LA NOUVELLE EGLISE DE S AINT-PIERRE-JOLYS
ment, une croix qu’il incrusta dans le mur au coin sud-est dans la façade auprès de la pierre angulaire»
L’hiver arrivant les travaux furent arrêtés.
Le printemps suivant les paroissiens recommencèrent à charroyer de la pierre et du sable, et Antoine Cécilion, revenu des mines où il était retourné passer l’hiver, se remit au travail de maçonnerie et éleva les rangées de gros piliers mesurant cinq pieds carrés à la base et montant en pyramide jusqu’au niveau du sommet des fondations, environ huit pieds.
C’est mille charges de pierre et environ quatre cents charges de sable qui furent employées cet été-là. Les paroissiens firent preuve d’une bonne volonté inlassable; chaque dimanche, ils allaient voir les travaux et se rendre compte de la nécessité de transporter de la pierre et du sable. Monsieur le curé chaque dimanche au prône avertissait : « Cette semaine, nous aurons besoin de sable, nous aurons besoin de pierre. )> Les paroissiens charroyaient sable et pierre sans se lasser.
L’hiver arrivant, le travail de maçonnerie était complètement terminé.
On laissa tout l’appareil s’asseoir jusqu’au printemps 1902, tout le monde était anxieux de voir si cette énorme masse de pierre ne travaillerait pas. Rien ne bougea.
Il s’agissait de trouver un homme capable de surveiller et de diriger les travaux et de veiller à l’exécution du plan de l’architecte. Monsieur le curé fut heureux de trouver cet homme dans la personne de monsieur E. Godin, père de son architecte; architectelui-même, il avait une grande expérience»
Le bois nécessaire fut fourni par monsieur Adhémard Renuart, commerçant de Saint-Pierre, et nous eûmes à nous féliciter d’avoir pour fournisseur notre aimable concitoyen; pas un instant, les ouvriers n’eurent à attendre une seule pièce de bois et pas une pièce de bois qui ne fût scrupuleusement conforme aux devis.
Le vingt-deux mai, à huit heures, monsieur le curé chantait une grand ’messe pour attirer la bénédiction de Dieu sur les travaux. Cette messe avait été demandée par les ouvriers eux-mêmes; tous y assistaient et, la messe finie, le travail commença.
Le trente-et-un octobre, l’édifice était debout, couvert et ferme. Il comportait une forte charpente en sapin de Colombie de huit pouces par six et de huit par huit aux angles et, de chaque côté des ouvertures, un revêtement de planches embouvetées d’un pouce et demi à l’extérieur et un lambris embouveté d’un pouce d’épaisseur au-dedans. Les travaux furent arrêtés.
Portes et fenêtres avaient été fournies par la maison J. Tremblay, de Montréal; tout le travail de tôle pour les clochers avait été fait par la maison J.-A. Ashdown, de Winnipeg.
Il y avait dix mille cinq cent quarante-neuf piastres et cinquante-deux centins de dépense, et nous restions avec une dette de deux mille piastres avancées par l’archevêché! Les paroissiens avaient donc fourni dans l’année au-dessus de huit mille piastres de toutes manières à part leur travail.
L’œuvre apparaissait alors avec ses lignes harmonieuses et son aspect monumental. Ce fut un grand
élan dans la paroisse de Saint-Pierre; de nouvelles générosités s’éveillèrent et nous eûmes désormais la certitude que l’entreprise arriverait à bonne fin.
Cependant, monsieur le curé crut prudent de laisser reposer l’œuvre une année durant.
Le 18 septembre 1903, monsieur le curé de Saint- Pierre adressait à Monseigneur l’archevêque la lettre suivante:
Saint-Pierre, 18 septembre 1903.
Monseigneur,
Je, Jean-Marie Jolys, curé de la paroisse de Saint- Pierre, en la province de Manitoba, à l’occasion de l’érection de l’église paroissiale de la paroisse ci-dessus nommée, supplie Monseigneur l’archevêque de Saint-Boniface d’approuver une fondation de messes pour les bienfaiteurs de’ la dite église qui contribuèrent et qui contribueront à son érection, savoir :
I — Une grand’messe le 29 juin, jour de la Saint- Pierre ou (ce jour-là étant empêché) au premier jour libre pendant l’octave, pour les bienfaiteurs vivants et leurs parents en ligne directe qui auront contribué au moins de cent dollars à l’érection de l’église paroissiale.
II — Et une grand’messe de Requiem dans l’octave
de la Toussaint, pour les bienfaiteurs décédés et leurs parents en ligne directe qui auront donné la somme de cent dollars.
J’ai l’honneur d’être,
de Votre Grandeur,
le très humble serviteur,
J.-M. Jolys, prêtre ,
curé de Saint-Pierre.
Monseigneur répondit par le document suivant: