‹ Paix et liberté; questions de l'année 1863Chapitre 107 sur 122 · LES PLUS CRUELS ENNEMIS DE LA POLOGNE · texte numérisé non relu

LES PLUS CRUELS ENNEMIS DE LA POLOGNE

2 octobre 18C3.

On lit dans Y Opinion nationale :

«c Le temps, qui fait tout naturellenieot justice des idëes fausses, simplifie et précise chaque jour la question polonaise. On ne parle plus aujourd'hui de la Pologne libre dans la Russie libre , sortie un beau jour de la fertile imagination de M. de Girardin pour passer sans retour dans la région des chimères.

» Assez de dépêches, assez de protocoles, assez de paroles, assez de phrases; nous demandons des actes. Au nom de l'humanité outragée, de l'équilibre européen compromis, nous demandons au successeur de Napoléon P' de relever le gant de la Russie; nous demandons la gukrsc.

» Signé : ad. gokioult. »

Pour parler ainsi qu'ils parlent, pour engager le gouvernement français aussi loin qu'ils rengagent, pour le placer aussi étroitement entre deux extrémités dont l'une pourrait être dangereuse à qualifier; pour compromettre, enfin, l'honneur du nom français aussi grayement qu'ils l'auraient compromis si la guerre n'était pas au bout de telles paroles, il faut que V Opinion nationale, il faut que M. Guéroult soient bien sûrs de leur fait, il faut qu'ils soient bien sûrs de la guerre!

La guerre étant ainsi demandée en ces termes formels par VOpinion nationale sans qu'elle ait été avertie, lorsque la Preste l'avait été la yeille pour une image contestée : quiconque observe, compare et pèse, en doit conclure que la guerre a pour elle des sympathies décisives que n'a pas la paix. Désormais, nous tiendrons compte de cette indication

dans toutes nos appréciations. Nous raisonnerons comme si Topinion de H. Guéroult devait définitivement prévaloir.

Selon M. Guéroult : c la Pologne libre dans la Russie libre > est une idée fausse dont le temps a fait justice et qui a » passé sans retour dans la région des chimères. » Avant que la Preue ait été avertie le 30 septembre 1863 , nous eussions répondu à M. Guéroult en lui disant : Nous verrons laquelle» de la Pologne insurgée ou de la Pologne désabusée, sera le plus tôt libre; mais à présent, nous lui répondons en lui disant : Nous verrons ce que la liberté de la France gagnera à l'indépendance de la Pologne. Partez donc , puisque vous le voulez ! partez, quoique le Mexique vous retienne ; partez, quoique l'Angleterre vous pousse; mais si vous partez pour la Russie , tâchez de n'en pas revenir comme en 1812!

4 octobre 1S63.

Ce qui suit est textuellement extrait de VOfwmnn

« Se %ure-t-on le gouvernement impérial laissant protester sa signature f prenant l'univers à témoin de son impuissance et laissant égorger sous ses yeux ses protégés de prédilection ! Se figure-t-on M. Billault venant raconter aux* grands coqis de TËtat comme quoi la France a voulu sauver la Pologne, et comme quoi ses bons offices n*ont réussi qu'à la perdre : comme quoi l'Angleterre et l'Aotridie s'étant décidées à ne pas rendre le soufflet de la Russie, nous avons jugé à propos d'en garder notre part! Voyez- vous d'ici la fsajice acceptant cette honte, ss coucnANT daks cette boue !

3> La faiblesse, la lacuitb n'ont jamais sauvé personne. La France pouvait peut-être au début (je dis peut-être) ne pas entrer dans la question polonaise. Aujourd'hui elle n'en peut sortir que par un succès. C'est pour clJe une question d'honneur , et les questions d'honneur, pour un gouvernement qui se fonde, sont aussi des questions d'existence.

» Signé : ao. coéioult. »

Consigné pour mémoire.

6 octobre 186S.

UOpinion nationale nous signale cette phrase de la Revue des Deux-Mondes, et nous invite à la reproduire :

« Au point où ]es choses en sont venues, il n'est pas permis à notre gouvernement de reculer. »

Nous n*ayons aucune raison de ne pas faire ce que désire YOfnmon nationale, à laquelle nous demandons en retour de Youloir bien nous dire quel sera le rôle de la France, si elle ne se reconnait pas le devoir défaire a elle secle là police de L'EUROPE, après avoir laissé imprimer sans protestation, sans rectification, qu'il ne lui est plus permis de reculer, et que si elle jugeait à propos de garder sa part du soufflet de la Russie, que si elle acceptait cette honte, cette lâcheté, ce serait la France se

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