits. (C’était un fameux tour de force pour des gens aussi maladroits que Dollard ef ses compagnons !
Pierre-Esprit Radisson, revenant du lac MichiA
rie de
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ans les s'étend rrée par urd’hui pied du . Nous 5 de la
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de l’île de erait dont e là, ayant longs que
sotement à à
Dollard et
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gan, vers le mois de juin 1660, dit que tout le long de l’Ottawa il y avait des Iroquois et qu'ils venaient de livrer une fameuse bataille lorsqu’il parvint à acteindre Montréal. S'il n’indique pas le lieu, il fait assez comprendre que c'était depuis Hull à Montréal. Comme il peint les Iroquois, on est tenté de croire que, après leur triomphe du 27 mai, qui leur avait coûté si cher, ils rôdaient sur l’Ottawa en grand nombre et guettaient les canots isolés ou ies petites bandes qui parcouraient cette rivière, mais se gardaient d’inquiéter les Outaouais dont la valeur commençait à leur être connue.
Ce récit de Radisson nous confirme dans la croyance que la guerre, en 1660, était toute sur lOttawa et non pas sur le haut Saint-Laurent, au dessus de Cornwall, où il y a un autre Long- Sault.
Le registre de la paroisse de Montréal, où sont inscrits les noms des victimes du siège, porte : ‘ au pied du Long-Sault.??
La mère Marie de l’Incarnation, écrivant quelques jours après avoir appris l’évènement, dit qu’elle emprunte la nouvelle à une lettre du Père Chaumonot, lequel avait. interrogé un Huron sauvé du désastre ; elle s’exprime ainsi : ‘Ils arrivèrent le 1er maï en un forÿ qui avait été fait l'automne passé par les Algonquins au pied du Long-Sault au dessus de Montréal.??
Charlevoix et Bibaud ne disent rien au sujet de Dollard et de sa troupe. Garneau dit que l’action eut lieu au Long-Sault, parce qu’il a dû
comparer les sources de renseignement, Fer-
land, qui je crois n’a vu que le texte du Père
Lallemant, dit ‘ au pied du saut des Chaudières I sur la rivière Outaouais.” Faillon semble vouloir ET préciser : ‘ Sur la rivière des Outaouais, à huit r ou dix lieues au-dessus de l’île de Montréal, et m au-dessous du saut dit de 14 Chaudière.” Le m pied du Long-Sault est à douze lieues de Mont- C! réal ; le pied des rapides (Carillon) à neuf lieues. ‘en M. Faillon croyait donc que l’action se passa au pr
pied des rapides? Quant à la mention de la Chaudière, il dit qu’il la prend dans le récit de et
la Mère de l’Incarnation, tel que nous venons de Do le répéter. cei
M. Dollier explique que nos braves trouvèrent du au Long-Sault ‘‘ un petit fort sauvage nullement I flanqué, entouré de méchants pieux, qui ne va- Æ des
lait rien, commandé par un côteau voisin; ils se mirent dedans, n’ayant pas mieux.” Au débarcadère de Carillon finissent les rapides, et la plage en cet endroit est dominée par un côteau assez élevé et voisin. C’est à neuf lieues de la pointe de l’île de Montréal ; sur toute la distance, la rivière est superbe pour la navigation. En partant de l’écluse Sainte-Anne, lo jeudi 29 avril, Dollard pouvait arrriver le samedi, ler mai, à | Carilion, faisant le trajet en deux nuits, de qua: à tre ou cinq lieues chacune. C’est le plus que l’on puissent demander à Satroupe. Les Sauvages, pourtant habiles à conduire le canot d’écorce, descendaient de Carillon en une journée, lorsqu'ils étaient pressés, mais ils ne faisaient pas au-delà de six ou sept lieues par jour en remontant.
. Père dières rouloir à huit éal, et . Le » Montf lieues.
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ouvèrent uliement ui ne Vàin ; ils 8€ Au débardes, et la n côteau ues de la A distance, ation. En
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En arrivant auprès du vieux fort délabré, Dollard fut rejoint par quarante Hurons et six Algonquins, lesquels s'étaient rassemblés à Montréal et étaient partis sur les traces des dix-huit militaires. Dollard n’avait pas, malheureusement, l’habileté de Charles Lemoyne, de Lambert Closse, de Picoté de Bélestre, qu’il avait laissés
en arrière et qui étaient tout-puissants sur l’esprit des Sauvages.
Le dimanche, 2 mai, on aperçut des Iroquois, et c’est en ce moment que, se voyant surpris, Dollard s’avisa de chercher un refuge dans l’enceinte de pieux abandonné qui était assez près du rivage.
Il est possible que le plan de Dollard ait été de se rendre jusqu’à Hull pour dresser son. em-
: buscade au bas de la Chaudière, où les Iroquois
devaient passer, dans le cas où ils auraient poussé
| leur chasse plus haut sur la rivière, et c’est peutêtre l’origine de la précipitation qu’il mit à son
départ. Le temps perdu à Sainte-Anne fut cause qu’il n’arriva à Carillen que pour se fair: surprendre. â
Les Iroquois se moutrèrent tous à la fois, après la première alarme. ‘‘Ils naviguent en helle ordonnance et descendent gravement le sault, au-dessous duquel nos gens, surpris d’une si promnte et si réglée démarche, se saisissent d’un
inéchant réduit...’ Le Père Lalemant, qui parle
ainsi, savait très bien que l’on ne descend pas la Chaudière en belle ordonnance et je crois fermement qu’il voulait parler du pied des rapides de [arillon, Au mois de mai pariles grandes eaux,
M sui Sr
peut-être même pourrait-on descendre le Long- Sault, mais une armée qui marche au combat risquerait beaucoup de s’y perdre.
