‹ Paix et liberté; questions de l'année 1863Chapitre 120 sur 122 · LES QUESTIONS DE L*AN D'AJOURNEMENT · texte numérisé non relu

LES QUESTIONS DE L*AN D'AJOURNEMENT

Ce que nous venons d'écrire, il y a vingt-cinq ans au moins que nous l'avons écrit pour la première fois, et depuis vingt-cinq ans nous l'avons répété sous trois régimes différents, sans avoir été plus écouté de l'Empire de 1852 que de la République de 1848, que de la Monarchie de 1830.

0 Raison! toi aussi tu as (es flatteurs ! On te flatte quand on te dit : « La raison finit toujours par avoir raison. » Par le temps de brumes qui nous enveloppent, l'évidence ellemême n'a pas de clarté. Elle est pâle et sans rayons.

Sur quelle question la clarté s'est-elle faite ?

Hormis la question de la liberté de la boulangerie, — celle-ci encore incomplètement résolue, — quelle question s'est transformée en solution dans tout le cours agité de l'an d'ajournement 1863?

Ne parlons pas de l'éternelle question d'Orient!

Ne parlons pas de la question qui se débat à coups de canon sur les rives du Potomac et du Tennessee, entre les unionistes et les sécessionistes, question où nous ne pouvons malheureusement rien !

Parlons de la question de l'unité italienne et de l'occupation romaine !

Pour ne pas remonter plus haut, quel pas cette question a-t-elle fait depuis le jour où l'empereur Napoléon 111 écrirait à son ministre des affaires étrangères la longue lettre qui a été insérée au Moniteur le 20 mai 1862? Dans cette lettre, on lit ce qui suit :

« Il Y A URGEncK à ce que la question romaine reçoive une solution définitive , car ce n'est pas seulement en Italie qu'elle trouble les esprits; partout elle produit le même désordre moral, parce qu'eUe touche à ce que l'homme a le plus à cœur, la foi religieuse et la foi politique.

» L'Iulie, comme État nouveau, a contre elle tous ceux qui tiennent aux traditions du passé; comme État qui a appelé la révolution à son aide, elle inspire la défiance à tous les hommes d'ordre. Ils doutent de sa vigueur à réprimer les tendances anarchiques et hésitent à croire qu'une société puisse s'affranchir avec les mêmes éléments qui en ont bouleversé tant d'autres. Enfin, à ses portes elle a un ennemi

redoutable dont les »rinëet et le nuiavtîs voaioîr, ficile 4 compreadre*

seront longtemps encore un damgim immiiiut. »

Le 10 février de Tan 1863, M. Bîllault, ministre sans portefeuille, disait an Corps législatif :

a Qu*une combinaison libérale soit trouvée , qu'elle satisfasse à la fois aux droits du saint-père, aui désirs de l'Italie et à la liberté des citoyens romains, qu'on la cherche! Je ne la erois pat impotsihie:. »

Si une combinaison libérale n*était pas impossible, comment ne Ta-t-on pas encore trouvée ? C'est à ce discours que M. Emile Ollivier a répondu ces paroles, qui seront aussi vraies le 10 février 1864 qu'elles Tétaient le 10 février 1863 :

a Que le gouvernement accepte donc nettement la situation! S'il veut rester à Rome, qu'il y reste sans prétention, avec simplicité! Qu'au lieu de nous présenter des espérances qui ne se réaliseront jamais, il dise : La question romaine est close; nous resterons en ISSS à Rome, comme en 1849, à attendre les événements dont nous nous déclarons inhabiles à prévoir et à diriger le cours. »

Il y a un an, la Presse indiqua la seule solution qu'elle entrevit à la question complexe de l'unité italienne et de la puissance papale. Comme toujours, cette solution fut quali* fiée d'absolue. En a-t-on trouvé une qui le fût moins? En a-t-on trouvé une autre? Est-ce que le propre de la vérité n'est pas d'être absolue ? Est-ce que chercher l'absolu n'est pas Tunique moyen de trouver la vérité? Montrez-nous donc une transition ^ui n'ait pas été une complication ! A transiger avec l'erreur, on ne gagne jamais rien. Erreur avant, erreur après !

Parlons de la question du Mexique !

Nous occupons Puebla , nous occupons Mexico , comme nous occupons Rome depuis 1849, c'est-à-dire depuis quatorze ans, comme nous occupons l'Algérie depuis 1831, c'est-à-dire depuis trente -deux ans. Que ferons-nous du Mexique ? Le donnerons-nous à l'archiduc Maximilien comme nous avons donné la Lombardie au roi Victor-Emmanuel? Le garderons-nous pour faire la paire avec l'Algérie qui nous coûte déjà quatre milliards? L'évacuerons-nous en

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