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CHAPITRE XXX

Un prêtre — Des religieuses

M a vie chrétienne fidèlement conservée par (j y* plusieurs générations finit par produire comme ^ fruit une vocation sacerdotale. Du moins c’est ainsi que d’ordinaire Dieu agit pour donner à la famille chrétienne un divin titre de noblesse et choisir ses ministres du cœur desquels doit couler comme d’une source naturelle, l’enseignement des vertus chrétiennes.

C’est le plus haut titre de gloire que puisse acquérir une famille que de donner un prêtre à la Sainte Eglise.

La paroisse est une famille plus étendue et elle aussi doit se montrer fière de voir un prêtre sortir de son sein. Il me semble que l’épanouissement de cette fleur de la vocation sacerdotale qui arrive à se nouer en fruit au moment où l’ordination fait exister le prêtre, est produit non seulement par la piété de la famille naturelle, mais que toutes les prières et les bonnes œuvres qui sortent de la grande famille paroissiale vont arroser et fortifier l’arbrisseau de la vocation pour l’aider à parvenir à son plein développement.

Aussi, le deux juillet 1905, il y avait grande allé-

gresse à Saint-Pierre. C’était la fête de la Visitation de la Sainte Vierge, beau jour certes pour une ordination.

Monseigneur l’archevêque arrivé la veille donnait à Saint-Pierre son premier prêtre en ordonnant à la messe de dix heures, devant la paroisse au grand complet, Joseph-Victor Joubert, prêtre pour l’éternité.

Joseph-Victor Joubert avait attiré l’attention du curé de Saint-Pierre par son intelligence très éveillée, son esprit de travail et surtout une grande piété. Pendant un certain temps, Joseph reçut au presbytère des leçons de -latin, de grec, même de littérature, d’histoire et de mathématiques; même, à la fin, le presbytère était devenu sa maison et il y vivait complètement pour avoir plus de temps à donner à l’étude.

Il alla ensuite au petit séminaire de Saint-Hyacinthe où il ne trompa nullement les espérances de ses protecteurs; il s’y montra excellent élève et brillant sujet. Le séminaire de Saint-Hyacinthe l’aida de son côté et à la fin le fit titulaire d’une bourse gratuite que cet établissement donne avec grande générosité au diocèse de Saint-Boniface.

Le jeune Joubert sortit de Saint-Hyacinthe bachelier-ès-arts et reçut la soutane.

Il resta quelques mois comme professeur à son Alma Mater, puis s’en alla faire ses études théologiques au grand séminaire de Montréal où les bons Sulpiciens surent l’apprécier.

Il n’est pas besoin de dire la joie de tous à Saint- Pierre le 2 juillet 1905.

A la même fête et à la même messe, Monseigneur l’archevêque de Saint-Boniface conférait le sous-dia-

MONSIEUR L’ABBE JOSEPH-VICTOR JOUBERT Premier prêtre donné par la Paroisse Saint-Pierre,

conat à l’abbé Walter Speelman, du diocèse d’Alton aux Etats-Unis.

Le lendemain le nouveau prêtre célébrait sa première messe dans l’église de Saint-Pierre et monsieur le curé de Saint-Pierre avait l’immense joie de l’assister à l’autel.

La paroisse de Saint-Pierre a donné un prêtre à la Sainte Eglise; elle en donnera d’autres et elle vivra.

Monseigneur l’archevêque donna la confirmation à bon nombre d’enfants dans l’après-midi, puis voulut bien présider la distribution des prix de notre école de garçons.

Lorsque monsieur le curé de Saint-Pierre demandait pour le couvent de sa paroisse les RR. SS. des Saints Noms de Jésus-Marie d’Hochelaga, il disait à la provinciale à Winnipeg: « Ma Mère, je vous promets que la paroisse de Saint-Pierre vous donnera avant longtemps autant de religieuses que vous lui en donnerez. »

Saint-Pierre a fait honneur à la parole de son curé. Aujourd’hui, en effet, en 1912, la paroisse de Saint- Pierre a donné huit religieuses à la communauté des Sœurs des Saints Noms de Jésus-Marie et sept sujets à d’autres communautés.

Nous devons au couvent de Saint-Pierre bon nombre d’institutrices qui enseignent dans les diverses parties du pays et nous pouvons dire que ces jeunes filles transmettent partout la bonne éducation qu’elles ont reçue des chères Sœurs.

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