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CHATEAU X-FANTÔMES

TArc de Triomphe. Par quoi ont-ils réussi, Béranger, Victor Hugo et leurs continuateurs? Par Taccouplement habile des hymnes à la liberté révolutionnaire et des odes à Napoléon.

Le siècle met sa vanité à se dire le fils de ses œuvres; pour tout ce qui Ta précédé il n'a qu'oubli et dédain. Voyez, dans cette large trouée où nous le regardons venir, comme il a détruit toutes les reliques, effacé tous les vestiges du passé. Le voici qui pénètre dans le jardin des Tuileries. Allées où les feuilles mortes criaient sous les pas du roi Louis XVI, sous les pas de son enfant martyr, quand les tristes victimes fuyaient entre ces arbres vers l'abattoir de la Convention! Le siècle n'a cure de ces ombres tragiques. Il n'entend dans ce jardin que le pas des chevaux qui franchissent la grille du Pont- Tournant, qui portent le général Bonaparte et ses futurs maréchaux.

Plus près encore, sur ces parterres où le gazon pousse, il passe avec indifférence sur le spectre d'un palais. Il a feint de regretter ce joyau perdu, le château des Tuileries, au jour de folie où les flammes l'ont dévoré. Il le regrettait si peu qu'il en a dispersé les dernières pierres : et cette dévastation était dans la logique de toute l'œuvre séculaire. La vieille royauté tenait à sa demeure par de si fortes racines qu'on pouvait toujours craindre d'en voir repousser un surgeon. Des

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revenants s'y étaient réinstallés à plusieurs reprises, fantômes^ qui bravaient le siècle. Il n'a été pleinement rassuré que par l'abolition matérielle de l'histoire monarchique. Il a bien su ce qu'il faisait, quand il a nivelé l'emplacement de telle sorte que les étrangers nous posent déjà cette question :

— Où donc s'élevait le palais des anciens Rois?

Dorénavant, rien n'arrête nos regards, rien ne détourne le vol du siècle, entre l'Arc de Triomphe et ce petit portique aux colonnes de marbre, rappel final du point de départ, qui renvoie à son grand frère un écho affaibli de l'épopée. L'autre, là-bas, fait bourdonner sous ses hautes voûtes les noms sonores des héros : celui-ci résirme leurs actions en quelques lignes lapidaires :

l'armée française embarquée a BOULOGNE MENAÇAIT

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