WEST MAIN STRERT WEBSTER, N.Y
PI
Ciences Corporation
D tree
il ne serait pas juste qu’il en fût privé.” Après cette dépêche au ministre du roi, on peut croire que le privilège de La Vérendrie ne fut pas retiré.
Les quatre fils de La Vérendrie ont dû naître à l’île Dupas, durant la période de 1713 à 1717. Ceci ressort de l’ensemble des documents que j'ai consultés. Voici quelques détails sur cette famille, qui me sont transmis par le révérerd M. Plinguet, (1) curé de l’île Dupas : ‘ Je constate la présence de la Vérandrye ici, par nos registres, dans l’orûre qui suit : 5 février 1721, il tient la place de Pierre Rigard de Cavanial comme parrain d’un enfant de Louis-Adrien Du Sablé son beau-frère ; 12 juin 1,21, il fait baptiser sa fille M-Anne ; 25 décembre 1721, il est parrain d’Antoine Puyperaux ; 13 janvier 1722, il est présent au mariage de Charlotte Brisset et d’Alexis Duteau ; 21 novembre 1723, il représénte Jean- Louis, sieur de Lacorne, comme parrain de Louise, fille de Louis DuSablé. Ensuite il ne paraît plus dans nos registres.’ M-Catherine, qui se maria en 1743, avec Jean-Baptiste Le Ber de Senneville, a dû naître en 1724; son acte de naissance n’a pas été découvert, non plus que ceux de ses frères.
La Vérendrie suppliait toujours le ministre de lui rendre son grade de lieutenanÿi et &e lui confier un emploi qu’il se croyait en état de remplir avec honneui. M. de Vaudreuil et sa femme intercédaient en sa faveur. Sur une demande que
(1) Je lui dois des remerctments, comme aussi à M. Bourbonnais, curé de Varennes, et à l’abbé Napoléon ÜUaron, des Trois-Rivières,
A près croire retiré.
aître à à 1717.
ts que r cette ec M.
nstate ristres, ient la ne parblé son sa fille n d’Anprésent xis Du- 6 Jeanrain de te il ne therine, s Le Ber acte de plus que
nistre de
Jui con- | remplir mme inhnde que
ussi à M.
Napoléon
ce gouverneur adressa à la cour, le 30 octobre 1724, pour obtenir la permission de faire passer La Vérendrie en France, le ministre écrivit:
‘ Bon?’ mais avant que d’avoir rien su de cette décision, M. de Vaudreuii mourut le 10 octobre 1725, et avec ie protecteur disparut le projet de voyage.
Quelques mois plus tard, le poste du lac Nipigon, au nord du lac Supérieur, ayant été rétabli ou renforcé, on y trouve La Vérendrie en qualité de commandant. Une carrière immense s’ouvrait devant lui sous de bien tristes aspects.
C’est à La Gabelle peut-être que La Vérendrie commença, de 1715 à 1724, à recueillir sur les peuples du Nord-Ouest les renseignements qui l’amenèrent à entreprendre ses importantes découvertes. Le bas Saint-Maurice était fréquenté par des Sauvages qui commerçaient avec ceux du lac Winnipeg et de la baie d'Hudson.
En attendant nommer les familles réputées être les plus anciennement établies au Nord- Ouest, j'y ai reconnu une foule de noms des Trois-Rivières, de la côte de Champlain et &e l’île Dupas. Dans ces endroits en effet, La Vérendrie a dû enrôler la plupart de ses ‘ voyageurs’” ses compagnons d’enfance, ou les fils de ceux qui par amitié ou par des liens de parenté tenaient à lui ou à ses proches,
Deux figures se détachent au-dessus de toutes les autres dans la galerie des personnages qui se
366 NOTES SUK LA VÉRENDRIE
présentent à nous comme les fondateurs du Canada, Sanuel de Champlain et Piernse de La Verendrye.
L’un de ces hommes extraordinaires fut le père des provinces de Québec et d’Ontario ; le second, arrivé Eur la scène un siècle plus tard, découvrit et fonda le Nord-Ouest.
L'œuvre de chacun d’eux a été définitive. Une fois leurs travaux accomplis, ils ne se sont pas couchés dans la tombe accablés sons le poids du doute et des chagrins, non! trente années de lutte avaient produit chez eux la certitude du triomphe, le succès à prochaine échéance après leur mort.
Il ne manque, aujourd’hui, à l’un et à l’autre de ces courageux athlètes qu’une colonne de granit sur la place publique.
Champlain reçut le Canada sauvage, l’explora, y fit venir des colons et et dicta comment it fallait s’y prendre pour former une nouvelle France laquelle fut si bien constituée qu’elle vécut et se développa en dépit des obstacles apportés par la mère-patrie elle-même.
La Verendrye ne trouva pas ce cadre assez vaste, il voulut le doubler—il letripla. Les anciens s'étaient arrêtés au lac Supérieur—il se mit en tête d’aller jusqu’aux bornes du monde et y parvint, laissant sur ses traces une chaîne d’établissements qui ne devaient pas périr.
Deux grandes dates s’imposent donc à notre étude : 1608, fondation de Québec ; 1731, départ de l’expédition du Nord-Ouest, il y aura cent soixante ans dans le prochain mois de juin,
Un premier Canada à l’est, était sorti des rêves de Champlain. Le second, à l’ouest, nous fut donné par La Verendrye. Le troisième, au nord, se personnifie dans le sieur des Groseillers, qui le comprit et ne fut pas compris.
De 1608 à 1750, bien des noms brillent dans l’histoire des découvertes. C’2st au point que nos ancêtres apparaissent comme autant de Livingstons et de Stanleys sur la carte de l’Amérique du nord. Il faut savoir conserver ces noms et accorder à chacr" =a part de mérite, mais que dire des deux grand:. hommes qui dominent toute cette glorieuse pléïade !
Pour les apprécier à leur valeur et marquer le rang qu’ils doivent occuper dans nos souvenirs, il suffit de les mettre en regard de ceux qui ont des droits à la haute renommée de découvreurs ou de fondateurs. C’est ce que nous allons faire en peu de mots.
Jacques Cartier (1534-1544) reconnaît ie Saint- Laurent jusqu’à Montréel et ne laisse après lui ni fonGation ni organisation stable quelconque.
Jean Nicolet (1634) pénètre jusqu’au Wisconsin et attire la traite de ces régions vers les postes du Saint-Laurent.
Chouart des Groseillers visite la baie d’Hud-
L son, provoque la fondation de la puissante com-
pagnie de ce nom (1670) et meurt sans avoir äonné à sa patrie (la France) le monopole de l4 traite des fourrures qu’il avait ambitionnée pov4 elle et que celle-ci ne savait pas utiliser.
Jolliet et Marquette descendent une parvie êu
2 Mississipi (1673) et n’y retournent us,
La Salle (1682) parcourt ce fleuve nouveau. Il s’épuise en efforts stériles pour fixer des colons sur ses bords.
Du Luth, Hennepin, Perrot s’avancent (1680) dans le pays des Sioux sars créer de &es colonies vivaces qui servent de noyaux à des provinces ou à des Etats se mantenant par leur vie propre.
Tous ensemble ils ont semé les germes de ce que nous voyons, mais aucun d’eux n’a pu se dire en mourant qu’il avait rangé à jamais sous l’étendard de la civilisation un nouveau coin de terre que la barbarie ne recouvrerait pas. Ce sont des Jacques Cartier—-des découvreurs officiels, rien de plus.
Quelle différence avec Champlain et La Verendrye ! :
Le Saintongeois trouve une assiette qui convient à un royaume. Ses plans sont dressés. Il
est assez fort pour en commencer l’exécution. Son # génie embrasse l’examen de tontes les parties du {
problême ; le sol, le climat, les Sauvages, la
traite, l'administration, rien n’échappe à sa pré- k voyance—et il calcule si juste, travaille si bien, À
que tout vient à point réaliser ses espérances. Déçu à plusieurs reprises, il reprend vigueur, et oblige en quelque sorte les évènements à lui obéir. Il rend son âme à Dieu après avoir imposé sa volonté aux hommes.
