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les traditions et l’arbre généalogique.
Admettant un esprit du bien et un esprit du mal, ils ne vont pas jusqu’à la notion d’un dieu unique et créateur; ayant le plus profond mépris de la mort, ou plutôt y étant absolument indifférents, ils ont une vague idée d’une sorte de vie future, maïs qui se passerait sur cette terre; aussi croient-ils aux revenants, et ont-ils une certaine frayeur de la nuit, pendant laquelle ils ne circulent pas volontiers.
Le fond de leur religion est, ou plutôt était une espèce de fétichisme sur lequel venaient se greffer une foule de pratiques superstitieuses, le tout dominé par une institution autant politique que religieuse : le tabou.
Le tabou peut être défini : un interdit lancé sur quelque chose. Les grands prêtres seuls pouvaient déclarer une chose tabou et lever le tabou : c'était donc une arme puissante entre leurs mains ; on mettait le tabou sur un grand nombre de choses et dans des buts bien différents, religieux, politiques, ou dans un but d'intérêt privé ou de conservation, pour sau-
vegarder la propriété.
C'est ainsi qu’encore maintenant on voit souvent dans les plantations de coton un lambeau de toile ou une branche de cotonnier indiquant le tabou; ou bien un coco ou une branche de cocotier indiquent que les cocotiers voisins sont tabou.
J'ai parlé du mépris de ces gens-là pour la mort ; ils l'ont à un tel point qu’il y a quelque temps il a fallu réagir fortement contre la manie du suicide. Pour la moindre contrariété entre époux, par exemple après une scène de jalousie, un des deux époux s’empoisonnait.
Ils se servaient surtout d’une sorte de fruit qu’ils appellent « éva », dont le nom botanique m'a échappé et qui produisait des symptômes analogues à ceux d’un empoisonnement par la noix vomique.
On arrêta net l'épidémie en enterrant nue et sans aucune cérémonie une femme qui s'était suicidée.
L'opium, absolument interdit à tous autres qu'aux quelques Chinois qui habitent les Mar-
quises et qui sont strictement rationnés, n’a
probablement pas été étranger à cette sorte de faits ; les Marquisiens ne le fumaient pas, ils le mangeaient, et, malgré le prix exorbitant auquel il était vendu plus ou moins falsifé, 1ls en absorbaient des quantités effrayantes; tous en Aer même les enfants.
Si, après avoir essayé de voir un coin de leur Ke on cherche à deviner le culte, on trouve également peu de traces de leurs cérémonies religieuses.
Dans des lieux consacrés, assez analogues probablement à celui qui existe encore dans la vallée de Taïpivaï, lieux appelés « Marae » à Tahiti où le culte et la religion étaient les mêmes qu'aux Marquises, se passaient les cérémonies du culte qui consistaient en sacri-
fices aux dieux de victimes humaines et pl US
tard d'animaux tels qu le cochon.
Le grand prêtre revêtait alors le costume des fêtes et se coiffait du bandeau sacré en
lanières de cocotier tressées, orné de dents
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et agrémenté de plumes noires.
L'homme immolé était soit un prisonnier de
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qui prend un poisson un peu gros est de vider l'orbite et d’avaler l'œil cru.
Le cannibalisme a disparu peu à peu, et depuis plus de vingt ans, on ne cite aucun exemple de ces horribles festins. Un dernier cas fut celui du chef Coamoa d'Atcheou. On mangeait de la chair humaine par vengeance, pour avoir l'ineffable plaisir de... rendre une partie de son ennemi. Ainsi Coamoa avait apporté en cachette un petit morceau d'unesienne parente que d'aucuns disent sa belle-mère, dans une grande boîte d'allumettes : le morceau fut haché, distribué aux amis et mélangé à la popoiï.
Aujourd’hui le Marquisien se défend bien
fort d'avoir conservé de semblables appétits.
Voyons maintenant le Canaque dans sa vie de tous les jours, prenons-le à sa naissance et suivons-le jusque dans ces endroits déserts où son crâne verdit sous la pluie ou sèche au soleil, protégé par son dieu de bois qui pourrit
mangé par les vers.
Quand la femme a été sur le point de devenir mère, elle a vu venir trois ou quatre voisins ou voisines, parents ou amis, même de vallées éloignées, et avant que l'enfant soit né, on le lui a demandé et elle l’a promis.
C'est presque la règle : les enfants s’échangent et les parents adoptifs s’attacheront à lui comme s'il était le leur, tandis que le leur, ils le perdront à peu près de vue.
Il n'est pas d’enfants plus heureux que les petits Marquisiens; c'est un culte qu’on a pour eux. On ne les maltraite jamais, les parents partagent avec eux tout ce qu'ils ont, les servent même avant eux; seulement, devant l’enfant, aucune retenue, rien ne lui est caché; on aura devant lui les conversations les plus obscènes, et la liberté de langage de ces peuples est incroyable ; aussi, à cinq ou six ans, 1l comprendra tout, saura tout, rira aussi fort que ses parents aux récits les plus grossiers.
Il grandit libre et nu, ses membres se développent ; il est vigoureux et agile, il grimpe
aux cocotiers, va en pirogue, nage comme un
les torrents;
poisson, se baigne dans tous il est sain et fort. Aujourd’hui que la décadence s'avance à grands pas, il est encore leste, hard, intelligent, bien bâti, car une race s1 belle ne s'étiole pas facilement; mais il porte trop fré-
quemment encore au cou ou ailleurs, en traces
et de l’amoindrissement de
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indélébiles, le cac sa race.
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À côté de ses pères, l’un réel, l’autre adoptif, il en a quelquefois d’autres; on voit en es Canaques liés par l'amitié ec’ | nter ir. rfoi: ] : rnèra QT + l:s : , »1 1 ‘1 à > d! OPLET, 5 E pal OS 16 'DELCAESL pius | une que le fils, ou échanger leurs noms : alors tout est
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