‹ Pages de souvenirs et d'histoireChapitre 19 sur 54 · MONSIEUR JOSEPH LABONTE QUI VIENT PAYER SA DIME · texte numérisé non relu

MONSIEUR JOSEPH LABONTE QUI VIENT PAYER SA DIME

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Monseigneur bénit aussi une belle statue de Saint- Pierre en chêne, sortant des ateliers de Raffl, à Paris. C’était un don d’une grande dame française qui voulut honorer ainsi le chef des Apôtres.

A l’issue de la cérémonie, à la porte de l’église, monsieur Martin Jérôme, alors préfet de la municipalité, lut une adresse à Monseigneur. Sa Grandeur le voyant s’avancer avec son rouleau de papier, avise une souche bien placée à quelques pas de là. « Attendez, dit-elle, moi je me fais vieux, je vais m’asseoir. » Et il s’assied sur la souche.

Dans l’adresse, la population de Saint-Pierre remerciait Monseigneur de sa grande sollicitude et surtout de leur avoir donné un curé.

Monseigneur, tout en répondant en quelques paroles pleines d’esprit, souleva un charmant incident •qui sera le mot de la fin de ce chapitre:

« Oui, vous voilà avec un curé ; vous êtes contents de l’avoir; tâchez maintenant de ne pas lui faire de misères et donnez-lui le moyen de vivre, ne le laissez pas avoir faim. ))

Alors, monsieur Joseph Labonté dit : « Monseigneur, monsieur le curé viendra chez nous quand il n’aura pas de quoi chez lui. Quand il y aura quelque •chose pour nous, il y en aura pour lui. »

Tout le monde avait le cœur en joie. Monseigneur dut partir dans l’après-midi. Monsieur le curé s’apprêtait à le reconduire jusqu’à la gare. (( Mon cher curé, restez, vous êtes fatigué, vous ne me rendriez pas la route moins longue, et pour vous, vous vous fatigueriez davantage. Maintenant, jusqu’à ce que la

paroisse vous donne assez de revenus, je vous donnerai moi-même deux cents piastres par an. » En effet pendant un an et demi, jusqu’à ce que monsieur Jolys dît à Sa Grandeur qu’il pouvait désormais se passer de cette aide, il reçut tous les trois mois très régulièrement un chèque de S 50.00.

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