UN AUXILIAIRE DE NOTRE CAUSE .* LE COMTE APPONYI 0(J
après 191 5, après que Tisza, conseillé par l'Allemagne, eut promis dans la fameuse lettre au métropolite Metzianu d'assurer à renseignement roumain un plus libre développement !
On pensait aussi que cette mesure était impossible. Apponyi n'est pas seul maître delà situation ; il a des collègues au sein du ministère, et au-dessus de tous, maître de tous, il y a le « Roi », ce nouveau roi de Hongrie, qui ne sort pas, que je sache, d'un club de conspirateurs enragés par la passion de la dénationalisation.
Et voilà que cela est possible.
Les journaux nous annoncent, en même temps que la mesure et ses modalités, les motifs invoqués par le ministre pour justifier son geste. Ils nous apprennent également les protestations de quelques gazettes hongroises qui, par esprit de parti, conservent encore quelque santé morale et qui avouent que la mesure dont il s'agit est inspirée par la folie.
Ainsi donc et jusqu'à nouvel ordre — entendez jusqu'à ce que des professeurs nouveaux et un plus vigilant système de contrôle soient mis sur pied — toutes les écoles d'instituteurs, tous les cours de pédagogie, toutes les écoles préparatoires cesseront de fonctionner; quant à l'enseignement primaire, il sera complètement supprimé et remplacé — les moyens font et feront toujours défaut — par les écoles magyares de l'État.
Les motifs? La «. trahison » de nos frères lors de 1
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Tenlrée des armées roumaines en Ardéal, leur manque «d'esprit patriotique ». Voilà pourquoi les villages verront leurs écoles se fermer et l'instituteur accusé de crime contre la Patrie !
Ouels sont les résultats espérés par M. Appoin t ? Il serait difficile de le deviner, car sa pensée est singulièrement obscure. Mais, quel que soit le sort réservé à F Ardéal, pour le moment gardé par les troupes du Kaiser, il y a un résultat que M. Apponyi attend certainement de sa mesure. Il veut le cri de douleur et d'indignation de la nation roumaine.
Mais ce cri, il ne l'aura pas. Le pousser serait reconnaître, en dehors du caractère criminel de cette mesure, la possibilité pour M. Apponyi d'avoir à l'appliquer dans un Ardéal resté ce qu'il est aujourd'hui. Et cela, notre pensée se refuse à le concevoir.
Nous avons encore une excellente raison de ne pas être troublés par l'ukase du ministre de toutes les vengeances magyares.
Personne ne conteste plus nos droits sur la Transylvanie, où les nôtres sont en grande majorité. On a fait justice de toutes les erreurs historiques qui essayaient d'étayer la domination hongroise sur ce pays. Au surplus, tout le monde connaît les souffrances que les Roumains eurent à subir là-bas. Voilà de solides arguments favorables à notre cause.
UN AU XIL TAIRE DE NOTRE CAUSE : LE COMTE APPONYI l\\
Mais on parle, depuis quelque temps, en Hongrie, de réformes d'inspiration démocratique; on fait miroiter un système électoral plus large, l'avènement d'une ère nouvelle. Et il se trouve peut-être des gens, pressés de voir la fin de la guerre, pour dire : « Voyez la Hongrie \ ne lui en voulez plus, elle est en train de se démocratiser ! »
M. Apponyi se donne la peine de les détromper, de leur montrer, avec une clarté aveuglante, comment la Hongrie entend se démocratiser.
Et pour sa peine, nous lui disons merci ; merci à M. Apponyi, cet auxiliaire obstiné de notre cause !
Jassy, le i3 septembre 1917,
Neamul Romanesc. An XII. N« 227.