Au premier choë, qui fut immédiat, ce jour du 2 mai, les Iroquois plièrent et s’aperçurent qu’ils n’emporteraient point des retranchements si vaillamment défendus. Des émissaires partirent, raconte la Mère de l’Incarnation, pour appeler le secours de cing cents Agniers qui se tenaient cachés dans les îles du lac Saint-Pierre avec le dessein d’attaquer Montréal par le Saint-Laurent lorsque les Onnontagués et les Onneyouts, descendant de l’Ottawa, lui livreraient assaut par un autre côté. Ensuite, ces huit cents guerriers réunis devaient détruire les Trois-Fivières et Québec.
Sept jours après le départ des émissaires, les tir: cents Agniers arrivaient en face des palissales derrière lesquelles dix-sept Français et quarante-six Sauvages attendaient le combat.
Calculons ce trajet accompli en sept jours et l’on
verra que de Carillon au lice Saiut-Pierre et re: 1
tour il y a bien soixante lieues, lesquelles sont à
allongées par les précautions à prendre pour ne pas être vu dans une telle expédition ; c’est neuf ou dix lieues par jour. La Chaudière est à vingt lieues &e Carillon, soit quarante lieues aller et revenir. Il nous paraït impossible d’accomplir cette marche de plus de cent lieues en sept jours.
Les combats durèrent jusqu’au 27 mai, jour de Ja Fête-Dieu, où le massacre final anéantit les
Français et ceux des Sauvages qui leur étaieni
restés fidèles.
LS
se Longcombat
jour du nt qu’ils nents Si artirent, ppeler le tenaient e avec le t-Laurent outs, desssaut par | guerriers ivières el
paires, Îles des palis-
Le Père Lalemant dit que, de temps à autre, les assiégés allaient, à tout risque, ‘‘ puiser de l’eau à la rivière, qui était à deux cents pas du fort.” Cette mesure de cinq cents pieds est à peu près la largeur de la plage actuelle, à Carillon, entre le bord de l’eau et le premier renflement du côteau. La grève a pu cependant s’étenäre davantage autrefois.
Nos papiers à la main, nous avons parcouru ces lieux et tout nous dit que le côteau de Carillon est le piedestal d’une statue qui sera dressé un jour et qui manque à cette belle partie de l’Ottawa.
, Ja fir du siège est tout à fait épique. Dollard charge jusqu’à la gueule un gros mousqueton, y met une fusée et le lance comme une bombe au milieu des assaillants, mais les branches d’un arbre abattu sur la palissade arrêtent ce projectile et le rejettent parmi les Français où il éclate en blessant plusieurs hommes. La défense est suspendue un instant. Les Iroquois s’en aperçoivent etse dardent par une brèche dans le réduit. Un combat corps à corps devient éminent ; une lutte furieusé s’engage. Dollard est tué. Les Français, au lieu de se décourager, se rallient et semblent être des lions entourés L «r des centaines . de Sauvages. Chacun d’eux veud sa vie chèrement; enfin ils tombent les uns après les autres, en déployant une valeur qui ébranle à maintes reprises les plus intrépides guerriers, aussi renoncent-ils à se procurer des captifs, et ils se décident à tout massacrer. Les Français survivants étaient littéralement montés sur un mon-
ceau de cadavres, faute &’espaee pour 8e mouvoir en ;dedans des pieux restés dehout. Alors les Iroqueis forment la ligne de tir et une volée de coups de feu abat ces invincibles, que personne n’osait regarder sans peur.
La terrible résistauce dc Dollard découragea les Iroquois. On peut dire au’eile sauva nos trois villes. Un acte de cet kéroïsme, suivi d’un pareii résultat, demande un grand souvenir.
Mettcns-rous à l’œuvre et que Dollard en bronze revive sous nos yeux. On inscrira sur le monument la phrase que l’un des trois cents héros des Thermopyles traça avec son sang sir la face d’un rocher : Passant, va dire à Sparte que nous sommes morts pour la patrie.
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onze onug des d’un MIMES
L'année 1666 est mémorable dans notre histoire par les préparatifs qui se firent avec le dessein de soumettre au joug de 14 France les cinq nations iroquoises ou de leur imposer le devoir de se tenir tranquilles sur nos frontières. Ces sauvages habitaieut un territoire qui forme à présent partie de i’État de N+w York.
‘ Le roi ayant dessein de relever la gloire des Français dans l’île de Cayenne, d’où nous étions sortis depu’s quelques années, et de faire visiter toutes les colonies que nous avons dans l’une et dans l’autre Amériques, fit choix de M. le marquis de Tracy, dont il avait connu la suffisance, dans les différents emplois qu’il lui avait donnés en ses armées. Il lui fit expédier une commission des plus amples et des plus honorables
à qu’on ait enccre vu ; lui donna quatre compaà gnies d’infanterie ; voulut que ses gardes portas-
E sent les mêmes couleurs que ceux de Sa Majesté ;
En
lui fit équiper les navires nommés le Brézé et le Teron, celui-là de huit cent tonneaux et celui-ci d’un peu moins, avec plusieurs autros vaisseaux chargés de vivres et de munitions de guerre, de gens à cultiver la terre, et plusieurs artisans,
Let de tout ce qui était nécessaire pour une expé-
dition de cette importance.” (Relation des Jé-
Rouites, année 1655, page 3 de l’édition de Québec. )
La Relation continue: ‘ M. de Tracy partit de Æ Je. la Rochelle, le 26 de février de l’an 1664, étant À vai suivi, outre les troupes, de «uantité de noblesse Æ Car et de vaisseaux bien équipés. Il fut compii- le c menté par les Portugzis de Madère et du Cap M Vert, avec toute l’honneur qui était dû à sa qua- fleu lité et à son mérite. M. de la Barre, ayant mis Æ plus pied à terre, y fui reçu magnifiquement.?? 2 mal:
M. Lefebvre de la Barre est le même qui, dix- Père huit ans plus tard, devint gouverneur du Cänada, Quai
Ensuite, les vaisseaux cinglèrent droit à Æ étaie Cayenne et ils y arrivèrent en peu de temps. M. Er de Tracy, ayant fait sommer le goiverneur hol- Man!
lendais de rendre l’îleaux Français, auxquels elle tance appartenait, ii la rendirent sans difficulté, et À donn M. de la Barre s’y arrêta, conformément aux à bany, ordres du roi.?? Conn.
