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pétuelles où il fallait être le mangeur ou le mangé.
La nourriture est peu variée, mais le Marquisien se la procure presque sans travail.
Comme nourriture végétale : de l'igname, du « taro », des bananes cultivées ou sauvages, des cocos et surtout des maiïorés, fruits de l'arbre à pain.
Le maioré est cuit au milieu de pierres chauffées, et sa farine blanche et fine se mange ainsi toute fraîche avec de l’eau de coco et de la pulpe de coco râpée.
Il y a trente à trente-cinq ans, une horrible disette, due à la sécheresse, décima la population; depuis cette époque, au moment de la grande récolte des maiorés, le Canaque fait pour un an et plus sa provision de « popoï ».
Le fruit est rôti, la fécule enlevée et enveloppée avec soin dans de larges feuilles; puis dans une fosse profonde et bien sèche, sur une couche de pierre, on dépose une grande quantité de ces petits paquets de popoï ; on recouvre
le tout de pierres. Elle se conserve ainsi fort
longtemps, tout en aigrissant d'une façon très prononcée.
Comme nourriture animale, des poulets et des cochons.-Ces derniers, apportés par Cook et Bougainville, ont pullulé en nombre InCroyable, et tandis que certains vivent dans une douce promiscuité avec leurs maîtres, d'autres errent dans les bois et sont devenus absolument sauvages; munis de fortes défenses, on les chasse avec des chiens.
A côté de cela vient la pêche, dans les torrents ou à la mer, soit avec des filets, soit aux torches, le soir, et à la sagaie. Le Canaque ne dédaigne même pas le requin, qu'il sert quand il a subi un commencement de putréfaction.
Ils mangent avec leurs doigts, rapidement, accroupis autour du plat de bois qui contient l'inévitable popoï; boivent de l’eau pure ou de l’eau de coco frais, et, le repas achevé, se lavent avec soin les mains et la bouche.
Une autre occupation est ou plutôt était la
fabrication de la tapa; aujourd’hui, en effet,
les cotonnades anglaises ou américaines ont
remplacé l’étoffe nationale. Cependant, cer-
e la Polynésie, les Tonga et les
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arbres; par le battage, cette 4 e de 1 ® , et s’élargit déobte ment ; les bandes ainsi
obtenues se réunissent assez facilement les
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1F 2 - \ { © A+ 1 4 t ra mÉZ + ) 4 Néanmoins, elles eétalenct encore inierieures
aux belles pirogues accouplées que l’on voit aux Tonga et aux Vit1.
Aujourd’hui, les plus grandes ne contiennent Rs pas plus d’une dizaine d'hommes.
En temps de guerre, on les ornait avec soin;
deux mâts étaient fichés l’un à l'avant, l’autre à l'arrière, et décorés de feuillages ; de tresses en feuilles entrelacées et en tapa de
diverses couleurs comme des banderoles, tom-
baient jusqu’à la surface de l'eau.
On les creuse dans un tronc de maioré ou
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de tamanou; et souvent, pour élever les bords davantage au-dessus de l’eau, on ajoute une
sorte de bordage en bois plus léger et plus mince, cousu à la coque avec des cordes en fil de cocotier.
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tissant à son extrémité , sur laquelle est gros-
(J ræ sièrement sculptée, quelquefois à peine indiquée, une tête de tiki.
Toutes ont le grand balancier en bois léger
de barao, qui leur donne une très grande sta-
bilité.
En dehors de la pêche, de la culture facile du taro et de l'igname, de la récolte des maiorés, le Marquisien passe sa journée dans sa case à dormir aux heures chaudes du jour, ou à se promener d’une case à l’autre, jasant à l'infini sur les moindres choses, racontant mille anecdotes plus que grivoises, car c'est un penchant qui a dù toujours exister chez eux, le goût des plaisanteries et des paroles obscènes, et le plus souvent leurs légendes ne sauraient être
rapportées à cause de ce caractère.
La vie de la femme est aussi facile et son rôle bien simple. Quand un Marquisien voulait se marier, il allait sans plus de forme chercher celle qu’il avait choisie et l’'emmenait chez lui avec le consentement de la femme et du père. On mangeait force popoï et cochon, ou même on ne mangeait rien, et c'était toute la cérémonie.
Du reste, quand l’homme était las de sa femme, il la renvoyait sans autre forme de
procès et en prenait une autre; de même, la
femme retournait chez elle ou prenait un autre mari avec la même facilité. Les enfants ne génaient guère avec cette habitude d'échanges réciproques, et d’ailleurs ils s’élevaient bien seuls. Ces ruptures étaient d’ailleurs et sont beaucoup plus rares qu’on pourrait le supposer; la famille est assez fortement constituée; le Canaque a de l'affection pour sa femme et la traite bien: il est même généralement jaloux, jaloux d’un Canaque comme lui, mais jamais du blanc; les infidélités faites de ce côté ne comptent guère; l'hospitalité est, même à ce point de vue, absolument entière.
Je n'ai jamais rencontré de cas de polygamie; J'ai vu, au contraire, quelques cas, rares, 1l est vrai, de polyandrie; entre autres, une femme mariée à deux hommes habitant tous ensemble : un vieux mari impotent et un Jeune.
La femme est absolument l’égale de l'homme ;
elle vit de la même vie que lui, jouit d’une ?
égale liberté à tout Âge, surtout non mariée, et
peut devenir cheffesse.
Mais d'homme mûr notre Marquisien est devenu un vieillard; il sent la mort venir, et, un jour, philosophiquement, il s'étend sur une natte et, tranquillement, 1l meurt, sans regret de la vie qu’il quitte, sans crainte de ce qui l'attend au delà, car ses dieux de pierre ou de bois ne sont guère que des fétiches, et il ne croit réellement qu'aux revenants qui habitent cette terre et qui sont ses ancêtres morts : il va aller les rejoindre.
Il a souvent fait faire à l'avance son cercueil; s’il ne meurt pas cette fois-ci, on le mettra de côté; il ne peut servir qu’à lui.
Le cadavre est là, dans sa case; on l'a couché dans son cercueil en forme de pirogue; la mort de quelqu'un est une occasion de festoyer ; on mange l'éternel cochon et l’éternelle popoiï; le tout entremêlé de lamentations et de gémissements vrais ou faux.
Pendant quatre ou cinq jours, le corps reste là, répandant une odeur infecte; alors commence une opération horrible.
Des femmes. désignées par leur parenté avec ) o |
le mort, le massent fortement avec leurs mains
sur tout le corps, faisant suinter du cadavre
en décomposition un liquide putride. Tant que dure l'opération, 1l
est interdit à ces femmes de se laver: elles doivent manger la popoi les mains encore tout imprégnées de cette chose horrible! Puis, ainsi préparé, le cadavre est enveloppé dans de la tapa et mis dans les maisons tabous. Plus tard, on recueillera son crâne et ses ossements, et on les portera avec les lans ces grands ossuaires sur
idoles qe bois {
les crêtes presque inaccessibles des monta-
Les blancs débarquèrent un jour aux Marquises, et avec eux l'eau-de-vie fit son apparition; un Américain apprit aux habitants d'Hiva-Oa à distiller l’eau-de-vie de coco, et l’on commença à s'enivrer.
Les missionnaires vinrent ; quelques exploitations tentèrent de se fonder, et le Marquisien ne voulant ni ne sachant travailler, des
Chinois furent embauchés; les exploitations