ACTE TIHEL 5 HER Là. <ù | 4} IF à
\HEl CR | ft F4 À A) Res A t 2 1 AM LEE IAE He ec MX FF 1] 1 ir AE À) FE LR (HE na ; pie) fe HE HU URA | He LR ne
Al
TR EE STARS TON. 77 eu AL al
Joseph Cugnet, qui entretenait souvent des vues p différentes de celles de Maseres. Ù en
Le lieutenant Thomas Anbury, qui visita le :: pays de 1776 à 1781, nous à laissé deux volumes | ta de Travels où il y a de bonnes pages sur le Bas- | un Canada.
Le volume de la Société Historique de Montréal % tu qui raconte r’invasion de 1775-76 est à consulter BW fai avant tous les autres sur cet événement. D po
Le livre de Du Calvet, Appel à la Justice, À ]
raconte les difficultés survenues entre l’auteur et le gouverneur Haldimand de i778à 1784. Longtemps, nous n’avons eu que ce texte pour nous guider, mais à présent que les papiers de Haldimand sont entre nos mains, il faut lire les écrits des deux adversaires et les comparer. Cette page, restée la plus obscure de notre histoire, s’éclaire enfiu pour nous. Du Calvet représentait avant tout l’élément français qui cherchait à agiter le Canada en faverr des A:uéricains ; de là les persécutions qu’il'a dû subir.
Isaac Weld, dans ses deux volumes intitulés Travels through the States of North America and the Provinces of Upper and Lower Canada, décrit la province de Québec, ses habitants, etc., au cours LR des années 1795-7. Il donne üe curicuses gravu- à res représentant les choses de cette époque. Le | livre du duc de La Rochefoucauld, Voyage dans les Etats-Unis d'Amérique, même date, mérite aussi d’être lu, bien que l’auteur n’ait visité que le Haut-Canada.
George Heriot à emprunté à Charlevoix une History ef Canada, mais il est plus ori inal et
vues
ta le umes Bas-
ntréal ©
sulter
ustice, auteur Longr nons Haldis écrits je page; ‘éclaire t avant giter le les per-
utitulés à
ica and 0] écrit la
au COUTS
s gravu- à jue. Le | age dans mérite isité que
oix une j inal et
plus instructif dans ses Traveis, qui nous peignent le Canada tout entier au début de ce siècle. Heriot, placé à la tête de l’administration postale, voyageait beaucoup pour son service. C’est un témoin des faits qu’il raconte.
Le docicur William Canniff a un volume intitulé Settlement of Upper Canada qui expose par:faitement ce sujet. Il est à propos ds le voir pour comparer avec les choses du Bas-Canada.
La Société Historique du Wisconsin a publié onze beaux volumes remplis de documents qui touchent à l’histoire du Canada. Pour connaître la région du Michigan et du lac Supérieur, il faut lire ces ouvrages. : A Saint-Paul du Minnesota on imprime aussi fréquemment des travaux de ce genre. Tout l’Ouest à été français ou plutôt canadien, depuis 1660 À 1760 ; c’est donc cormme un morceau de notre territoire national qui est resté là-bas er la possession des nôtres durant de longues annéex après 1760.
M. Joseph Tassé a mis dars ses Canadiens de l'Ouest une fouie de renseignements, tout à fait nouveaux, sur les familles canadiennes de la
| région du haut Mississipi, années 1760-1830.
C’est un ouvrage unique en son genre et par là même précieux. j
John Lambert, officier des troupes, a raconté dans ses Travels bien des faits intéressants sur l’état du Bas-Canada en 1806-8. Il donne aussi des gravures qui méritent d’être vues. Les
| mœurs de nos habitants semblent lui avoir plu.
Sur la guerre de 1812, le lieutenant-colonel William F. Coffin a publié un volume : Chronicle
of the War, fait avec soin et par conséquent utile à consulter. Dans une brochure intitulée Quirks of Diplomacy, le même auteur explique comment, par suite de l’ignrance des diplomates de France et d'Angleterre les traités intervenus au sujet du Canada zvus ont toujours été désavantageux.
John Paimer, un commerçant, dans son Journal of Travels, parle du Canada de 1817 ; il est sympathique à notre élément et demande qu’on ne nous moleste pas.
Le lieutenant Francis Hall, nous parle du Canada de 1816-17.
Josepb Sansom, un Américain, décrit le Bas- Canada en 1817.
Goûfrey T. Vigne, avocat de Londres, nous montre le Canada en 1830.
