‹ Pages d'histoire du Canada [microforme]Chapitre 4 sur 53 · EE · texte numérisé non relu

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Quatre beaux volumes, aussi publiés par le gouvernement de Québec, renferment des pièces historiques importantes, depuis les origines de la colonie jusqu’à 1760, mais il y manque la main d’un homme de science, et tout en consultant ces pages, nous devons nous servir de nos propres ressources. Pourquoi n’avons-nous pas fait appel aux gens du métier avant que de mettre au jour ce coûteux ouvrage 1?

M. Gabriel Gravier, de Rouen, a fait un travail canadien dans son Cavelier de la Salle, De 1666 à 1687, si vous voulez suivre |’: découvreur en question, qui se trouva si souvent mêlé aux choses du Canada, lisez M. Gravier. Ii abonde en renseignements et °n explications nécessaires à l'intelligence du sujet qu’il traite. Je connais cet auteur : il travaille pour la France et pour nous dans tout ce qu’il écrit. Pas un homme en Europe n’est plus au courant de ce qui se passe parmi nous, sauf peut-être M. Rämeau.

Le Père Louis Hennepin, récoilet, vint en

Canada en 1676, à l’âge de trente ans, accompa- ,

gna Cavelier de la Salle dans l’expédition au Mississipi (1679-1680) visita la contrée où est St- Faul du Minnesota etretourna en France en 1681 où il publia, en 1683, sa Description de la Louisiame. Ce livre ne nous renseigne à peu près que sur le payssitué entre l’embouchure de la rivière des Jllinois, en remontant le Mississipi jusqu’au saut Saint-Antoine, où est Minneapolis à présent. Hennepin l’a refait pour une seccnde édition, de manière à s’attribuer des découvertes qui ne furent jamais de lui, D’un c&ractère remuant et

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aventureux, l’auteur est de plus dévoré du désir de faire parler de lui; il fausse la véritc avec une désinvolture qui lui ont valu des persécutions de son vivant. On doit le lire pour étudier l’époque et les entreprises de La Saile, mais se tenir en garde tout le temps, car il sort de la ligne droite à tout propos, surtout dans ses dernières éditions.

Le baron de la Honïüan, qui arriva de France avec les troupes en 1684, à remonté le Saint-Laurent jusqu’au lac Supérieur, puis s’est dirigé vers le Mississipi, résidant en vingt endroits le long dé ce parcours et adressant à ses amis de France des lettres doublement intéressantes au point de vue du style et des observations qu’elles renferment. Il aime à peindre £e qu’il voit et à commenter avec enjouement; par malheur, il se trompe souvent lorsqu'il traite de ce qui ne s’est point passé sous ses yeux. Il parle surtout de ce qui a eu lieu de1684à1694. Ses lettres, réunies en deux volumes, sous le titre de Voyages ont été imprimées dix fois, avant 1735, en France en Hollande et en Angleterre, :à on les a traduites.

Sous la rubrique de Notes pour servir à la bibliographie et à la cartographie de la Nouvelle-France, M. H. Harisse, un savant américain bien connu, a publié, en 1872, un voläme des plus utiles à consulter ; il nous donne la liste, avec commentaires, des principales sources de renseignements pour l’étude de notre histoire, depuis 1545 jusqu’à 1700. C’est la clef d’une vaste bibliothèque. M. Harisse à passé le temps du siège de Paris, 1870-71, à fouiller les archives et les dé-

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pôts de livres anciens pour nous préparer cet ouvrage que tous les amateurs de l’histoire du Canada recherchent aujourd’hui et avec raison. Ces notes ont été continuées par G. Marcel.

Bacqueville de la Potherie après avoir fait la campagne de 1697 avec d’Iberville, à la baie d’'Hudsor, vint séjourner en Canada où il se vit accueillir avec empressement par nos meilleures familles. Les lettres qu’il adressait, au cours de ce voyage, à des personnes de la haute société française, ont été publiées en quatre volumes, en 1753, sous le titre assez peu correct d'Histoire de l’ Amérique Septentrionale. Il y parle de la baie d'Hudson depuis 1660 à 1700, puis il décrit avec soin le fleuve Saint-Laureni, villes et villages, en 1700 et profite de l’occasion pour récapituler ce que l’on savait alors de l’histoire du Canada. Il raccate ensuite les mœurs et coutumes des Sauvages qui peuplaient les bords de nos grands lacs, leurs guerres anciennes et nouvelles, ainsi que l’introduction des Français dans ces contrées.. Sur les Abenakis il a de très bonnes pages. Les lettres se terminent par de longues explications sur la célèbre paix de 1700 où il représente MM. de Frontenac et de Callières vomme des gouverneurs du plus grand mérite.

