CES
l’on ne prendra pas en mauvaise part la liberté que je me donne de faire quelques observations fondées sur le texte du journal de Cartier, afin &c démontrer que c’est véritablement à l’endroit où l’on a découvert ces restes d’un vaisseau, que Cartier a passé l’hiver de 1535 à 1536. Lorsque je composai la dissertation précitée, j’avais en ma possession le second voyage de Cartier, tel qu’on le trouve dans l’histoire de la Nouvelle-France par l’Escarbot, mais maintenant je me sers du second voyage de Cartier tel que publié l’année dernière par la société Littéraire et Historique de Québec, comme étant la meilleure édition de cet ouvrage que l’on puissese procurer, à raison des cartes topographiques, et des notes historiques dont elle est enrichie.
Messieurs, après ces préliminaires, peut-être trop longs et ennuyants, auxquels mon sujet m’a condamné, je sollicite vivement votre attention. Nous allons examiner quelques faits rapportés par Cartier, et, en quelque manière interroger comme témoins irrécusables de ces faits, les lieux qui nous ont vu naître et que nous avons journellement sous les yeux. Considérez-vous pendant quelques instants comme des jurés sous serment qui doivent rendre un verdict, Ce n’est que de votre profonde conviction que je désire obtenir votre assentiment à l’opinion que je vous émettrai relativement à ces restes du navire en question. L’endroit particulier où nous devons déterminer que Cartier hiverna, se trouve inelus dans tout cet espace qui est borné d’un côté à l’est par une ligne tirée de la pointe de la Oanar-
Ne ee asus amer
erté ions in 4C it où que sque n ma u’on anCe s du nnée ‘ique n de tison tori-
-être t m’:
tion.
ortés oger lieux jourpenser-
’est ésire vous e en
ons iclus té à nar-
dière à l’extrémité est dela rue Saint-Paul, et de l’autre côté à l’ouest par le sol tel qu’il se montre à découvert pendant les hautes marées du mois de septembre, c’est l’embouchure de la rivière Saint-Charles. Vous connaissez comme moi les vastes grèves qu’elle offre à nos regards pendant le reflux, ou pendant que la mer est basse, Venons aux faits historiques.
Le 7 septembre 1535, Cartier part de l’Ile aux Coudres pour remonter le fleuve Saint-Laurent. Il voit 14 îles distantes de la première de sept à huit lieues. Il donne à la plus grande environ dix lieues de long et cinq de large. Il mit ses navires à l’ancre entre cette grande île et la terre du nord. Il alla à terre, y débarqua Taiguragny et Domagaya, deux sauvages qu’il avait pris en son premier voyage. Il y trouva plusieurs gens du pays qui commencèrent par fuir, mais qui ayant reconnu ces deux sauvages, les accueillirent avec de grandes démonstrations de joie.
Cartier reçut de ces gens du gros mil ou bled
d’Inde, des anguilles et autres poissons en présent, et en retour il lonna quelques bagatelles dont ils parur: ts,
Le lendemain, 8 septe: nacona, chef ou Agouhanna de Stadaconé, ave. douze barques ou canots, accompagné de plusier 18 au devant des navires de Cartier. \COn& fit retirer dix de ses barques,et se re dit à bord des navires, avec deux seulement et les hommes qu’elles contenaient, Je n’ai pas le ps de raconter toutes les politesses que l’on äit des
deux côtés et le collation de pain et de vin que
Cartier présenta au chef de Stadaconé et à ses gens, et comment on se laissa réciproquement satisfait. Dès que Donnacona fut parti avec ses barques, Cartier fit apprêter les siennes pour remonter le fleuve avec le flot afin de chercher, dit-il, ‘ hâble et lieu de sauveté pour mettre les ‘ navires ; et fusmes outre le dit fleuve environ ‘ dix lieues, cotoyans la dite is:, et au bout ‘ d’icelle trouvasmes un affourc d’eau for beau ‘ et plaisant, auquel lieu y a une petite rivière, ‘et hâble de barre marinant de deux à trois ‘° brasses, que trouvasmes lieu à nous propices ‘ pour mettre nos navires à sauveté.??
Faisons ici quelques remarques. (Cartier vient de nous dire qu’il alla avec le flot, ou la marée montante, environ dix lieues cotoyant la granäe île, que par la suite il nomme l’île de Bacchus, et que nous nommons maintenant l’île d'Orléans ; et, quelques pages après, il donne douze lieues de longueur à cet île : de quelque manière qu’il comp.e ses lieues, il les fait certainement trop courtes ; Car il est constant, si l’on veut s’en rapporter à la description topographique du Bas Canada, par M. Bouchette, que l’île d'Orléans à environ vingt milles de longueur, ou sept lieues moins un tiers. Lescarbot, dans une note en marge du second voyage de Cartier, dit que héble de barre signifie un havre qui assèche de basse mer, Cet écrivain ne nous donne pas de définition du mot affoure ou affourg. Quant à moi, l’homonymie me dit que par ce mot l’on entendait du temps de Cartier ce que nous entendons, de nos jours, par celui de fourche : ce qui corres-
RAR Fa Ver 46 SA dd x 2 2 OH hs Te st
Ne
navi la gr admi raiso Tout d'Or Le vires il y :
Saint l’exal son jc à la Salt Le sieurs des b:
lieu, « dits I et se 1 de ge sous w Jleuve, comm.
saient qu’ils d’alle:
db 5?
pond parfaitement à la fourche d’eau que présentent à la vue le havre de la rivière Saint- Laurent, entre Québec et la Pointe-Lévi, lorsqre l’on entre, à haute ner, dans le bassin de Québee, par le chenal du nord de l'Ile d'Orléans.