Le capitaine Basil Hall, dans ses Travels, nous fait connaître ce qu’il a vu et observé au Canada vers 1830,
L’arpenteur Joseph Bouchette a imprimé à Londres, en 1831, The British Dominion in North America, avec une carte qui est la plus belle, la plus savante. la plus rationnelle que je connaisse. Le sol, les cours d’eau, les forêts, les établissements agricoles et ‘ndustriels du Canada, les routes, les ponts, les villages, les produits de l’agriculture, tout cela est expliqué et chiffré avec une précision mathématique. Bouchette n’a pas reçu la part de gloire qui lui appartient.
Les mandements et circulaires des évêques de Québee, qui ont été publiés récemment sont de précieuses sources à consulter pour apprendre notre histoire, en cequi touche au côté religieux,
atile uirks ent, ance sujet eux.
urnal sym- )n ne
an Ca- > Bas-
nous , NOUS ‘anada
rimé à North lle, la naisse.
blissees roul’agrié avec ‘à pas
ues de sont de rendre igieux,
11 y a aussi les livres des Ursulines, des Hospitalières, de Québec et des Trois-Rivières, puis ceux des communautés de Montréal, tous instructifs et véritablement canadiens.
M. Michel Bibaud a une Histoire dx Canada qui va jusqu’à 1837. La partie qui concerne la domination française n’est pas remarquabie; celle qui va de 1760 à 1837 est trop dans le sens des Anglais de ce temps, c’est à dire que Bibaud ne croyait pas à la possibilité de gouverner le Ca: nada par des Canadiens ; il ét: 6 loyal avant tout. ou bureaucrate, comme on disait alors.
Robert Montgomery Martin a trois ouvrages sur les colonies anglaises, telles qu’on les voyait vers 1836. Il y est beaucoup parlé du Canada.
Joseph-François Perrault a publié en 1836 une Histoi, . abrégée du Canada, en cinq petits volumes, que l’on ccnserve à titre de curiosité, parceque les travaux de nos autres écrivains sont plus étendus et plus riches en renseignements. M. Perrault a rendu des services à nos compatriotes de plus d’une manière, au cours de sa longue existence.
Robert Christie nous à donné une bonne histoire politique du Bas-Canada, en six volumes, couvrant la période de 1791 à 1841. Sous letitre d'Histoire de Cinquante Ans, M. T. P. Bédard a aussi parlé des mêmes événements et de la même époque. M. L. P. Turcotte, dans son Canada sous l’Union, 1841-1867, continue la série de ces ouvrages si utiles à ceux qui étudient l’administration du pays.
M. L. O. David a un volume de biographies ;
son principal travail roule sur les événements de 1837-8, dont il s’est occupé pendant plasieurs années.
Le rapport officiel de lord Durham est de toute importance, car il indique les moyens à prendre pour réduire la race canadienne-française, ou l’angliciser, afin que son influence distincte disparaisse du Canada.
Sir Richard Henry Bonnycastle a publié quatre ouvrages qui renferment une foule d’observatiens sur le Canada et les Canadiens de 1836 à
Dans le Canada Français, revue publiée à Québec, on imprime en ce moment un très bon travail d'Antoine Gérin-Lajoie, racontant la marche - de la politique canadienne depuis 1840 à 1850. Tout est bien dans ces pages claires et instructives, sauf le titre qui ne signifie rien.
Les ouvrages de Beuchette, de l’abbé F. Pilote, Arthur Buies et Joseph-Eämond Roy sur Tadoussac et le Saguenay méritent l’attention. La Société Historique de Québec a publié des mémoires sur ce sujet.
Por la vallée de l’Ottawa, nous avons les ouvrages de Bouchette, Vigne, Fall, Buies et Tassé.
Sur le Détroit nous pouvons lire Rameau, Hamlin, Farmer et Roberts, sans compter plusieurs auteurs que Farmer menticnne avec soin. Ce dernier écrivain est le plus complet de tous.
Quant à l’histoire Ces paroisses, il en a bien paru trente volumes, ei ce nombre promet de s’augmenter bientôt.
M. Leblond de Brumath vient de mettre au
es Qi ti.
ents ursS
oute rene, OÙ
dis-
iatre >rVa- 336 à
Qué- | traarche struc-
Pilote, r Ta-
La bs mé-
8 ou- T'assé.
meau, r plu- ; SON.
tous.
bien et de
re au
jour une Histoire de Montréal qui ne manque pas d'utilité. L’Histoire de Longueuil 4e MM. Vincent et Jodoin aussi est bonne à voir. Sur le fort St. Jean, consultez la brochure de M. Lucien Huot.
Le Panthéon Canadien, äe F. M. U..M. Bibaud, 1858, est un dictionnaire de biographies, embrassant 14 carrière d’une foule de personnages de notre nistoire. Il s’y trouve des erreurs, mais dans l’ensemble, le lecteur peut s’y renseigner sur les hommes d’autrefois de manière à comprendre ce que ceux-ci valaient et quel rôle ils ont joué parmi nous.
La Société des Antiquaires de Montréal a publié dix volumes qui sont un véritable magasin de curiosités. Onnesauraitse passer de les voir.
M. J. M. Lemoine n’a pas moins que sept on huit volumes sur Québec et les environs de cette ville. C’est au point que personne n’ose s’aventurer sur ces terrains qui sont comme sa propriété—historiquement parlant.
En 1872, MM. Gonzalve Douire et Edmonf Lareau publiaient Le Droit Civil Canadien, selon l’ordre établi par les codes, et s’étendant jusqu’à 1791 à l’ouverture de notre premier parlement. C’est un résumé précieux de tous les actes administratifs de quelque importance qui concerr=nt notre pays. Les pièces y sont le plus souvent citées textuellement pour i& partie essentielle, et comme le tout est disposé chronologiquement, il est facile de consulter n’importe quelis époque sans avoir à chercher à travers le volume. Or, bien que ce titre Le Droit Civil, donne à croire qu’il ne s’agit que de matières légales. on trouve
en lisant l’ouvrage que c’est purement de l’histoire du Canada traitée à l’aide des documents les plus rares et les plus vrais. On ne saurait connaître notre histoire, surtout de 1664 à 1791 sans avoir parcouru ce livre.
L'Histoire du Droit Canadien de B. A. T, de Montigny, d'te de 1869. Elle divise notre histoire en quatre époaues, finissant en 1869. La codification des lois y est expliquée en détail. Si les avocats prisent ce livre parce qu’ils y trouvent la mention de tous les actes et instruments publics qui affectent telle ou telle question, j'y trouve de mon côté abondance de matériaux pour l’histoire en général. Et c’est ainsi que les gens de loi font des livres pour leur usage—mais je les exploite tout de même.
Dans son Histoire du Droit Canadien publiée en deux volumes, 1888, 1839, M. Edmond Lareau fait œuvre de maître et œuvre nationale. Le plan de l’ouvrage consiste en groupements des sujets qui peuvent s’étudier ensemble, ainsi la féodalité amène non seulement des explications sur notre tenure seigneuriale, mais encore sur la noblesse et les privilèges des hautes classes, etc. Le commerce d’autrefois, la monnaie de cartes, les applications du Droit français en Canada, les origines du Droit canadien, le règne militaire, le gonvernement responsable, le Droit public anglais, et une foule d’autres études remplissait ces volumes qui vont former partie de notre bibliothèque historique autant, pour le moins que de
la bibliothèque légale à laquelle ils sont destinés par l’auteur,
Lisnts ait 791 :
de his-
La . Si rouents TN pour gens is je
ée en
areau
. Le
s des nsi là tions sur là s, etc.
artes, a, les
re, le ic anhit ces biblioue de stinés
Les ouvrages de Todd et de Bourinot sur le parlementarisme sont d’excellents traités pour ceux qui s'occupent des affaires publiques. Il n’y a rien de meilleur en ce genre dans aucun pays. S
La part de M. l’abbé Tanguay dans l’étude de l’histoire, consiste en un dictionnaire généalogique de toutes les familles canadienres, plus un répertoire donnant les biographies de tous les membres du clergé du Canada depuis l’origine de la colonie. Dans un volume intitulé À Travers les Registres il a réuni une foule de notes qui peuveni être utiles à la connaissance de notre passé. Les ouvrages de M. Tanguay sont des œuvres de patience ; en les consultant nous trouvons en moins d’une minute des renseignements dont la découverte a été faite après des années de recherches.
Cette liste pourrait être doublée, maïs je crois avoir mentionné les principaux ouvrages. Lans ma seule bibliothèque j'ai six cents volumes sur l’histoire du Canada ; il en existe autant que je n’ai pas, car l’argent me manque. Il ÿ a, de par le monde, assez de manuscrits pour composer encore quatre ou cinq cents volumes concernant notre histoire ; on sait où les prendre ; l’argent fait défaut pour les imprimer. Vous voyez qu’il y à du champ. Mettons que vous lisez ou parcourez uu volume par semaine—c’est vingt ñnnées qu’il vous faut pour tout voir.
