LOUIS COULON PÈRE
par FÉLIX BOVET
Il y aurait tout un livre à faire en réunissant simplement les biographies des Neuchâtelois qui ont consacré leur temps, leurs facultés et leur fortune au bien public. Nous ne pouvons songer à les évoquer tous dans notre recueil ; nous y ferons du moins une place à l'homme qui fut un des promoteurs d'une institution utile entre toutes, la Caisse d'épargne, et à qui notre ville doit son Musée d'histoire naturelle. Sa vie de labeur et de dévouement a été racontée par M. Félix Bovet dans une notice lue à la Société helvétique des sciences naturelles et imprimée à Neuchâtel (chez Wolfrath), en 1855. Nous n'en reproduisons que quelques fragments, qui mettent surtout en lumière l'activité bienfaisante exercée par Louis Coulon au profit de sa ville natale. Fils de Paul Coulon, de Cornus, en Rouergue, qui s'était réfugié dans notre pays, vers le milieu du XYiii^ne siècle, pour échapper aux persécutions contre les protestants, Paul-Louis- Auguste Coulon naquit à Neuchâtel en 1777. Il se voua au commerce, entra dans la maison Pourtalès, puis, celle-ci ayant pris fin, devint un des chefs de la maison fondée par son père. Il savait concilier l'étude et les affaires, et consacrait ses loisirs aux sciences, qui l'attiraient, sur-
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tout à la botanique. Il fut en relations avec plusieurs savants illustres de ce temps, en particulier avec de Candolle. Nous laissons maintenant la parole à son biographe, qui, — avons-nous besoin de le rappeler? — est aussi le biographe de Zinzendorf, et l'auteur de ce Voyage en Terre-Sainte, devenu un ouvrage classique, ainsi que de la belle Histoire du Psautier des Eglises réformées.
.... En 1802, quelques hommes instruits formèrent à Neuchâtel une société qui se proposait pour objet d'acquérir et de répandre des connaissances utiles, et de s'occuper en général de tout ce qui pourrait contribuer à la prospérité et au progrès de leur pays. Cette société, composée d'un nombre de membres très restreint, évita de se donner une existence officielle ; on ne la désignait que par le nom du jour où elle s'assemblait : la Société du Jeudi. M. Coulon, dont les voyages commençaient à être moins fréquents et qui s'était marié l'année précédente, fut invité à en faire partie. Deux savants étrangers, alors en séjour à Neuchâtel, M. Tralles et M. Léopold de Buch, assistaient d'ordinaire aux séances. On s'y occupait surtout d'agriculture, d'éducation, des industries bonnes à introduire dans notre pays. On y rédigeait un almanach populaire. La Société de lecture et l'institution de registres météorologiques dans diverses localités du canton doivent leur origine à ces réunions du jeudi. Plusieurs autres projets, réalisés dès lors ou qui sont encore à réaliser, y furent discutés avec grand soin ; ainsi, par exemple, l'établissement d'une compagnie