Après cette exploration, Cartier retourne à ses navires et de là avec ses barques, il alla visiter la grande île, dont nous venons de parler. I! en admira les arbres, et surtout ses belles vignes, à raison desquelles il la nomma l’Te de Bacurus, Tout le monde sait que c’est aujourd’hui l'Ile d'Orléans.
Le 13 du même mois, Cartier part avec #es navires pour se rendre au havre qu’il avait visité; il y arrive le lendemain, et il nomme ce lier: Sainte-Croix, parce que ce jour était la fête de l’exaltation de la Sainte-Croix ; et la suite de son journal constate qu’il donna le même nom à la rivière que nous nommons aujourd’hui Salat-Charies.
Le 15 septembre, Cartier accompagné de plasieurs de ses gens, alla à terre pour faire plante des balises et merches (ou marques), ‘‘ auquel lieu, dit Cartier, nous trouvasme entre autres les dits Donnacona, nos deux hommes, et leur bande, et se rendirent au devant de nous grand nombre de gens du pays, et lesquels se tinrent à part sous une pointe de terre qui est sur le bord dusdit Jleuve, sans qu'aucun d’eux vint environ nous, comme les autres qui étaient Ge leur bande faisaient. Et après que le dit capitaine fut averti qu’ils y étaient, commanda à partie de ses gens d’aller avec lui, et furent vers eux sous la dite
pointe, et treuvèrent le dit Donnacona, Taiguragny, Domagaya, et autres. Et après s’être entre salués, s’avança le dit Taiguragny de parler, et dit au capitaine que le dit seigneur Donnacona était marri dont le dit capitaine-et ses gens, portaient tant de bâtons de guérre, parce que de leur part n’en portaient nuls, à quoi répondit le dit capitaine, que’ pour sa marrison (son déplaisir) ne laisserait à le porter, et que c’était la coutume de France, 2t qu’il le savait bien. Mais pour toutes ces paroles ne Jaissèrent le dit capitaine et Donnacona de faire grande chère ensemble ; et lors apperçusmes que tout ce que disait le dit Taiguragny ne venait que de lui et de son compagnon ; car avant de partir du dit lieu, firent une assurance le dit capitaine et seigneur de sorte merveilleuse. Car tout le peuple du dit Donnacona ensemblement jettèrent et firent trois cris à pleine voix que c'était chose horrible à ouir, et à tant prirent congé les uns des autres, et nous retirasmes à bord pour icelui jour,
‘ Le lendemain, seize du dit mois nous mismes nos deux plus grands navires dedans le dit hâble et rivière, où ii y a de pleine mer trois brasses, et de basse eau demie brasse, et fut laissé le gallion dedans la rede pour mener à Hochelaga.?’ Les mots qui suivent disent positivement que ces deux navires furent mis à sec. Ces deux grands navires, étaient la Grande Hermine, d'environ 120 tonneaux, la Petite Hermine, d’environ soixante, et ce gallion était l’Æmérillon du port d’environ 40 tonneaux. Comme mon objet est de déterminer le lieu particulier de l’embouchure de la
riviè rassel éclai est ti seco pitre d’Ho parle double le mo nant terre, de Sa quinz jour les na Ava à see, ancres endroi que de avait 1 Lesc contin dessei dernie des lie les sat done é passé ] portaic voir de ceux-ci
ura- »ntre Tr, C6 COnA por- Le de dit le éplai- \ COU- Mais capi- 18emdisait Le Son lieu, oneur lu dit 5 trois ble à tres,
ismes hâble asses, e galaga.??
ue ces rands bn 120 rante, viron ermide la
LA PETITE HFRMINE 49
rivière Saint-Charles où hiverna Cartier, je vais rassembler toutes les circonstances qui peuvent éclaireir ce point. Ce que j’ai dit jusqu’à présent est tiré du premier chapitre et du second de son second voyage en Amérique, Dans le 13e chapitre, Cartier après avoir raconté son voyage d’'Hochelaga et diverses autres circonstances, parle encore de l’Ile de Bacchus, de la terre double et de bonne hauteur de Stadaconé, que tout le monde sait être ce que nous appelons maintenant la ville de Québec ; ‘‘ sous laquelle haute terre, dit-il, vers le nord est la rivière et hâble de Sainte-Croix : auquel lieu avons été depuis le quinzième jour de septembre jusqu’au sixième jour de mai mil cinq cent trente-six : auquel lieu les navires demeurèrent à sec.??
Avant que Cartier eût mis ses deux vaisseaux à sec, le 16 septembre, il devait en avoir jeté les ancres dès le 14, Jour de son arrivée. En quel endroit étaient-ils à l’ancre ? nous ne parlons que de ses deux plus grands vaisseaux, car il avait laissé l’Emérillon dans la rade.
