‹ Pages retrouveesChapitre 9 sur 67 · M'i« Rachel · texte numérisé non relu

M'i« Rachel

« invoquez ici un peu à contre-sens, car c est justement « dans les tableaux qu Arsinoé naime pas les nudités :

Elle fait des tableaux couvrir les nudités; Mais elle a de l'amour pour les réalités.

«Je reprends donc mon petit Diazy un peu confus de (( son excu7'sion téméi^airCy et je cache sa confusion dans (( ma chambrCy oli M. A... seul peut le voir. (( Votre camarade très dévouée

Il se retourna. Il avait un habit noir.

— Un habit! fis-je, merveilleusement émerveillé. De quel enterrement viens-tu?

— Je viens d'enterrer la dèche, me dit-il, et j'ai un atelier.

— Bah!

— Mon propriétaire m'estime...

— C'est que tu as loué hier.

— J'ai payé d'avance.

— Ah!.. Et ton portier?

— Je n'en ai pas. Quand tu viendras chez moi passé neuf heures, tu achèteras des marrons et tu les jetteras contre les fenêtres : j'appelle ça la sonnette de Lyon.

— Et d'où viens-tu?

— Du Jardin des Plantes Un chimpanzé, mon cher!., il se meurt de la poitrine... Pauvre bête!.. Phtisique comme le poitrinaire de Millevoye!

— Qu'est-ce que tu as fait tous ces temps-ci?

— J'ai acheté une brosse à dents^ mis des paillassons sous mes quatre chaises, bu du vin chez Maire et de la bière chez Binding, accroché mes esquisses, joui d'être chez moi, pleuré M. Drolling, fumé des cigarettes, esquissé un portrait blond^ travaillé et flâné, trouvé les jours grands, les nuits courtes, réfléchi qu'Héliogabale était un homme d'esprit paradoxal, chanté et fait la roue, et... je me sauve. Adieu. Achète un soir deux sous de marrons, et viens me voir... Tu prendras ta pipe.

Telle était l'affiche jaune :

Page 1