‹ Pages d'histoire du Canada [microforme]Chapitre 31 sur 53 · JUGEMENTE DU CONSEIL SOUVERAIN · texte numérisé non relu

JUGEMENTE DU CONSEIL SOUVERAIN

feuilles d’anciens actes publics pour aïlumer le poële—ce n’est pas ie seul cas de cette nature qui se soit produit ,armi nous! Il est si commode à un imbécile qui a ces tréso”s sous la main de s’en ‘‘ débarrasser ?’ comme disait le chef du bureau dont je parle. ‘Ces parerasses sonÿ tellement vieilles qu’à peine peut-on les lire, pensait-il, alors personne ne prendra la peine de s’arracher les yeux à les déchiffrer ; ce sont des feuilles ‘aunins, pas invitantes, parfois tombant en miettes ; ies épiciers n’en voudraient même pas pour envelopper leurs marchandises ; donc au feu ! et qu’il n’en sois plus parlé.” Ainsi raisonnent des gens qui devraient être les premiers à comprendre la valeur des archives nationales. Comment voulez-vous que le peuple s’éprenne d'amour pour son histoire lorsque tant d’hommes soi-disant instruits lui donnent un si déplorable exemple de vandalisme !

Réfléchissons un moment : c’est à l’aide de ces vieux papiers que nous avons pu démontrer à l’étranger ce que nas pères ont été; le zaépris que l’on nous témoignait et qui nous pesait sur les épaules comme un manteau de plomb, n’a pu continuer son œuvre; nos adversaires et nousmêmes nous avons été ravis d'apprendre le secret de ce passé que l’oubli avait déjà recouvert, et notre ration s’est relevée, noble et belle, aux yeux de l'univers entier.

amer le nature si Comla main chef du son telre, peneine de sont des tombant nt même es ; donc » Ainsi les prehives nàle peuple rsque tant ent un Si

ide de ces montrer à e zuépris pesait Sur ab, n’a pu s et nouse le secret ouvert, et belle, aux

Des ouatre volumes publiés en 1883-85 4ous le titre de Collection de Manuscrits, etc., nous allons examiner le premier, afin de voir ce que l’on sait faire dans le cercle des gâte-sauce de l’histoire. D'abord, le titre est absurde. Le mot ‘‘ collection ”” signifie: ‘ceci est un cheval ” ; le mot ‘ manuscrits ” porte à faux puisque ces volumes renferment des masses de documents déjà imprimés. L’ensemble révèle de la part de l’arrangeur une ignorance rare et un aplomb supérieur. A chaque page il y a des énigmes, comme celleci: ‘ Nous n’avons pas pu découvrir l’auteur de cette narration.” Mais cher enfant, il fallait ouvrir Charlevoix, LeClercq, La Hontan, Le Beau, car c’est leurs textes que vous nous donnez tout en croyant avoir fait une trouvaille. Il est évident que vous avez pigé dans les cartons de quelqu'un qui s’est amusé autrefois à copier des pages entières de livres qui lui passaient sous la main et vous croyez que vous avez découvert une mine inexploitée !

Dans la partie neuve du recueil, les annotations font absolument défaut, les sources sont rarement indiquées. Dans la partie qui réédite des docaments connus, la négligence et le manque de renseignements de l’éditeur vont de pair avec

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les manuscrits les plus mal imprimés du Canada. J’ai surtout remarqué les points de suspension qui émaillent ce volume. Pas un mot pour nous dire Sur quoi roulent les passages supprimés. Et la plupart du temps, rien qui indique ou l’auteur, vu l’origine de la pièce. La valeur de ces documents est ainsi réduite à ce que valent les assertions du premier venu. Or, l’objet du gouvernement, si nous en croyons ce que l’on dit, était de nous mettre en état d’étudier l’histoire de notre pays à ses sources mêmes. Que voulez-vous que nous pensions de ceci, par exemple, placé sous la date de 1632, pages 97-109 : ‘‘ Relation du voyage fait en Canada pour prise du fort de Québec ””. On ne dit pas qui a signé cette pièce, d’où elle vient, ni quelle peut être son importance.

Et encore : ‘‘ Concession de la rivière et baye de Sainte-Croix, à monsieur de Razilly ; Paris, le 29 mai 1632.” La pièce ne se trouve pas à la suite de te titre qui nous la promet. Pourquoi ne L’y a-t-on pas mise? S'il ne s'agissait que d'inscrire des titres de documents, il faudrait tout simplement faire un catalogue comme celui de M. Harrisse: Bibliographie et cartographie de la Nouvelle-France. L’arrangeur du volume que j'ai sous les yeux paraît avoir vidé son sac, lorsqu’il a dit qu’il existe (quelque part dans la lune) une pièce concernant telle ou telle chose ; il a tout donné, c’est d’un bon cœur, mais 8e8 cadeaux ne sont pas riches.