Lescarbot dit que l’objet de Cartier était de continuer les découvertes de Vérazani, dans le dessein de fonder des colonies er Amérique. Ce dernier avait péri dix ans précédemment dans des lieux inconnus ; et des bruits couraient que les sauvages l’avaient dévoré. Cartier devait done être très circonspect. Dans ce qui s’est passé le 15 septembre au sujet des armes que portaient les Français, nous avons pu apercevoir des semences de défiances mutuelles entre
ceux-ci et les sauvages, et le récit du second
50 LA PETITE HERMINÉ
voyage de Cartier, décèle ses appréhensions continuelles. L’histoire nous apprend que du temps de Cartier Stadaconé était beaucoup plus peuplé que du temps de Champlain, qui vint se loger à l’endroit de Québec, où est maintenant le marché de la Basse-Ville. Ce dernier div dans ses voyages que les Sauvages, de cet endroit craignaient tant leurs ennemis qu’ils en perdaient le sommeil. C’était l’effet des guerres survenues depuis ce voyage de Cartier, entre les Sauvages du Canada et les Iroquois. Je présume que telles furent les raisons qui déterminèrent ce navigateur à se placer vers le nord du havre de Sainte- Croix. Si nous prenons à la rigueur les expressions de Cartier pour désigner le lieu situé vers le nord de Stadaconé, où il hiverna, nous dirons que ce fut à l’endroit où la rivière Sainte-Croix, que nous nommons actuellement Saint-Charles, se jette dansle havre ou embôuchure de cette rivière ; plus haut ce serait purement la rivière Sainte-Croix, plus bas ce serait purement le havre ou embouchure de cette rivière, au lieu que le texte dit la rivière et Hable de Sainte-Croix, et plus bas vers l’est il aurait été hors de la portée d’un jet de pierre, circonstance dont nous allons bientôt voir l’importance.
Rappelons-nous que les deux grands navires de Cartier étaient à l’ancre le 15 de septembre et que ce jour-là Cartier alla à terre pc ‘rt planter des balises et des marques, et qu’il rencontra sur une pointe de terre Donnacona, Taiguragny, Domagaya et autres Sauvages venant de Stadaconé, et qu’à cette pointe se firent ces trois grands cris
dont quel Cha mend poin et di qu’à ou la l’hop que 1 l’anc le fai cette Ma ou pd Carti l’eau, Saint- Le jo tion-I; lui T:
placé Montr mais que D rivière Cudou glaces peut &:
de la leurs } faire € panton
dont nous venons de parler sous cette date, Dans quelle partie de l’embouchure de la rivière Saint- Charles, telle que nous l’avons décrite au commencement de ce discours, placerons-nous cette pointe de terre? Messieurs, réfléchissez-y bien; et dites-moi s’il est possible de ia placer ailleurs qu’à l’extrémité septentrionale de la péninsule ou langue de terre sur laquelle est maintenant l’hopital de marine, Ainsi nous pouvons dire que les deux grands navires de Cartier étaient à l’ancre au nord de cette pointe de terre ; et dans le fait il n’y a point d’autre pointe de terre dans cette embouchure.
Mais est-ce sur l’extrémité nord de cette langue ou pointe de terre, que les navires de Jacques Cartier furent mis à sec, o1 de l’autre côté de l’eau, c’est-à-dire sur lc rive nord de la rivière Saint-Charles, vis-à-vis de cette pointe de terre ? Le journal de Cartier va répondre à cette question-là. Notre navigateur désirait emmener avec lui Taiguragny, à Hochelaga, célèbre village placé à peu près où est maintenant la ville de Montréal. Ce Sauvage avait promis d’y aller ; mais ensuite, pour s’excuser, il disait à Cartier que Donnacona ne le voulait pas, par ce que la rivière ne valait rien, et aussi parce que leur dieu Cudouagny leur avait dit qu’il y avait tant de glaces et de neiges qu’ils mourraient tous. On peut supposer que Cartier et ces Sauvages avaient de la peine à sr communiquer réciproquement leurs pensées. Ces Sauvages désespérant de se faire comprendre par des paroles, jouèrer une pantomime, qui suivant moi avait rapport au
malheureux sort de Vérazani, etque Cartier ne comprit pas faute de connaître le climat du Canada. Mon sujet m’ordonne de laisser cette réflexion sur le sort de Vérazani, qui convenait à ma dissertation sur le canon de bronze précité, pour ne considérer le fait que je vais rapporter, que sous le point de vue qui a rapport à la question actuelle.
Le 18 septembre, temps auquel les deux navires étaient à sec, comme nous venons de le voir, Donnacona, Domagaya, Taiguragny,et une bande de Sauvages de Stadaconé se rendirent comme de coutume auprès des navires de Cartier, sans s’en approcher aussi près qu’ils avaient coutume de le faire, ‘ Et commença Taiguragny, dit le texte, à saluer le capitaine, lequel lui demanda s’il voulait avoir le bateau, à quoi lui répondit le dit Taiguragny que non sur l’heure, mais que tantôt il entrerait dedans les dits navires. Et incontinent arriva une barque où étaient trois hommes vêtus de peaux de chiens noires et blanches, ayant cornes aussi longues que le bras, et le visage peint de noir comme charbon, et apparaissants être trois diables, et faisait celui du milieu un merveilleux sermon, et passèrent le long de nos navires avec leur dite barque, sans aucunement tourner leur vue vers nous ; et allèrent asséner et donner en terre avec leur dite barque et les dits hommes, lesquels s'étaient laissé cheoir au fond d’icelle, comme gents morts, et portèrent;le tout ensemble dans le bois, qui était distant des dits navires d’un jet de pierre.??