Louis XIV commengait à tracasser la Hollande, Æ no à qui avait fait frapper une médaille offensante Æ dais pour le futur grand roi. Colbert en faisait pro: York, fiter sa politique et poussait son maître à s’em Æ d’AIb parer des colonies. Le Après avoir raconté ce que tit M. de Tracyæ je na ‘dans les îles ”” pour y assurer la prépondé-Æ cheva rance française, la Relation continue : Les ‘ I] reçut ordre du roi de se rendre au plus ÜtE Québe en Canada. Ce fut le 25 avril 1665 qu’il partit£ comme de la Guadeloupe... le Brézé prit sa route versÆ tructic Je Canada... il se rendit en un mois dans IeÆ Riche] grand fleuve du Saint-Laurent, ?? Un for Le 5 mai 1665 mourut à Québec, M. de MÉSYE 1665. gouverneur de la Nouvelle-France, À Uno Les 17 et 19 juin, arriva de France à QuébeÆ js ra
sit de étant blesse mm pii- 1 Cap a QUAit mis
ji, dix-
anada.
iroit à | ps. M E ‘ur holsels elle ulté, et ent aux
ollande, } fensante sait Pr0:
| à s’em-
ie Tracy répondé-
à plus tôt "ii parti ute vers dans Île
de Mésy
i Québec
le capitaine Le Gangneur amenant sur ses deux vaisseaux quatre compagnies du régiment de Carignan. Le second navire était commandé par le capitaine Petit ; tous venaient de la Rochelle. M. de Tracy n’osa pas aventurer le Brézé dans le fleuve Saint-Laurent ; il nolisa donc deux navires plus légers, et il arriva à Québec le 30 juin malade de la fièvre. Il était accompagné des Pères Jésuites Claude Bardy et François Dupéron. Quatre compagnies du Li de Carignan étaient avec lui.
Er ce moment, il sé passait dans la ville de Manhatte des événements de première importance. Le roi Charles II d’Angleterre avait
A donné à son frère Jacques, duc d’York et d’Al
bany, tout le pays compris entre les rivières Connecticut et Dela-vare ; le colonel Nicolls, au
| nom: de ce dernier prince, enlevait aux Hollan-
dais la ville de Manhatte, qui devenait New-
York, et le poste l'Orangs qui prenait le non
dtlbeuy. On n’en savait rien en Canada.
Le 16 juillet 1665, arriva du Havre à Québec, ie navire &Gu capitaine Poulet, portaut douze chevaux, qui émerveillèrent les sauvages
Les quatre premières compagnies partirent de Québec le 23 juillet, avec le Père Chaumonot comme aumônier, pour aller commencer la construction du fort de Richelieu. On appe'ait Richelieu l’endroit où est située la ville de Sorel Un fort y avait existé quinze ou vingt ans avant 1665,
Une compagnie äe volontaires Canadiens, sous les ordres de M. Le Gardeur de Repentigny,
marchait, à partir de Québec, avec les soldats de Carignan. Tous ensemble arrivèrent aux Trois- Rivières juste à point pour délivrer ce lieu de la crainte des Iroquois qui, depuis quelques temps, avaient recommencé leurs courses.
‘ Tandis que les troupes attendaient, aux Trois- Rivières, un vent favorable, elles virent arriver, le 3 août, une centaine de canots d’Outaouais, montés par plus de quatre cents hommes qui allaient, avec abondance de pelleteries, traiter chez les Français. Ils venaient de quatre à cinq cents lieues et repartirent le 7 avec le Père Alloüez qui les suivit en qualité de missionnaire.
La Mère de l’Incarnation écrivant de Québec, le 28 juillet, dit : ‘‘ Cette année, il doit y avoir deux mille personnes, tant en ce qui est venu qu’en ce qui reste à venir. Les compagnies qui sont arrivées sont déjà parties avec cent Français (Canadiens) de ce pays, et un grand nombre de sauvages, pour prendre le devant, s'emparer de la rivière des Iroquois, y faire des forts et les garuir de munitions. L’on fait cependant ici un grand appareil de petits et de grands bateaux plaïs pour passer les houillons de l’eau qui se rencontrent dans les sauts. Les provisions de vivres et les munitions de guerre sont toutes prêtes, le roi ayant tout défrayé. Il y a un grand nombre d'officiers à cet effet. ??
Le capitaine Fromont, du régiment de Carignan, confia aux Père Jésuites, avant que de quitter Québec, une somme de cent louis en or, à titre de dépôt.
Le 6 août 1665, fut inhumé aux Trois-Rivières,
es
un | par Le Qué Mou en À lent collé \ Le qui é pour Les navir Avec du ré, | Dubo Le } quère:
capita M.
d’août tard le bastio:
| milieu taient prendr Chamb à fortific:
& qui ser de beat Le 2 que des [la rivi
ts de l'roisde la emps,
Troisriver, ouais, es qui traiter à cinq e Père anaire.
juébec, 7 avoir t venu ies qui rançais bre de hrer de et les ici un ateaux qui se ons de toutes grand
ignan, quitter
à titre
vières,
h fortificatious.
un soldat de la compagnie de M. Fromont, tué par la décharge accidentelle d’une arme à feu.
Le capitaine Latour donna aux Jésuites de Québec, un tambour du nom de François de Mouïfart, natif de Ennelat, proche de Clermont, en Auvergne, âgé de 19 ans — c'était un excellent musicien, et on voulait le faire étudier an collége.
Le 10 août, M. de Chambly, à la tête des troupes qui étaient aux Trois-Rivières, se mit en route pour traverser le lac Saint-Pierre.