Tout ce que dit cet auteur est digne d’être lu, même aujourd’hui où nous avons beaucoup plus de renseignements qu’il ne paraît en avoir possédé, Ses entretiens avec Nicolas Perrot semblent lui avoir fourni ses plus curieux chapitres sur les Sauvages. Il a su puiser aux sources et se tenir en garde contre les interprétations

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erronnées qui sont fréquentes chez les voyageurs écrivains. Ces lettres, bien que recommandées au roi pour l’impression, dès le 9 juin 1702, par le censeur Fontenelle, ne parurent que cinquante et un ans plus tard, comme on l’a vu.

M. Pierre Margry a récemment publié quatre gros volumes de documerts relatifs au rôle que la France a joué dans l’Amérique du Nord. Ce sont de précieuses trouvailles, tor chant à tout ce qui nous intéresse. à doit Surtout ccusulter cet ouvrage pour comprendre les années 1664- 1715. Je ne vois rien dans ces révélations de documents officiels qui change la donnée historique exposée par Garneau, par conséquent nous sommes coufirmés dans l’opinion que ce dernier écrivain a voulu nous faire adopter.

Sur la ville de Québec nous avons les ouvrages de Lemoine qui a reconstruit, pierre par pierre, presque tout le passé de la vieille capitale. Sur les Trois-Rivières vous avez mes articles, dispersés dans douze cents numéros de nos gazettes.

Le Dictionnaire Généalogique de M. l’abbé Tanguay et le Répertoire du Clergé, äu même auteur, nous sont nécessaires comme un chapeau pour se promener par les rues.

Les Lettres de Voyages et l'Histoire de la Nouvelle- France, de Charlevoix, sont excessivement intéressantes pour les années 1666-1720. Outre qu’il puisait aux documents de première main, l’auteur était soigneux, savait tirer profit de ce qu’il possédait. Il à créé en faveur des Jésuites une renommée qui durera probablement toujours et qui est justifiable sous bien des rapports,

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Les Premières Missions des Jésuites du Père Auguste Carayon trouvent naturellement leur place parmi nos livres d’histoire. Le Père Martin a aussi publié plusieurs Relations anciennes de ce genre, et les vies des Pères de Brébeuf, Jogues, etc.

Il y a un mémoire de M. l’abbé de Latour qui parle au long de Mgr de Laval et de Mgr de St Valier ; un livre a aussi été imprimé par M. le grand-vicaire Langevin sur la vie de Mgr de Laval ; et au moment où je trace ces lignes, on m’annonce un grañd ouvrage qui sert des presses, concernant toute la carrière de ce prélat distingué. C’est une grande et savante œuvre, paraît-il.

Une Histoire de la Louisiane, imprimée en 1846, à la Nouvelle-Orléans, et dont M. Charles Gayarré est l’auteur, m’a vivement intéressé parceque c’est un chapitre de l’histoire du Canada. La majeure partie de ces deux volumes roule sur les années 1700-1760. Il y a abondance de documents officiels. On y voit les agissements des Canadiens, qui formaient un groupe spécial, et ceux des Français, qui luttaient contre les Canadiens, à la fondation de la Louisiane. Une foule de personnages de chez nous se trouvent mêlés aux événements que M. Gayarré nous raconte.

Cet écrivain, bien connu d’ailleurs, est consciencieux, savant et clair dans ses expositions.

Sur la période de 1725 à 1775, nous avons une foule de mémoires qui traitent de tout, chacun pour son compte : commerce, guerres, découvertes, missions religieuses, ete, Les bibliothécai-

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res les connaissent et peuvent vous les procurer sur un mot. Lisez aussi la volumineuse correspondance manuscrite des gouverneurs français qui est à la bibliothèque d'Ottawa.

Alfred Sandham, dans Montreal and its fortifications expose les diverses situat:...s de cette ville au point de vue militaire. Consultez aussi le Vieux Montréal, superbe album préparé par M.

