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PRÉFACE III

Vesfrit de la Révolution, et nous sommes arrivés^ tous les deux, à des conclusions traditionnelles qui auraient bien étonné mes professeurs de Louisle-Grand et vos professeurs de VEcole Nor7nale. Ni de votre part, ni de la mienne, ce ne fut là une conversion. J'ai, quant à 7noi, toujours protesté contre ce mot, quand il m'a été appliqué. Il n'est pas exact. Le plus récent de vos portraitistes, M. Victor Giraud, après avoir cité de vous une page de i88j, concluait : « C'est là un réquisitoire contre l'ordre de choses existant que l'on pourrait, sauf le ton, croire écrit d'hier. » Pareillement ce recueil-ci renferme plusieurs morceaux composés à la même époque, que j'ai pu insérer à côté d'autres, tout récents, sans qu'il y ait d'autre différence qu'une précision plus nette de la pensée. C'est la preuve que le traditionalisme était déjà enveloppé dans nos apparentes hésitations d'il y a trente ans. Je dis : apparentes. Car les jeunes gens de notre génération avaient reçu, de leurs aînés, deux idées directrices autour desquelles leur intelligence devait nécessairement reconstruire tout l'appareil des vérités françaises.

'L'une de ces idées était l'idée de la Loi. L'autre était une vue de la littérature, considérée comme une psychologie vivante. Le culte passionné de la Science que professèrent les Sainte- Beuve, les Renan, les Flaubert, les Taine enveloppait cette affirmation que tout phénomène est con-

ditionné, far suite les phénomènes sociaux et politiques comme les autres. Le soin quHls avaient de situer V œuvre littéraire dans la race, dans le milieu, dans le moment, enveloppait cette autre aifirmation qiiun roman, un drame, une comédie, un poème, ont une valeur documentaire à côté de leur valeur esthétique. Ils sont des signes. Les étudier, c'est assister à une expérience instituée par la nature. Les interpréter, c'est comprendre cette expérience. Ce roman, ce drame, cette comédie, ce pohne traduisent des états de sensibilité. Ce sont des accidents humains et qui supposent certaines données, des effets et qui manifestent certaines causes. Quelles données, sinon celles des mœurs contemporaines? Quelles causes, sinon les conditions sociales et politiques où ces états de sensibilité ^ont apparus? Les deux idées se rejoigent et l'analyse littéraire ainsi conçue dérive dans l'analyse sociale, aussi logiquement que celle-ci dérive dans l'analyse politique. Comment séparer les mœurs et le gouvernement, sans mutiler la réalité par îin effort d'abstraction impossible à prolonger? Un esprit peut toujours s'arrêter à michemin de sa pensée. H ne peut pas empêcher que ce chemin ne conduise à un point déterminé. Taine n'a pas même entrevu qu'il dût arriver jamais au traditionalisme intégral. C*est pourtant la doctrine à laquelle il a conduit tous ses élèves.

Cette découverte^ par delà, ou mieux par-des-

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