Les 18 et 19 août arrivèrent à Québec deux navires chargés chacun de quatre compagnies.
Avec ces militaires étaient M. de Salières, colonel
} du régiment, son fils âgé de quinze ans, et l’abbé
Dubois, aumônier du régiment.
Le 24 août, quatre autres compagnies débar-
quèrent à Québec, étant venues sur le navire du
capitaine Guillon ou Guyon.
M. de Chambly construisait durant ce mois d'août, le fort de Richelieu, qui prit un peu plus tard le nom de Sorel. C'était un carré, avec trois bastions, dont deux aux angles et l’autre au
| milieu d’une courtine dont les extrémités por-
taient chacun un demi-bastion. Je crois comprendre que M. de Sorel succéda bientôt à M. de Chambly et qu’il augmenrta notablement ces Nous avons deux plans du fcrt, qui semblent dater du même temps, et l’un est de beaucoup plus éterdu que l’autre.
Le 22 août, on reçut à Québec la nouvelle que des barques et'chaloupes avaicnt rexonté
[la rivière Richelieu jusqu’au saut ou bassin.
+ - » + - ss Lai mine sel 2 et coton MAS ie en De sf e - pans. 1% F ; * —— w= - f CAE . L2 ee dl > ès an] —. S “PR n.—.
Se Es Se PE ve
Quarante bateaux de vingt kommes chacun 8e trouvaient prêts à agir.
La Relaiion de 1665, dit: ‘ Le second fort, nommé Saint-Louis, à cause qu’il fut commencé dans la semaine que l’on célébrait la fête de ce grand saint (15 août) protecteur de nos rois et de la France, a été fait par M. Sorel.” Je pense qu’il faut mettre ‘M. de Chambly” car il est question dans ce passage du fort du bassin et des rapides de Chambly.
Le 12 septembre arriva à Québec le Saint- Sébastien, avec M. de Courcelle, gouverneur, et M. Talon, intendant. Un autre vaisseau, le Jardin de Hollande, l’accompagnait. Deux jours après, un troisième, appelé la Justice, arriva chargé de huit compagnies.
M. de Salières, malgré son grand âge, se transporta au dessus du fort Chambly et fit construire un fort près des rapides qui sont au-dessus de ce lieu.
M. de Courcelle, à peine débarqué à Québec, partit en tournée d’inspection sur la rivière Richelieu.
Le premier jour d’octobre, quatre compagnies partirent de Québec pour aller attendre M. de Tracy aux Trois-Rivières,
Le 3 octobre, le Père Chaumonot rentra dans Québec, venant du fort Saiat-Louis (Chambly).
Le 15 octobre, jour de sainte Thérèse, le troisième fort étant achevé, on lui donna le nom de cette patronne. Déjà des sauvages amis s'étaient cabanés dans son voisinage et livraient le produit «e leur chasse aux soldats qui l’occupaient,
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Le fort Chambly était un carré avec trois bastions, l’un au milieu de chacune des trois courtines, et une porte fortifiée au milieu du quatrième pan.
Sainte-Thérèse formait un carré un peu long dans ur sens, avec un bastion en fer de lance à chaqueangle. Il était haut de quinze pieds, avec double palissade et une banquette en dedans élevée d’un pied et demi au-dessus du sol.
Tard dans l’automne, à ce qu’il paraîtrait, on éleva un quatrième fort à l’endroit où est située la ville de Saïnt-Jean. Je n’en connais pas la
A forme. Tous ces forts étaient en bois, planté
comme des palissades.
Le 28 octobre, on apprit à Québec que M. de Salières, ayant fait faire un bateau au fort Sainte- Thérèse, avait envoyé dix-huit ou vingt hommes
à découvrir l’entrée du lac Champlain, et que ces
gens s'étant avancés quatre lieues dans le lac admirèrent la beauté du pays. ‘‘ Ce lac ? dit la
à Relation, après soixante lieues de iougueur, abou-
tit enfin aux terres des Iroquois 4 anieronnons. C’est 1à que l’on a dessein de bâtir encore dès le printemps un quatrième fort.??
I1 faut croire que le projet du fort Saint-Jean était pas conçu en ce moment puisque le quatrième fort devait être au lae Champlain, mais
Auous savons que le fort Saint-Jean date de la fin
de l’année 1665 et que le fort Sainte-Anne (le
itinquième) situé sur une île du lac Champlain,
extrémité nord, a été construit entre le printemps
net l’ét6 de 1666.
Le 31 octobre 1665, M. de Courceile rentra dans
la ville de Québec revenant de son voyage ‘‘en haut” où il était allé surveiller les travaux des forts et assigner des quartiers d’hiver aux troupes. M. de Salières arriva à Québec en même temps et ‘‘ ils ont eu par ensemble quelques démêlés”’ dit le Journal des Jésuites.
Le 4 novembre, M. de Salières s’embarqua, à 1
Québec, pour aller hiverner à Montréal.
Le 15 novembre, on apporta, à Québec, le corps du Père François Dupéron, décédé le 10 au fort
Saint-Louis, où M. de Chambly était commandant. |
Pour remplacer le Père Dupéron au fort Saint- Louis, on désigna le Père Albanel, résidant au Cap de la Madeleine. Ce religieux se rendit aux Trois-Rivières, où il était encore ie 4 janvier 1666, attendant que les glaces fussent prises sur le lac Saint-Pierre pour se mettre en route.