Les précautions les plus ordinaires ont été

négligées. A moins que d’être devin, on ne!

ada. saura jamais si l’arrangeur a travailié sur des Sion originaux, sur des copies, des copies de copies, nous où des imprimés. Signalons quelques erreurs 8. Et faciles à corriger, pour toutautre que j’arrangeur teur, en question.

docu Page 57. La lettre de ‘ monsieur de Poutrinasser- court ”’ est de Biencourt son fils : il fallait expliuver quer pourquoi certains historiens, se basant sur , était cette pièce, font vivre Poutrincourt jusqu’à 1618. ire de Page 116. Charles de Biencourt prévost de Z-VOUS Paris, 1639, n’a rien eu à faire avec l’ Amérique. placé Il était fils de Jacques, lequel était fils du baron ion du connu par ses travaux en Acadie. Cette branche ort de de la famille Biencourt est demeurée en France. > pièce, J’ai retracé ailleurs sa généalogie. impor Page 127 : ‘‘ le sieur Braillettes ?’ ne peut être

autre que le père Druillettes ; pourquoi ne pasle dire ? A la page suivante on lenomme Bruillettes.

Page 232 : le ‘‘sieur Bagire,”’ il fallait mettre Bazire. |

Page 237 : M. LeBœuf, c’est Le Neuf qui est le yrai nom.

Page 172 : ‘‘ Rôle du régiment da Carignan.?? On nomme quatre officiers ! Il y en avait plus de trente, connus de tout le monde, excepté de l’arrangeur de ce singulier volume.

Page 249 : l’arrangeur dit que M. de Montmagny arriva à Québec ‘‘am mois de septembre 1636.” Il faut lire 11 juin.

Page 302 : il nous fait savoir que Chouard des Groseillers s'établit aux Trois-Rivières vers 1680. Il fallait dire en 1653. De plus, il n’était pas né en 1620, mais eu 1625.

Page 298 : une note nous avertit que le sieur Berger est un ‘‘ huguenot de la pire espèce.” A la page 322, ie roi de France donne à ‘‘ son bienaimé le $S de Berger ?’ la lieutenance de l’ Acadie, Tout cela à deux ans d'intervalle et juste à l’époque de la révocation de l’édit de Nantes.

Page 551: M. ce Mules de la Fourche, c’est M. de Meulles de :a Source,

Page 553, ligne 8, on n’a pas pris le soin d’avertir le lecteur que MM. de Denonville et Champigny arrivèrent à Québec en 1685 et que tout le passage qui suit appartient à cette année. À la ligne 11, il y à un blanc, parce que l’on n’a pas su lire un nom; ïil fallait mettre M. de Meulles.

Page 571 : Mille Dallonne est nommée Daloune.

Page 578, l’arrangeur note ceci : ‘‘ Il faut croire que M. de Ramsay épousa une canadienne.” Mais oui! consultez donc Tanguay.

Page 609 : on lit ‘le Montagué ”’ pour l’Onnontagué.

Page 581: M. de Muy est appelé Desnire.

Page 594 : on lit ‘‘ ie fort Renry ?”’ pour le fort Remy.

Pages 614, 622 : ‘ M. L indot,’? n’est aucre que M. Raudot.

Page 601 : l’alinéa qui commence par ces mots ‘ Lorsque ces dépuiés ?’ entre dans l’année 1698 ; de sorte que le chiffre 1698 de la page 602 n’est pas à sa place.

Bien plus, ce chiffre 1698 trompe le lecteur, car les mots qui suivent: ‘Dès le printer 98 ? ge rapportent à 1699.

sieur HR piencadie.

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le soin ville et et que année.

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née 1698 ; 602 n’est

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L’arrangeur sait l’histoire du Canada à peu près comme je connais la langue chinoise, A tout moment vous tombez sur le titre d’un document placé comme si la pièce elle-même allait suivre, mais pas du tout! C’est à seule fin de vous faire savoir que cette pièce existe quelque part. Et quelque fois il s’agit d’un document que tout le monde sait par cœur.

Voyez par exemple à la page 160 le mémoire sur la guerre des Iroquois.

On ne cite qu’un alinéa de la pièce et l’on n’en mentionne pas l’auteur qui est M. d’Avaugour. Il est difficile de se moquer des gens avec plus de niaisérie.

Le mémoire de M. Gédéon de Catalogne est attribué par l’arrangeur à M. Chaussegros de Léry. Le titre que l’auteur lui donne est celuici: ‘Recueil de ce qui s’est passé au Canada au

L sujet de la guerre tant des Anglais que des Iro-

quois depuis 1682.” Il s’arrête en l’année 1712.

: M. de Léry ne vint dans le pays que quatre ans

plus tard. L'auteur du Recueil ou mémoire parle à la première personne; rien de plus facile que de démontrer qu’il est de la plume de M. de Catalogne. On n’a pas songé à cela.

