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Directeur du Théâtre Italien

jeune et brillante école d'Italie > », s'est trouvé forcé d'éliminer le nom de notre ami de la liste des prétendants au triomphe de la bonbonnière Favart, pour cause à'encombrement\...

Donc, tous les théâtres demeurent fermés pour Berlioz; ainsi toute grande publicité, toute chance de gloire européenne lui est enlevée, et cela, non de par le roi et la loi, mais de par messieurs tels et tels... Que dis-je? Ne me trompé-je pas? Ne viens-je pas encore à^ exagérer"^

Oui, sans doute! les choses ne sont pas aussi noires, aussi désespérées que je le dis. Un fait essentiel, et d'une haute importance, m'a totalement échappé. Dieu soit loué! Un vaudevilliste-mélodramaturge s'est chargé de réparer et de venger la criante injustice de nos impresarii. Ce monsieur a royalement proposé à Berlioz... devinez quoi? Je vous le donne en cent, en mille... la place de chef d'orchestre et de répétiteur des chœurs à la Porte Saint-Martin.

Cela vaut au moins M. Beckford offrant une place de valet de chambre à Chatterton,

— Mais que fera Berlioz? que deviendront ses puissantes facultés?... composera-t-il des oratorios, des messes, de la musique religieuse?... Et qui l'exécutera? Quelle chapelle se chargera de manifester son œuvre?... Continuera-t-il à faire des symphonies, des ouvertures, des quatuors, de la musique

1. Voyez les feuilletons des journaux, surtout à l'approche de la saison des Bouffes {note de Liszt).

instrumentale?... Mais tout le monde sait combien le public qui s'intéresse à ce genre de composition est restreint, divisé et peu habitué d'ailleurs à rétribuer le temps perdu de l'artiste. Que fera donc Berlioz? Que fera V élite des jeunes compositeurs, hommes sérieux et consciencieux dont la situation est (à quelques nuances près) identique à la sienne? Que feront-ils? je le répète. La réponse est toute trouvée, dira-t-on : qu'ils fassent des romances, des chansonnettes, des mosaïques, ou, mieux encore, des contredanses et des galops sur les motifs faço ris des opéras nouveaux. Vive Musard ! vive Tolbecque ! ' vivent messieurs ****, ******, *******»:^ ^j. ^uttiquanti. Ce sont là les Louis-Philippe, les Rothschild et les Aguado de la musique. Auj: grands hommes, la patrie reconnaissante ! . . .

Voyez encore, si vous en avez le courage, une autre classe de musiciens, les professeurs, qu'un de mes compatriotes, H. H. ^, le plus spirituel et le plus parisien des Allemands, comparaît à des perruquiers qui vont en ville, h des cochers de fiacres loués à l'heure, voyez, ou plutôt écoutez-les. Ecoutez leurs plaintes et leurs lamentations sur le chien de métier qu'ils sont obligés de faire; ou l'impéritie et l'incurable stupidité de leurs élèves;

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