LE VOYOU
« Monsieur le comte! — une voiture! Mon prince! — votre coupé! » Et le voyou tend la main à la portière.
Il vit, parce qu'on jette son cigare en entrant dans un théâtre, parce qu'un cavalier avec une dame donne deux sous à l'homme qui lui a baissé le marchepied du fiacre, et qu'un étranger qui sort de rOpéra, en donne quatre à Thomme qui lui allume une allumette pour son cigare.
Il est né des amours de la borne et du ruisseau, — il vit entre son père et sa mère. Il se plaît dans les latitudes du boulevard du Grime, et n'en sort qu'aux jours de bal masqué, de révolution, de feu d'artifice, d'exécution capitale.
— Où demeurez-vous? demandait-on à l'un.
— Je ne sais pas.^
Il ne demeure pas, il loge; et même quand il ne pleut pas, il campe.
Il fume à huit ans; il aime à douze, il se bat à quinze ; il est héros à seize ; il se fait' empoigner à