Parmi ces pièces que l’on désire ‘arracher à l'oubli” je marque celles-ci qui ont été imprimées et qui ne sont plus un objet de mystère : les lettres patentes accordées à Roberval; la liste des officiers de Roberval; l’acte constatant la présence de Jacques Cartier à Saint-Malo, 1549 ; le baptême de Jacques Noël, 1550; lettre de Poutrincourt, 1618 ; la plupart des pièces con-

À ë Ah

cernant la compagnie des Cent Associés, 1627 ; le traité de Saïnt-Germain-en-Laye, 1622; Commission de gouverneur à Nicolas Denys, 30 janvier 1654 ; commission de vice-roi au duc d’Ampville, 1655; concession de terre à Latour, Crown et Temple, 1656 ; provisions de gouverneur en faveur de M. de Mésy, 1663 ; pouvoir de gouverneur à M. de Courcelles, 1665 ; instruction à Talon, 1665 ; recensement du Canada, 1666 ; recensement de l’Acadie, 1671; commission Frontenac, 1672 ; récensement du Canada, 1679; concession de Laprairie, 1680 ; recensement de 1681; arrêt du Conseil, 1682, au sujet des Huguenots ; recenssment de 1683 ; le roi etle ministre à M. de la Barre, 1684, (10 avril) ; recensement de 1685 ; recensement de l’Acadie, 1686; mémoire de Monseignat, 1689-90 ; mémoire de Catalogne,1682-1712.

Cent cinquante passages ont été supprimés dans ce volume. L’arrangeur n’a pas eu la précaution de noter sur quoi roulent ces passages, Il crible le livre de lignes ponctuées, sans savoir que, en bonne typographie, trois points de suspension suffisent, et il saute, saute, saute tout ce qui ne lui plaît pas. Il y a bien des choses qui ne plaisent pas à M. l’arrangeur et celui-ci paraît avoir le bras long. Le gouvernement de Québec a cédé à la peur. Dès l’heure où il a été

bruit que des documents historiques étaient sous |

presse, la bande des falsificateurs s’est remuée, elle à pris possession des épreuves, elle æ biffé, elle a mutilé, elle a tronqué à sa guise. J'ai rercontré la griffe de ces sortes de gers partout dépuis que j'écris.

; cComjanvier ipville, own et eur en FA uverà Talon, nsement ic, 1672 ; ssion de arrêt du recense

M. de la R

1685 ; re- > dé Mon- 1682-1712.

supprimés eu la prépassages.

ans Savoir points de saute tout des choses et celui-ci nement de où il a été aient sous st remuée, lle à bifié, J'ai re2- Ji: partout

La mémoire de Catalogne, que je viens de rélire attentivement est maltraité au possible, Je vais

le corrigér un peu, pour rendre service à Ceux .

qui étudient l’histoire. Il commence à la page 551 du tome I.

Page 553, ligne 4, il faut lire ‘ La Grande- Gueulle et Taganissorens, chefs, arrivèrent avec un présent...” Ligne 10 mettez dans le blanc le nom de M. de Meulles, etsurtout remarquezque, à partir des mots ‘‘ Monsieur le marquis de Denonville et de...’ commence l’année 1685, ce qui est très important si vous voulez comprendre la suite.

Page 554 ‘‘ le sieur Lenoir ?’ n’est autre que le sieur Robutel de Lanoue. Même page lisez :

‘ Le cortège se rendit en traînes sur les glaces au bout du Long Sault au commencement d’avril.?? ,

Page 561, après le nom de Dulhut, il faut lire: ‘et le sieur de Tonty, manchot, commandait les Illinois, et d’autres commandaient...??

Page 564, au lieu du millésime ‘1690’ en tête du chapitre, lisez ‘‘ 1688.7?

Page 568, prémière ligne, il faut mettre ‘1689 ?? car les événements de cette année-là commencent avec les mots : ‘ Comme ies ennemis...??

Page 573,avec ‘‘ les mots : Enfin, M. de Frontenac envoya...” commence l’année 1690. Même page, les deux alinéas du bas, jusqu'aux mots ‘à l’isle de Montréal...” appartiennent à l’année 1692 ; c’est un feuillet du manuscrit mal placé.

Page 589, ligne 8, avec les mots : ‘‘etles voyageurs Se disposèrent...”’ jusqu’à ‘retourna à

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Montréal sans accident,’ mettez ces passages dans l’année 1690 ; c’est encore un feuillet mal placé. Même page, au bas, les mots: ‘ Les Agniers et les aultres...”? appartiennent au mois de septembre 1690, jusqu'aux mots : ‘‘ rachetés par les Flamands.??

Page 590, au lieu de: ‘qu’il pust se sauver,’ lisez : ‘‘ qu’il ne pust se sauver” ce qui fait I. quelque différence. ave

Page 592 l’expédition de Duluth au lac des Æten. Deux-Montagnes est de 1689 et non de 1692. Hip Encore un feuillet mal placé. Ce passage de rl 1689 s’étend jusqu’à la page 593 et finit avec les mots : ‘‘ u’en faisoient plus brusler.??

Page 595, avec les mots : ‘ Monsieur de Frontenac ne songea.…..?? il faut mettre l’année 1692.

Page 598, il faut lire : ‘ Le 25 février 1696, l’hôpital de Montréal brûla.??

Je m’arrête, car me voilà tombé dans un fouillis de phrases qui se portent en avant, en arrière, en tous sens. Le plus court moyen Serait de repub'ier tout le mémoire en lui donnant la forme chronologique et en l’annotant à plusieurs endroits ; sans cela il n’est point consultable.

Le présent article sera lu—mais je suis bien certain que l’on n’en tiendra aucun compte et que, à la première occasion, on nous servira encore des horreurs, sous prétexte de jeter de la lumière sur notre histoire.

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, un fouilen arrière, serait de onnant la plusieurs table.