Je ne dis pas cela dans le dessein de vous ef-
aan 1 PAG RENE
macrania
frayer,, mais pour montrer combien il est facile de s’instruire en se plongeant dans les eaux abondantes de la lecture.
C’est un océan dans lequel on nage comme le poisson, avec délice, avec profit, si bien que, sans écriré, on devient historien, penseur comme malgré soi, et renseigné au point de surprendre notre entourage. L'existence intellectuelle que l’on se compose de la sorte, dépasse en charme et en bonheur tout ce que la vanité du monde peut concevoir.
I1 y a la comparaison des styles ; les points de
vue auxquels se placent les auteurs ; les tendances qui les poussent. C’est un spectacle !
Tel écrivain voit tout du côté politique, cet autre est absorbé dans la religion. Un troisième ne touche qu’au commerce. En voici un qui ne rêve que de guerre. Voulez-vous de la gécgraphie ? on vous en donnera avec le réc'6 des travaux des découvreurs du centre de l’Amérique. (C’est à n’en plus finir. Un océan, vous dis-je ! J’y suis tombé ! J’y vis, je m’en trouve bien.
J'ai lu des romans. Pas un seul ne vaut l’étude l’histoire, iaquelle est le plus long des romans, a-t-on dit. L'intérêt qui vous empoigne n’est pas plus intense dans les Mousquetaires de Dumas que dans les campagnes de d’Iberville— et dans ce derrier cas, c’est plus grand et plus vrai.
Nous sommes une grande famille, nous les Canadiens-Français. Nous avons un passé honorable et même héroïque à rappeler, Ce qui nous
+ NT SAS Re ANSE dir Pre DÉPN FORMES CM RON LE ARCS CO AS PATTES
cile aux
e le
mme ndre que arme onde
its de ndan-
e, cet isième qui ne rÉGETA- * des A méri- , VOUS trouve
t l’études ropoigne ires de ville— et plus
ous les é honoui nous
concerne à donc double valeur pour chacun de nous. ÆEtudions ces souvenirs.
Nos jeunes gens devraient pénétrer leur esprit de l’histoire des ancêtres. Qui suura jamais autour de nous ce que nous avons été si nous ne le comprenons pas nous-mêmes ?
Et songez-y ! cela rapporte de la considération, cela élève un homme, cela fait que vous êtes quelqu'un. Etant plus instruit que le vulgaire, vous dominez vos semblables sous ce rapport.
Un prestige vous accompagne dans la vie. On respecte l’individu qui sait quelque chose.
Soyez sans ambition personnelle, je le veux bien, mais soyez plus complet que ceux qui vous entourent, quand ce ne serait que pour mieux comprendre ce qui nous arrive journellement, car L'histoire nous fournit l’explication de bien des choses !
N’y a-t-il pas du bon orgueil à deviner un peu ce qui va survenir ? Un homme instruit est dans cette condition, Qu'importe qu’il ne brille nulle part? Ila conquis ce qu’il goûte et quand même il serait seul à en jouir, qu'importe ! Si les autres pouvaient en dire autant, ah! qu’ils seraient heureux !
Il y a des histuires du Canada pour satisfaire t,utes les fantaisies. Du moment où vous voulez étudier—disons lire--rien ne vous empêche de connaître les plaisirs de l’amateur de livres. Tournez vos yeux et vos passions de ce côté.
Ni votre esprit, ni votre corps n’en souffriront, Au contraire ! vous vivrez mieux,
tete TUE bi opus GR UTTES pe ae mn re Er ser dr stp alle ap RARE REA NE RS PE EME SRE EN PP RE PRE D RES UE D RE 2 semer pa ge Se - Sert - -
LE vue
Vous me demandez quelle est la manière d’apprendre l’histoire du Canada pour s’en rappeler toute sa vie.
C’est bien simple. Faites comme pour l’histoire d’un individu dont vous avez entendu parler. On vous dira qu’il avait étudié à tel collége, que sa première idée était d’être ingénieur, qu’il a penché ensuite vers le commerce, qu’il s’est marié et qu'il fait des entreprises de chemins de fer et finalement qu’il est devenu homme politique. Telles sont les grandes lignes de sa carrière,
Eh bien ! l’histoire du Canada doit s’entendre de même : par les grandes lignes.
Comment était constituée la colonie au début ? Quel changement s’est produit ensuite ? A-t-on retardé ou avancé les prozrès de l’idée première? Vers quelle époque les Canadiens ont-ils commencé à exercer de l'influence dans leur pays. Comment cet esprit national a-t-il été reçu par la
mère-patrie ?