Ces Iroquois contre lesquels on prenait tant de précautions, avant que de les attaquer, répandaient la terrreur sur les bords du Saint-Laurent depuis trente années. Leur haîne pour tout ce qui était Algonquin ou Huron remontait encore plus loin ; ces deux dernières races étant devenues amies des Français, il n’y avait eu ni paix ni trêve pour nous à partir de 1636, où les Hollandais du fort Orange (Albany) avaient échangé des armes à feu contre les fourrures que leur apportaient les Cinq-Nations,
Le groupe des Agniers (en anglais Mohawk) était le plus voisin du poste hollandais d'Orange, ou Albany (pays de Saratoga.) Ilse composail, de deux ou trois beurgades, renfermant de trois à quatre cents hommes en état de porter les
M CAis,
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L étaie l trois | Québ ans, € Vin près d ou Go homm tes en La np appelé (as), 6 ville d k Com pts OU trois gouins,
Les e deux m Leur po âmes, ét que cell
» ‘ten armes. Ces sauvages étaient plus que tous les
x des autres ennemis des Français.
Jupes. Quarante-cinq lieues plus loin, où est la ville
temps de Rome, en allant d’Albany vers Oswego, était
nêlés? le groupe des Onneyouts (Oneidas en anglais), comptant cent quarante guerriers. (Cette nation
qua, à D faisait moins la guerre que les Agniers, mais elle
brouillait avec adresse toutes les prop”sitions de e COTPS paix.
ju fort À quinze lieues à l’ouest des Onneyouts, c’estndant. Æ àdire vers l’endroit où se trouve Syracuse, ; Saint- À étaient les Onnontagués (Onondagas), comptant lant au trois cent guerriers. (C’est là que les Jésuites de dit aux Québec avaient eu une mission qui dura deux er 1666, Æ ans, en 1656-57.
ir le lac Vingt-cinq lieues à l’ouest, où est Geneva, | près du lac Cayugas, se trouvaient les Oïoguens tant de Æ ou Goyogouins (Cayugas), forts de trois cents répau: Æ hommes, qui avaient reçu une mission de Jésui- Laurent Æ tes en 1657.
tout ce La plus nombreuse des cinq nations iroquoises,
encore Æ appelée Sonnontouans ou Tsonnontouans (Senent deve- Æ cs), était placée entre deux lacs, au sud-est de la ni paix Œville de Rochester qui est sur l’Ontario; elle les Hol- Æ comptait douze cents hommes établis dans deux échangé Bou trois bourgades. Ceux-ci, comme les Goyoque leur Egouins, n’avaient jamais fait ia guerre aux Fran- M (ais,
Les cinq nations pouvaient lancer facilement deux milletrois cent hommes contre les ennemis, Leur population, qui était de près de douze mille âmes, était an moins trois fois plus nombreuse que celle des Français en Canada, De Montréal:
M ohawk) ’'Orangk, ) ma posait, de trois srter les
one (1 Ge LL n | +1 LH FE Î Î Hu:
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e \ + ” ne ssrhrisrsisriit ré dr “eanertiisti + pre chiens mu à = =.
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292 L'EXPÉDITION DbE£ 1666
au paÿs des Agniers, la route mesurait une céntaine de lieues.
Le prince de Carignan, de la maison de Savoie, était ce que nous appelons colonel honoraire du régiment que Louis XIV venait d’envoyer au Canada, Le colonel actif était Henri de Chapelas, sieur de Salières qui, depuis 1659, avait fondu son régiment dans celui dit de Carignan- Salières, à cause des noms des deux chefs. Ce prince de Carignan, ancêtre direct du roi Humbert d’Italie à présent,était sourd-muet, ce qui ne l’empêchait pas de prendre une large part à la politique de son temps. Il a figuré avec avantage dans le jeu des cabinets de France et de Savoie. Sa clairvoyance était appréciée des hommes au pouvoir. Louis XIV lisait ses rapports ; Colbert avait la précaution de le consulter, S’il n’a touché qu’en passant au Canada, nous devons toutefois lui rendre hommage de ses vues claires et pratiques.
: On a lieu de croire que c’est M. de Courcelle, le nouveau gouverneur, qui voulut, coutre tous les avis des gens compétents, faire une campagne d’hiver. Il ne connaissait ni la rigueur du climat ni les obstacles redoutables qui s’opposaient à une pareille marche avec des troupes, non seule ment étrangères au pays, mais encore conduites à l’européenne. Sans l’aide que prêtèrent les milices canadiennes, le désastre eût été complet.
Un manuscrit en vers que M. de Léry Macdo:
nald a trouvé dans les papiers de la famille de Lotbinière, et qui me paraît être du jeune Char’ tier de Lotbinière, officier de l’expédition que je
rac à l:
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onduites èrent les complet.
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raconte, s'exprime ainsi. C’est un badinage quant à la forme, mais de l’histoire pour nous tous :
La Victoire aurait bien parlé
De la démarche et défilé
Que vous avez fait, grand Courcelle, Sur des chevaux faits de ficelle, Mais en voyant votre harnois
Et votre pain plus sec que noix
Elle n’aurait pu vous décrire
Sans nous faire pâmer de rire !
Le départ.de Québec eut l'ieu le 6 janvier 1666. M. de Courcelle était accompagné de M. du Gas,qu’il prit pour son lieutenant ; de M. ie Salampar, gentilhomme volontaire ; du Père Pierre Raffeix, jésuite ; de trois cents hommes du régiment de Carignan, et d’une centaine de Canadiens.
‘ Cette marche ne pouvait être que lente, chaeun ayant aux pieds des raquettes, dont ils n’étaient pas accoutumés à se servir, et tous sans en excepte: les chefs et M. de Courcelle même, étant chargés chacan de vingt-cinq ou trente livres de biscuit, de couvertures et des autres provisions nécessaires. ??
Le 10, la petite armée quittait Sillery. Dès le troisième jour plusieurs se gelèrent le nez, les joues, les oreilles, les doigts, les genoux, et on commença à se plaindre de plaies sur différentes parties du corps. Le ‘‘ mal de raquettes ”” 8e faisait sentir vivement. Quelques-uns, engourdis par le froid, seraient morts sur la neige si on ne les eût relevés et portés sous un abri, Les maisons étaient alors bien rares entre Portneuf et Champlain,
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Etantarrivé au Cap de la Madeleine le 15, M.
de Courcelle expédia des ordres aux troupes qui devaient se joindre à son corps chemin faisant,
Le 16 il était’ aux Trois-Rivières où il trouva que M. Pierre Boucher, le gouverneur du lieu, avait tout préparé selon ses vues.