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Je capitaine de Saint-Ours, qui vint en Canada avec le régiment de Carignan, année 1665, appartenait à la noblesse reconnue de France, comme le prouve la pièce suivante dont je n’ai jamais

vu le texte imprimée ; c’est pourquoi je l’insère [dans ces pages :—

‘“ Henri de la Guette, seigneur de Chaze, et Alexandre de Seve, seigneur de Chatignonville, conseiller du roi en ses conseils d’état privé, maîtres des requêtes ordinaires de son hôtel, intenlants de la justice et finances en Dauphiné, com-

Muissaires et juges souverains députés par Sa

Majesté pour l’exécution de l’arrêt par elle rendu

entre les trois ordres de la province, le 24 octo-

bre 1639.

‘Ce jour, ceux qui ces présentes verront, alut, savoir faisons que—vu par nous les extr:1its le la révisition des feux (recensement) faits en année 1339 et 1448, dans lesquels sont prescrits u rang de nobles Pierre et Antoine de Saint- Durs ; contrat de mariage de Jean de Saint-Ours,

s du dit Antoine, avec demoiselle Françuise e Revelin (ou Repelin ou Repetin) du 5 février

2167 qualifie noble ; autre contrat de mariage de

reorge de Saint-Ours, fils de Jean, avec debwiselle Aimée Baile, du 20 décembre 1500, aussi

n om it mens 4 70, 7 La = a — ms É “<a nn qe OR ce nn mn = 2e cn miss + - ons nt « De Rue nn orne À CRE se Roharenr + A ESC et: à F Le B n ne … roger TEE s L Ge Mn ER VE sk o

qu. milan:

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qualifie noble ; encore autre contrat de mariage de George de Saint-Ours, fils du dit George, avec demoiselle Vobane Rolland du 24 (illisible) 1536, pareillement qualifie noble ; testament du dit George, fils de Jean, du 17 février, 1539, par lequel il institue son héritier François de Saint- Ours son fils et substitue à George son autre fils encor que le dit François décédât sans enfants, aussi qualifié noble; mariage du dit George Saint-Ours avec demoiselle Aimée de Roybour en secondes noces du 28 juin 1556 ; testament du dit George au profit de Piérre et d’Etienne de Saint-Ours, ses enfants, du 11 juillet 1572; mariage du dit Etienne avec demoiselle Marguerite D'Orscoise, du 26 juillet 1580 ; reconnaissances passé. os années 1456 et 1548 au profit dé George

et Etienne de Saint-Ours, père et aïeul de sieurk

Louis de Saint-Ours, dans lesquelles ils sont tenus et reconnus pour nobles ; contrat de ma: riage ‘du dit sieur Louis de Saint-Ours avet demoiselle Loise du Sez (ou Ses) du 10 décembre 1628, par lequel il est qualifié et fils du dit noble Etienne de Saint-Ours, lesquels titres justifica: tifs de la noblesse du dit sieur Louis de Saint

Ours nous ont été par lui remis en conséquent

des assignations qui lui ont été données à la requête des consuls et communauteur de Greno: ble, Voreppe et Veurey en conséquence de notrè ordonnance du dernier décembre 1640—tout con: sidéré : —

‘ Nous, commissaires susdits, juges souverain en cette (illisible), avons déclaré et déclarons le dit sieur Louis de Saint-Ours ancien noble et el

e mariage orge, avec ible) 1536, nt du dit 1539, par s de Saint- 1 autre fils \s enfants, lit George e Roybour stament du Etienne de 1572; ma- Marguerite nnaissances t de George al de sieur les ils sont rat de ma -Ours ave 10 décembre du dit noble es justifica:

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onnées à la r de Greno

nce de notrè

)—tout con

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déclarons lé

noble et el

avoir acquis le titre auparavant l’arrêt du 15 avril 1602 suivant et aux termes de l’arrêt et réglement du 24 octobre 1639 ; et ce faisant, conformément au dit réglement, avons ordonné et ordonnons que tous les héritages roturiers acquis de quelque personnage que ce soit, taillables ou nobles, et possédés par le dit sieur Louis de Saint-Ours jusqu’au 1er mai 1635, ne seront compris ès registre du cadastre des fonds et hérita-

ges taillables qui seront par nous çi-après faits et dressés en exécution du dit réglement, et demeureront à l’avenir francs et exempts de toutes tailles, d’impositions et levés de deniers ordinaires et extraordinaires en quelles mains qu’ils passent, même de condition roturière, et jouira le dit sieur Louis de Saint-Ours de toutes autres exemptions, immunités, prérogatives et privilèges attribués (par ?) le dit arrêt aux anciens nobles auparavant le dit jour 15 avril 1602, et en conséquence qu’il sera tiré et rayé des...

des tailles où il a été cotisé, faisant défense aux consuls des communautés de Grenoble, Voreppe, Veurey, et tous autres présents et à venir de ne plus tirer ni comprendre ni sur dépendants pour les dits hiens qu’il avait acquis et possédait le ler mai 1645 (1635 ?) à peine de mil livres d’a-

mende et de tous dépens, dommages et intérêts.