Là est toute l’étude, Que nous importe le nom de tel ou tel gouverneur ! de tel ou tel soldat! Etes-vous obligé de connaître la culotte que je portais à vingt ans ?
Ne surchargez pas votre mémoire de détails qui sont dans les livres d’écoles. Tous cela ne nous apprend rien. Ce qu’il faut savoir c’est la marche des grands événements,
Sachez, par exemple, que de 1608 à 1665 nous n’avons fait que tâtonner sans presque rien éta-
d’appeler
l’his- 1 Parcollénieur, qu’il e cheevenu lignes
tendre
début ?
A-t-on mière?
8 Compays.
par la
orte le el solculotte
détails ela ne ’est la
65 nous ien éta-
blir ; de 1666 à 1669, grande arrivée de colons.
De 1670 à 1685, nos efforts étaient portés vers la colonisation du Bas-[anada et à la découverte du Mississpipi.
De 1730 à 1750, nous tentions de connaître le
nord-ouest.
Nos guerres contre les Anglais vont de 1689 à 1713 et de 1744 à 1760.
Nos parlements ont commencé en 1792.
Voilà des faits qui sont plus importants que de savoir en quelle année est mort M. de Mésy ou M. de Frontenac.
La chronologie est l’épine dorsale de l’histoire ; on ne saurait s’en passer, à moins que l’on ne veuille jamais comprendre les événements anciens. Nos journaux commettent fautes sur fautes” du moment où ils parlent d’histoire, et cela est dû uniquement à l’absence de chronologie dans les études des rédacteurs, Notez bien que trois ou quatre soirées de travail sont très suffisantes pour connaître le maniement de cette clef mystérieuse : la mémoire de la chronologie,
L'ensemble d’une période historique en dit plus à notre intelligence que les futiles renseigaements dont on x bourré tant de livres.
On parle beaucoup aujourd’hui du soulèvement de 1837, mais étudiez aussi les luttes parlementaires des vingt années qui ont précédé ces
| troubles. Il y a là une page admirable. Avant
que de prendre les armes, nos pères avaient combattu par la parole et par le vote.
Non! pas de détails! des grandes lignes pour le lecteur ordinaire, des périodes de temps, afin
gt arret
PP Re
DO
ire Per oc are rare NÉE
que nous voyions clair dans le passé. L’épluchage des détails appartient aux historiens et aux écrivains en général.
L'histoire d’un peuple ou d’un pays c’est comme l’histoire d’un individu: vers tel temps, il faisait telle chose. Et c’est tout ce qu’il importe de connaître.
L’épluiens et
cvs D HOUHELAGA temps, u’il im-
L'automne de 1884, comme on parlait de construire à Montréa' une bourgade sauvage imitée de l’ancien temps, je publiai l’article qui suit dans l’espérance que le projet serait adopté! Hélas ! qui le croirait, on ne trouva ps assez de vrais Sauvages en Canada pour peupler même cette bourgade de carnaval !
Je voudrais revoir les anciens Sauvages, avec leurs costumes et leurs habitations, les revoir dans les lieux mêmes où nos ancêtres les ont salués pour la première fois, il y a trois cent ciuquante ans. Et parmi eux, il me semble que les . Hurons-Iroquois du temps de Jacques Cartier, c’est-à-dire ceux d’Hochelaga, méritent la première place.
Lisons une petite page de notre histoire, afin de nous renseigner un peu sur ce sujet.
Le 2 octobre 1535, le capitaine Cartier arriva près du courant Sainte-Marie. Plus de mille personnes, tant homimes que femmes et enfants, l’accueillirent au rivage avec des marques de joie multipliées. ‘‘ Les hommes, dit-il, dansaient en bande, et les femmes de leur part, et leurs enfants d’autre, lesquels nous apportèrent force | poisson et de leur pain fait de gros mil, lequel ils jettaient dans nos barques, en sorte qu’ilsemblaït qu’il tombât de l’air. Voyant ce, le capitaine (Cartier) descendit à terre accompagné ds
plusieurs de ces gens ; et sitôt qu’il fut descendu Dans ils s’assemblèrent tous sur lui, en faisant une Car tie chair inestimable ; et les femmes aÿpc:faient les Son enfants à brassées pour les faire toucher au dit M de là. capitaine et aux autres qui étaient en sa compa- M Louis. gnie. Et voyant leur largesse et bou vouloir, le dessou capitaine fit asseoir et ranger toutes les femmes D d'auta et leur donna certaines patenôtres (Agnus Dei) k deux 1 d’étain et autres menus objets ; et à une partie Æ laga. des hommes des couteaux ; vuis se retira à bord rie, . des barques pour souper et passer la nuit, durant | laquelle demeura icelui peuple sur le bord du fleuve, au plus près des dites barques, faisant toute la nuit plusieurs feux et danses, en disant à toutes heures aguiazé, qui est leur salut et joye ??.
