LES ALLIÉS DE L'ALLEMAGNE
ouverte à l'ennemi, que de vrais Hongrois de la vraie Hongrie, les honveds, se montrèrent en Galicie; ils préféraient s'illustrer là où le nombre leur assurait une écrasante supériorité, sur quelque faible secteur valaque. Enfin, dès que la furie ostentatoire et calculée de 1' « homme magyar » se sentait chanceler, elle faisait appel aux sentiments du devoir de Y « homme allemand », du précieux Nemetember !
Ainsi, bien que le nombre de ses ennemis — petits ou grands, proches ou lointains — augmente chaque jour, bien qu'une coalition formidable, véritable plébiscite des nations, se dresse contre les buts et les moyens des germaniques, l'Allemagne est obligée de se contenter des trois alliés qu'elle réussit dès le début à racoler : le Hongrois, qui l'aida à déclencher la guerre, le Turc qui la suivit dans l'espoir d'échapper à la mort, le Bulgare qui ne serait aucunement fâché d'arranger ses petites affaires. Magyar, Turc, Bulgare, voilà les trois coénparses que l'Allemagne, — fier Empire de Guillaume II, dédaigneux des a races inférieures », — s'associa aux jours de ses plus grands efforts, pour comparaître devant l'Histoire et lui fournir des pages qui feront trembler d'horreur les générations futures.
Il est probable que la bande des junkers, faisant coterie autour du Kaiser, a très peu de considération pour les historiens actuels ou à venir. N'est-ce point le grand Frédéric, créateur de la
mentalité boche, qui lâcha ces mots : « Je fais ce que bon me semble; il se trouvera toujours un pédant pour prouver que j'avais le droit de le faire » ? Oui, mais les Allemands ne penseront peutêtre pas toujours comme le grand, mais si mesquin, Frédéric, et d'autres que les Allemands se chargeront heureusement d'écrire l'histoire.
Alors cette véridique image des douleurs du genre humain montrera à la civilisation saisie d'horreur l'Allemand rivé à tout jamais au Bulgare, au Turc, au Magyar, ces vulgaires bourreaux, dont elle mettra au jour, dans toute sa crudité, la « génialité » respective, partiellement dévoilée d'ailleurs par les propres ethnographes, anthropologistes et philosophes de l'impérial maître et « frère d'armes » .
Il se peut aussi que l'Allemagne, s' exagérant les avantages qu'elle devait tirer de ses alliances, ait voulu courir ce risque.
L'avenir la détrompera et lui fera cruellement sentir encore une honte. m
Hongrois et Bulgares, Bulgares et Turcs — auxquels les « Prussiens des Balkans » ressemblent sur plus d'un point — sont des peuples éminemment parasitaires. Tel est l'esprit de toutes leurs traditions. Leurs folles prétentions elles-mêmes ne sont pas tant les manifestations d'une sotte vanité et insupportable présomption, que celles d'un véritable instinct parasitaire, vraies sangsues qui sucent jusqu'aux os « soumis » et « amis » !