Qui, d’après ce passage, ne voit pas clairement
que ia rivière se trouvait entre l’extrémité nord de cette pointe de terre, qui est une vraie presqu’île, et le rivage où les deux plus grands navires de Cartier étaient à sec ; et que si les geus de Stadaconé se fussent rendus à l’endroit où est maintenant la croix de bois dont nous venons de parler, Cartier n’aurait pas pris la peine d’offrir un bateau à Taiguragny pour venir à ses vaisseaux, s’ils eussent été à sec du côté de la rivière où étaient ces Sauvages. Quant à la rivière qu’il fallait traverser le ch. XII nous offre une autre preuve. Ces Sauvages de Stadaconé alarmés des nouvelles précautions que Cartier, après son retour d’Hochelaga, prenait à son fort, allèrent, dit le texte, ‘‘ plusieurs fois parler au dit capitaine, une rivière entre eux, et le dit capitaine leur répondit qu’ils n’étaient que traîtres’’... Ces passages nous offrent deux circonstances qui peuvent faire juger de la distance qu’il y avait entre ces deux vaisseaux ainsi mis à sec, et l’extrémité nord de cette pointe de terre ; la première circonstance est que l’on pouvait se parler de l’un à l’autre côté de la rivière, et la seconde est que cette distance n’était qu’à un jet de pierre, ou de laquelle on pouvait atteindre en lançant une pierre. Ces circonstances sont de la plus grande importance, puisqu'il faut qu’elles s'appliquent à l’endroit où l’on prétend que les deux navires étaient à sec, et particulièrement au local qu’occupait les restes du navire que l’ex prétend avoir appartenu à la Petite Hermine.
Nous avons démontré que l’endroit où Cartier a hiverné pendant son second voyage en Canada
nan
est de l’autre côté de cette partie de la rivière Saint-Charles qui est au nord de la pointe de terre ou presqu'île sur laquelle est actuellement l'hôpital de Marine. Maintenant il est temps que nous parlions de la terre qui est de l’autre côté de la rivière Saint-Charles, vis-à-vis de l’extrémité nord de cetie pointe. C’est sur cette terre que demeuraient autrefois les Jésuites depuis environ 1625, jusqu’à l’édification de leur collège à Québec. En entrant sur cette terre par le côté est, l’on trouve d’abord la petite rivière de Larey sur laquelle il y a un assez beau pont avec une barrière. En se dirigeant à l’ouest vers la terre des Dames de l’Hôpital-Général, en faisant cinq cents pas, à partir du pont précité, on trouve une autre petite rivière connue sous le nom de ruisseau Saint-Michel, à l’embouchure duquel on a décnuvert la carcasse de l’ancien vaisseau en question, dont il ne reste plus rien sur les lieux. Il eut peut-être mieux valu pour la science, la laisser durer autant que possible, pour la satisfaction de la présente génération, et de celles à venir. Mais c’est une destruction accomplie, et l’expression de plus de regrets se ait superflue.
Lorsque l’on a visité les embouchures de ces deux petites rivières, en ne s’attachant qu'aux deux circonstances que je viens de mentionner, savoir, que Cartier a parlé de son vaisseau à Taiguragny qui était de l’autre côté de la rivière, et le bois dans lequel ces sauvages portèrent ces trois autres qui jouaient le rôle de morts, qui n’était distant de ses navires que d’un jet de pierre, on est d’abord porté à trouver que ces
deux boue ruiss de di vaiss dista rer C( de la tes sa à cro dans riviè ment pas I ensuit prena il fauc :à pre remon descen preuve ment, faire e tion, d Je vais bables, turels |
| pagnen | Ilest c | nada et | oùhive
recherc
1 m'ont cç
deux circonstances s'appliquent mieux à l’embouchure de la rivière de Larey, qu’à celle du ruisseau St-Michel : parce qu’il y a en effet plus de distance de l’endroit où était cette carcasse de vaisseau à aller à cette pointe de terre ; mais la distance n’est pas assez grande pour la considérer comme hors de la portée d’un jet de pierre et de la voix. D'ailleurs, toutes les terres adjacentes sont très évidemment d’alluvion, et tout porte à croire qu’il s’est fait bien des changements dans ces localités, Comme ces deux entrées de rivières sont les seules où l’on puisse raisonnablement supposer que Cartier hiverna, car on n’irait pas loin à l’est sans perdre le jet de pierre, et ensuite sans être hors de la portée de la voix, en prenant les choses telles qu’elles sont maintenant il faudrait faire des suppositions peu probables, a première que ce bâtiment a plutôt dérivé en remontant vers la source d’une rivière qu’en en descendant, ce que l’on ne doit pas admettre sans preuve positive ; la seconde c’est que, actuellement, il serait très difficile, sinon impossible, de faire entrer un vaisseau du port de celui en question, dans l’embouchure du ruisseau St-Michel. Je vais donc, sans supposition de choses improbables, tâcher d'expliquer par quels moyens naturels se sont passés les phénomènes qui accompagnent la découverte du vaisseau en question. Il est certain que Champlain, qui est venu en Canada environ 72 ans après Cartier, plaçait le lieu où hiverna celui-ci, dans l’endroit même où mes recherches fondées sur” le récit de ce dernier m'ont conduit. Il est également constant que les
VE SRE MOMENT VE HAT Pare mena
ñ f i He CA At) Ë )
pére DR LAS rage hhen ES sente neeqeenrn tn
Jésuites qui sont venus à Québec vers 1625 ont longtemps habité dans une maison située sur les bords de la rivière St-Charles, vis-à-vis la pointe de terre dont nous parlons, On voit encore quelques pierres que l’on prétend avoir appartenu à une cheminée de cette maison, et l’emplacement où était cette maison est situé entre les deux petites rivières ou ruisseaux dont nous parlons, Entre ces deux rivières, à partir du pont dont je viens de parler, en allant à l’ouest, il y à environ sept arpents, où 500 pas. D'après ce que dit Champlain, qui paraît avoir exploré ces lieux dans le dessein de déterminer le point occupé par les vaisseaux de Cartier, il n’a pas vu cette carcasse de ia Petite Hermine, dont nous nous occupons aujourd’hui ; et les PP. Jésuites qui avaient ce ruisseau St-Michel sous les yeux, n’ont rien vu de semblabie à cela, pendant le long séjour qu’ils y ont fait.