Ce fut un temps de repos pour les troupes :
Etant rendus aux Trois-Rivières On fait la nique aux cimetières.
On ne pense plus au passé ;
Chacun s’y trouve délassé.
Le pot bout, on remplit l’écuelle...?
Le 18 M. de Courcelle poursuivit sa route avec seulement quatre-vingts soldats, quatre officiers et ouarante-cinq Canadiens. Si je ne me trompe, il se dirigea sur Montréal, où Charles LeMoyne, qui venait de passer cinq ou six mois en captivité chez les Iroquois, se joignit à lui, avec M. de Hautmesnil, et soixante et dix ‘‘capots bleus ? ou volontaires canadiens de Montréal. De Haut: mesnil faillit périr dans la campagne.
Le 24 janvier, les sieurs de la Fouille, Maximin et Loubia, capitaines au régiment de Carignan, arrivent aux Trois-Rivières, avec chacun vingt soldats et quelques habitants des environs, pour se joindre aux trois cents hommes réunis dans ce lieu. Le lendemain, tout s’ebranle pour marcher à travers le lac Saint-Pierre jusqu’au fort de Rjchelieu où commandait M. de Sorel. C'est alors, je crois, que cet officier ‘‘ refit ” le fort qui porta son nom.
Cette journée du 25 était excessivement froide,
le 15, M.
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sa route avec atre officiers e me trompe, es LeMoyne, aois en captii, avec M. de pots bleus ” 1. De Haut e.
lle, Maximin de Carignan, hacun vingt hvirons, pour éunis dans ce pour marcher u fort de Ri-
C'est alors, ort qui porta
ement froide,
L'on fut contraint de reporter aux Trois-Rivières plusieurs soldats dont les uns avai. nt les jambes taillées par les glaces, et les autres les mains, les bras, etc., gelés.
Le poète que j’ai déjà mentionné était de cette troupe :
Afin de gagner Eichelieu.
Mais ce lieu devenu stérile
Ne nous fournissait point d’asile, Fallut y faire &es remparts
De neîge et de glaçons épars.
Sous l’abri de la belle étoile Bâtir maison d’un peu detoile, Et se composer des hameaux Avec buchettes et rameaux.
L'auteur de ces vers parle cominc si M. de Courcelle eut été au fort Richelieu avec lui. C’est possible. Il dit aussi que les ‘‘ capots bleus ?? ou miliciens & > Montréal les rejcignirent au fort Richelieu. M. de Courcelle partait le 29 du fort Saint-Louis ou Chambly. Les capitaines Petit et Rougemont, et le sieur Mignardé, lieutenant de la compagnie colonelle du régiment, sont aussi mentionnés à la même date.
Le 29 donc, M. de Courcelle partait du fort Chambly avec cinq ou six cents hommes. Le rendez-vous des troupes était au fort Sainte-Thérèse, On y attendait aussi des Algonquins qui devaient
à servir de guides sous les ordres de Louis Gode-
froy de Normanville, le même qui fut plus tard procureur du roi. Les Algonquins s'étant enivrés manquèrent au rendez-vous, et M. de Courcelle commit l’imprudence de ne pas les attendre,
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C’est un tour, dit-on, de coquin.
Et, n’en déplaise à l’Algonquin, Qui s’arrêtait à la bouteille, Alors on aurait fait merveille.
Le 30 janvier, toute l’armée partit du fors Sainte-Thérèse et marcha, avec mille peines et misères, en 5e trompant de route, jusqu’au 14 février, où elle se trouva à vingt lieues à l’est des bourgades des Agniers et tout près d’un établissement de Hollandais. Le 15, à six lieues d’Albany, on sut que la province tout entière était passée aux mains des Anglais.
Le 20 février, un samedi, les troüpes attaauèrent un cabanage d’Iroquois où ils tuèrent ‘‘plus de deux ?’ Sauvages et une vieille femme, et dans une escarmouche en plaine qnatre autres Iroquois succombèrent, mais six Français demeurèrent sur la place. La nuit suivante et la journés du lendemain, il plut continuellement. Ce dimanche, M. de Courcelle eut divers entretiens avec le commandant du poste voisin, un Hollandais qui servait l’Angleterre depuis le changement survenu l’été précédent.
Malgré l’insuccès de ses armes, le gouverneur français put se convainère que sa piésence et celle de son armée dans cette région, en plein hiver, impressionnait fortement les esprits.
Queiques prisonniers qu’on avait fait durant le trajet firent connaître que les Agniers et les Onnevouts étaient allés en guerre chez des peuples situés plus loin, vers le sud, et appelés ‘€ faiseurs de porcelaines”” probablement le: Andastes, Oeci acheva do décourager les chefs
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appelés le. Anes chefs
français, et le soir du même dimancke, après avoir été bien traitée par les Hollandais, l’armée décampa avec précipitation et marcha toute la nuit, ainsi qu’une partie du lendemain. Le soir venu, arrivèrent les trente Algonquins qui, au
‘ début de l’expédition, s’étaient engagés à servir
de guides. Ils apportèrent néanxoins queiques rafraîchissements bien désirables, en faisant part aux troupes du produit de leur chasse.
Les Agniers, qui paraissent être revenus dans leur pays en ee moment, eurent bientôt connaissance de l’armée française ef ne la lâchaient point de l’œil. Ils la harcelaient avec adresse et ajoutaient ainsi à sa pitoyable situation. Dans une affaire d’arrière-garde le sieur d’Aiguemortes et quatre soldats tombèrent sous leurs coups ; il y eut trente Iroquois de tués ; le poète que j’ai cité raconte en détail cette aventure et dit que le
| jeune de Lotbinière, qui avait pris la place de M. d’Aiguemortes,. fut blessé légèrement.