Mandons au premier archer des gardes du roi,

prévost de son hôtel, et grand prévost de France,

étant près de nous, huissier ou sergent royal

requis par requête du noble Louis de Saint-Ours faire pour l’exécution de notre présent jugement tous exploits nécessaires sans pour le demander

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aucun congé, place vira, ne paretis, de le faire lui... pouvoir en vertu de ce lui à nous donné par Sa Majesté, faire expédier à Grenoble le 20 mars 1641. (Signatures) De la Guette, de Sève,

‘“ Breves, greffes à enregistrer en la chambre des comptes et cour de finances de Dauphiné par moi conseiller secrétaire du roi en la dite chambre, soussigné, par ordonnance de ce jour 18 mars 1645. (Signatures) Molard cons ; Dugué.

‘ Collationné par nous, écuyer, conseil. secret, du roi maison couronne de France et de ses finances, greffier en chef de la cour du parlement, aides finances de Dauphiné. (Signature) Jullien.”?

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PECAUDY DE CONTRECŒUR

Voici les lettres de noblesse d’un autre capiteine du régiment de Carignan :—

‘ Louis, par la grâce de Dieu. roi de Erance et de Navarre, Daulphin de Viannas, comte

de Valentinois et Diois—à tous, présents et à

venir, salut. — Depuis qu’il a plu à Dieu nous donner la paix générale (1) avec les couronnes, nous avons été excité de reconnaître ceux de nos sujets qui se sont signalés dans nos armées et qui continuent leurs services à cet Etat, à l’imitation de leurs aïeux quise sont acquis la qualité de nobles quoiqu’ils n’aient été soigneux d’en conserver le titre que nous avons accoutumé de donner à ceux que nous voulons gratifier :— et c’est pourquoi ‘ayant été bic 1 informé par tous les généraux de notre armée d: la valeur et générosité de notre cher et bien-aimé Anthoine Pecaudy de Contrecœur, de notre pays de Daulphiné, capitaine au régiment de Carignan, lequel, depuis l'établissement d’icelui, nous a rendu, et au feu roi notre très honoré seigneur et père des preuves de son courage, affection et fidélité à notre service, dans nos armées et troupes, tant cavalerie qu’infanterie, l’espace de vingt-cinq ans, ayant commandé, soit en qua-

(1) Paix dite des Pyrénées, 1659.

È £ 4 nl D.

352 PECAUDY DE CONTRECŒUR

1 lité de lieutenant ou de capitaine, depuis quinze

f années en ça au régiment de Montesson et de à 2! celui de Carignan, s'étant trouvé à tous les tr 2 exploits de guerre qui se sont présentés, parti. Æ :, ‘4 culièrement au siège de Pignrolles sous le feu K }; 4 sieur de Montmorency de la compagnie de La- se

| à poupe au régiment de Sault, comme aussi au pl Là combat de Chezin en la compagnie des chevau- Ji légers de Dizi...is sous le sieur de Urecquy où il Æ 44

fut blessé d’une mousquetade à l’épaule, et au jou

| siège de Valence d’un coup de mousquet à la & ,;]

ji! cuisse et...au dit régiment de Carignan au retour dot

{ de Vigune au combat de....sous le prince Thomas me

4 où il fut blessé d’une mousquetade à la tête dont rir | il a été trépané, au faubourg d’Estampes fut à de. blessé d’une mousquetade à travers le corps, au Æ 4

4 faubourg Saint-Anthoine fut blessé d’"ne mous. trai ; quetade à travers le corps dans la même compa- la re gnie où il fut blessé d’une mousquetade au bras du

# dont il demeura estropié, sous notre cousin le ;4,; % vicomte de Turenne, l’année dernière, comman à à;4. dant le régiment de Carignan à l’attague d’Au-Æ p4. xerre sous notre cousin le maréchai de Grancey la

et Piedmoat, et finalement tous les autres liege :. où il a été commandé, en sorte que nous avons sont tous sujets et satisfaction de le jager digne de ;;,

l'honneur au titre de noblesse auquel il a aspiré, nan —Dont, le voulant gratifier, tant en reconnais qu’el sance de ses services, de la preuve désquels notsà je le relevons, tant en considération des dits servi ,,,,; ces qu'à la supputation qui en a été faite pa fo. notre très cher et très aimé cousin le comte de Soissons —A ces causes, nous, de notre proprél

aux €

t AuC

PECAUDY DE CONTRECŒU R 33 quinze mouvement et grâce spéciale, pleine puissance \ et de et autorité royale et tinale, avons ledit de Conpus les trecœur, ses enfants et postérité nés et à naître , parti- en loyal mariage, anobli et anoblissons, et du le feu titre de noblesse décoré et décorons par ces préde La- sentes signées de notre main ; voulons et nous ussi au plaît qu’en tous actes et en droit tant en juge chevau- ment que dehors, ils soient censés être et répuuy où il tés nobles et puissent porter le titre d’escuyer, e, et au jouir a....de tous les :::nneurs, prééminences, pri uet à la vilèges et exemptions, franchises et immrnilés au retour dont jouissent les autres Annoblis de notre royau > Thomas me et pays de Daulphiné, et comme tels d’acqué tête dont

