‹ Pages détachées, notes de voyageChapitre 24 sur 33 · Q DC · texte numérisé non relu

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Il parle beaucoup, s’agite de même et boït

encore mieux. Il sue à grosses gouttes dans son habit vert bouteille à boutons de cuivre, cadeau d’un officier américain, et finit tout ruisselant par nous demander la permission de s’en débarrasser.

La conversation tombe sur le tatouage, et

le brave Canaque, se levant à demi, se dispose

à enlever sa chemise pour nous offrir sa poitrine comme modèle: nous l’arrêtons, mais 1l s’obstine:; un verre offert à propos détourne heureusement son attention.

La petite reine au visage mutin est un peu penchée vers son voisin, dans une demi-griserie, l’écoutant, avec ses grands yeux de velours, un léger sourire découvrant ses dents blanches : la conversation, de ce côté, a l’air de

prendre un tour intime dont le grand benèêt de

dix-huit ans ne semble pas soupçonner la gra-

Ma voisine à moi est une plantureuse personne de vinot-quatre ou vingt-cinq ans qui

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178 AGES DÉT ACHÉES.

femme de l'interprète. Elle ne parle pas, mais ne mange pas davantage, et boit à peine, avec des regards effarés vers son assiette et son contenu.

Il est certain que ses doigts ont toujours été son unique fourchette, et que la popoï est son plat favori et habituel.

Elle nous regarde en dessous et de temps en temps se risque à user des instruments placés devant elle.

Alors son mari s'arrête dans une phrase et, d’une voix brève, lui lance quelques observations touchant l’emploi des susdits ustensiles et la façon de manger.

Et, de plus en plus effarée en voyant les regards tournés vers elle, elle s’agite désespérément sur sa chaise, et sa face d’un jaune orangé passe au rouge brique.

J'appelle à mon secours tout mon répertoire tahitien et marquisien, mais j'échoue; et pendant ce temps mon voisin de gauche, l’interprète, parle toujours dans le vide, gesticule de

plus en plus, boit plus que jamais, et, le repas

fini, pour marquer sa connaissance des us et coutumes des nations civilisées, demande triomphalement qu'on serve l’absinthe.

A neuf heures, nous mettons tout doucement nos invités à la porte; l’embarcation qui les emporte se perd dans la nuit, que la brise nous envoie encore les éclats de voix de l’interprète.

Le voisin de droite de la petite reine n’était

lus à bord.

Il vient d'arriver à l’un de nous une singulhière histoire : dans une promenade, il découvrit au fond d’une vallée déserte une case qui, hermétiquement fermée, lui parut abandonnée.

Il s’en approcha et se disposait à ouvrir la porte, quand l'indigène qui l’accompagnait l’arrêta. Il paraissait en proie à une vive émotion et répétait : Tabou! tabou!

Notre compagnon entra néanmoins; l’intérieur n'offrait rien de particulier, mais il y

régnait un ordre qui pouvait faire croire que,

depuis longtemps, la case était inhabitée, avec cet air indéfinissable que prennent les maisons abandonnées, un je ne sais quoi d’étrange et de mystérieux.

Suspendus au plancher, deux morceaux de tapa semblaient contenir un objet rond, et 1l y porta la main.

Alors le Canaque, qui était resté à la porte, la figure blême de peur, s’avança rapidement et parla d’un ton menaçant : la tapa contenait deux crânes humains.

Notre curieux n’insista pas et, le lendemain, y retourna avec un autre de nous; ils enlevèrent les deux crânes, une poupée en bois soisneusement enveloppée, quelques plats de bois et un lézard sacré en bois grossièrement sculpté. Mais ils avaient été vus, plainte fut portée par un Canaque : c'était le crâne d'une de ses petites-filles et celui d’un de ses parents, orand chef de l’île; il fallut rendre les débris sacrés et les fétiches.

À Hanamenu (Hiva-Oa), j'ai vu au milieu

du village deux maisons tabou.

L'une d'elles était entourée d’une assez haute muraille en blocs de pierre entassés, et en grimpant je vis dans l'intérieur des objets de formes diverses enveloppés dans de la tapa.

Évidemment, les restes d’un cadavre et quelques objets ayant appartenu au mort.

Non loin de là, un autre enclos enfermait une seconde maison tabou. La case était habitée il y avait encore peu de temps; elle était ouverte sur le devant et les côtés; on y voyait une sorte de petit cercueil en forme de pirogue et quelques lambeaux de tapa maculés de sang.