Il est temps maintenant de donner l’explication du phénomène de la disparition et de la réapparition du vaisseau de Cartier, appelé la Pe tite Hermine. Si l’alluvion peut cacher un corps sous la terre, elle ; sut aussi le découvrir. Ce sont donc deux opérations de la nature très distinctes. Laquelle des deux avait lieu lorsque l’on a découvert les restes du vaisseau en question ? Il ya plus de trois siècles que Cartier a abandonné ce bâtiment. Sile phénomène, qui se passe maintenant, est celui qui tend à enfouir ce vaisseau sous terre, il s’ensuivrait que du temps de Champlain et du séjour des Pères Jésuites, ce vaisseau n’était caché que dans la proportion d’enviren un
5 ont r les pinte quelnu à ment x pe- ‘lons.
nt je viron e dit lieux 6 par 6 CAToceuaient en vu qu'ils
plicala réa Pe:
corps B sont netes.
a dé- Il ya né ce mainsseau hamsseau
nun
tiers de ce qu’il était lorsqu'on l’a dernièrement découvert. Dans ce cas là, ce vaisseau eût été visible à tous les yeux, puisque le lieu où il était ne produit ni arbres ni arbustes, mais seulement une herbe courte et clair-semée ; et Champlain et nos savants Jésuites n’auraient pas manqué de nous en Signalcr la äécouverte, Il faut donc conclure de la réccnte découverte de l’objet de nos recherches, que nous en sommes à un phénomène d’alluvion qui tend à découvrir un objet caché sous terre. Il est bien vrai que dans les fastes de la géologie, le fait qui nous occupe n’aura pas dans les siècles à venir l’éclat qui se rattache au rapport des terres produit par les débordements du Nil, qui a formé le Delta, et placé à deux lieues de la Méditerrannée, Damiette, où St-Louis en 1249, aborda avec sa flotte. L’objet de nos recherches quoiqu’indifférent sans doute aux autres nations, n’en est pas moins très intéressant pour nous. Pardonnez-moi done, messieurs, si je vous occupe encore quelques instants.
Pour achever l’explication que j’entreprends de vous donner, il faut observer que l’entrée du ruisseau St-Michel, est maintenant fort étroite ; qu’en remontant vers le nord, elle s’élargit, et forme une espèce de bassin ovale, lequel a un peu plus d’un arpent de long, et un peu moins de large. Le fond de ce bassin tel qu’on le voit aujourd’hui, est à huit ou dix pieds au-dessous des terres qui l’environnent et à un peu plus du côté de l’ouest et du nord. C’est à cinq à six pieds au-dessous de la supexficie actuelle de ce bassin que reposait le fond du vaisseau que, d’après les
proportions de ses restes, l’on suppose être de la Petite Hermine. Lorsque l’année dernière on la découvrit, on ne trouva que :a partie de la poupe, ou supposée telle, parce qu’elle était du côté de la rivière St-Charles (car d’ailleurs elle était méconnaissable par la qnantité du bois qui en avait été enlevée), qui fut un peu hors de terre : l’autre extrémité, supposée la proue, était couverte de quelques pieds de terre ; ce qui peut nous faire croire que ce bâtiment a été autrefois tout à fait cour ert de terre. En cet état le vaisseau était si peu visible que M. Hamel, accompagné de quelques personnes, étant allé l’année dernière, à la recherche de la Petite Hermine, ne découvrit rien en cet endroit. Ce ne fut que quelques jours après, qu’il découvrit l’objet de ses explorations.
Observous que le fond du ruisseau Saint-Michel, avant d’arriver à ce bassin, est à peu près de niveau avec le fond de ce bassin tel qu’il se trouve actuellement, et que par conséquent il devait y avoir là une cascade de six à sept pieds de hauteur, qui correspondait au fond de ce bassin tel qu’il devait être du temps de Cartier. Si l’or déblayait le fond de ce bassin jusqu’à la profondeur de l’endroit où reposait le fond de ce vaisseau, il est probable que l’on y trouverait les ossements des vingt-cinq Français morts du scorbut, que Cartier fit cacher sous la neige. Car on ne doit pas supposer que les sauvages de Stadin, à qui Cartier avait abandonné ce vaisseau pour qu’ils en prissent les vieux clous, rendirent à ces défunts les honneurs de la sépulture. D’après
l’idée res Oo devoi en ho pèren extra
Je a fav Herm terres tout 4 eaux l’entr comb lieu :
patur ment, partie
Cep
bien
terre :
Ÿ insens | les dé | que |”
fond €
| empot D d’une | sible« | Mais t | et orig 2 tait le N dance à bord]
de la on la poucôté était i en rre :
coupeut efois vaism pannée e, ne que et de
t-Miprès il se nt il bieds e ce tier.
à la le ce t les sCOT r on din, Dour à ces près
l’idée que nous avons des préjugés de ces barbares ou malheureux enfants de la nature, nous devons penser que cet endroit leur fut longtemps en horreur, et que, par conséquent, ils ne s'occupèrent ni à rendre des devoirs à ces morts, ni à extraire les vieux clous de ce vaisseau.
Je n’entends pas vous démontrer ia cause qui a favorisé la réapparition des restes de la Petite Hermine : que l’on attribue au défrichement des terres, à la diminution des eaux en général, ou à tout autre cause, un écoulement plus rapide des eaux qui tend à enlever la superficie du fond de l’entrée du ruisseau Saint-Michel, après l’avoir comblé, comme il est évident que la chose a eu lieu : ce fait me paraît constant, une action de la nature a couvert de terre la carcasse de ce bâtiment, et une autre action de la nature l’a mise en partie à découvert.