Le Trifiuvien demande que la Nouvelle-France s’étende jusqu’à la mer de l’Ouest. On a vu des miracles de patriotisme et d’activité sous Chan:plain et ses successeurs, il ne s’agit que de re:
commencer, Après avoir été les premiers dans
donc avai De s Clair d’un com; dont tance intéré et de Oui origi
eau. Il colons
olonies
ovinces propre.
s de ce à pu $e ais SOUS coin de pas. Ce ‘urs Offi-
a Veren-
qui conessés.
vages, la
pérances.
igueur, ef nts à lui avoir im-
le-France n a vu des us Chan:
que de re hiers dans
ion. Son ‘a barties du !{
à sa pré , si bien, à
l'Est et le Sud, il faut que les Canadiens devancent les autres rates dans l’Ouest. Le gouvernement protestera qu’il n’a pas d’argent, pas d’khommes, pas de projets, qu'importe! Le courage, le dévouement, le génie tiendront lieu de tout cela. Il n’est pas bon que l’Amérique du Nord reste étrangère à l’influence française ! Portons nos avant-postes au pied des Montagnes- Rocheuses, le roi sera forcé äe nous y suivre. Le gouverneur de Québec commandera un empire grand comme la Russie ; noS colons de la rivière Rouge et de la Saskatchewane se croiront toujours domiciliés dans le voisinage des Trois-Ri-
. vières. . La Verendrye traverse toutes les épret-
ves de cette situation exceptionnelle et quand il meurt le Nord-Ouest est à nous.
Un siècle après Champlain, on ouvrit les yeux sur ce qu’il avait fait, Un siècle après La Verendrye, notre Canäda élargissait politiquement ses frontières, selon les plans hardis du découvreur et fondateur du Nord-Ouest. Qu'’'étaient donc les deux hommes, enfants du travail, qui avaient préparé de la sorte les voies de l’avenir ? De simples patriotes aux vues larges, aux idées claires, joignant à ces dons du ciel les resscurces d’une énergie surhumaine. Tous deux rendirent compte au Créateur d’une carrière fructueuse dont les étapes avaient été marquées par la résistance de ministres aveugles appuyant de petits intérêts, coalisés sous l'inspiration de l’égoïsme et de l’indifférence.
Oui, tant que le Canada remontera vers ses origines, deux noms, deux grands exemples se
“oups
, L ÉD ANA 2 Lg ER LEE re +
réuniront pour lui rappeler que, à un moment suprême, il s’est trouvé des hommes doués de la faculté étrange de prévoir l’avenir et de lui préparer le terrain.
Notre fin de siècle est remarquable par la reprise de l’étude de la géographie et les travaux de découverte qui s’opèrent sur plusieurs points du globe. Toutes les ressources de la civilisation sont mises entre les mains des chercheurs de l’inconnu. Il y a gloire et profit pour ces derniers, s’ils parviennent à trouver du nouveau, c’est-à-dire combler un vide quelconque sur la carte. Cette conduite fait honneur aux hommes d’à présent, aussi combien elle est différente de celle que tenaient autrefois les ministres et le public en général, à l’égard des courageux révélateurs du continent américain ! Nous ne devons pas oublier ceux qui, avec les moyen: les plus minces, ont accompli de grandes choses, et si nous honorons leurs imitateurs plus fortunés, sachons au moins retirer de l’oubli les pauvres grands hommes à qui nous devons tant de reconnaissance.
| décou:
| Le pays
Car
çois Fra
sein abar Le laiss prise Cœur Ch appG hame rèren Re posses mes e
nal de missio France (1642)
Ia r
ment de la pré-
la revaux Joints sation rs de s deriveau, sur la >»nmes nte de , et le x révédevons es plus , et si rtunés, auUvres recon-
Le petit article qui suit a paru dans la Revue Canadienne du mois d’août 1881 : —
Au nombre des bonnes intentions du roi François Ï, il y avait celle d’établir une nouvelle France dans le nord de l’Amérique. De 1534 à 1544 il favorisa quelques tentatives dans ce dessein ; puis comme il s’en allait mourant, tout fut abandonné, ou peu s’en faut.
Les guerres de religion closes, Henri IV se laissa convaincre (1598) de l’utilité d’une entreprise en Amérique, mais sans trop la prendre à cœur.
Champlain fonda Québec (1608) et tâcha d’y apporter des forces ; ce n’était encore qu’un hameau lorsque, en 1629, les Anglais s’en eiaparèrent.
Revenu en maître, (1633) le fondateur reprit possession de la colonie, attira une centaine d’à-
mes et mourut (1635) juste un siècle après la
découverte du Saint-Laurent, laissant au cardinal de Richelieu, qui <ntrait dans ses vues, la mission de fonder décidément une nouvelle France. Lorsque le cardinal trépassa, à son tour (1642) il n’y avait pas trois cents âmes dans le ‘pays des maringouins.??
La régence d'Anne d'Autriche et le ministère
de Mazarin furent employés aux luttes de la Fronde, Le Canaïda végétait. De 1640 à 1662, les Iroquois le tinrent sous le couteau, A cette dernière date, la population blanche ne s’élevait qu’à environ deux mille quatre cents âmes.
Louis XIV réunit alors dans sa main les rênes de l’admiuistration, aidé de Colbert, son ministre. Les dix années qui suivirent frrent les seules durant lesquelles on peut dire que le gouvernement français prit au sérieux le Canada et fit des efforts soutenus pour lui donner uñe existence permanente, Dix années sur trois siècles et demi !
Vers 1675, il y avait ici près de huit mille âmes, mais en ce moment le roi changeait d’avis et ne voulait plus rien faire pour nous. Colbert persista dans l’exécution des anciens plans.
Quand il mourut (1683) nous étions dix mille âmes.
Ses successeurs ne se donnèrent pas la peine de comprendre ce qu’il avait vouiu accomplir de ce côté de l’Atlantique. Maigré cela, nous atteignîmes (1713), le chiffre de dix-huit mille âmes, grâce à notre développement naturel. Par la suite, nous ne reçumes pas plus d’une vingtaine de familles de France.
La régence du duc d’Orléans et le règne désastreux de Louis XV (1715-1760) loin de nous
aider nous poussèrent de plus en plus dans des |
embarras financiers et des guerres contre les Anglais. Le roi faisait banqueroute et ne payait pas ce qu’il nous devait. En attendant, le Canu-
dien nourrissait ses soldats et se battait pour desk
tes de la 0 à 1662, A cette s'élevait mes.
les rênes nn minisit les seue gouverada et fit une exisis siècles
uit mille ait d'avis
Colbert 18 plans.
dix mille
la peine omplir de nous atuit mille urel. Par une ving-
règne dé- 1 de nous dans des contre les
, 1e Canu- ? J b pour des
Caprices de Courtisans. C’est de cebte manière que nous arrivâmes à la Catastrophe finale (1760) époque où cessèrent entièrement nCS relations
atorze ans
plus tard, une cor-
vette française, la Capricieuse, se rendit jusqu’à La cour de Napoléon III prêta, un
instant, l'oreille aux aCClamations Qui partaient des bords du Saint-Laurent, puis l'indifférence reprit le dessus dans les esprits.
Quelques Voyageurs français nous ont visités, depuis trente à réveiller chez leurs nationaux le SOUvVenir de la Colonie per.-
peuvle abandonné au
étrangers.
La guerre franco-prussienne fit croire que Ja France SUCCom bait pour toujours, Mais celle-ci à eu assez de muscle pour se relever, et la voilà qui Cherche des arguments pour répondre Sations de décadence dont on }:
Parts. Entre autres choses, on lui dit, vous ne Savez pas coloniser. ?? : “Voyez
le Canada, l’île Maurice, et les Indes, trois belles Contrées où mes enfants ont COnServé leur Caractère français, en dépit des Obstacles, ??
Nos écrivains Se produisent à Paris ; nos hommes d'Etat les Suivent ; l’industrie et le commercs parlent haut. La plus belle Colonie de
: l'Angleterre devient tout-à-coup l’un des plus
beaux titres Cette révé.
lation du Canada à sa Mmère-patrie primitive re- À cing ou SiX ans.
On est tout Surpris, Sur les hords de la Seine, de la vitalité äe cette
poignée de Français qui tiennent ouverte une porte immense du continent américain.
I1 ne s’agit plus d’une conquête à main armée, mais bien du placement des capitaux. Nous nous rencontrons doublement avec la France :
par la voie du sang et par le besoin d’argent.