rir, tenir, et posséder tous fiefs et gestions nobles mpes fut D de quelque qualité et condition qu’elles soient,

corps, al tout ainsi que les autres nobles, saus être conme mous traints d’en vider les mains...toutefois déroger à 16 COMPA

la réalité des tailles ordonnées par les réglements du mois d’octobre 1639, arrêts, édits et autres réglements faits pour raison du cadastre de la comman dite province de Daulphiné, permettant au dit ue d’AUT Pécaady et à sa postérité de porter et de faire b Gramncey élever en leurs maisons et autres endroits que kres lieux bon leur semblera, armes à timbres telles qu’elles & sont ci-empreintes sans que pour raison de ce le dit Pé audy soit tenu de nous payer aucune | aaspiré SE finance ni indemnité, dont, à quelle somme reconnals TS qu'elle se puisse monter, nous lui avons, pour quel# nOËS les considérations çi-dessus, fait et faisons don et dits servi remise par ces présentes, et sans qu'il soit aussi tenu de payer aucune indemnité aax paroisses et aux communautés du dit pays attendu qu’il n’y 4 aucun fonds à héritage sujet aux taxes, et quand

le au bras cousin le

ous av On8 digne de

faite paï comte de re pro pre ;

SP AURA 2 Eu A a, A 5 a D essence SE ER hu > à

354 PECAUDY DE CONTRECŒUR

il en posséderait ils y seraient compris nonobstant le présent anoblissement au moyen de la réalité ordonnée par le dit réglement. (Ci donnons en mandement à ros amis et féaux conseillers les gens tenant notre cour et parlement, chambres de nos comptes, présidents, trésoriers. Donné à Paris au mois de janvier l’an de grâce 1661 et de notre règne le 18. (Signé) Touis.?? Ces lettres ont été enregistrées à Québec le 25 février 1687.

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Pierre Gautier de Varennes, sieur de La Vérendrie, à été le Cartier et le Champlain du Nord- Ouest. La première époque de sa vie est encore peu comprise. Dans cet article, je me propose d’abord de parler du nom qu’il portait et de faire

ses frères.

| en sorte qu’on ne confonde pas ce personnage avec

Louis, frère aîné de Pierre, avait été baptisé Laux Nrols- Rivières le 7 septembre 1673. Il porta le surnom d2 la Vérandrie. Vers ce temps existait en France un certain monsieur de la Vérandrie ou Vérendrye, qui était parent de René

A Gaultier de Varennes, gouverneur des Trois-Ri-

vières, et qui transigeait avec lui des affaires toncernant la traite des pelleteries.

Le 25 mai 1676, au registre des Trois-Rivières

(baptême de LOUE Massé)‘‘ M. de la Vérandrie ??

est mentionné comme parrain, représenté par le sieur Godefroy de Lintot, Il s’agit probable ment du jeune Louis ci-dessus, né en 1673. Au nême lieu, le 21 juin 1686, à la sépulture de Jean- Baptiste Pepin, furent présents ‘‘ Louis Gaultier, sieur de la Verenderie ”? et ‘‘ Jean Gaultier, sieur Be la Verenderie ” ; la seule signature que porte là pièce se lit ‘ Laverandrie.”’ Même année, 26

le parrain de M -- Marguerite Lefeb-

vre dit Lecerisaye est ‘‘ Lomis Gaultier, fils du gouverneur ” ; il signe: ‘‘ fouis de Laveran drie.?

Voici l’acte de baptême du Découvreur : ‘Le dix huietiesme jour de novembre de l’an mil six cent quatre vingt cinq, par moy, F. G. de

‘ Brullon, curé de l’Eglise paroissialle de Nostre-

Dame des Trois-Rivières, à esté baptisé en la é

‘ dite Eglise, Pierre Gaultier, fils de Messire

# René Gaultier, Escuier, sieur de Varenne et .

# Gouverneur pour sa majesté, des Trois-Riviè- d res, et Wæmoiselle Marie Boucher sa femme, l/enfant est né du dix sept du dit mois et an. à Son garrein à ésté Messire Pierre Boucher E . son grand père, en la place duquel E£4inbert #8

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‘{ Laverandery.” Après cette date, on ne le rétrouve plus on Canada.

René Gaultier de Varennes, gouverneur des Trois-Rivières, étant mort en 1689, sa veuve alla se fixer à Boucherville où eile est mentionnée le 13 août 1690 ; elle y demeura jusqu’à la fin de l’année 1695, époque où elle se rendit à Varennes ; sa résidence ordinaire était encore dans cette seigneurie à la date du 1er juillet 1707.

D'après M. Margry (1), Pierre était, en 1697, cadet dans les troupes et s'appelait La Verendrye. Notons qu’il avait douze ans. TL’officier en question devait être Louis, frère aîné de Pierre, alors âgé de vingt-quatre ans, et qui, si je ae me trompe, partit pour la France vers 1701 au moment où commençait la guerre dite de la succession d’Espagne, car de 1697 à 1701, ia paix ayant été générale en France, il n’est pas proba ble que l’on uit offert du service cu Furope aux officiers canadiens durant ces trois où quatre années. M. Margry fait entrer Pierre au régi mént Ge Bretagne en 1706, mais il est évident Aw’il s’agit de Louis puisque Pierre était à Vu rennes en 1707.