Cependant il s’offre une raison bien simple et bien évidente qui peut expliquer comment la terre autrefois transportée par le ruisseau, est insensiblement emportée hors de ce bassin, Par les dépots que laissent les hautes marées, on voit que l’eau s'élève de plusieurs pieds audessus du fond du bassin. Ainsi, en se retirant, elle doit emporter une légère superficie de terre, mais d’une manière si faible qu’elle ne peut être sensible qu’à la suite d’une longue série d’années. Mais toutes les hautes marées ne sont pas égales, et originairement lorsque ce ruisseau transportait les terres, avec probablement plus d’abondance que maintenant, ie äépôt devait être d’abord plus élévé vers l’extrémité nord du bassin
que du côté sud de ce bassin ; ce qui peut ex. pliquer pourquoi l’extrémité du vaisseau placée du côté de la rivière Saint-Charles, était découverte avant la proue ou l’autre extrémité de ce vaisseau du côté du nord; car dans tous les cas l’action de l’eau qui amollit les terres et qui les enlève est plus prolongée vers le bas que vers le haut de ce bassin, On peut ajouter à ceci l’action de la pluie qui doit produire à peu près le même effet.
D'après ce qui précède il ne peut y avoir de doute que la carcasse de vaisseau trouvée à l’entrée du ruisseau Saint-Michel ne fut les restes de la Petite Hermine, laquelle est restée là depuis le 16 septembre 1535, jusqu’à l’année dernière, temps auquel M. Hamel les en à fait enlever, pour les conserver soigneusement. Qui voudrait nier le fait serait obligé de prouver bien positivement que ces restes ont appartenu à un autre vaisseau. Rien dans l’histoire du Canada, ni dans la tradition, ne peut justifier cette assertion. Quelque convaincu que je sois que ces restes de vaisseau sont ceux de la Petite Hermine en question, j’ajouterai quelques observations à celles que j'ai déjà faites.
L'état de conservation dans lequel était le bois de ce vaisseau n’a rien de surprenant, parce qu’il était dans un fond de glaise humide ; et l’on découvre souvent des bois conservés dans des circonstances semblables, après un séjor” bien plus longtemps prolongé,
Voici une carvelle de fer que j'ai vu extraire de cétte carcasse, vous voyez comme elle est pro-
un bat de Jac
Ajot tirer à M. Ho maire !
pris el Hamel raisses quelqu servi :
dans 12 ses res
6Xacée COUle ce s CAS ii les rs le l’acès le
r de l’en- ‘estes epuis 1ière, ever, drait ositiautre a, ni tiou.
s de quesselles
à bois parce ; et dans
éjot”
aire pro-
fondément rongée par la rouille, et voyez conrme elle ax exactement la même apparence que les pièces de fer attachées au canon de bronze dont je viens de vous parler. Or, ce canon est présumé avoir resté dans l’eau pendant plus de trois siècles. Voici en outre un boulet de canon que M. Rhéaume, un des membres de cette société, a trouvé dans le coque de ce vaisseau. Ce boulet a deux pouces et demi de diamèire., Le fer en est aussi rongé par la rouille que la carvelle que je vous ai présentée. La forme de ce boulet vous prouve Combien le moule dans lequel il a été coulé, était grossier, et démontre qu’il n’a été fondu qu’à une époque très reculée, où l’art de la fabrication des objets de cette espèce n’était encore qu’à son enfance, Ainsi montrez ce boulet à une personne versée dans ce genre de connaissances, et elle vous dira que ce boulet a plus de trois siècles d’existence. Ce boulet est un grand témoin, il nous prouve qu’il appartenait à un batiment armé en guerre tels qu’étaient ceux de Jacques Cartier.
Ajoutons à ceci les inductions que l’on peut tirer du rapport de la commission nommée par M. Hovius, chevalier de la légion d'Honneur, maire de St-Malo. Cette commission après avoir pris en considération la communication de M.
Hamel, et différents objets détachés de cet aneien vaisseau, tels que quelques morceaux de bois, quelques elous, quelques substances qui avaient servi au calfatage, quelques pierres trouvées dans la coque du vaisseau, et une description de ses restes, se prononce en faveur de la présomp-
tion que ces restes sont ceux de la Petite Hermine que Cartier a abandonnée en 1536, ecmme nous l’avons déjà dit. (Voyez les numéros du Canadien du 3 juin dernier, et du 25 août 1843.)
Eh bien, Messiears, avais-je raison de dire que si l’on m’eût consulté on n’aurait pas posé cette croix avec l’iuscription dont nous avons parlé, au devant dé l’hôpital de Marine ? maïs à l’entrée de l’une de ces petites rivières dont nous avons parlé, ou peut-être en désespoir de cause auprès de ces pierres, restes d’une cheminée de la maison qu’ichitaient autrefois nos savants Pères Jésuites. Mais, maintenant, convenons que cette croix devrait être placée sur l’éminence qui est au nord de l’endroit où étaient les restes de la Petite Hermine, et que le ruisseau Saint-Michel devrait prendre le nom de Jacques Cartier.
A présent que je crois m'être acquitté de ma tâche, je vous demande, messieurs, si je n’ai pas quelque droit de priorité d’invention sur cette question ; si je n’ai pas quelque raison de me plaindre de l’espèce de voile que l’on paraît avoir jeté sur ma dissertation relative au canon de bronze dont nous avons parlé, dans une circonstance où tout annonce que c’est cet écrit qui a été le mobile de ces recherches pour trouver les restes de la Petite Hermine. Mais je connais trop bien l’histoire du cœur humain pour ne pas me contenter de terminer, en disant avec le poète latin, sic vos non vobis...??
A mon tour, j'ai un mot à dire au sujet du canon de bronze dont parle M. Berthelot et qui
| encore
nouvel
débris Trois-R de ce « habitan Ce bâ tes les n
| hommes
y périre de Quét En 16
| ses éntr
de M. d Poterie deux en
nine 1OUS dien
que ette arlé, 1? ennous ause e de rants »nons inen- 1t les sseau cques
le ma ai pas cette e me baraît anon e cirt qui er les S trop s me poète
et du d1 qui
H ces navigateurs.
avait été trouvé dans le fleuve, sur uñe batture de sable, devant la paroisse de Champlain. Cette arme était d’un modèle si primitif qu’on ne voulut pas même la supposer contemporaine du fondateur de Québec et que l’on rétrograda jusqu’à Cartier et à Vérazani pour en fixer l’existence active. On argumenta pour prouver qu’elle avait dû tomber des vaisseaux de l’un ou de l’autre de
‘ L'histoire du Canada, dit en terminant M.
| Berthelot, ne mentionne aucun naufrage dans
ces temps si reculés, d’où je conclus, &e.??
Commençons par citer un naufrage bien constaté, entre Québec et les Trois-Rivières, dans le
cours du dix-septième siècle, plus de cent ans
après Vérazani et Cartier :
‘Le 21 novembre 1646, arriva à Québec la nouvelle assurée du plus grand désastre qui fut encore arrivé en Canada, savoir: la perte ou
| débris du brigantin qui allait de Québec aux à Trois-Rivières, dans lequel était une bonne partie
de ce qui était nécessaire pour le magasin et habitants des Trois-Rivières. ??
Ce bâtiment non-seulement fut perdu avec toutes les marchandises qu’il portait, mais aussi neuf hommes, passagers ou employés à sa manœuvre y périrent. Le naufrage eut lieu, dit le registre
de Québec, ‘ vers le Cap-à-l’Arbre.??
En 1646, il n’y avait pas d’habitations françaises entre Québec et les Trois-Rivières, sauf celle de M. de Chavigny à Sillery et celle de M. de la Poterie à Portneuf ; en remontant, il y avait deux endroits connus des mariniers et des voya-
geurs genéralement : le Cap-à-l’Arbre, au bas de la seigneurie de Saint-Jean d’Eschaillon, et l’Arbre-à-la-Croix dans la seigneurie du Cap de la Madeleine. Ce dernier endroit (fief Hertel) pouvait être habité alors ; on y avait opéré des défrichements et bâti une maison.
En disant que la catastrophe eut lieu vers le Cap-à-l’Arbre, le registre ne désigne certainement pas un Site compris entre le Cap-à-l’Arbre et Québec, puisqu'il y avait Portneuf et même Sillery que l’or pouvait aussi nommer dans un voisinage peu étendu. C’est plutôt entre le Cap-àl’Arbre et les Trois-Rivières qu’il faut chercher le théâtre du désastre en question. Il n’en est pas de plus proche, croyons-nous, que la batture de Champlain, et c’est là que fut trouvé, deux siècles plus tard, la pièce de bronze qui nous occupe.
À quelle époque cette arme a-t-elle été en usage et par conséquent transportée jusqu’en Canada où elle s’est perdue ?
Ce canon, d’un modèle répandu dès le temps de François I (1525-1530) devait être en effet semblable à ceux dont Vérazani et Cartier se servaier.t, mais il ne s’en suit pas qu’il ait été perdu par l’un ou l’autre de ces découvreurs. La trace de Vérazani nous échappe en 1525 ou 1526 ; tout ce que l’on peut dire après cela Se résume à la probabilité d’une visite de ce marin dans le St- Laurent. Cartier dont les écrits sont si bien remplis de détails de navigation, ne mentionne pas qu’il ait subi des avaries ou même des contretemps entre Québec et les Trois-Rivières. Rien
2 cités 8
ne n vaill Do à-fait tier r la pe l’atte du lie On Panne si la f sion £ périot les ca.
| occup conter ments Dès
| Franç:
Rivièr vages.
rement moyen demie un ou d
bouche commcG tées sai rière d Québec et de ?
journel
s de 'Are la pouéfri-
rs le ment re et » Sil- | voiap-àrcher n est tture deux nous
usage
ne nous invite à rattacher à ces voyages la trouvaille de 1826.
Done, ni le naufrage de Vérazani, qui est toutà-fait problématique, ni les expéditions de Cartier ne peuvent nous renseigner à ce sujet. Mais la perte du brigantin de 1646 vient à propos fixer l'attention, parceque ce vaisseau a péri non loin du lieu où le canon de bronze a été repêché.
On dira qu’il y a cent ans entre François I et l’année 1646. Selon nous, cela importe peu, car si la fabrication des bouches à feu de large dimension à été créé, en quelque sorte, durant cette période, on est assuré par de bonnes autorités que les canons de petit calibre, comme celui qui nous occupe, n’ont pas changé du tout et que l’on s’est contenté de les reléguer sur de moindres bâtiments.
