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était entré sans frapper et était tombé au milieu du corps de ballet; la toilette de ces demoiselles l'avait, faut-il croire, intéressé, et il avait dû en étudier certains détails d’assez près, à en juger par le parfum qu’il en rapportait.
Peu à peu, et toujours silencieusement, la
case s'était remplie; on avait laissé au milieu
un grand espace vide qu’occupait seule, pour le moment, la vieille au chef branlant. Le
menton dans ses mains, elle fixait obstinément la flamme qui montait et semblait s’hypnotiser dans cette contemplation.
Tout à coup, sans crier gare, dix ou douze sauvages massés dans un coin ouvrirent démesurément la bouche et se mirent à hurler en
; 11 | shmoise 4 , . 1 11A " MA 011 ebLe Cœur, Lali(iis Out | nomme Ci LA tam!
our, S €ESs-
Fe m sn 4 LL . + < re . . 7 . D . ni crimanc ae ses poings SUI la peau Ge SON
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instrument, tâchait à lui seul de faire plus « bruit que les autres.
Nous sursautâmes, effarés; la vieille n’avait
pas bougé : c'était l'ouverture.
Six grands diables à demi nus, vêtus seu-
lement de ceintures de feuillage, firent leur entrée en bondissant, précédés d’un bossu endiablé, vêtu de sa bosse ou à peu près.
Armés de lances et de casse-tête, ils se livrèrent pendant dix minutes à une danse des ours de haut goût, hurlant et entre-choquant leur ferraille avec fracas.
Après eux, une dizaine de jeunes filles de quinze à dix-huit ans vinrent s’asseoir en ligne les unes à côté des autres. Couronnées de feuillage, avec des colliers de fleurs rouges et blanches tombant sur leur poitrine nue, d’épaisses ceintures de feuilles autour des reins, les chevilles et les poignets chargés également de fleurs et de feuilles tressées, elles ruisselaient d'huile de coco parfumée.
Leurs danses n'étaient qu’une suite de poses assez gracieuses, mais qui eurent le tort de durer un peu trop longtemps, et peu à peu nous nous laissions aller à une demi-somnolence, croyant voir dans notre rèverie une rangée d’idoles hindoues descendues de leurs
niches.
Après les danses assises, les danses debout.
Ce fut alors une espèce de danse du ventre, comme on peut en danser chez ces peuplades sauvages.
Excitées par les cris des chanteurs pris de délire et par le fracas grandissant du tambour battant une charge échevelée, le visage égaré et les yeux fous, tordant et secouant leur corps dans des spasmes érotiques, elles commencèrent par jeter aux spectateurs leurs colliers, finirent par leur jeter leurs ceintures, et, épuisées, tombèrent nues et pâmées sur le sol.
Alors l’horrible vieille, qui pendant tout ce temps était restée immobile auprès du feu, ne faisant de mouvement que pour y jeter quelques branchages et éclairer vivement les danseuses, se leva à son tour, s’avança dans le cercle vide, et, comme entraînée par une ignoble folie lubrique, elle se mit à faire, aux éclats de rire de toute la foule, une sorte de parodie macabre de la danse des jeunes filles, poussant les gestes jusqu’à l’obscénité la plus brutale,
tandis qu’elle donnait à son visage parcheminé
de vieille momie les expressions les plus grimaçantes et les plus hideuses.
Écœurés, nous sortîmes respirer à l'aise au dehors.
La cérémonie du zawa termina la soirée.
On apporta une grande écuelle de bois, et six des plus jolies et des plus jeunes danseuses
s'assirent autour. Par une délicate attention
dt
de notre hôte, c'était à elles qu'était échu | l'honneur de préparer le breuvage.
Chacune prit un morceau de racine de £awa
et se mit à le mâcher consciencieusement ;
quand il fut suffisamment ma: a elle délaya
| p avec une gorgée d’eau et... cracha le tout dans ? s e É le récipient.
12 A 4 L N2r2 J Nous eûmes un mouvement d’étonnement bien justifié; mais chacune d'elles ayant agi de même et l'opération continuant de la même façon, nous ne pûmes croire à une forte distraction de leur part et attendimes la fin.
Quand elles eurent ainsi suffisamment garni le récipient, on ajouta quelques litres d'eau,
on agita et... on nous servit.
Alors, le petit bossu, qui remplissait les fonctions de grand maître des cérémonies, prit un air grave, et, plongeant une éponge en bourre de cocotier dans le vase, il en exprima le jus dans une demi-coque de coco en guise de tasse.
Puis, respectueusement, arrondissant ses vestes, il en offrit à chacun de nous.
