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LES ALLIÉS DE L'ALLEMAGNE

Les Alliés que l'Allemagne — toute glorieuse, toute puissante, toute conquérante soit-elle — trouva, en cherchant bien, sur la terre, pour les associer à la guerre actuelle et à la « Mitteleuropa » future, Hongrois, Turcs et Bulgares, lui sont d'un grand secours. En effet, y a-t-il quelque chose qu'on ne puisse demander, exiger de ces acolytes passés maîtres dans l'art de la rapine, et dont la nature fit le trait d'union entre les pays germaniques et les plus lointaines contrées visées par de folles prétentions? Si, au point de vue militaire, les égoïstes de Sofia s'obstinèrent à lutter seulement pour la Macédoine, pour la Moravie et la Dobrodja — provinces qui lui appartiennent de droit — s'ils consentirent, poussés uniquement par leur soif de vengeance, à envoyer des troupes pour briser la résistance roumaine dans les plaines de Munténie, sans jamais vouloir participer aux multiples offensives et défensives qui ne les touchaient point directement, les Turcs, eux, se comportèrent d'une tout autre façon que leurs bons amis les Bulgares : les divisions ottomanes luttent encore en Galicie, pour des fins qui font tressaillir — mais d'indignation — le grand Mahomet dans sa tombe. Au

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point de vue économique, les réquisitions opérées en Bulgarie ont soulagé un peu les villes affamées de l'Empire, et la Turquie n'a jamais cessé d'envoyer des vivres, bien que, à certains moments, Berlin dût sauver Gonstantinople de la famine. Enfin, si ces « brillants seconds » vivent des deniers de l'Allemagne, le jour des règlements de comptes, les financiers berlinois s'arrangeront pour ne rien y perdre.

Avec les Hongrois, cela ne marcha pas sans quelques difficultés, — je ne parle plus de l'Autriche qui, ayant perdu depuis longtemps son indépendance, ne peut plus songer à ses propres intérêts. Ces autres égoïstes de Budapest, qui cachent sous un masque de galanterie leur barbarie native, possèdent à un suprême degré l'art de tendre les mains vides pour s'emparer de ce que les autres leur apportent à pleins bras. Ils ont pour cela toute l'expérience acquise dans leurs relations « dualistes » avec les Autrichiens. Les ruses sournoises dont ils se servent, toutes les fois qu'il s'agit de renouveler le pacte de 1867, constituent un modèle du genre, et l'entêtement mongolique triomphe toujours de la plus juste, de la plus légitime résistance.

Aujourd'hui ils appliquent le même système aux Boches de première classe de Berlin. A-t-on jamais vu un Magyar, ou même une de ces « nationalités » que la destinée impitoyable tient encore dans leurs chaînes, lutter à Verdun où dans les Flandres ? Et ce ne fut qu'au jour où la route de Pesth sembla

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