CHAPITRE XXIX
La nouvelle église
'église de Saint-Pierre construite en 1884 était devenue très insuffisante; à peine construite d’ailleurs, elle avait été fortement ébranlée par une sorte de cyclone et, bien qu’on eût essayé de la consolider, elle obéissait au vent et se penchait vers le sud ou vers le nord selon que la tempête soufflait du nord ou du sud. On l’avait donc laissée en l’état sans la finir.
En Iô99, les fondations de l’église actuelle furent commencées. On dut d’abord exhumer environ quatre-vingts corps de petits enfants qui occupaient l’endroit où l’excavation devait se faire pour asseoir les fondations.
Les plans avaient été préparés par Joseph- Arthur Godin, architecte de Montréal.
Les paroissiens de Saint-Pierre avaient transporté sur le terrain environ douze cents charges de pierres prises çà et là, mais surtout sur ce bourrelet qui passe à trois milles du village à l’Est et qu’on appelle la petite montagne.
Cinq cents charges de sable avaient été apportées
de même et dans l’hiver les paroissiens toujours debonne volonté avaient été couper dans les forêts du gouvernement, à vingt cinq et trente milles d’ici, cinquante-cinq mille pieds de bois de charpente. Sur la demande du curé de Saint-Pierre, le gouvernement avait gracieusement accordé l’autorisation de couper gratuitement cent mille pieds de bois pour la nouvelle église. Ce bois fut scié sur place par monsieur David Côté qui avait établi, cet hiver-là, une scierie mécanique en pleine forêt. Le bois sortant de sous la scie fut apporté à Saint-Pierre au fur et à mesure. Tout cela ne coûta pas un sou en dehors du sciage.
Au printemps 1899 donc, les fondations furent commencées, quatre pieds d’épaisseur sur quatre pieds de haut, puis un retrait de dix-huit pouces et une seconde section de quatre pieds de hauteur sur deux pieds et demi de largeur. Le travail de maçonnerie fut exécuté par un Français du Lyonnais, Antoine Cécilion, très expert dans ce genre d’ouvrage. Il eut pour aides et gâcheurs de mortier, Guillaume Gaffrey et Pierre Archambault, de Saint-Pierre. Tous les murs étaient terminés pour le dix-huit octobre de la même année, et ce jour-là, Sa Grandeur Monseigneur l’archevêque fit la bénédiction solen-* nelle de la première pierre ainsi que nous l’avons dit plus haut.
Antoine Cécilion avait, l’année précédente, travaillé dans les mines d’or du Kootenay; il avait passé tout l’hiver dans la mine Le .Roi. Il avait apporté avec lui une quantité d’échantillons de minerai pris à différentes profondeurs et il eut l’idée originale de faire, avec ces morceaux de quartz aurifère et du ci-