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LES COURANTS POLITIQUES EN ALLEMAGNE

Nous imaginons volontiers l'Allemagne comme une forteresse formidable, qui se dresse de toute la hauteur de ses résolutions, de toute la puissance que lui donnent les efforts combinés de ses millions de défenseurs, unanimes, par la pensée et par la volonté, quant au but qu'il faut atteindre. Il y a à vrai dire quelques exceptions : les socialistes dissidents qui n'ont pas complètement oublié leur doctrine, les femmes affamées qui demandent du pain pour leurs enfants, les foules grévistes qui manifestent plutôt un mécontentement local qu'une pensée politique. Les autres restent cependant religieusement unis, qu'ils soient junkers ou « Herr Professor », commerçants ou industriels; des milliers d'ouvriers sont eux-mêmes — et c'est la vérité — partisans d'une guerre provoquée à seule fin de donner à l'Empire — personne ne parle de République — des provinces nouvelles, de nouveaux débouchés à son commerce, des sources de richesses inépuisables, nécessaires à cette race éminemment prolifique.

Belle image de soixante millions d'hommes qui, dans leur union indissoluble, n'élèveraient jamais

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