Avec Cartier étaient Claude de Pontbriand, échanson du dauphin et ‘‘ fils du sieur de Montreuil ?” (et non pas Montréal comme on l’a imprimé), Charles de la Pommeraye,malouin, Jean Guyon, Jean Poullet, Macé Jalobert (beau-frère | de Cartier) capitaine de la Petite Hermine, navire qui était resté à Québec ; Guillaume le Breton, } capitaine de l’Æmérillon, le plus petit des navires qui était resté à Berthier. Tous ces hommes devaient être des malouins.
Sur les distances indiquées par Cartier, il y a à faire quelques observations. D’abord, il compte quarante-cinq lieues entre Berthier et Hochel!aga. Il n’y en a que quinze. Je ferai observer: que, de son temps, et jusqu’au dix-huitième siecle, les Européens écrivaient indifféremment lieue et mille. Ceci est bien connu. Donc, disons quarante-cinq milles, soitquinze lieues, niesure justs.
ra n A SEM SAT
énidu | Dans son langage un peu embrouillé peur nous, Ge Cartier constate qu’il arrêta ses barques au des- ) Li .
itles sous d’un grand saut d’eau situé à deux lieues
a dit D de là. Je comprends qu’il parle du saut Saintmpa- Louis. Cela signifierait qu’il jeta l’ancre au ir, le dessous du courant Sainte-Marie. La chose paraît nuites d'autant plus probable qu’il dit avoir marché | Dei) deux lizues pour se rendre à la ville d’Hochevartie Æ laga. Deux lieues c’est un peu fort, mais, à bord # ried, jugeant iles distances par la fatigue du jüuvant | chemin et s’arrêtant en route pour festiner, rd du Bonne il le dit, Cartier a dû croire qu’il avait en effet franchi les deux lieues dont il parle. La
faisant ;
isant à Mille devait être située vers le haut de la rue
joye ” Bleury, puisque, de cet endroit, Cartier dit qu’il
at Imarcha un quart de lieue pour parvenir à la ?
, Mon- Buontagne. Ecoutons-le parler.
à tin - ‘‘ Le lendemain (3 octobre) au plus matin Jean (c'était un dimanche) le capitaine s’accoutra et u-frère Mit mettre ses hommes en ordre pour aller voir la navire à ville et demeurance du dit peuple, et une mouta- Breton, Me"° qui est jacente de la dite ville, où allèrent navires javoc Ie dit capitaine les gentilshommes et vingt cé de - fnariniers.. Et étant en chemin, ie trouvâmes (le chemin) aussi battu qu’il soit possible de il ya Rroir, en la plus belle terre et meilleure plaine, compte Les chênes aussi beaux qu’il y en ait en forêt de he!aga. Wr'ance, sous lesquels la terre était toute couverte
r- que, ge glands ”’.
siecle, Je suis porté à croire Que Cartier ne suivit pas ete et Mie rivage mais entra dans les terres, un peu plus hs qua- Mes que le site de la prison aujourd’hui. De cette e justs. anière il évita le gros ruisseau qui a été rem-
placé par la rue Craig. Le carré Viger était alors un évasement de ce ruisseau. Le beau chemin battu devait être à peu près sur le tracé de la rue Lagauchetière. La talle de chênes menticnnée par Cartier se voit sur la carte de Champlain dressée soixante et dix ans plus tard.
Suivons toujours le découvreur, qui ne parle qu’à la troisième personne, selon la manière de César :
‘€ Et ayant fait environ une lieue et demie, nous trouvâmes sur le chemin l’un des prireipaux seigneurs de la dite ville de Hochelaga, avec plusieurs personnes, lequel nous fit signe qu’il se fallait reposer au dit lieu orès d’un feu qu’il avait fait au dit chemin. © . s commença le dit seigneur à faire un sermon et prêchement, en faisant chair au dit capitaine et compagnie ?’.
Les citoyens.de Montréal ont encore l’habitude des repas de corps et des discours de table. Bonnes coutumes ! J’en ai gardé mémoire.
