Paru dans le numéro de FÉclair du 14 août
au village, le long d'un mur en pierres sèches, embroussaillé de ronciers et de mûres purpurines. Le mur entourait la première maison du village, la maison du notaire, au toit d'ardoises. Les petits points de feu qui annonçaient les veillées derrière les vitres du village, s'éteignaient un à un. L'oreille d'un chasseur eût seule perçu dans le fond du bois des remuements et d'épais frôlements de feuilles. Les sangliers allaient bientôt descendre dans les champs. Tout dormait.
Tout à coup, dans le chemin, un homme déboucha, venant du village, s'approcha du mur, s'arrêta, épia de tout côté longuement, détacha de ses épaules comme un sac d'artiste, le déposa au pied du mur, l'ouvrit, puis, encore une fois, regarda tout autour, se leva sur la pointe des pieds, et atteignit la crête. Il faisait l'inspection de l'intérieur, appuyé sur les poignets. Une pierre roula ; un aboiement répondit. Une fenêtre s'ouvrit. L'homme avait ramassé son sac ; il était déjà loin.
C'était pendant une course vagabonde, course pédestre, en blouse blanche, à travers tout ce que l'art gothique a semé sur les routes inconnues, d'admirables petites œuvres inédites. Nous avions déjà découvert dans ce coin de Bourgogne inexploré la belle maison des poupons de Paray-le-Monial, nous avions dessiné les rabelaisiennes caricatures monacales deVitteaux^ les magnifiques piédestaux poly-