I1 faut s’entendre sur ce dernier mot. Notre population n’est pas pauvre ; elle a vécu de son propre travail pendant plus de deux siècles et elle peut continuer ainsi jusqu’à la fin des temps; mais nous sommes en Amérique, par conséquent dans le monde des industries. Ces sortes d’exploitations exigent non-senlement de l’or mais aussi des hommes experts, ce que nous ne possédons pas. Que la France nous en envoie et nous échapperons aux griffes du monopole qui est à la veille de tout accaparer chez nous.
Les ressources naturelles abondent : ‘ c’est le fond qui manque le moins.” Après avoir passé à travers les tracasseries de notre situation coloniale, nous sommes, pour ainsi dire, indépendants ; cette indépendance toutefois ne sera appréciable que le jour où nous ne serons plus à la merci des banquiers anglais. Si, au lieu de puiser uniquement chez eux, nous étions admis à la porte à côté, nos mouvements seraient plus libres et nous regarderions encore une fois la vieille France comme une mère, quoiqu'’elle ait
pratiqué à notre égard un système d’abandon qui nous à souvent inspiré de bien trisves pensées.
6 une
rmée, Nous rance :
nt.
Notre de son cles et temps; séquent »4 d’exor mAÏS e possé- > et nous est à la
c'est le bir passé on €olondépensera 4pplus à la lieu de s admis ent plus fois la ’elle ait abandon ves pen-
CANTONS DE L'EST
En 1834 Haïdimand accorda des verres dans les townships de l’Est à des familles de U. E. Loyalists mais il ne fut pas donné suite i, ce commen cement de colonisation parce que les émigrants qui venaient alors des Etats - Unis étaient en nombre insignifiant. Le successeur du général Haldihnand, sir Guy Carleton, qui était devenu lord Dorchester, fit faire des arpentages dans presque tous les cantons et imposa aux townships les noms qu’ils portent encore aujourd’hui. A cette époque les Canadiens-français 1e s’avançaient pas dans cette direction vu que le gouvernement n’y concédait pas les terres d’après notre système seigneurial.
En 1797-98 le gouverneur Prescott signala au ministre des colonies les actes de favoritisme dont le bureau des terres se rendait “oupable en donnant des concessions à des persorines qui n'étaient pas bona fide des colons. ‘je bureau des terres avait été formé en 1791 ec sa plus grande influence se recrutait dans le Conseil Législatif, Il avait pour chef monsieur Osgood que l’on disait être fils naturel de George II. En 1799 Prescott fut rappelé en Angleterre et ()sgood se demit de ses charges ce qui règla la dificulté mais n’empêcha pas le bureau des terres cle continuer ses agissements.
376 CANTONS DE L'EST
Du ‘temps du gouverneur Craig (1807-9) on ouvrit le chemin Craig qui partait des environs de la Point: Lévis pour pénétrer dans les cantons. Il a été constaté que de 1792 à 1811 trois millions d’acres de terre ont été concét@ées dans les cartons, à seulement deux cents personnes, parmi lesquelles ils s’en trouvaient, comme sir Robert Shore Milnes, gouverreur-général, qui en avaient 60,900 à lui seul. La plupart de ces terrains restaient en forêt parte que les concessionnaires voulaient les garder en attendant la hausse des prix et :es vendre ainsi avec bénéfices. Le général Sherbrooke en 1816-18 fit des eñorts pour coloniser les cantons et son nom est "esté à un village qui de nos jours est devenu une grande ville. Sir Gordon Drummond qui était administrateur de la colonie, en 1815 se plaignait comme l’avait fait Prescott de l’oligarchie du bureau des terres et il constatait que toute la région de la rivière Saint-Françoit était concédée, mais en grande partie sur le papier seulement, si bien qu’on ne pouvait plus y établir desoldats. En !818-19 le duc de Richmond étudia sérieusement les cantons de l’Est et y donna des terres à beaucoup de vétérans des armées de Wellirgton. Drummozd et Ric':mond ont laissés leurs noms à des comtés des cantons de l’Est.
Vers 1821 la population des cantons commençait à prendre de l’importance, C’est alors je crois que l’on ouvrit les deux randes routes qui vons i’une à partir de Sain.-Romuald, près de Québee, et l’autre à partir du port Saint-François, près Nicolet, jusqu’au cœur des cantons.
Le entré s’y { si bie naire de la s’em D) blée, sévère
A lequel
saire 1 pour ft; Les sq avait u rent to l’agita velles ç tricts j la régio:
Lord Cantons veloppe:
million nada et de deven core pu Romuald Son du 17 Lord Ay ments do tiné à vo,
à Les const:
Calculé de
CANTONS DE L'EST
) on Les Canadiens-français Commencèrent alors à nvi- entrer en £&Tand 1cmbre dans ces townships et à les À s'y établir SoUVent comme Simples Squatteurs, 1811 si bien que 1: bureau des terres et les Concessionaées naires de grands terrain: employèrent la force SOn- À dela loi Pour les faire déguerpir, Ta politique pme | s’empara de la question et lä Chambre d’Assemral, blée, côté de monsieur Papineau, attaqua plus > de sévèrement que jamais le bureau des terres dans con A lequel elle Se plaisait à frapper son aNCien adverlant Saire le Conseil Législatif, On fit des règlements éné- Pour taxer les terres Concédées et non occupées. des Les squatters des cantons Pari lesquels :] y est avait un certain nombre d’Anglais, se prononcèenu Æ rent tout Pour le parti Papineau et dès ce inoment
qui À l'agitation politique n’a plus cessé dans ces rouse velles Campagnes, En 1825 on détacha des disgar- tricts judiciaires de Québec et de Montréa] toute que À la région qui forme le dictrict de 8t. François
tai Lord Aylmer, Bouverneur général, visita les
pier cantons (1830) et S’appliqua résolimert à les déblir velopper, I] disait qu’il fallait placer un demi idia Million d’émi
erres du Bas-Cades & nada et qu’alors la Province aurait une Chance de de devenir anglaise, ce que l’on n’avait pas ên- SSÉ Core pu faire. Le chemin qui aboutit à Saint- Romuald était fréquenté plus que Jamais en rai. 1en- À son du nombre de colons établis à l’intérieur. s je Lord Aylmer qui enCourageait tous ces mouvequ à ments donna s
'au- Æ Les Constructerrs du bâteau pré s. calculé de telle façon qu
3178 CANTONS DE L’EST
l’océan au moyen de la vapeur et sans l’aide de la voile. Un jour on eut occasion de l’envoyer au Bic pour secourir un navire naufragé, et il donna la preuve de ses capacités maritimes, si bien que l’on s’empressa de construire à Québec le Royal William dans le dessein formel de traverser l’océan sans le secours de la voile ct en utilisant le vapeur seule, ce qui arriva. En 1830 se forma à Londres une compagnie pour la colonisation des cantons de l’Est, elle a contribué pendant de longues années à développer cette région, et c’est de son temps que les Canadiens envahirent définitivement tout ce pays. En 1834-35 l’agitation politique était vrès vive dans cette partie du pays et monsieur Papineau remporta à Stanstead, l’un de ses plus beaux succès. Les colons qui sentaient que la Chambre d’Assemblée était leur rempart contre le Conseil Législatif, le bureau des terres et ses concessionnaires et même
contre la compagnie de Londres, se prononçaient À
dans le sens patriote.
Le développement de ces cantons, depuis cinqrante ans, est trop connu pour que j’en parle,
On pères, de de richen avec €
juge B ruis pl France dû être époque, au Cap:
Mes é pas asse commen et les vi.
de dire « Rien € ces tant
: tempsun é le Père I.
veillées, (
E cette pom
d’hui, api Tant quelq
le de "er au lcnna n que Royal erser isant forma sation ndant jn, eb irent agitaie du tead, 3 qui était e bunême aient &
arge d'autant, est en Cadran de Porce!
ne, rable juge Baby me dit qu’elle es
8 Cin- >arle,
ore à SOuhait.
Rien d’étrange Comme de suivre l’heure sur ces tant vieilles aiguilles et de feuilleter en même
temps un bouquin : L’ Hiabtissement de la Foi, par le Père Ie Clereq, imprimé €n1691. Le Père Le Ciercq COnnaïSsait tout le Canada, Je me disais : ‘il a Peut-être mesuré Quelques-unes de ses veillées, chez M. de Lanaudière en regardant l cette pompeuse horloge, comme je le fais aujourd’hui, après deux siècles écuulés, et en parcou- 'ant quelques Pages de son livre. C’est dans
PE: this
ces moments-là que le démon de la poésie s’empare de nous.