‘ Ce fait, marchâmes plus outre et environ une demie lieue de là commençâmes à trouver les terres labourées et de belles grandes campagnes pleines de blé (maïs) de leurs terres duquel ils
vivent ainsi que nous faisons du fromer. ‘ît au parmi (milieu) d’icelles campagnes es : :ée la dite ville d’Hochelaga près et joignanx u. : .on-
tagne qui £st à l’entour d’icelle, bien labourt: et fort fertile, de dessus de laquelle on voit fort loin. Nous nommâmes icelle montagne le Mont-Royal’.
Les sauvages de Hochelaga appartenaient à la
race huronne-iroquoise, peuple industrieux et}
adonné à la culture du sol, bien diff'rent de ce
Dien cous
HE qu'ét } du Sa } prisa:
‘A ville, :
bre de de fai:
et con
} taient É dedan:
maisor [4 La
| À trois
» par le]
en faço de bois leur mo lances | icelle vi barres, :
dite clôt y monte cailloux dans ice vues d’e et onze o ois, eo pelures
par deda res ; et grande 84 eni en
HOCHELAGA 31 était LE qu'étaient les tribus algonquines de l’Ottäwa et che- D du Saint-Laurent qui vivaient de chasse et mé- 6 de prisaient l’agriculture.
men- M ‘‘Ainsi, comme fûmes arrivés auprès d’icelle ham- ville, se rendirent au devant de nous grand nom-
bre des habitants d’icelle, lesquels à leur façon parle de faire, nous firent bon accueil et par nos guides
re de et conducteurs (ils étaient trois sauvages qui s’é- } taient offerts pour ce service) fmes menés au
emie, à dedans d’icelle ville, où il y a une place entre les rinci- À maisons, spacieuse d’un jet de pierre, en carré. elaga, ‘€ La dite ville est toute ronde et close de bois
signe Màtrois rangs, en façon d’une pyramide croisée n feu Æ par le haut, ayant la rangée du parmi (milieu) mença en façon de ligne perpendiculaire, puis rangée
ment, de bois couchés de long, bien oïints et cousus à onie ?”. leur mode, et est de la hauteur d’environ deux l’habi- Blances (vingt pieds de hauteur). Et n’y a en
icelle ville qu’une porte et entrée, qui ferme à Bbarres, sur laquelle en plusieurs endroits de la dite clôture y a manière de galerie et échelles à y monter, lesquelles sont garnies de roches et cailloux pour la garde et défense d’icelle, Il y a uel ils dans icelle ville environ cinquante maisons, lon- 34 au Bgues d'environ cinquante pas au plus chacune, . 6e la Bet onze ou quinze pas de large, voutes faites de
.on- Bois, couvertes et garnies de grandes écorces et ur: et Bpelures des dits bois, aussi larges que tables, rt loin. Bien cousues artificiellement selon leur mode ; et Royal”. par dedans icelles, y a plusieurs aires et chamnt à laBres; et au milieu d’icelles maisons y a une eux et grande salle par terre, où ils font leur feu et vi-
de celeni en communauté, puis se retirent en leurs
table.
on une er les pagnes
dites chambres les hommes avec leurs femmes et es enfants. £Æt pareillement ont greniers au haut de leur maisons où ils mettent leur blé, duquel ils font leur pain qu’ils appellent caraconi’?.
Cette description s’ajuste avec le dessin de Ramusio qui travaillait sur le texte même de Cartier, et elle s’accorde suffisamment avec ceile des villages hurons visités par Champlain en 1615. Dans le croquis que ce dernier explorateur nous à laissé et qu’il avait fait aux pays des Hurons et des Iroquois, en 1615-16, la bourgade n’est pas ronde, elle est à six faces, voilà toute la différence. On y voit aussi une clôture qui entoure le groupe des maisons et laisse une espace libre entre elle et la muraille extérieure ou fortification dont un flanc touche à la rivière. Sur le sommet de la rue Bleury de Montréal passait un cours d’eau ; c’est probablement le long de ce rivelet qu'était situé Hochelaga, Les rues (plan de Ramusio) étaient fort bien alignées. D’après le plan de Champlain elles sont tracées selon la fantaisie de 14, tribu, mais non pas à la façon d’un damier. La place centrale était entourée de pâtés de maisons plus pètits que les autres, afin d’avoir plus de voies de communications vers la zone excentrique. La couverture des maisons était ronde, ayant l’apparence d’une chaloupe renversée. Les portes et fenêtres étaient pratiquées sur les flancs de la maison et non pas aux extrémités où pignons.