Si sauvages que nous fussions devenus nousmêmes par nos pérégrinations à travers l'Océanie, nous ne l’étions pas assez pour ne pas regimber un peu; nous reçûmes chacun l’écuelle de bois avec un sourire poli qui ressemblait beaucoup à une grimace, et nous nous contentâmes de regarder le liquide à odeur de poivre qui la remplissait.
Dans les villages plus civilisés on remplace les dents de ces demoiselles par une vulgaire
râpe; cest peut-être moins couleur locale,
mais c’est plus appétissant, bien que j'aie entendu affirmer par certains amateurs de kawa que la salive développait en ce nectar un
parfum et un arome qu’il n’a pas sans cela.
Le lendemain, dans la soirée, nous levions l'ancre. Nous étions allés le matin, L... et moi, faire notre provision de fruits frais chez Samou- Samou et Faasisilla. Nous avions été reçus par le père, qu’un énorme éléphantiasis des jambes clouait dans sa case.
Élevé par des missionnaires angJlais, il jouait dans le village le rôle de pasteur protestant, apprenant à lire et à écrire aux enfants de bonne volonté. Il nous déballa avec fierté la Bible, l’éternelle Bible des pays protestants, traduite en samoan, et un dictionnaire anglosamoan, le tout édité à Londres.
Un grand nombre de pirogues assistaient à notre départ. L... était à son poste d’appareillage sur la passerelle; je le rejoignis, et du coin de l’œil je lui montrai nos deux feelings qui se hâtaient dans une pirogue et nous faisaient un brin de conduite.
— Très drôles, n’est-ce pas, nos petites sauvages? Et entre deux commandements Je l’entendis siffloter ironiquement le gracieux
air de l’idylle du Pefit Duc.
L'hélice bat la mer, en route pour autre chose.
— Un troisième pour le whist! cria L...en dégringolant les marches de la passerelle et en
s’engouffrant dans l'escalier du carré.
Devant Apia, dans l'ile d'Upolu, sont à
soélettes ou de bricks,
l’ancre une douzaine de et de tous côtés nous voyons hisser le pavillon allemand. Du mouillage, assez mauvais, peu re, trop petit et
protégé de la houle du larg encombré de récifs, il nous semble être devant une petite ville relativement importante où d'assez gracieuses constructions en bois se mêlent aux cases plus primitives des indigènes.
Derrière la ville, le sol s'élève en pente douce jusqu'au massif central de l'île; le tout recouvert d’une couche uniforme de verdure
sur laquelle tranchent en vert plus clair de
grands espaces défrichés où l'on voit paitre
Re —
des troupeaux et où s'élèvent quelques maisons de colons européens ou américains.
Ouand c ] PAPE : NE 2er ES PERS Je HUE R ES PONS Quand on descend à terre, on s aperçoit vite qu'Apia est beaucoup moins considérable qu'on pouvait se l’imaginer d’après l'aspect qu'il offre
le la rade; car ce que l’on voit de la mer est
; . san LA ." LES ) ; - " dus r < à peu près tout, tandis que l’on a une tendance nf: relle > 1 "NCer lerriè: > 1. © Fr PT RÉAT AE nacurele a SUPppOSEI aerriere ia LS IC UC) QUaIs une ou PIUSIEUTS rangees de MmaliIsons, OI 1l IL CTI
est rien.
On retrouve là ces « stors », ces magasins NS l’é 1 Ve mn À 4 + Le » Lan r 1; n À ” ] ur MAÉ OU Cpice COLUIC 14 Cotonnaue CL'OLU AC IIOHIaLC le Hollande marie son parfi: k jt ST Re NES ae riollande marie son parium a celui de 1eau
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a hôtel, tandis que, dans de jolis jardins, S CIE-
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Structions sS
entremèêlent les cases indigènes, + ne QE RES à APTE A J 'e SR ES és érs112 = Le YyUuA CLOLILLAL UC «da aoni1eli ren à 1 peELIL VILLE U 1] aspect suffisamment pittoresque.
Dans le cercle étroit des courses que J'ai faites aux environs, j'ai pu voir d'assez belles
routes où l'herbe pousse drue et qui ressem-
blent pas mal à des pelouses bordées de buissons d’orangers. Un de mes meilleurs souvenirs d'Upolu est un bain délicieux dans une large rivière où une eau limpide et fraiche coule sur un fond de roches et de gravier, entre deux rives verdoyantes et bordées de beaux arbres dont les branches viennent former une voûte élevée et lévère au-dessus de l’eau.