‘“ Pierre Gauthier de Varennes, Ecuier, sieur dé Méyumois,'’ figure au registre de Varennes en 1702, 1794, 1707. El n’y prend ni autre titre ni autre grade. Sa signature est: ‘* Boumois.??

C’est la première fois que nous le revoyons après son baptême, Selon M. Margry, il aurait fait la campagne de la Nouvelle-Angleterre en 1704 et célle dé 'Ferrenenve en 1705.

(1) Revue Oanadienne 1872, p. 362,

ANR RS dd NL Ah 22 :

Le ler juillet 1707, madame veuve de Varennes passa à son second fils, Jacques-René, le titre de la seigneurie de ce nom. Par le même acte, on voit qu’elle possédait une maison à Montréal. Elle se réserve ‘‘ une seignerie dite de la Verranderis située dans la rivière dite des Trois-Rivières ?” ; c’est l’endroit appelé La Gabelle. Il y à aussi dans la paroisse actuelle de Varennes un fief qui porte le nom de Lx Verendrye. À cet acte de partage des biens de madame de Varennes, Pierre est cité comme absent sous le nom de ‘‘ sieur de Boumois et de la Veranderie.”’ C’est la. première fois que ce dernier nom lui est donné dans les documents que j’ai vus. En cette occasion, sa mère lui accorde la seigneurie du Tremblay contiguë à celle de Varennes. Marguerite, Sa sœur, est nommée ‘ Gaultier de la Véranderie.”” Louis n’est pas mentionné.

Doit-on croire qu’il était mort ? Peut-être est-ce de lui que parle la reddition de comptes mise à la fin de la pièce, où il est dit que certaines sommes sont dues à M. de la Veranderie.

Quoiqu'il en soit, Pierre était présent à Varennes, le 22 septembre de cette même année 1707, au mariage de sa sœur M—Marguerite avec Louis Hingue de Puigibault. C’est la dernière fois que le registre de cette paroisse le mentionne. Le 20 octobre suivant, il est à Montréal, ratifiant pour sa part l’acte du ler juillet, On le nomme alors ‘ Pierre Gautier, Escuyer, sieur de Boumois de la Veranderie.”’ Il sigme ‘‘ Bou-

mois.” Quelques jours plus tard (9 novembre à

1707), à Québec, est passé son contrat de mariage

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avec M—Anne Dandonneau. Les membres de la famille déclarent au notaire que madame veuve de Varennes donne son consentement, et que si l’on avait le temps de lui écrire avant le départ des navires de Québec pour la France, elle répondrait dans ce sens. Cela n’indique-t-il pas que Pierre devait s’embarquer sans retard, aussitôt après avoir terminé les arrangements relatifs à ses fiançailles ?

La guerré faisait rage en Europe. La France pliait sous les coups du prince Eugène et du duc de Marlborough. Plusieurs Canadiens entraient dans les armées de la mère-patrie, de même que nous avons vu, de 1790 à 1812, les Salaberry, les DesRivières et plusieurs autres jeunes gens de ce pays s’enrôler dans les troupes anglaises et parcourir avec elles plusieurs contrées des deux mondes. Pierre de la Vérendrye alla rejoinäre son frèré, Louis, au régiment de Bretagne, si toutefois ce dernier vivait encore, car on sait qu'il fut tué en Italie, avant 1709.

À la bataille de Malplaquet, perdue par les Français le 11 septembre 1709, Pierre gagna le grade de lieutenant, par huit coups de sabre et un coup de fusil dans le corps, dont il guérit contre toute espérance, après avoir été laissé pour mort sur le champ de bataille et cité à l’ordre du jour, dit M. Margry. Néanmoins, +omme la guerre tournait au désavantage de Louis XIV et que le trésor était épuisé, les promotions faites dans ces circonstances glorieuses pour les officiers de notre armée ne furent point maintenues, Madame de Vaudreuil,

femme du gouverneur général, étant passée en France cette année, pour diriger l’éducation des enfants du due de Berri, s’intéressa au sort de la Vérendrie, mais ne put réussir à lui faire rendre son grade d2 lieutenant. Bien plus, la commission de cadet, qu’il avait gagnée en Amérique lui fut retirée. L’Histoire nous apprend que ces injustices sont assez fréquentes au lendemain d’un grand désastre national. La Vérendrie était destinée, dans'la première partie de sa carrière active, à être traité avec ingratitude, et dans la seconde, à voir ses découvertes et ses prodigieuses fondations, méconnues, ou plutôt faisant la fortune des favoris du pouvoir. Madame de Vaudreuil persista dans ses démarches et parvint à arracher une commission d’enseigne, avec laquelle son protégé reparut en Canada.

Le mariage du brave Canadien avec Melle Dandonneau fut célébré à Québec, le 29 octobre 1712. L’époux est nommé au registre de l’église ‘ Pierre Gauthier, écuyer, sieur de la Véranderie, enseigne des troupes de ce pays.”’ Il signe ‘© De Laverandrye.”’ En 1715, il obtint un privilége de traite pour La Gabelle, c’est-à-dire, sur son petic fief de La Vérendrie. L’année suivänte (28 octobre) on voit par l’acte de baptême d’un sauvage, aux Trois-Rivières, que le parrain fut ‘M. Beaumois, enseigne.” Ce nom ne reparaît plus par la suite.