P. L. Morin et publié par M. Honoré Beaugrand.

Les Sagamos Illustres, de F. M. U. M. Bibaud, racontent la vie de plasieurs chefs sauvages de nos contrées. Les deux Me. sieurs Bibaud, père et fils, ont beaucoup publié ; voyez les catalogues.

M. l’abbé Ferland, dans son Cours d’ Histoire du Canada suit Charlevoix jusque vers l’année 1700, et il ajoute partout des notes sur les familles canadiennes qui se trouvent mentionnées dans ces récits. Après 1700 et jusqu’à 1760, ilest riche en renseignements, mais n’ayant pu terminer luimêrne l’arrangement et la rédactiou de cette partie de son ouvrage, elle est restée incomplète par endroits. Nous avons, du mêmeauteur des Votes sur les registres de Notre-Dame de Québec, qui s’arrêtent à 1650; de plus un voyage à la Gaspésie

| qui est un chapitre d’histoire.

L’abbé Brasseur de Bourbourg a publié en 1852, uue Histoire du Canada, dans laquelle il parle

Ê principalement de l’Église, des évêques et du

clergé de notre pays. On dit qu’il a cherché à

| être indiscret et qu’il y a réussi.

Le professeur suédois Peter Kalm, qui visita

RE la Nouvelle-France en 1749, nous à Jaissé une

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narration des plus intéressantes sur les hommes et les choses du Canada. On peut lire aussi le rapport de l’ingénieur Franquet, année 1752, pour compléter Kalm.

Un roman intitulé The History of Emily Montaque, imprimé à Londres en 1769, en quatre volumes, nous décrit la société de Québec durant les premières années du régime anglais. L’auteur est madame Frances Brooke. On vante ses talents d’écrivain ; ne l’ayant pas lu, je ne puis rien en dire.

La Société Historique de Québec a publié une vingtaine de brochures sur la période française en Canada.

Notre Société Royale imprime chaque année un certain nombre de travaux historiques.

Les archives que M. Douglas Brymner réunit à Ottawa, depuis plusieurs années déjà, sont à la disposition du public. C’est une mine abondante et précieuse.

* Le docteur Edmund B. C’Callaghan peut être

considéré comme l’auteur de la belle collection B

de documents publiés par la Société Historique de New-York. On y trouve d'innombrables renseignements sur les Canadiens de 1660 à 1760. Il y à un index analytique qui rend cette petite bibliothèque facile à consulter.

En ce moment, un publie, à Québec, une série de volumes comprenant les papiers de Montcalm et de Lévis, sur les opérations militaires de 1756- 60 en Canada. C’est M. l’abbé Casgrain qui a rapporté de France ces trésors histcriques. Ne les ayant jamais vus, je me contente de les signa-

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ler—mais ils doivent être de toute importance— avis au lecteur. N'oublions pas, sur Montcalm et son époque, les volumes de Dussieux, de Bonnechose, le Père Martin et autres. Je viens de recevoir le Journal des Campagnes au Canada, 1755-1760, par le comte de Maurès de Malartic, major de l’armée de Montcalm ; ce sont des pages entièrement nouvelles, publiées par M. Paul Gaffarel, de Dijon.

Les trois volumes des Ædits et Ordonnances des gouverneurs, intendants, ete., qui.ont été imprimés en 1853, renferment sur l’ancienne adminis-

| tration,à venir jusqu’à 1760,une foule de pièces du

plus grand intérêt, concernant le commerce, les finances, les coureurs de bois, les terres, la cons-.

| truction des églises, la voirie, la navigation. Ii

f: ut y joindre les cinq ou six volumes des papiers de la tenure seigneuriale, pour la mème époque, et les actes du Conseil Souverain, Avec cela nous n’ignorons plus rien des affaires publiques d'autrefois.

Sur le Règne Militaire, 1760-64, la Société Historique de Montréal a formé un volume de narra:tions et de pièces qui nous montrent à la perfection quel était ce régime. Iln’y a plus de tâtonnements, d’ambiguités, c’est la photographie du temps. On doît s’en tenir aux hommes du jour qui ont dit ce qu’ils avaient vu.

Les six ou sept ouvrages du baron Francis Ma-

| seres, publiés de 1770 à 1776, sont indispensables * à ceux qui veulent connaître les choses du Canada ide l’époque en question. On peut compléter

cette lecture en revoyant les écrits de François-

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