À trois pas de là, un Canaque ne nous perdait pas de vue, debout au seuil de sa porte, et, comme nous l’interrogions, il nous répondit d'une voix grave : « Vehine e tama ili mate.

Ma femme et mon enfant morts. »

Qu'était autrefois ce peuple? Quand on parcourt le pays et que l’on cherche dans les

choses des vestiges de sa vie passée, on est étonné du peu de traces matérielles que l’on trouve.

Dans le fond de la vallée de Taïpivaï, il ya un lieu connu seulement de quelques Européens. Quand on parle à un indigène, il vous regarde d'un œil étonné et dit qu’il ignore. Si c'est un jeune homme, c'est peut-être vrai; Si c’est un vieillard, 1l ment.

Dans cet endroit mystérieux, on voit, perdus dans la brousse et rangés en carré, douze grands tikis (dieux) de pierre, énormes, du poids d'un tonneau chacun au moins : c'était là sans doute un lieu de sacrifices humains, et aujourd’hui, seul, quelque vieillard, fidèle à la religion du passé, va probablement y sacrifier des cochons sauvages.

Parfois, sur les énormes pierres qui forment les paepae des maisons, on voit des traces informes de sculpture grossière. Sur leurs boucles d'oreilles, sur les manches en os des éventails, sur les manches des petits marteaux

qui servent au tatouage, sont également sculp-

tés ces mêmes tikis, presque toujours dans la même posture, assis les coudes au corps, les deux mains sur les genoux, l'attitude du repos ou de l'attente.

On trouve de ces tikis partout, juqu’à l'avant de leurs pirogues. Il y en a en bois de cinquante à quatre-vingts centimètres de hauteur, représentant soit un homme, soit une femme; quelquefois les deux figures sont adossées l’une à l’autre, ou à côté l’une de l’autre, les mains unies.

Dans les bois, on rencontre parfois de g ands amoncellements de roches que le travail de l’homme paraît avoir entassés et qui rappellent nos monuments mégalithiques, mais le temps a

jeté par-dessus son manteau; la végétation a

ge envahi tout, et il est difficile d'affirmer.

Enfin, dans des endroits presque inacces- RS ] 6 ; 1 s A 4 sibles , sur les crêtes de quelques montagnes, sont de véritables ossuaires où, au milieu de

larges pierres, gisent des crânes, des ossements et de grands tikis de bois rongés par les

VETS.

En outre, on trouve fréquemment dans les vallées de nombreuses traces d’anciens villages qui indiquent que la population a beaucoup diminué et qu’elle s'est déplacée.

Quant aux renseignements oraux, ils sont sxtrémement difficiles à avoir, les vieux parlant avec mauvaise grâce et les jeunes Ignorant.

Il] y avait, aux Marquises, au-dessous du roi de la tribu ou de l’île deux classes bien distinctes : les prêtres et le peuple. Parmi les

es : = x ; se à , 2 è premiers, 1l y avait même deux degrés, les

grands prêtres et ceux qui à leur mort étaient destinés à les remplacer.

Les grands prêtres seuls ont le secret de la création, détiennent toutes les légendes et traditions, sont les sacrificateurs dans les cérémonies sanglantes du culte, ont droit au meilleur morceau de la victime, l'œil par exemple ; ils règnent par la terreur et la superstition, le roi n'étant qu’un chef de guerre ou à peu près.

[Il n’en était pas autrement à Tahiti.

Quand je dis qu'ils ont le secret de la créa-

< ) + 13 + à . | » "1 £ " tion, j'entends par là que chaque 29

ae da RAR Re OCDE RP PONE DURS RTE Me | La possède | arbre généalogique de sa famille.

C’est d'un arcien grand prêtre de Fatu-Hiva,

. : die ! ; ar! # MR £a] qui m à MOnLre son arDre 2erneEda

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Jue, que JE

= ” PP SEC 2 TE tiens ces renseignements. Le docteur Pascal,

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- nt HA DATE ‘ VE ] CRE ES A narqauisiens consiste en une sorte de pelote en

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ae cette pelote part une longue corde qui

se subdivise en plusieurs embranchements à

| 1 mesure que l'on descend; sur ces cordes sont CS CORNTCAIRCs Ce HŒUGS CS''APUX DLOEIRICIS à

à NS SE . : ee , 4 = x 1 | tous ses ancêtres, et 1l arrive ainsi jusqu à lui-

meme Quand U 1] orand pretre sentait Sa fn venir,

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