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printemps. Cette seule considération devait Jui faire préférer la rivière St Michel à la rivière Lairet dans laquelle, loin de trouver la même protection, sa petite flotille aurait été mise en danger par les glaçons charriés par la rivière St Charles, que la marée refoule, pendant ies crues du printemps, dans l’embouchure de ce cours d’eau, presque aussi large alors que la rivière St Charles elle-même... On aurait tort d’invoquer l’action destructive du temps pour prouver que la carène trouvée dans le lit de la rivière St Michel ne pouvait appartenir au navire de Cartier, si on tient compte de ce que, étant faite de chêne elle était, de plus enfouie sous cinq pieds six pouces de vase, car personne n’ignore que dans de telles conditions et privés du contact de l'air, certains bois, le chêne surtout, ne subissent pas les effets de la décomposition... La pointe située entre la rivière St Michel et un petit ruisseau qui se trouve à environ deux arpents et demi plus à l’ouest, s’imposait à Cartier comme l’endroit le plus favorable pour y placer un fort. Cette pointe, très étroite, plus élevée que les terrains environnants, n’ayant guère que cent cinquante à deux cents pas de largeur, était le point stratégique le plus avantageux des environs...’ Tout le travaii de M. de Cazes est à lire et à méditer.
M. Berthelot pensait que Cartier avait hiverné à l’entrée du ruisseau St Michel, où le navire à été trouvé. M. Garneau accepte cette donnée dans la première édition de l’Histoire du Canada. M. de Caze se range aussi de ce côté, M, Dionne
veut que la chose ait eu lieu au ruisseau Lairet ; c’est à ce dernier endroit que l’on a planté, en 1889, un monument en l’honneur de Cartier—et les 2nciennes discussions se ravivent à ce propos.
L'examen des localités me porte à croire que les navires de Cartier ont dû remonter la rivière Saint-Charles au delà du ruisseau Lairet afin de se mettre hors de l’influence ds la marée et se ranger près d’une terre assez haute pour servir ‘d’assiette à un fort. Ces conditions se rencontrent à l’entrée du ruisseau Sain*-Michel, aussi bien que sur le sol qui s’étend de 1à jusqu’au petit ruisseau qui coule un peu au sud et se jette à la rivière Saint-Charles. M. de Cazes place les Sanvages de Stadacona entre les ruisseaux Saint- Michel et Lairet, ce qui cadre parfaitement avec la narration de Cartier,
Ainsi donc, après avoir planté une croix près de l’hôpital de marine, pensant marquer le lieu ou hiverna Cartier, on à compris qu’il fallait remonter plus haut dans la rivière Saint-Charles, et l’on s’est arrêté au ruisseau Lairet. Remontez davantage et transportez le monument au ruis seau St-Michel.