L'automne de 1880, passant près des vieux édifices du Séminaire de Montréal, j’eus la fantaisie de m’arrêter en face du cadran que chacun connaît et de lui demander s’il ne serait pas par hasard contemporain de l’horloge du juge Baby. Point de réponse, comme bien vous pensez. La machine était aussi muette là-dessus qu’un cadran solaire un jour de pluie.
Mais ne voilà-t-il pas que les messieurs du Séminaire ont fait parler cette figure ridée et renfrognée ! Le cadran avait des papiers de famille et il ne le Gisait pas !
Avant 1701 le clocher du Séminaire portait une horloge, affirme un mémoire qui paraît avoir été dressé vers 1770. A cette dernière date, on en voyait les restes relégués au grenier.
M. de Belmont, supérieur de 1701 à 1732, fit venir de France l’horloge actuelle, au prix de huit cents francs, soit trois ou quatre cents piastres de notre présente monnaie.
A partir de ce moment les montres se réglèrent sur sa marche. Le militaire et le civil se conduisirent d’après ses agissements. Heure religieuse, heure officielle—tout dépendait de son balancier et elle ne s’en montraif pas plus fière.
Son premier écart de régime Se produisit en 1751, sous M. Normant, supérieur après M. de Belmont. M. Guillon, prêtre du séminaire, qui avait charge de la maintenir dans les bornes du devoir, rapporta le fait à M. Normant, maïs celui-ci se contenta de dire: ‘ Eh bien, que À
VIEILLES HORIOGES
gou état rer | cont pour plan Lo | 1789) mémo lre cuivré qu’à d roues faire f de piei 2me treen bauché étoit ay verge d balanci une esp.
Substitre lèles jus.
l'horloge Pour ec de l’épai pieds de tille ven:
louvertu bat et, ay bouche a:
2 dans le «
s’em-
vieux à fan- 1acun \S par Baby.
. Ja n Ca-
*s du ée et le fa-
ortait avoir e, on
2, fit ix de cents
èrent » CON- » relie son fière.
sit en M. de >, qui es du
mais ue 2
2 dans le Couroir.
VIEILLES HORLOGES SOUVernement s’en procur état 1” M. Guillon Prit la résolution de la r
rer lui-rnême. Il fit ébauche Contre de quinze dents ??
e une qui soit en bon
épar ‘‘une roue de renj toutefois, étant reparti
es choses restèrent en Plan.
1789) le projet mémoire Suivan
‘88 grains de n’y en ayant t; repasser toutes jes SanS pouvoir les dégauchir :
S en plomb à 1a Place de ceux
Cuivre aux rouages des 2 Sonneries qu’à celui du Mmouvemer ToueS Sur le tour,
faire faire des poid de pierre.
2me Réparation. Ch
anger la roue de rencontre en achevant celle «4
e15dentsquin ’étoit qu’ébauchée et la mettre
à la plac de celle qui y étoit ayant 29 dents ; en même temps ngue d’?
"16 Qui pesoit 2 ou 3 livres en Substitrer une de 80 livres e lèles jusqu
à ce qu’on ait trou l'horloge,
ère opération il à fallu démolir mur de refente plus de neuf
a8 ; l’horloge MarChant, la lentille venant toucher le
rture, on la bouche avec
3e Réparation plus importante, plus difiicile et plus longue.— Ajouter à l’horloge une éguille des minutes ; il a falu élever un échafaud vis-à-vis le cadran.
On a commencé par retracer le cadran, fait deux éguilles qui subsistent encore sans avoir été dérangées, une verge d’environ 2 lignes de diamètre pour l’éguille des minutes ef un tuyau de fer blanc pour l’éguille des heures dans lequel devoit tourner la verge des minutes.
Cette verge s'étant trouvée trop foible, l’éguille par sa pesanteur la foisant tordre se trouvoit tantôt en avant tantôt en arrière d’un demi quart d'heure ; le tuyau ou le canon dans lequel cellecy tournoit ne pouvoit pas non plus conduire régulièrement l’éguille des heures à cause des inégalités par les soudures, etc.
L'on se servit de la verge qui seule marquoit les heures, elle avait à peu près 6 lignes de diat muettre et 10 pieds de longueur ; on la dresse, on l’arondit autant possible, puis on la tourne dans les quatre endroits seulement par ou elle doit être soutenue pour tourner par 4 viroles de cuivre aussy tournées et arrêtées au canon ou tuyau de cuivre que l’on à fait au lieu de celui de ferblanc, par trois petites vis en dehors à chacune ; de sorte que la verge tourne dans le canon et le canon luy-même sur trois ou quatre apuis, ce qui n’a pas encore jamais manqué; il a falu 4 petites roues ou étoiles et une verge mince dans le corps de l’horloge pour communiquer le mouvement relatif.
Pour faciliter la sonnerie des timbres, on perce
la ca de fe quoi.
ouve d'env l’un a vertu:
même Par binet 1 et qui des m:
équerre qu’au ] étoient en avoi qu’en re les fils é raisonne L’horl Petit mo Porte dar bouche 1?
qu’on ap} be Répa
Due surcha
le Supérie et l’agré m SOnner co
On à fait f; nerie sem même tem voit, jusq
la couverture en 3 endroits, on y met trois tuyaux de ferblanc aux 3 ouvertures qui y sont encore quoiqu’ils ne servent plus ; l’on fait de plus une ouverture au plancher du cabinet de l’horloge d'environ 2 pieds en quarré ; 2 cadres de fer, l’un audessus, l’autre audessous autour de l’ouverture avec des vis qui saissent les 2 cercles en même tems qu’ils consolident le plancher ;
Par cette ouverture l’on met en dedans du cabinet la roue qui fait tourner l’éguille des heures et qui doit aussi contribuer à faire tourner celle âdes minutes ainsi que les trois poteaux des équerres qui étaient aussy audessus ; de sorte qu’au lieu de doubles équerres comme elles étoient et qu’elles sont encore maintenant, il n’y en avoit plus qu’une espèce ; l’on s’imaginoit qu’en repliant en haut la queue des marteaux, les fils étant plus directs aux équerres feroient raisonner les timbres plus fort.
L’horloge en mouvement, la lantille touche le petit morceau de mur à côté de l’ouverture de porte dans le mur de refente, on l’abbat et on bouche l’ouverture avec un morceau de planche qu’on apperçoit dans le couroir.
be Réparation qui est plutôt une augmentation et
une surcharge à l’horloge.—Pour procurer à Mons.
le Supérieur le même avantage, la même facilité et l’agrément de voir les heures et les entendre : sonner comme si on étoit au dehors. Pour cela on à fait faire un cadran, établi une petite sonnerie semblable à celle d’en haut et qui agit en même tems, ce qui c’est conservé tel qu’on le voit, jusqu’à présent ; Mons. Montgolfier, Su-
384 VIFEILLES HORLOGES
périeur n’y a pas peu contribué, ainsy qu'aux minutes de la grande horloge. Le cadran a été gravé par Paul LaBrosse, doré par les Sœurs de la Congrégation, les éguilles par Liéber et dorées par les Sœurs.
La communication du mouvement des éguilles prend son principe dans les rouages du grand horloge par le moyen de deux verges, une courte qui est brisée et tourne obliquement, communique à une autre beaucoup plus longue qui tourne perpendiculairement jusqu'aux éguilles du cadren en bas, par le moyen de 6 roues ou étoiles ; les fils de la sonnerie d’en bas sont attachés aux bascules des branches de la sonnerie d’en haut.”
Il y à bien cent ans de cela et plus. Aussitôt réparée, l'horloge redevint populaire. Elle jouit de nouveau du privilège de sonner l’heure offcielle. Quelques Anglais s’en montraient vexés. Pensez äonc :
il fallait chaque jour, prendre le temps légal Et régler tous ses pas au cadran clérical!
C’était un sujet de commentaires fort graves. Enfin l’instinct de la concurrence prit le dessus. On éleva cadran contre cadran. Sur la rue Notre-Dame, tout proche du Séminaire, était la cathédrale protestante, Les Anglais y ajustèrent un cadran qui se voyait de loin—mais il ne marquait pas, Qu'importe ! l’honneur du parti était sauf,
La cathédrale en question étant venue à brûler, le Séminaire continua de faire remonter les
poids de son horloge à lui, à mesure qu’ils des- 1
cendaient—et la ville dinait en toute confiance,
aux
été s de rées
illes rand Jurte uni- Jurne u Ca oiles ; g AUX aut.?