Dès l’année 1609, ou même auparavant, les Français remontaient le fleuve jusqu'aux Trois- Rivières, sinon au delà, pour traiter avec les Sau-
| vages. De Tadoussac, où ils laissaient ordinai-
rement leurs navires de mer, ils naviguaient au
| moyen de chaloupes ou barques montées par une
demie douzaine d'hommes au plus, et armées de un ou deux canons légers que l’on trouve Souvent
| cités sous les noms de pierriers ou espoirs. Ces
bouches à feu étaient d’un maniement facile, commodes par leur forme et leur poids, et montées sans frais sur des pivots à l’avant ou à l’arrière des embarcations. Après la fondation de Québec (1608), des Trois-Rivières (1634), de Sorel et de Montréal (1642), on s’en servait encore
| journellement, et ainsi pendant nombre d’années
plus tard. Le fait est incontestable. On sait aussi, que à cette époque, les mêmes canons n’étaient plus employés en France que pour les bâtiments côtiers et dans les ports ; les navires de long cours en emportaient avec eux afin de les placer sur des chaloupes pour opérer des descentes. Que leur modèle ait été dès lors suranné, cela est évident, mais on s’en servait en divers lieux et surtout on devait s’en servir dans les rivicres d’une colonie où l’on avait besoin de se précautionner contre les Sauvages, sans se mettre en peine d’édifier ces barbares par la montre d'armes de prix ou améliorées dont ils ne comprenaient pas la valeur artistique. Si toutefois, il existait alors des pièces perfectionnées de cet ordre dans la marine française, nousserions encore prêts à soutenir que les intéressés dans la traite et la colonisation du Canada n’allaient pas jusqu’at int de se les procurer et qu’au contraire ils se trouvaient bien aise d’obtenir au rabais celles d’une autre époque dont ils pouvaient faire bon usage, puisqu'il n’avaient à les utiliser que contre des hordes bien inférieures dans l’art de la guerre aux nations européennes.
Les brigantins, comme celui dont il est parlé en 1646, étaient des bateaux de transport pour le service des côtes et des rivières, portant bas bord, voiles et rames de cinq et six hommes d’équipages. C’est de l’une de ces barques que le ‘‘ canon de bronze ?? à dû choir dans le fleuve.
Depuis 1826 on a retiré de l’eau deux ou trois autres petites pièces du même genre entre Montréal et Québec ; et ce qui fait bien voir qu’elles
appa tage, par 1 pièce navig
Dis de br
Lo | Bouc lieu dix p point divisé vait d et cel de la était « c’est 1 On er descri zième sur l’a ter de qué p: concer entrai nes q!
où est minée vation de bro temps glissai
sait n’ébâtis de a les desnné, ivers s les le se ettre ontre comefois, le cet ncore traite S jusraire is celfaire r que rt de
parlé pur le bord, téqui-
anon
trois À ontelles
appartenaient à la navigation fluviale, au cabotage, c’est qu’elles ne peuvent être comparées par la forme et par les dimensions aux grandes pièces trouvées plus bas que Québec où règne la navigation océanique.
Disons, à propos, comment était fait le ‘ canon de bronze.’?
Longueur : trois pieds et quatre pouces et demi, Bouche ou âme: trois pouces de diamètre, Au lieu du bouton, une cheville ou levier en fer de dix pouces trois quarts placé à la culasse p° r pointer. Un pivot en fer appelé ‘ chandelle,’ divisé en deux branches comme une fourche, servait de monture ; c’est le support des pierriers, et cela va de soi puisque le canon de bronze était de la classe des pierriers. Le bronze de l’arme était d’un beau métal, irrégulièrement travaillé ; c’est l’enfance de l’art de la fonderie des canons. On en voit la preuve en la comparant avec les descriptions et les gravures des pièces du seizième siècle que l’on rencontre dans les ouvrages sur l’artillerie. Mais où il est curieux de s’arrêter devant ces premiers produits d’un génie évoqué par l’invention de la poure, c’est en ce qui concerne leur mode de chargement. La gargousse entrait par la culasse, n’en déplaise à nos modernes qui croient avoir trouvé cela. A l’endroit où est la ‘‘iumière ””’ de nos canons et la ‘‘ cheminée ” de nos fusils (mettant de côté les innovations des dernières trente années) le ‘canon de bronze,’ comme tous ceux de sa classe en son temps, possédait une ouverture dans laquelle on glissait une boîte ou chambre mobile qui y était
retenue solidement par une cheville de fer. Le coup parti, on enlevait la cheville, on retirait la boîte dans laquelle se plaçait une charge nouvelle —et le tout était remis en place pour un second feu.
” Cette relique ne nous a pas été conservée, Le musée LeChasseur qui la contenait a été détruit par le feu de Québec.
Que sont devenues les autres pièces trouvées plus récemment dans le fleuve et que l’on dit semblables au ‘‘ canon de bronze 4 ”?
Après cette dissertation, revenons à la Petite Hermine.
M. Paul de Cazes disait tout récemment en pré: sence de la Société Royale qu’il n’arrivait pas aux mêmes conclusions que le docteur Dionne:
‘ J’affirme, dit-il, que la flotille de Jacques Certier n’a pas passé l’hiver de 1535 à 1536 dans la rivière Lairet, et que le fort que Jacques Cartier a élevé sur le bord de la rivière Saint-Charles n’était pas placé à l’est de la rivière Lairet. Selon mes prétentions, les navires de Cartier ont passé l’hiver dans une petite anse située dans la rivière St Michel, non loin de l’endroit où elle se jette dans la rivière Saint-Charles. Cette anse, presque à sec à marée basse, est assez spacieuse et suffisamment profonde à marée haute pour contenir commodément trois navires dont le plus gros ne jaugeait pas plus de cent vingt tonneaux. Le navigateur malouin a dû être frappé par les avantages que lui offrait ce petit port naturel où ses navires trouveraient un abri sûr et dans lequel ils n’auraient rien à craindre de la débâcle au
prin faire Lair prot dang Cha du ] d’ea Cha Pacti la ca Mich tier, chênd six pl dans l'air, pas li située seau demi l’endi Cette rains quant straté Tout médit
à l’en été tr dans | M, de
Le It la elle ond
Le ruit
vées , dit
Petite
| préj pas nne :