‹ Pages neuchâteloisesChapitre 4 sur 40 · LE MOUTIER DU LOCLE · texte numérisé non relu

LE MOUTIER DU LOCLE

la montagne de Cheveley a été enfoncée. > Nous dirions maintenant « sinistrés, » ce qui nous fait regretter « endommagés.... » Après la révolution de S(y, un grand nombre de réfugiés politiques trouvèrent un accueil hospitalier dans nos montagnes; le temple luimême hébergea cent cinquante de ces malheureux, venus de la Franche-Comté.

Oh ! la rude et simple et belle histoire que pourrait conter notre Moùtier, s'il avait une autre langue que les battants de bronze de ses grandes cloches! Cette histoire, cherchons-la dans nos archives, dans les récits de nos vieux, que nous n'écouterons jamais assez. A chacune de sqs périodes, elle nous montrera des périls conjurés par la bonne volonté commune, des désastres réparés par le labeur, la pauvreté mi^se en fuite par la vie sobre; et partout un espiit de raison, d'assistance mutuelle, d'équité. Notre Moùtier nous dit : Vos pères ont beaucoup travaillé ; ils ont élevé leurs enfants dans la crainte de Dieu et dans la simplicité. Ils ont aimé leur petite patrie et l'ont faite grande. Ils n'ont jamais laissé un malheureux sans secours ni un méchant sans réprimande. Ils ont lutté contre les maux de leur époque. Ils ont affirmé le bien. Soyez leurs fils, dit le Moùtier, luttez contre les maux de votre époque à vous, qui ont d'autres noms ; ils s'appellent l'alcoolisme, la haine sociale, et ce sont des géants. Soyez vaillants, fils et filles du Locle; combattez le bon combat. Aidez-vous ! Aimez-vous ! . . .

René de Challant et les taillables du Val-de-Ruz

par

G. -A. Matile

Georges-Auguste Matile, auteur du recueil des Toitits de coutume, des Plaits de mai, du Musée historique, des Monuments de Vhistoire de Netichdtel, fut un esprit singulièrement actif et un prodigieux travailleur. Originaire de la Sagne, né à la Chaux-de- Fonds en 1807, il avait fait en Allemagne de fortes études de droit, et occupa une chaire dans la première académie de Neuchâtel. Lorsque celle-ci fut supprimée par la révolution de 1848, il s'expatria sans retour; il est mort en 1881 aux Etats-Unis, dont il était devenu citoyen. Il n'avait point cessé d'aimer ardemment son pays natal. En 1852, ses amis firent paraître (Neuchâtel, Attinger) VHistoire de la Seigneurie de VaJangin, son dernier ouvrage intéressant notre patrie. Nous en détachons quelques pages. — Matile était un érudit avant d'être un écrivain ; mais son style est clair et son érudition du meilleur aloi.

Les taillables occupèrent longtemps l'attention du comte René de Challant. Quoique le poids de la taille^ qui s'élevait encore dans quelques villages de un à

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