1s8itôt e jouit re offivexés.
égal
ra ves.
essus.
ue No- & la Castèrent e MmAI-
iance.
ti était
à brûiter les] ils des-
VIBILLES HORLOGES 385
Les personnes qui s'étaient contentées d’un cadran paralytique, se remirent à faire les gros yeux à celui de M. de Belmont, mais la brave horloge ne perdit pas la tête et servit mieux que jamais ses paroissiens. Ce n’est point une machine nerveuse. On ne détraque pas certaines organisations rien qu’en les regardant de travers.
En 1881 on a jugé à propos de refaire la toilette de la digne centenaire, et la voilà fraîche t pimpante comme aux jours a2 M. . de Belmont et Montgolfier. Les vieux habitauts de Montréal ne parlent jamais sans une sorte de fierté du ‘‘ cardran du Séminaire !”” car ils savent que c’est un souvenir dn temps passé et le roi des ‘‘ cardrans ?? du Canada autrefois.
Je ne connais ni Paul La Brosse ni Liéber dont il est fait mention dans le mémoire ci-dessus, cependant il est certain que l’industrie de l’horloger n’a pas été lettre morte chez nous jusqu’à 1818, comme le prétend un journal d’hier.
Le savant Kalm, passant à Montréal en 1749, y vit un Canadien qui fabriquait d'excellentes horloges et de bonnes montres, bien que, ajoute-t-il, il n’eut reçu que peu d’éducation. Il ne nous dit pas le nom de cet homme. Consultez Le Spectateur, publié à Montréal, numéro du 16 septembre 1813, vous y trouvez des renseignements sur un nommé Dubois, menuisier de son premier métier, qui résidait à Montréal avant 1760 et dont l’habileté en matière d’horlogerie était devenue proverbiale. Ce doit être l’artisan visité
E par Kalm, lequel, en sa qualité de savant, ne pou- | vait probablement pas écrire les noms français,
Les premières horloges construites d’après un système qui ressemble à celui d’à présent, ne datent que du milieu du XVIe siècle. Sous Louis XIV, c’est-à-dire cent ans après, on perfectionna certaines pièces du mécanisme. L’échappement à roue de rencontre était le seul en usage, malgré ses défectuosités, L’horloge de M. de Belmont était nécessairement de cet ordre. L’échappement à cylindre ne date que de 1740, je crois, mais le XVIIIe siècle nous a donné en sus l’échappement à détente, à ressort, à ancre, à repos, à chevilles, à virgules et plusieurs autres, sans compter le fameux duplex.
Le Canada ne possédait ni horlogers ni grandes fabriques, comme les villes de France, mais nous savons de bonne source que, dès l’origine de la colonie, nos pères se sont montrés très iuventifs et qu’ils excellaient dans les ouvrages de mécanique. L’uu des écrivains qui en ont parlé, Charlevoix, disait, en 1720, qué ces talents attestaient de la possibilité d’ouvrir aux Canadieas la carrière des lettres et des sciences, contrairement à ce que l’on avait soutenu jusque là. Singulière destinée que la nôtre : les Français et les Anglais commencent toujours par déclarer que nous ne serons jamais :ptes à tel ou tel art, ou à telle ou telie classe d’entreprises, puis advenant l’occasion de faire nos preuves, nous nous en tirons parfaitement-—alors les fortes têtes se reprennent à proclamer qu’ilnous reste bien des choses à faire et que, cette fois, nous avons vidé notre sac et que nous ne ferons plus rien qui yaille...
En sées, n’ac] des } veme sans :
pigno sur la ou de de bo:
En br
Que primit Dub premie estrop de tou:
ne 86 1.
Les œu Ce n’ét ‘du bc brité, q prestig d’appre Unen était ap rêtaient leviers € ne Source j'y verra | tait com:
fut pas a couverel.
VIBILLES HORLOGES 387
En dépit des compagnies de commerce favorisées, sous Louis XIV et Louis XV, les Canadiens n’achetaient pas toutes leurs horloges des mains des Français. C'était le bon temps des ‘{ mouvements faits au couteau ”” et qui ‘‘ marchaient sans rév'ique ?’—bois dur pour les roues et les pignons, lame de feuillard tordus, corde de boyau sur la fusée, aiguilles de tôle, cadran de carton ou de gros papier—le tout placé dans une boîte de bois, enjolivée selon la bourse de l’acheteur. En bref : pas somptueux mais bon.
Quelques-uns dépassèrent de beauco. pce mode primitif,
Dubois, par exemple, se révéla maître dès les premiers jours où on lui muntra une pendule estropiée. Bientôt ce fut lui qui régla l’allure de tous les chronomètres de la ville. Montréal ne se levait et ne se couchait que sous sa dictée. Les œufs à la coque attendaient ses instructions. Ce n’était pas tout-à-fait un artiste, mais c'était ‘ du bois ”’ pour en faire. En attendant la célébrité, qui ne vint pas, il avait la notoriété et ce prestige de l’homme à succès qui n’a pas subi d’apprentissage.
Une montre française se dérangeait-elle, Dubois était appelé. Très-souvent ses yeux éblouis s’arrêtaient sur des co: 1binaisons d’engrenages, de leviers et de détertes qui le faisaient rêver. Il ne sourcillait pas. ‘ Donnez-moi cela, disait-il, j'y verrai.” Il étudiait le chef-d'œuvre et le trai- | tait comme son propre ouvrage. Bientôt, ce ne fut pas assez pour lui de remettre en place des couvercles, de remplacer une vis moins prime,
canne à ae ee eme MAS
de rattacher une chaîne au tambour, il voulut construire, créer à sa façon—ct il le fit. Son atelier était couru par tout le district de Montréal. La facilité avec laquelle les ‘‘ moulins à battre ?? les paratonnerres et les machines à coudre se sont répandus de nos jours n’est pas plus surprenante que ne le fut le goût soudain de nos compatriotes pour les horloges de Dubois.
C’était une nouvelle forme de luxe pénétrant au foyer de famille. Autrefois, faute de pouvoir acheter les coûteuses horloges de France, la ménagère: se contentait d’épier la marche du soleil sur de petites entailles pratiquées aux barreaux de la fenêtre. Tout changea brusquement. Après avoir confié au coq, pendant nombre d’années, le soin d’avertir les dormeurs attardés, on voulut se procurer un avertisseur qui marchât toute la belle journée. L’horloge devait alors remplacer le coq traditionnel. Matin, midi et soir on tomba dans la manie de la précision. Le tic-tac de la pendule fit partie du bonheur domestique. La vie se découpa par tranches égales. Chacun savait désormais combien de temps durait vne pipée de tabac, L’aurore n’en fut pas plus matinal.
Les outils manquaient à Dubois. Scies, poin-
çons, vrilles, tenailles, emporte-pièces, tout était |
à faire—disons mieux, à imaginer, Ce qu’il r’avait jamais vu, il le devinait et ce que personne ne connaissait il l’inventait. On rapporte de lui qu’il n’hésitait jamais en rien. Plus un probléme était épineux, moins il en avait peur, C’est aiusi qu’il améliora des pièces et en imagina d’autres
Dmcers root États er
, il voulut x, Son ate- Montréal.