M. de Courcelle se trouvait au milieu du lac Champlain, lorsque les vivres lui manquèrent.
| Il envoya ouvrir une ‘‘ cache ”’ de provisions qui
avait été preparée dans le but de secourir le8 troupes au retour, mais elle ne contenait plus
Li rien. Les voleurs s’étaient emparés en même
temps d'effets valant quatre-vingt piastres de notre monnaie actuelle et appartenant aux Pères Jésuites Raffeix et Rcquet.
Plus de soixante soldats moururent de faim à la suite de ce mécompte. Il ne faut pas oublier ceux qui avaient déjà péri de misère en allant eÿ revenant, ni ceux qui ne purent résister aux
fs
épreuves de la marche depuis le lac Champlain juscu’à Québec, Les Algonquins et les Canadiens parvinrent à soulager bon nombre de ces militaires en =vattant les bêtes de la forêt et en donnant d’utiles conseils à ces pauvres novices sur la manière de se condtire en pareilles circonstances. Le poète dont j’ai parlé décrit longuement, mais d’un ton léger, les souffrances endurées pendant cette campagne.
Enfin, ie 8 mars, l’armée arrivait à Chambly, dans un désarroi lamentable.
Il est évident que 1° fort Sainte-Anne n’était pas encore construit, c:r l’armée eût pu S’y ravitailler, après la découverte que la cache aux provisions avait été pillée. C’est alors probablement que l’on conçut le projet de. faire construire ce fort sur une île du lac Champlain, et l’on sait que M. de la Mothe-Lucière le termina durant l’été de 1666. Quant au fort Saint-Jean, il en est à peine fait mention ; en 1666, M. Berthier y commandait eï le sieur de Rougemont commandait à Sainte-Thérèse.
Reudu au fort Saint-Louis, M. de Courcelle re- |
jeta l’insuccès de son entreprise sur les Jésuites et il continua de parler d’eux avec amertume et reproche, jusqu’à Québec, où il comprit que sa
détermination de faire en Canada une campagne à d'hiver avec des soldats européens avait été la '
cause de sa déconfiture.
D’après le poète que je lis en ce momenf (et qui n’a jamais été imprimé), les troupes passèrent de Chamhly à Montréal, au lieu de descendre à Sorel :
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On ( SOUS le
en Can volant fit le | bords
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descen-
Montréal vit la jeunesse Au retour, conter sa prouesse.
Descendant du côté gauche du fleuve, vers le 12 du mois de mars, i+ soleil brillant sur les nêiges incommoda cette troupe qui avait supporté, depuis dix semaines des fatigues inouïes, comme on peut se l’imaginer à la lecture des documents
de l’époque.
Mais le soleil battait à pla
Et la neige faisant éclat,
Les sieurs Dugal et Lotbinière Pensèreït perdre leur visière.
Et, comme aveugles sans bâtons, Ne pouvant marcher qu’à tâtons Furent conduits aux Trois-Rivières,
Il paraîtrait qu’il y eut aux Trois-Rivières un moment de ‘‘revenez-y ?’ malgré le carême qui venait de commencer ! Cela ne fait pas de mal, après une telle course.
M. de Courcelle étant passé aux Trois-Rivières, arriva à Québec le 17 mars.
Il fallut retourner au pays des Iroquois, l’automne suivant. Cette seconde entreprise, conduite par M. de Tracy, fut couronnée de succès et nous y gagnêmes une paix qui dura uns quinzaine d’années.
On dit généralement que les Canadiens placés sous les ordres de M. Le Gardeur de Repentigny (1666), étaient les premiers volontaires enrôlés en Canada, mais il faut se rappeler que le camp volant de 1649 était aussi un corps organisé, qui
A ft le service durant quelques années sur les
bords du fleuve, où il poursuivait les Iroquois,
LorsquelerégimentdeCarignaneutété licencié, un certain nombre de ses soldats entrèrent dans les petites garnisons de Québec, Trois-Rivières, Sorel, Montréal, Chambly, Sainte-Anne et Cataratoury, ainsi que des volontaires canadiens, et par la suite, ces garnisons furent toujours composées partie de soldats ayant servi en France, partie de Canadiens.
Le comte de Frontenac forma, vers 1675, les cadres de la milice, tels qu’ils ont existés jusqu’à 1760. Tout homme en état de porter les armes appartenait à une compagnie et faisait les exercices militaires à detes fixes. Le capitaine üe paroisse commandait la compagnie ou les compagnies de sa paroisse. En cas de plus d’une compagnie, il n’y avait pas de major, mais des lieunants commandaientles compagnies et le capitaine de la paroisse prenait la direction de tout. Ce
capitaine était appelé le ‘‘ capitaine de la côte ” R
parceque chaque paroisse aboutissant au fleuve, il devait distribuer ses ordres le long de la côte du fleuve, au lieu d’être obligé de remonter dans lies terres et de circuler de rang en rang, ou de concession en concession. ccmme lorsque les habitants sont groupés et ne suivent pas un aligne:-| ment rigide.
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ance, D On m’écrit de Montréal: ‘ Pouvez-vous me dire s’il reste des vestiges de la maison que
5, les Robert Cavalier, chevalier de La Salle, bâtit sur
isqu’à À le lot de terre à lui donné, en 1666, par les MM. armes de St. Sulpice, et qu’il nomma La Chine ? ??
y exer- Je réponds, en premier lieu : René-Robert ine üe Cavelier, surnommé Ia Salle, ne s’appelait pas compa- Æ Cavalier, et il n’était pas chevalier.