De ce qui précède, je conclus : 10. que Louis et Marguerite ont porté le nom de La Vérendrie, alors que Pierre n’était encore connu que Sous

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celui de Boumois ; 20. que Pierre adopta ce nom après la mort de Louis ; 30. que la Vérandrie, la Vérendrie, La Verendrie, La Verenderie, Laverandrie, la Véranderie, La Veranderie, Laverenderie, la Verandrie, Laverandery, La Verendrye, la Verranderie, la Veranderie et De Laverandrye sont quatorze formes d’orthographe appliquées à ce nom, tant par la famille qui le portait, que par les notaires et les curés desservant les paroisse$. La dernière en date est la signature (29 octobre 1712) du Découvreur ui-même : ‘ De Laverandrye ; ”” elle diffère de toutes les autres, mais elle arrive trop tardivement pour faire autorité.

Et on nous demande d’écrire correctement les noms des personpages qui figurent dans l’Histoire !

À partir de son retour en Canada jusque vers 1725, c’est-à-dire une quinzaine d’années, La Vérendrie échappe aux historiens. Tâchons de remplir cette lacune.

Pierre Dandonneau dit du Sablé et dit Lajeunesse était venu de France s'établir aux Trois- Rivières en 1651, sinon avparavanÿi. Son fils aîné Louis-Adrien, s'était marié (1684) avec Jeanne- Marguerite Lenoir. En 1690 celui-ci s’associa Jacques Brisset dit Courchène, son beau-frère, pour acheter l’île Dupas. Tous deux recrutèrent des colons sur la côte de Champlain et de Batiscan, leurs paroisses natales. Une carte cadastrale de l’île Dupas, dressée vers 1706, indi-

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que les noms suivants à l’appui de mon assertion : Dusablé, Désellier, Dutaut, Dandonneau, Brisset, Courchêne, Carignan, Bourjoly, Bigny, Cotenoire et Gouin. Plusieurs de ces noms sont inscrits sur deux ou trois terres, On y voit aussi les noms suivants qui ne paraissent pas appartenir au district des Trois-Rivières comme les premiers : Champagne, Froment, Beaulieu, Français, Ouinville, Couson, Lafontaine, Merevaux, Chariy et Sansfaçon. Ces concessions couvrent la moitié supérieure de l’île ; le reste ne porte aucun nom. En 1713, toutes les terres de l’île étaient concédées.

Après son mariage (29 octobre 1712) avec Mlle Dandonneau, le sieur de La Vérendrie s’était probablement fixé à l’île Dupas et s’y occupait de colonisation. Son esprit «ventureux devait se sentir à l’étroit dans une telle entreprise. Le service militaire ne le réclamait plus. Par la bataille de Denain, livrée en 1712, la guerre s’était virtuellement terminée en Europe. La paix d’Utrecht, signée en 1713, se prolongea vingt ans. Louis XIV mourut / 1715) et un granä mouvement commercial se produisit aussitôt après ces événements. Le vent était au trafic. Le castor rentrait en faveur.

Le poste de la Gabelle, exploité, dès avant à

1685 par M. Gaultier de Varennes, père de La Vérendrie, est situé sur le bas Saint-Maurice ; il portait le nom de fief de La Vérendrie. Pierre obtint, en 1715, la permission d’y faire le commerce, ce qui donna occasion aux marchands des

Trois-Rivières de se plaindre et de représenter à

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que de semblables opérations ne devaient être autorisées que dans les villes. La lettre suivante, signée de M. de Vaudreuil, gouverneur-général, et de M. Bégon, intendant, en date du 20 octobre 1720, démontre que la traite de La Gabelle n’était pas arrêtée par ces débats : ‘ Nons avons examiné la demande du sieur de La Véranderie äe jouir de la concession faite à monsieur de Varennes, son père, lors gouverneur des Trois- Rivières. La raison sur laquelle les ‘habitants des Trois-Rivières se fondent pour s'opposer à l’établissement qu’il y avait fait sont (est) que le sieur de la Veranderie y fait la traite et y arrête les canots des Sauvages qui descendent aux Trois-Rivières, et se rend par ce moyen le maître des pelleteries à leur préjudice. Nous croyons que cette raison ne doit ‘as empêcher qu’il ne soit maintenu dans la poss:ssion de cette concession, parce que si le passage des Sauvages était une (eauss d’) exclusion, on devrait aussi supprimer les autres concessions qui sont depuis le fief La Veranderie jusqu'aux Trois-Rivières et ne pas permettre d'établir les environs de Québec et de Montréal, puisque, nécessairement, les Sauvages y passent pour venir dans ces villes, ce qui serait contraire au bien de la colonie et àson accroissement—la distance de trois lieues des Trois-Rivières au fief de la Veranderie 1’étant pas assez considérable pour empêcher le ditsieur de la Veranderie de s’y établir, et attenäre la dépense qu’il y à faite en conséquence de la permission qu’il en a obtenue en 1715 de M. de Ramezay, alors commandant général en ce pays ;

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