à battre ??
coudre se S plus surle nos com-
pénétrant de pouvuir nce, la mée du soleil x barreaux ent. Après l’années, le on voulut ât toute la remplacer ir on tomba c-tac de la tique. La s, Chacun durait une pas plus
Scies, poin- 3; tout était | e qu’il n’a- Le personne porte de lui n problème
C’est aiusi na d’autres
Les horloges On lui posait un” article concluant.
qui succéd belles horl 1754) Spécialement celles réveils-matin, des cari les quarts d'heure et de petits airs. Pas encore trop truisit d’après e boré qui attira to e6 qui mit le SCeau à Mourut, vers 1790, Du
VIRILLES HORLOGER qui firent lPadmirat:
manqué un plus gra ren0mmée durable,
Sa dernière lutte homme de génie :
on des Conn&isseurs. Il lui a
nd théâtre Pour atte ndre à la
» Paraît-il, fut celle de tout
Sier lui aussi de
Mmeurait à Montréal.
les proûuits du talent de Dubois ;i
Pareïllement je suis horloger. ” Une affaire de trois Minutes,
Surtout Progressi faut lorsque 1’ Profitant des
Pondaïit par un Un jour, 2£. Brassier (le même a à M. Montgolfier) lui décrivait les 0868 qu’il avait vues en Europe (avant qui renfermaient des illons indiquant les heures, SOnnant des fantaisies ou Champagne PensSa que ce n’était fort pour an Canadien. Il conseite idée un Mécanisme très-éla.
ut Montréal dans sa boutique, Sa réputation. Lorsqu'il bois l’avait probablement nnées dans la tombe, Panthéon Canadien, s’ex-
question, il ré
“eo
prime comme suit : “ Duboïs et Champagne furent d’habiles horlogers canadiens, le premier sous la domination française et le second sous la domination anglaise. Dubois avait acquis une éducation élémentaire. Il fut obligé de faire luimême tous les ontils dont il seservait, ou de les inventer pour «insi dire. Il fiv de fort bonnes horloges et d’un assez bon goût. Champagne en laissa une qui, à chaque heure, faisait entendre un air au moyen de timbres de grandeurs différentes. On remarque avec justice dans la Bibliothèque Canadienne que, quoique ce soit chose commune en Europe, il y avait un effort de génie à faire pour exécuter une pareille pièce de mécanisme dans un pays où il y avait peu ou pointde modèles. Ces faits étaient d’autant plus glorieux, et à l’appui du témoignage de l’intendant Hocquart qui accorde aux Canad ens le génie des arts, que Condorcet, dans la vie de Voltaire, ne place que sous l’an 1756 l’extension de l’horlogerie même en Europe. Un horloger de la rivière Chambly,Doraÿ, a assez bien introduit, dans une de ses horloges, le lever et le coucher du soleil et de la lune.??
Il fixa’t sur un disque, et d’une main légère, Des routes du soleil la trace passagère.
L’horlogerie en Canada, il y a cent ans, devait ressembler à celle qui se pratique dans la Forêt: Noire et dans plusieurs contrées de la Suisse.
Doray travaillait des pièces de luxe sur les
quelles
Descendue à sa voix des célestes demeures Roulait avec éclat la famille des Heures,
dans dun .
“A 1 V ir 117 oix
à pr fini « dern loger servi tribu Lor loges de Mo s’en p Cham; ves n’€ eut rec peu ‘:
Dvigh:
Etats-T eaux, Cadran Porteur dans le; nommé goce à M que M. }
funier
s la une Jui-
> les nnes 1e en ndre difféziblio- > COMnie à mécaint de rieux, s Hocie des re, ne orloge-
rivière
ns une pleil et
devait
Forêt:
ur lei
VIRILLES HORLOGES 391
Il ne fit pas fortune et ne laissa pas même une renommée, sauf ce que M. Bibaud a dit sur son sujet.
Après avoir charmé Montreal et Chambly Ce travailleur adroit est tombé dans l’oubli.
Une réflexion que je fais peut-être trop tard, à propos de l’horloge du juge Baby, c’est que le fini de cette pièce me porte à lu croire du siècle dernier, au lieu du temps de Louis XIV où l’horlogerie était encore assez primitive. ile a pu servir de modèle aux ouvriers du Canada et contribuer à relever le goût de ceux-ci.
Lorsque notre siècle apparut, l’usage des horloges canadiennes était général dans le district de Montréal. Les jeures ménages ne pouvaient s’en passer, mais la tradition de Dubois et de Champagne n’existait plus, ou du moins les élèves n’étaient pas de la trempe des maîtres. On eut recours à un procédé assez ingénieux quoique peu ‘‘national.”’ Deux associés MM. Twiss et Dvwighi, de la Côte des Neiges, achetaient aux Etats-Unis ou ailleurs, des mécanismes par moreaux, ils les montaient, leur appliquaiert un cadran et les couvraient d’une boîte. Des colporteurs répandaient ces ‘‘ horloges de Montréal”? dans les campagnes. Plus tard, vers 1818, un nommé Cheney ou Chéné {1) exerça le même négoce à Montréal. C’est de 1815 à 1830, je crois, que M. H. Bellerose, construisit les nombreuses
ee
(1) Voir The Antiquarian, janvier et juillet 1880, p, ? ,
horloges qui se voient encore partout, de Québec à Montréal, et qui pourraient durer éternellement si la vanité ne se mêlait de les remplacer, # Elles sont faites de toutes pièces avec des maté- À riaux canadiens. Le fils de M. Bellerose est au- À
D jourd’hui sénsteur et grand avocat des manufacdl. tures nationales.
Ces deux derniers mots peuvent me faire soup- A, çonner d’arrière-pensée politique. Ceserait bien des à tort, car, si cela était, mon but se trouverait prés manqué :— imp
En passant près du séminaire, nai
s t ait Devant le cadran centenaire ditéc Qui marque aussi bien qu’autrefois. té J’ai voulu remettre en mémoire leux Trois noms qui sont faits pour l’Histoire : verai De Belmont, Champagne et Dubois. des c
nable
Vot
Viger
l’âge «
naires
beauc
PIRATES porter ‘ siné d fut qu:
excent centen blic, et naux & leurs 1 Mais C’est ce
cer.
até-
aufac
Ju pbien > rait
Quand les journalistes auront-ils fini de créer des centenaires! Chaque semaine ils nous en présentent un ou deux, et du mom ut que ‘ c’est imprimé ?’ le public est comme obligé d’y croire. Journalistes, mes frères, si quelqu’un se donnait la peine de vérifier tout ce que vous nous dites sur ce sujet, votre échafaudage de merveilleux tomberait du coup et, bientôt, on ne trouverait plus versonne pour croire à l’existence des centenaires—ce aui serait à peu près r'aisonnable.
Vous souvient-il d’avoir lu ce que M. Jacques Viger écrivit, il y a cinquante ans, afin d’établir l’âge exact de deux vieillards prétendus cente- ‘4 naires et qui ne l’étaient pas, il s’en fallait de beaucoup ! L'article fit presque scandale : oser porter la main sur des centenaires ! On a assassiné des gens pour moins que cela, M. Viger en fut quitte à meilleur marché; il passa pour un excentrique. Tout le monde avait foi dans les centenaires ; la presse se rangea du côté du public, et, depuis lors, comme auparavant, les journaux servent régulièrement des macrobites à leurs lecteurs.
Mais la science ne recule pas devant l’opinion. C’est ce qui est arrivé à M, J, C. Taché, Dans le
cours des longs travaux de statistiques auxquels il s’est livré, et avec l’aide des notes recueiliies par M. l’abbé Tanguay, il a dressé une liste de 421 noms de personnes réputées centenaires.
Sur ce nombre, 339 ont dûs être mis complètement de côté, faute de preuves ayant l’apparance de la vérité. Restaient 82 cas, tous Canadiensfrançais, qui ont été l’objet d’enquêtes soignées.
Grâces à nos archives françaises—les plus complètes en ce genre qui existent peut-être au monde-—il a été possible de se rendre compte de tous les faits et de baser une décision incontestable sur chacun de ces 82 cas. Kh bien! l’on n’a trouvé que neuf personnes ayant réellement atteint l’âge de cent ans, et encore, elles ne vivent pas aujourd’hui, mais appartiennent à l’ensemole de la période entière de l’histoire du Canada. Leurs dates de naissance sont : 1689, 1:01, 1738, 1741, 1742, 1752, 1759, 1768, 1774.
Il y en à quatre du district de Québec, trois du district des Trois-Rivières et deux du district de Montréal. Sur ce nombre, trois sont décédés à cent ans, un à cent un ans, un à Cent deux ans, deux à ceni trois ans, un à cent neuf ans, un à cent treize ans.
Ce dernier se nommait Pierre Joubert cordonnier, né à Charlesbourz, le 15 juillet 1701, il mourut à Québec le 16 novembre 1814, âgé par conséquent &e 113 “n8, & mois et un jour.
Les huit autres sont représentés par quatre hommes, trois femmes de race blanche et une sauvagesse.