Dans cet article, j’ai tâché d’expliquer deux choses: 10 où était située la bourgade d’Hochelaga ; 20 comment elle était construite.
N post les / res, Bien pro navi taierl Le t plus Cart
L’ comp mœu chass jamai quelc dans vateu obéir
rieurs vivre petite
Cet fleuve la ref:
Montr la vie leur p dispar est ass un eff yoilà -
> et y au duyni’?, n de e de ceile n en loras des rgade toute e qui 1e e8re ou vière.
1 pas- > long s rues rnées.
acées s à la it ene les anicae des d’une aient pas
deux oche-
HOOKHELAGA 33
Nulle part dans le Bas-Canada il n'existait un poste de ce genre. Les Montagnais du Saguenay, les Algonquins de Québec, ceux des Trois-Rivières, ne connaissaient pas ce genre 4e demeures. Bientôt après Cartier, la guerre chassa de notre provinceles Hurons-Iroquois.desorte que le grand navigateur à vu la dernière de ces villes, qui dataient on nc sait depuis quand dans le Bas-Canada. Le tésaoignage de Champlain, quatre-vingts ans plus tard, confirme pleinement la description de Cartier et la rend tout à fait historique.
L'histoire de nos races sauvages est facile à comprendre, si tout d’aberd l’on observe leurs mœurs et coutumes. Les Algonquins, nomades, chasseurs, aimant la guerre, ne se préoccupaient jamais du lendemain ; l’idée d’une organisation quelconque où d’un gouvernement n’entrait point dans leur cervelle. Les Iroquois, stables, cultivateurs, prévoyants, sachant se gouverner et obéir aux lois, devait nécessairement être supérieurs à leurs adversaires, au moins dans l’art de vivre ev de se loger. Leurs villages étaient des petites villes. :
Cette chose qui disparaissait des bords du fleuve, il y a trois siècles et demi, nous pouvons la refaire et, au milieu des splendeurs de notre Montréal, montrer aux étrangers le spectacle de la vie de ces pauvres sauvages qui nous ont cédé leur patrie et sont eux-mêmes à peu près tous disparus. La métropole commerciale du Canada est assez riche pour payer sa gloire : qu’elle fasse un effort, On veut du nouveau —-eh bien! en voilà — du vieux nouveau,
Ces maisons de cent vingt-cinq pieds de long sur une trentaine de pieds de largeur devaient renfermer chacune cinquante personnes, étant donné les coutumes de ces sauvages si bien expl: quées par Champlain dans son premier voyage chez les Hurons. Cartier dit qu’il y en avait à peu près cinquante, Ce serait donc un total de deux mille cinq cents âmes pour toute la ville. Construisons une quinzaine de maisons de cette D |, espèce, ce sera autant qu’il faut pour reproduire LE :; er, une idée exacte de la chose, É oon
par
équi
cent
avoil
Sain
d’eat
2 seau
| Char
| envil canor D assez qu’il antiq sieurs des €
D servi le cal:
D dovit Æ d'oxo Roi vi ax 60oqu
long aient étant expli oyage vait à tal de ville.
e cette oduire
Dans son intéressante étude sur Jacques Cartier, le docteur N. E. Dionne s’exprime comme ceci au sujet du navire appelé le Churlieu, nommé par Cartier la Petite Hermine et abandonné près de Québec au printemps de 1536, faute d’un équipage suffisant pour le manœuvrer : ‘Trois cent sept ans plus tard, en 1843, l’on a prétendu avoir découvert, à l’embouchure du ruisseau Saint-Michel, les restes de ce vaisseau. Ce cours
| d’eau est situé à environ cinq cents pas du ruis- | seau Lairet, sur la rive nord de la rivière Saint- | Charles, en remontant vers l’ouest, à sept arpents
| environ. Des clous, une carvelle, un boulet de
canon, quelques pierres trouvées dans la coque
D assez bien conservée de ce navire, démontrèrent
qu’il appartenait à une époque déjà reculée. Les
| antiquaires d’alors envoyèrent à Saint-Malo plu-
sieurs des objets détachés de ce vaisseau, tels que des clous, des picrres qui avaient sans doute servi de lest, et des substances employées dans
| le calfatage. Le maire de cette ville, M. Louis
Hovius, nomma une commission spéciale chargée d'exaniner attentivement ces objets, et celle-ci
De ci vint à la conclusion qu’ils appartenaient à une &* évoque contemporaine de Jacques Cartier. De-