Quand on s'enfonce un peu dans lil
.. pe A 2 | trouve d'immenses forêts coupées par de pro-
Cutter
fondes vallées où tombent et ruissellent mille cascades qui vont se perdre en ruisseaux sous le feuillage.
Les villages voisins d’Apia ne diffèrent pas de ceux de Pango-Pango.
Nous ne fimes qu’un très court séjour à Apia et nous partîmes sans regret, trouvant la ville un peu insipide.
Cosmopolite et banale, nous allions retrouver ses pareilles dans toutes ces îles des Samoa, Tonga et Viti, où Anglais, Allemands et Américains ont, avec la Bible, apporté leurs con-
structions moroses, leurs magasins, leurs
« stors » sans goût, ni cachet, ni propreté, et où s’entassent, dans une promiscuité qui ne flatte ni l’œil ni l’odorat, les marchandises les plus disparates. Les rues ensoleillées, poussiéreuses et chaudes y suintent l'ennui, et le soir, quand, par deux fois, nous descendimes du bord, nous errâmes dans l'obscurité, ne nous heurtant qu’à quelques Samoanes en quête d'aventures.
O Papeete, où étais-tu, avec tes rues ombreuses et fraîches, tes parfums de gardenias et d’orangers, tes visages gais et tes éclats de
rire ?
La passe d'Ouvea, une des Wallis, est très étroite; un fort courant porte sur les coraux; on peut dire que tout navire qui s’y engage
est pour quelques instants en danger, et, pour
L'OCÉANIE CENTRALE. re
que nul n’en doute, on voit encore sur les coraux à fleur d’eau, à droite du chenal, la lamentable épave du Zhermite, un aviso de guerre qui vint se briser sur le récif, il ya environ quinze ans.
L'archipel d'Ouvea ou des Wallis se compose de plusieurs petites îles assez basses, enveloppées dans une même ceinture de coraux, et dont les baies et mouillages sont aussi encombrés de récifs.
La population y est assez dense : environ cinq mille habitants, tous catholiques et absolument soumis aux missionnaires français, qui y résident au nombre de cinq ou six, et qui sont les rois de l’île.
Depuis mon passage, la vieille reine qui était la souveraine de ces îles est morte, et un résident français a été installé, notre occupation ayant été jusqu’à ce jour beaucoup plus nominale qu’effective.
L'intérieur de la grande ïle d'Ouvea est inhabité ; toute la population se presse sur les
bords de la mer, où sont de nombreux villages.
Il y a dans l’intérieur trois ou quatre petits lacs aux abords marécageux, rendez-vous des canards, des pluviers et des poules d’eau. De belles routes en tous sens parcourent l’île
comme de grandes allées dans un beau parc
verdoyant. Malheureusement, l'eau douce manque ou est très rare, et il faut recueillir l’eau de pluie avec soin.
Les cases des indigènes’ sont à peu près semblables à celles des Samoa, ne différant que par la disposition des faisceaux de joncs qui forment les cloisons et qui s’entre-croisent en formant des dessins géométriques.
Le type de la population est le même que celui des Samoa ; le costume n’en diffère pas davantage, si ce n’est que les jeunes filles laissent généralement croître leurs cheveux et les ébouriffent de façon qu’elles semblent avoir une tête énorme; c’est tout simplement affreux. Quand elles se marient, elles coupent cette ignoble toison et portent alors les cheveux comme les hommes, relevés en brosse et
courts, décolorés en tout ou en partie par la
Gb: HS AL E chaux. Si bien que parfois, grâce à une certaine analogie de costume, on ne salt Crop de quel sexe est l'individu qu’on a devant sol.
La population n’a pas ces allures fières, cette attitude digne que nous avons rencontrées aux Samoa et surtout aux Tonga; elle a l'air un tant soit peu abêtie, et cela tient peut-être, sans vouloir en médire, à la longue habitude de s’humilier devant la « race sacrée », comme se font appeler les missionnaires.
se font appeler les missionnai
J'avoue que je ne voyais pas sans une cCertaine répugnance que souvent le premier mouvement de l’Indien que je rencontrais était de fléchir le genou et de me baiser la main.
Non pas que je trouve le procédé de domination 4 l'assimilatiot nise ééereate PACE nation et dassimilation pius mauvais qu un autre, au contraire; je ne déteste en effet rien ue cette manie que nous
tnt ‘ Pr tant, je l'avoue,
avons de faire de nos doctrines de liberté et d'évalité un article d'exportation , COMME &$ 1l oique et raisonnable d'inculquer à des races inférieures, qui ont des siècles de bar-