L'écart entre l’âge allégué par les 82 person-
nes éto a ving vrequi 1 Il:
à Sai Pier Koch tous il s’es sujet Dodie cause sait p:
au mo 112 co:
dans s.
dansa l’île d’ —C8 q mourir Des :
se donn Comn existen.
le mond Le ea aux Et: aSSvre-t.
de la pr
nes ci-dessus et leur âge véritable est parfois étonnant. Plusieurs se trompaient de dix, quinze, vingt et vingt-cinq ans! Ainsi, Martin Lefebvre-Boulanger, de Saint-Michel de Bellechasse, qui réclamait 106 ans, se trouve n’en avoir que 81. Marie-Angélique Gougé, morte à Québec en 1848, n’avait que 79 ans : on la disait centenaire.
Il'en est de même de François Forgues, inhumé à Sainte-Rose, et qu’il faut ramener de 120 à 90. Pierre Descombes, instituteur, décédé à Saint- Roch de Québec en 1858, à l’âge de 112 ans selon tous les journaux, n’en avait que 81. Eu 1878, il s’est fait dans la presse beaucoup de bruit au sujet du bonhomme Doyer (le véritable nom est Dodier) qui vivait de la sympathie du publie, à cause de ses 104 ans, et qui, en sommes, ne dépassait pas 86. Adélaïde Quertier, décédé à Ottawa, au mois d’août 1874, était âgée de 84, non pas de 112 comme on le prétendait. M. de Gäspé raconte dans ses Mémoires que, vers 1792, le duc de Kent dansa un menuet avec Françoise Lecompte, de l’île d’Orléans, qui portait un siècle sur fa tête —Ce qui n’empêcha pas cette brave femme de mourir quelques mois après... à l’âge de 94 ans.
Des 82 vieillards dont je parle, deux seulement se donnaient l’âge qu’ils avaient.
Comment croire ce qu’on nous dit touchant des existences humaines de 150 et 175 ans et que tout le monde accepte sans souiever le moindre doute !
Le cas de Jacques Fournier, Canadien mort aux Etats-Unis sous le poids de 134 années, assure-t-on, à fait le tour de ji’ Amérique à l’aide de la presse ; il attire en ce moment Ja curiosité
des Européens ; la foule veut absolument que ce soit ‘‘arrivé ?’ mais pas de danger que l’on s’avise de venir au Canada chercker des nreuves !
Il doit en être ainsi du fameux Jenkins et du célèbre Parr, que l’on cite à tout propos, sans jamais publier de documents sur leur compte.
Les macrobites, c’est-à-dire ceux qui ont dépassé le terme ordinaire de la vie, paraissent avoir été nombreux, surtout dans la plus haute antiquité. Sije parlais de Mathusalem on me crierait de commencer au déluge. Bornons-nous à dire que, depuis l’ère chrétienne, ces âges extraordinaires ne sont plus mentionnés — mais aussi l’histoire des temps nouveaux est bien moins embrouillée ! Cela explique peut-être la disparition de ces phénomènes de longévité.
Règle générale, quand un homme se met à dire qu’il a cent ans, on l’examine un tantinet et l’on s’en va disant : ‘ Ce doit être la vérité, car il a l’air bien vieux!” Cette preuve indiscutable est acceptée à la ronde. Bientôt le bonhomme, pour qui chaque saison pèse le poids d’une année, avoue avoir 104 ou 106 ans ; chacun s’empresse de toper—sauf quelqu':3 enthousiastes qui, du coup, montent à 110 ou 112 — toujours ‘‘ parce qu’il « l’air bien vieux.??
J'ai vu une scène de ce genre dans une tournée officielle. Un milicien de 1812-15 se présenta accompagné de son père. C'était en 1875.
—L'un de vous deux n’a pas servi, j’en suis certain, leur dis-je.
—En 1812, répordit le fils, mon père était déjà
sait...
: Ne
F gares e
5 que Le l’on preu-
et du J, SANS pte.
nt déaissent y haute
on me ps-nous ges eX-
— mais st bien t-être la vrité.
et à dire t et l’on ear il à seutable homme, eannée, m presse qui, du ‘ parce
ne tour-
ge prébn 1875.
’en suis
LES OENTENAIRES 397
trop âgé pour porter les armes. Il a maintenant 115 ans sonnés, tel que vous le voyez.
Nombre de personnes du même village assistaient à l’entrevue et tous opinaiïent du bonnet aux paroles du fils et du père, m’assurant qu’il n’y avait point d’erreur possible, puisque ces deux hommes étaient connus, depuis plus d’un demi-siècle, dé ia paroisse entière. Piqué au jeu, j'interrogeai ‘‘ tout le monde et son père.”? Voici le verdict qui fut rendu à l’unanimité: Le père, né en 1781, s’était marié à quinze ans (1796); le fils était né en 1:47 et son enrôlement datait de 1814, alors qu’il était âgé de 17 ans. Durant la guerre de 1812-15, les hommes mariés ne furent appelés sous les armes qu’au commandement général et ne sortirent point de leurs paroisses ; de cette manière le père n’avait point servi, bien qu’il dépassât à peine trente ans. En 1875 leur âge était comme suit: le père 94, le fils 79. Mais ‘€ ils paraïssaient bieu vieux, tout de même ! ??
Le drôle de figure que celle d’un centenaire ramené à quatre-viugt-dix ans ! Il s’iraagine qu’en le vole.
On ne peut rajeunir impunément queles jolies femmes.
Si mon grand-père n’était pas mort, disait un
| Irlandais, il aurait aujourd’hui cent quarante
ans. À propos, les Irlandais ont sur nous le
A double avantage d’être tous centenaires et de ne
le prouver jamais. Ils pratiquent cela d’instinct. Lorsqu'un Irlandais parle de son grand âge on
ait déjà
A sait... à quoi s’en tenaire.
Ne prenons donc pas pour argent comptant
tout ce que l’on nous raconte. Il à existé, il est possible, des êtres humains dont la vie s’est prolongée audelà de la limite ordinaire, mais ce sont des cas si extrêmemeut rares qu’ils est inutile de s’en occuper.
Un écrivain a dit, après avoir étudié ces matières: ‘Les exemples les plus extraordinaires de iongévité se trouvent parmi les classes d’hommes qui mènent une vie simple et conforme aux vœux de la nature, en travaillant de leur mains et en plein air, tels que les fermiers, les jardiniers, les chasseurs, les soldats et les matelots.??
Une cause fréquente de mécomptes dans les recherches que l’on fait pour constater l’âge des personnes provient de certificats ne s’appliquant pas aux porteurs. Le nom de baptême d’un enfant décédé est fréquemment transmis à un nouveau-né. Plus tard, celui-ci se provure ce qu’il croit être le certificat de sa propre naïssance, tandis que, en réalité, il n’a que celui de sou frère.
Pour identifier la personne qui réclame un rang de longévité, il faut obtenir tous les actes de sa famille durant une certaine période, à savoir : mariage du père, naissance, mariage et sépulture de chacun de ses enfants. C’est de cette façon que MM. Taché et Tanguay ont procédé.
Plus de mille actes ont été dépouillés au sujet des quatre-vingt-deux vieillards ci-dessus.
En de certains cas l’identité de la personne est très difficile à établir. Citons le fait suivant: Joseph Gagnnn épouse Louise Lemire en 1775;
leur 1 secon troisi lui (j préser lesien tout le . €b qu autre , Lemire Joseph en 1785 geant n SOn pari sont les Par con:
la famil ”, il est né 1880, au Et lors:
de Jacqu le non («€ Concerna Chacun « trefois.
La prer de ma pa; mon âge a mandé à n Mar épon.
ans avant 8ns, je po:
tenb ans,
st leur fils Joseph, né en 1776, décéde en 1780 ; un 0- second Joseph, né en 1782, décéde en 1790 ; un nt troisième Joseph vient au monde en 1792, et c’est de lui (je le croyais tout d’abord) qui en 1880 me présente l’acte de naissance de 1776 comme étant ces lesien. Pour lui prouver son erreur, je feuillette di- tout les régistres de sa paroisse, de 1775 à 1800, ses . et qu'est-ce que je vois! Il y a eu en 1777 un on- autre Joseph Gagnon marié à une autre Louise ; de Lemire, et ils ont eu en 1780 un fils du nom de ers, Joseph, décédé en 1782, puis un second Joseph les en 1785. Qu'est devenu ce dernier ? En interrogeant mon prétendn centenaire je m’aperçois que les son parrain etsa marraine dont il me dit les noms, des sont les parrain et marraine du Joseph de 1785— dant par conséquent mon vieillard n’appartient pas à d’un la famille dont il m’a fait lire les papiers. Alors, un 7, il est né en 1785 et il se trouve âgé de 95 ans en
e ce à 1880, au lieu de 104 ans qu’il réclame. nais- Et lorsque le prétendu centenaire porte le nom ; de & de Jacques, sans se douter qu’il à été baptisé scus le nom d’Alfred ? Il faut relever tous les actes un E concernant la famille, pour faire le compte de Actes & chacun des individus qui la composaient au-
e, à à trefois.
