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decins étrangers, anglais surtout, qui paraissent précocement avoir compris la valeur de la méthode hydrominérale. Mais la plupart des médecins thermaux étaient des médecins des environs, de Moulins ou de Gannat, que l’afflux des malades à Vichy, lieu voisin de leur pays, avait amenés à s’occuper d’hydrologie. Ils étaient hommes du monde, au courant de tout ce qui se passait dans la station ou à la Cour, habiles surtout à raconter la vie privée des uns et des autres ; ils n’ennuyaient pas leurs malades par des prescriptions sévères, mais savaient distraire leurs riches clients qui, grâce à eux, passaient des moments agréables.
Un peu de philosophie, une très vague connaissance des eaux minérales, une bien plus grande des plaisirs de leur ville, et leur réputation était faite. Quelquesuns même avaient l'humeur chatouilleuse, témoin ce médecin de Bourbon qui interdisait les eaux à un quidam qui lui avait manqué de respect.
Les plus consciencieux composaient un traité que la postérité n’a heureusement pas conservé.
Certains vils courtisans, comme Coussinot, écrivaient un livre sur Forges, sans y avoir jamais été ; ils n’ont qu’une seule excuse, ils étaient les médecins de leurs malades.
Il y avait alors dans les villes d'eaux, nous dit Jean Banc (1), le souriant chroniqueur de l’époque, deux sortes de malades :
Des incurables.
(1) In loc. citat. Livre I : Généralités sur les eaux thermales,
Des gens bien portant.
Et ces derniers formaient la majorité. Ils venaient, attirés par les plaisirs, les relations, soigner des maux imaginaires ou peu conséquents, voire même pour conserver leur santé ainsi que l’écrit un médecin de Bourbon.
Ou bien des médecins étrangers venant pour étudier les mœurs du pays.
Certains allaient à Plombières pour jouer, les autres pour secouer le joug conjugal ; certaines y cherchaient un mari, d’autres simplement les plaisirs et le bain, avec son déshabillé qui, même à cette époque, restait presque total, y aidait pour beaucoup.
Les gens les plus célèbres aimaient à voir leurs déplacements commentés dans les gazettes et les rois eux-mêmes ne dédaignèrent jamais de faire une cure thermale. Au contraire, ils y vinrent tous suivis de la foule de leurs courtisans: Henri IV aux Eaux Chaudes, Louis XIII à Vichy, y soigner une colique néphrétique.
Marguerite de Navarre laissa à Luchon un peu de sa réputation charmante, et l’on sait que Louis XIV lui-même vint à Barèges.
Certaines stations comme les Eaux Bonnes, avaient une réputation un peu inattendue, on y venait chercher la beauté. Les médecins en baignant, en nettoyant leurs malades, y réalisaient des prodiges.
À l'opposé, il y avait les incurables, ceux qui venaient demander à la mystique des eaux thermales une guérison que leur médecin ne pouvait leur don-
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ner, premiers vrais malades, bien mauvais propagandistes, rarement guéris, mal aiguillés, mal soignés, ils n’ont pourtant pas gardé trop mauvais souvenir du remède et Montaigne, qui fut tour à tour l’hôte de presque toutes les stations d'Europe, trouve encore des mots sympathiques et presque reconnaissants pour décrire les agréments de Plombières, le luxe de Bade.