1e COM- En second lieu, il n’a pas reçu la terre en es lieu- Æ question durant l’année 1666.
capitai- Troisièmement, il est douteux qu’il ait consout. Ce Æ truit une maison valant la peine, et encore moins a côte” À un fort, comme on l’a prétendu.
fleuve, À Quatrièmement, ce n’est pas Cavelier de La
la côte Æ Salle qui a imposé le nom de Lachine. er dans Dans son nistoire des découvertes de La Salle, >, ou dBM. Gabriel Gravier nous dit que, en 1666, son es habi-Æ héros était âgé de moins de vingt-cinq ans et aligne: Æ n'étais jamais sorti de France.
On sait que M. l’abbé Cavelier viut de France à Montréal l’année 1666. Il était frère de René- ERobert dont la présence à son tour, est constatée à Montréal, les ler sv 7 novembre 1667 (voyez Faillon: Histoire de la colonic française, vol. III, p. 228 ; Voyage de Dollier et Galiné, page 65.) ® Dans ce même mois de novembre 1667, M, Galinier entra en fonction comme Supérieur dé
la maison de St. Sulpice de Montréal, chargé qu’il exerça à peu près un an. Nous verrons plus loïn que ce fut M. Galinier qui coucéda la terre en question à La Salle, par conséquent l'hiver de 1667-68. R
M. Faillor dit: ‘‘ Le fief était situé en face du saut St. Louis, dans un endroit de l’île de Montréal, où le séminaire avait déjà résolu d'établir une bourgade... Il ne donna point alors de titre par écrit... Le fief semble avoir été d’une assez vaste étendue ; il fut érigé sans aucun droit de justice, quoiqu’avec droit de moulin seigneurial... La Salle commença des défrichements et des constructions, traça l’en-
ceinte du futur village, où tous les colons }
devaient avoir une maison pour s’y mettre à couvert des Iroquois, et fit aussi diverses concessions de .2rre, donnant à chacun des nouveaux
colons soixante arpents, et en outre un demi- |
arpent dans l’enceinte du village. Les cens qu’il leur imposa devaient être payés non à la St. Martin, mais à la fête de St. Sulpice.??
Ces concessions de terre à des habitants paraïssent avoir eu lieu l’automne de 1668. En tous cas rien ne prouve que LaSalle ait fait beaucoup plus que de dresser des plans, cette année 1668, la seule durant laquelle il fut en possession du domaine de la côte de St. Sulpice.
‘ Le 15 novembre 1668, il loue une maison dans la ville de Montréal, pour y passer l’hiver?? dit une note placée par la Société historique de Montréal à la suite du Voyage de MM. Dollier et Galiné, P: 66,
Dans Société en plais 4 la locg uu sieu etour ‘
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colons !
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Dans un contrat du greffe de Montréal, en date du 16 dévembre 1668, mentionné par Faillon (vol. III, p. 298) on lit: ‘‘ la maison de la côte St. Sulpice.’ La Salle est partie à ce contrat.
Par un acte notarié du 9 janvier 1669 La Salle rétrocède au séminaire ‘‘la seigneurie appelée de St. Sulpice, située en l’île de Montréal, audessus du saut St. Louis et dont il tenait la concession de M. Galinier.”? |
Jusqu’à présent, il n’y a pas de trace du n2m de La Chine imposé à cette localité,
Le 6 juillet 1669, La Salle, avec un certain rombre d’hommes, s’embarqua pour aller en
: découverte, jusqu'aux mers de Chine, si possible.
MM. Galiné et Dollier étaient du voyage. M.
Dollier écrit qu’ils partirent tous ensemble ‘‘ du saut St-Louis à une lieue et demie ?”’ de Montréal, ou si l’on veut une lieue et demie de la résidence des prêtres de St-Sulpice.
MM. Dollier et Galiné n’allèrent pas plus loin que le voisinage de Niagara, en compagnie äe M. de La Salle, et les hommes de celui-ci rentraient à Montréal après quatre mois d’absence. La Salle ne revint que l’année suivante.
Dans Histoire du Montréal, publiée par la
Société Historique de Montréal, M. Dollier dit,
en plaisantant, çue le nom de Lachine fut donné à la localité d’où était partie (1669) l’expédition Il fait entendre que le etour des ‘ Chinois ’’ causa quelques risées dans le public. M. Dollier aimait à rire; je pense qu’il est l’auteur du terme satirique Lachine. I arle de la ‘ transmigration ?’ des voyageurs de
La Salle, voulant par là signifier que ces braves gens, partis pour se rendre à la Chine et revenant penauds, méritaient le surnom de Chinois. Une confusion existe dans son récit, car il place ce trait dans l’année 1667-68, bien qu’il sut, mieux que personne, que la chose avait eu lieu l’automne de 1669, au retour des hommes de l’expédition. Ce n’est pas la première fois que les annalistes ont transposé ainsi des faits dont ils connaissaient et la vraie date et le caractère particulier, Sans s’apercevoir de la fausse interprétation que les historiens pourraient leur donner. (C’est ce qui n’a pas manqué dans le cas qui nous occupe.
I1 me semble impossible de contester que le nom de Lachine ait été imposé par ironie, à la suite de l’expédition manquée. La Salle, qui n’a jamais employé ce nom dans les actes aujourd’hui connus, ne doit pas en avoir été l’auteur. C’est plutôt M. Dollier qui le créa ou qui s’en fit le propagateur, après son retour de la baïe de Quinté au printemps de 1670.
Quoiqu’il en soit, dans un acte du greffe de Montréal, en date du 11 juin 1670, figurent ces mots : ‘‘le lieu de la Chine ainsi appelé?’ et encore : ‘l’habitation qu’on appelle la petite Chine ”” expressions qui, d’après la remarque de M. Faillon (III 298) montrent que ce nom devait avoir été adopté récemment. Le 8 octobre, même année (même source) l’intendant Talon répète le mot.
Le plan de l’île de Montréal publié par M. H.
Beaugrand üans son album du Vieux Montréal in: À
dique ‘a date des forts construits en remontant
auteur.
s’en fit
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