Le et La première fois que j’ai consulté les régistres
de ma paroisse natale, j’ai été surpris d’y voir mon âge allongé de six ans, et j’ai bien vite demandé à ma mère ce que cela voulait dire, Elle m'a répondu : ‘le premier Benjamin est né six ans avant toi et n’a vécu que deux ans.” A 94 ans, je pourrai donc produire un certificat de cent ans, qui sera celui de mon frère, Voilà
l’histoire de presque tous ies centenaires qui fourmillent dans les journaux.
Trois citations bien connues, mais pas assez méditées trouvent naturellement leur place à la fin du présent article :
L’Ecclésiaste : ‘ Le nombre des jours de l’hom-
me est de cent ans au plus.’’
Psaume de David : ‘‘ Le nombre de nos années ,
est de soixante-dix à quatre-vingt pour les plus robustes ; puis le fil de nos jours est coupé en un clîn d’œil, et nous ne sommes pius.??
Jacques Viger : ‘ Par tout pays, ne va pas à cent ans qui veuc.’?
Au seph (juin 1 Canad:
eurent 1807-18 laquell, J’ai été teurs U]
j'ai recx s’agit p:
Ezéchie] Soulever l’émanei ce seul f taires du Tout le sion du I arriver d Anglais « velle colo Aaron H:
mentionn M. Har!
Haardt, d
Au cours de l’article remarquable que M. Joseph Tassé a publié dans la Revue Canadienne (juin 1870) sur les droits politiques des Juifs en Canada, il est souvent parlé des élections qui eurent lieu aux Trois-Rivières durant les années 1807-1809, et surtout de la famille Hart, contre laquelle il se munifesta alors tant d’animosités. J’ai été tenté de mettre sous les yeux des lecteurs un certain nombre Ge renseignements que j'ai recueillis sur ces mêmes événements. Il ne s’agit pas d’une grande famille historique, mais Ezéchiel Hart ayant eu la singulière destinée de soulever autour de sa personne le débat relatif à l'émancipation politique des Juifs, il entre par ce seul fait dans le groupe des figures parlementaires du Canada au commencement de ce siècle.
Tout le monde sait que, aussitôt après la cession du pays à l’Angleterre (février 1763) on vit arriver des marchands et quelques commis, tous Anglais qui comptaient s'enrichir dans la nouvelle colonie britannique. Avant eux était arrivé Aaron Hart, père äu député des Trois-Rivières mentionné ci-dessus.
M. Hart était né en 1724, de parents juifs, en Allemagne, dans le voisinage des montagnes du Haardt, dont il porta le nom jusqu’à son passage
Fe eee De rmaneee
en Angleterte, où il adopta l’ortographe de Hart plus conforme à la prononciation anglaise. C’est à Londres qu’il épousa mademoiselle Dorothée
Judah, dont la famille vint s'établir aux Trois- Rivières et de là se répandit en Canada,
La devise de la famille Hart est: Schnell, Fusson und Frey, ou : Vif, gracieux et libre (les armes portent un cerf lancé à la course) ce qui Caractésire assez bien les allures entraînantes et mouvementées des descendants d’Aaron et Ezéchiel Hart. Ces armes ont été portées en Allemagne par de nombreuses familles ; elles ont été copiée durant notre siècle en Allemagne par Aaron Philip Hart qui mourut avocat à Montréal en
Aaron débarqua en ce pays en 1759 ou 1760 et s'établit aux Trois-Rivières, dont son ami personnel, le général Haldimand, aussi d’origine allemande, était gouverneur. La tradition veut qu’il ait été le premier habitaut parlant la langue anglaise qui fixa sa résidence en cette ville après la prise de Québec, ce qui semble assez exact.
Vers le même temps, une autre branche de la famille Hertz ou Hart traversa l’Atlantique et s'arrêta à New-York ; d’elle est sorti, notamment, l’honoral :: Emmanuel B. Hart, directeur de la poste de :ew-York, membre du Congrès et maintenant decédé, si je ne me trompe.
Soit par l’entremise de Haldimand ou de Murray, Aaron Hart fut nommé trésorier des troupes qui occupaient les forts du haut Saint-Laurent tel que Frontenac (Kingston) etc., mais il fit des Trois-Rivières le centre de ses occupations,
oran tienne cent ANR SRN DE D ne euro dut à gr RAR FRERE ET EENR CUS ;
DEAN AD NES PONS PARA ARE OR FERRIERE à 59 DEEE À RE 00 on PE LS SF PRE RTS BARONE cn
Pas.
tecte dont posit Fran noble ragen nous pour 1 fondér compt faisait affaires donc o rience f du gou négoce pendant La vil peu près au plus, rendre a, La tra; à juste di qui avait importan:
réussit bi ressant, p
dises, les :
nier Maga aux Troisà la tête ,
JUIFS gr CHRÉTIENS
Les chances de faire fortune ne Jui Manquèrent
C’est Pas. Aussi, Profitant de l’induence de ses proothée tectenrs et mettant en jeu l’activité intelligente rois- dont il était doué, ñe tarda-t.i] Pas à se créer une
Position aVantagense. Nos relations avec la Fus- France étaient "OMpues, le commerce comme la rmes noblesse françai amer, le décou- FA C- lâagement régnait dans le Peuple ; seul le clergé sa NOUS restait fidèle et prêt à tenter l’impossible hiel Pour nous tirer de l’abîme Où nous étions si progne fondément plongés, TI] n'existait Presqu’aucun piée Comptoir entre nos iron p
étions peu versés dans les Len affaires de Commerce en général. Le Champ était donc ouvert aux Anglais, qui, avec leur expé- 0 et rence toute faite et la Protection non équivoque sOn- du S0uvernement, devaient bientôt aCCaparer le le- négoce de tout le Pays etle garder Pour eux seuls u’il Pendant de longues années.
se La ville des Trois-Rivières lenfermait alors à s la Peu Près huit cents âmes, et deux Cents maisons au plus, Un écrivain dit qu’on aurait pu s’en e la rendre acquéreur moyennant un millier de louis, Ft La traite des fourrures du Saint-Maurice attira nt, À juste droit Pattention de Hart, Dans le désarroi Ja AU aVait Suivi la q in-
» Cette branche estée PresSqu’inexploitée. Il
tant un crédit commercial très-étendu. Les dixsept lieues de pays qui, depuis la fondation de la colonie, composaient le ‘ gouvernement des Trois-Rivières’? sur les deux rives du fleuve, en haut eë en bas de la ville, dépendaicnt encore entièrement de leur chef-lieu; depuis Maskinongé et Yamaska, jusqu’à Sainte-Anne et Saint-Pierreles-Becquets, toutes les affaires se concentraient à la ville. Il en résulte que nous nous tromperions fort en calculant la valeur du commerce des Trois-Rivières à cette époque d’après le chiffre de la population de la ville seule.
L'absence presqu’absolue de corcurrents permit à M. Hart de réaliser de gros bénéfices.
‘€ Profitant des folies des autres?” dit John Lambert, il s'enrichit rapidement. On cite un Sau-
/ vage qui paya à Ezéchiel jusqu’à soixante guinées une pendule ; et un autre qui acheta cina guinées une ‘alliance ?” (anneau de mariage) ordinaire.
La chasse, très abondante dans le nord, permettait aux enfants des bois de satisfaire: leur passion pour le rhum et les étoffes aux couleurs voyantes. A certaines époques de l’année, les rues 42 la petite ville se remplissaient de centaines de sauvagesses enrubannées, pommadées, attifées d’aigrettes multicolores, de soieries éclatantes et de drap fin, tandis que les hommes, aux instincts plus prosaïques, s’ingurgitaient le
bon rhum blanc des Iles et le cuvaient un peu par- 1 tout, au soleil, le long &e la grève, ou dans leur # Caspuuveut auUuvuuUILe, pres du Cap sux Corneilles,