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CHAPITRE XXVII

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On reconstruit, on voyage, on parle

J ^ es bonnes communautés religieuses sont un peu J comme la Sainte Eglise de Dieu, elles en sont d’ailleurs les filles, le temps leur appartient et l’éternité aussi. C’est la raison pour laquelle elles ne sont jamais pressées. Mais quand on est quelque peu nerveux et que l’on a charge vis-à-vis de Dieu d’une œuvre, que l’on a véritablement grande hâte de voir un établissement renaître de ses cendres, j ’avoue que c’est une épreuve d’attendre, d’attendre, d’attendre. Le curé de Saint-Pierre dut attendre jusqu’au mois de juin 1900 pour voir les ouvriers à l’œuvre pour la construction du nouveau couvent.

Les plans étaient enfin préparés et acceptés, le contrat était donné et les ouvriers étaient à l’œuvre.

Monsieur Sénécal, de Saint-Boniface, était l’architecte; monsieur Arthur Hébert, de Saint-Pierre, était l’entrepreneur.

La nouvelle construction n’avait rien de luxueux, mais voyez-vous ce qu’il en est lorsque l’on est habitué aux choses très modestes! Monsieur le curé de Saint-Pierre la trouvait quelque peu dispendieuse.

il aurait voulu plus grand et moins cher. Allez donc concilier cela! Et dans certaines parties, il eût voulu quelque chose de plus substantiel; on objectait la question d’argent. Oui, mais enfin, vous n’aurez pas à recommencer, ce sera chose finie. Oui, mais ça coûte! Cela se discutait très amicalement. Mais chacun se plaçait à son point de vue. Et puis, il y avait la question des goûts. Toujours est-il qu’au mois de juin tout le monde est d’accord et la construction monte à vue d’œil.

Monsieur le curé de Saint-Pierre, très fatigué, demande à Monseigneur l’archevêque un congé et s’en va dans l’Est.

Je vous présente ici une figure, une personnalité, très populaire aujourd’hui à Saint-Pierre et dans tous les environs.

Monsieur l’abbé Jean Lambert Hella vient à Saint- Pierre remplacer monsieur le curé pendant son voyage qui doit durer deux mois et demi.

Vous le connaissez tous, n’est-ce pas? Six pieds quand il a la semelle de ses souliers sous la plante des pieds; trouvant sa taille trop grande, il se voûte quelque peu, mais ça lui va. Une tête carrée, au front très bombé qui doit contenir de la cervelle. Il faut croire que cette cervelle a travaillé, car le crâne est nu comme un genou, front large, mais d’une largeur égale allant d’une tempe à l’autre, comme une bande coupée sur mesure, les tempes un peu rentrées. Une bonne grande figure oblongue percée de deux yeux relativement petits mais tout bleus, des yeux rêveurs. Au-dessous, un nez prononcé et puis une grande bouche qui s’épanouit en bonté et un menton

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