DE L'AN D'AJOURNEMENT
'31 décembre 1863.
A minuit expire Tannée 1863 et natt l'année 1864.
Puisse l'année 1864 être l'année des solutions!
Nous le souhaitons sans l'espérer, et nous ne l'espérons pas parce que , pareilles aux ruisseaux dans les jours de gros orage, les questions , affluant trop vite et en trop grand nombre , s'engorgent au lieu de se dégorger et débordent au lieu de s'écouler. ^
Si l'on voulait résoudre les questions, il ne faudrait jamais leur laisser le temps de s'amasser; il faudrait qu'au lieu de se présenter toutes simultanément , elles se présentassent chacune successivement. Alors venant ainsi l'une après l'autre , celle qui aurait été résolue la veille aiderait i résoudre le lendemain celle qui suivrait. Toutes auraient été ainsi sérieusement étudiées, préalablement débattues, également approfondies. Éclairés par les débats contradictoires, les gouvernements n'auraient à faire que ce que font les juges : ils n'auraient qu'à prononcer impartialement. Ramené à ces termes, l'art de gouverner serait bien facile, car ce ne serait que l'art de juger. Dans cet ordre d'idées, les journaux seraient des avocats présentant le pour et le contre de toutes les causes d'intérêt général. S'ils savaient qu'ils fussent écoutés, ils redoubleraient d'efforts et peut-être de talent! C'est alors qu'on pourrait dire : l'utilité de la presse! La presse serait utile comme le barreau est utile. Elle* ne serait pas un pouvoir, mais elle serait une institution.