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D'Ouvea, en route pour l'archipel de Tonga et en particulier pour l’île de Vavao. Malheureusement, le mauvais temps se met de la partie, et 1l nous faut sept jours pour faire cent
quarante lieues. Le septième jour, nous nous engageons dans un dédale d'’iles assez peu élevées, nous passons devant le port Refuge, petite anse qui semble médiocrement mériter son nom, Car nous y apercevons, émergeant, les trois mâts d’un grand navire allemand qui s’y est perdu récemment. Nous défilons devant les établissements de colons anglais ou allemands qui, à notre vue, se hâtent de hisser
leurs pavillons, devant quelques villages ton-
giens, et nous allons mouiller en face du grand village de Neïfo, dans l’île de Vavao.
[1 faisait un temps gris, presque froid, à averses, et assez triste; autour de la rade nous découvrions, disséminées çà et là, les demeures en bois des colons, la demeure du roi Georges, en bois également, et la foule des cases tonsiennes.
Vavao est peu élevée; cependant le sol se relève en longues ondulations couvertes de verdure et de végétation. Pour le moment, arbres, maisons, cases et collines, tout avait pris une teinte grise uniforme derrière un épais
rideau de pluie que tordaient par moments de
| violentes bourrasques.
Un cyclone avait ravagé l'ile quelques jours avant notre arrivée, abattu des arbres, ruiné des plantations entières et renversé des maisons.
Le village de Neïfo, assez peuplé, s'étendait dans un grand espace de terrain déboisé en