‹ Paix et liberté; questions de l'année 1863Chapitre 12 sur 122 · GS · texte numérisé non relu

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piste lorsque, en 1839, nous proposions de faire exécuter tous les chemins de fer de France par l'industrie privée, au moyen de bons de chemins de fer de 100 fr. émis par TËtat, donnant un centime d'intérêt par jour, circulant comme le billet de banque, valant de plus que lui d'abord 3 francs 65 centimes par an, et ensuite le droit de concourir à des tirages analogues ft ceux des obligations de la Ville de Paris et du Crédit foncier de France? Qu'étaîent-ce, en effet, que ces bons de chemins de fer, sinon les obligations actuelles de chemins de fer, sons une forme plus simple, plus commode, plus parfaite, et qui , si elle eût été adoptée, eût économisé à la France plus de deux milliards?

Avions-nous tort, étions-nous un rêveur, un utopiste, lorsque, le 21 juillet 1844, nous proposions de substituer au mode d'emprunt indirect par voie de souscription cachetée, . le mode d'emprunt direct par voie de souscription publique, qui a été appliqué plus tard avec taiil de succès et qui a été au crédit national ce que le suffrage universel a été au droit populaire?

Avions-nous tort, étions-nous un rêveur, un utopiste, lorsque, en novembre 1852, nous proposions sous ce titre : UNITÉ DE RENTE ET UNITÉ d'intêrêt , la convcTsion du 4 1/2 et du 4 pour 100 en 3 pour 100, fonds unique, conversion tardivement exécutée en 1862 par M. Achille Pould, ministre des finances?

Nous nous arrêtons là, car nous ne voulons invoquer pour caution de la justesse de nos idées que des mesures qui aient été réalisées. Encore quelques années, et cette énumération sera moins courte, nous l'espérons, car il n'est pas une seule des conceptions que nous ayons émises dont la facile réalisation ne puisse être démontrée par l'expérience.

Vous dites que nous confondons « l'alliance de tous les » peuples avec la suppression des nationalités. » Où donc avezvous lu dans ce que nous avons écrit, où donc avcz-vous vu dans ce qui existe, qu'une Confédération européenne serait la suppression d'aucune nationalité? Est-ce que la Confédé-

ration germanique, eomposée de trente^huit États, y ccm- |iris rAutriche et la Prusse, a rien supprimé, même le plus petit duché? Les États qui composent l'Europe sont au aoiBlNre de cinquante et un. Us se divisent en graades et petites puissances. Les puissances du premier ordre, au nombre decinq,sont, par ordre alphabétique : rAngleterre, TAutiiche, la f rance, la Prusse et la Russie. Les puissances du second etdu troisième ordre, au nombre de quarante-six, sont, ^lement par ordre alphabétique : la Belgique, k Confédération germanique, qui réunit trente-six États, non compris TAutriche et la Puisse, le Danemark, FEspagne, les États pontiflcaux, la Grèce, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Suède, la Suisse et la Turquie. Sur ces cinquante et un États, trente-huit ont une armée commune qu'ils entretiennent à fraiscommuos; treize seulement font exception à cette règle, sous laquelle il leur suffii*ait pour passer de baisser un peu la léte. Encore une fois, où serait donc Tutopie que li*eize États acceptassent ce que trente-huit ont accepté 7 Ob peut-on voir là € un de ces vastes projets de domination pouvant » passionner et entraîner un génie plus hardi que sa propre

• fortune? > Où peut-on voir là c des frontières abaissées à

• coups de canon, s'efTacant sous les pas d'une armée? » Où peut-on voir là, qu'on y regarde, < le despotisme et la con- » quête! > Lorsque vous ajoutez que nous sommes < Futopie

> franchissant par l'audace de sa pensée les limites du droit

> et les difficultés du temps, et allant se perdre dans Tim-

> possible^ 1 permettez-nous de vous le dire, vous ne lisez pas ce que nous écrivons, vous lisez ce que vous imaginez.

Vous voulez qu'on réserve c à l'avenir la part qui lui re^ » vient. > Rassurez-vous, il n'est au pouvoir de personne de la lui enlever. Moins la part du présent sera petite et plus la part, de l'avenir sera grande, car la récolte est généralement en raison de la semence^ Rarement les grandes œuvres en engendrent de petites, comme rarement les petites en engendi-ent de grandes. De peur de faire l'avenir ti*op petit, ne craignons pas de faire le présent trop grand !

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